Argentine : édito de Gazakia #4

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Qui pourrait dire que cette vie est la vie ? Qui pourrait affirmer qu’il/elle vit ? Il n’y a que les riches serviles qui ont accepté de bonne grâce la « vie » qui leur a été préparée avant même qu’ils naissent. D’abord l’école, l’université, le travail. Le mariage, les enfants. Après la mort : le ciel pour les bons et l’enfer pour les mauvais. Ainsi ils marchent contents dans les rues. Achetant, vendant, votant, dénonçant. Et ainsi ils marchent dans le rues, puant la mort plus que la vie … enfin, que nous importe tout cela.

À l’instant où nous avons compris que ça n’avait aucun sens de vivre comme ça, nous aurions pu nous tuer (et nous le pouvons encore) mais nous avons choisi de continuer de vivre, pas pour chercher une meilleure place dans cette société mais pour la combattre. Nous vivons pour déranger .. et un peu plus que cela. Nous ne vivons même pas dans l’espoir de créer un monde meilleur, une société plus juste, etc. Nous n’avons plus d’espoir. Et ne plus en avoir ne fait pas de nous des résignés, ça jamais. La vie n’a de sens que si on lutte pour la conquérir. Aujourd’hui. Maintenant. Pas dans une société future utopique qui n’arrivera jamais.

Mais au moment où on se trouve face à face avec la Mort, nous danserons avec elle une dernière danse et nous rirons de joie parce que nous saurons qu’au moins à un moment notre vie aura été vie. Dans chaque tumulte, dans chaque feu libéré, et pourquoi pas, dans chaque baisé, dans chaque accolade, nous vivons. Et pas qu’un peu !

Gazakia #4
Juillet 2013, Buenos Aires, Argentine.

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