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Florence, Italie : Contribution à propos de la récente opération répressive (“Opération Panico”)

Le 31 janvier, à Florence, une opération répressive contre des anarchistes, menée par la DIGOS, a amené à l’application de « mesures préventives » (misure cautelari) pour dix personnes.

Trois d’entre elles  – Filomena, Carlotta e Michele – sont maintenant assignés à résidence (obligés à rester chez elles) avec toutes les mesures restrictives, alors que pour les sept autres a été ordonné un mélange de mesures restrictives (interdiction de sortir de la ville, obligation de rentrer chez eux le soir, obligation de pointer) combinées entre elles de diverses manières selon le cas. Les délits reprochés à divers titres à 35 compagnons et compagnonnes sont résistance et blessure sur un agent de la force publique, transport de matériel explosif, dégradations et tags, vol et résistance, et d’autres encore. Douze personnes sur 35 sont inculpées pour associations de malfaiteurs, avec une claire séparation entre chefs et subordonnés.

La police a aussi saisi l’occasion pour « évacuer » Villa Panico (guillemets nécessaires, vu qu’à l’intérieur ils n’ont trouvés ni personnes ni choses).

L’enquête part de 5 épisodes, tous à Florence au cours de l’année 2016 : attaque de la librairie « Il Bargello » (librairie des fachos de Casa Pound) par quelques dizaines encapuchonnés (14 janvier) ; engin explosif rudimentaire nocturne contre la même librairie (3 février) ; banquet antimilitariste en Place Sant’Ambrogio, au cours duquel plusieurs compagnons ont été enlevés de force et conduits au commissariat ; bagarre entre des compagnons et des dizaines de flics suite à un contrôle raté par une patrouille, trois compagnons (Michele, Fra, Alessio) ont été arrêtés (21 avril) ; manifestation solidaire à Oltrarno pour les arrestations des jours précédents (25 avril).

L’enquête NE porte PAS sur l’attaque du Nouvel An contre la nouvelle librairie « il Bargello » au cours de laquelle s’est blessé un artificier de la police imprudent, cependant le fait est cité dans l’enquête pour appuyer les mesures.

NE NOUS DEMANDEZ PAS DES FORMULES

À propos des arrestations du 31 janvier

« Ne nous demande pas des formules qui puissent t’ouvrir des mondes, mais quelque syllabe difforme, sèche comme une branche. Aujourd’hui nous ne pouvons que te dire ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne voulons pas. »

Nous vivons des temps sombres, et pas seulement à Florence.
D’un côté une humanité aux trois-quarts noyés qui meurt de faim, bombardements, embargos contrôles militaires et policiers, détention et internement, travail salarié et migration forcée, racisme et frontière.

De l’autre une humanité aux trois-quarts chloroformés, qui parfois cherche à se battre contre une vie toujours plus misérable, le plus souvent mord aux sirènes du pouvoir. Haine entre pauvres, révérence pour les patrons, défiance envers ceux qui se rebellent. À Florence comme ailleurs, alors que la ville se transforme en une machine à faire des sous avec l’industrie du tourisme, ceux qui gâche la carte postale doivent être des bandits. Chasse au pauvre, à l’étranger, au subversif. Chasseurs dans les rues, avec leur respectives uniformes : bleues, noires, grises, treillis, mitraillette en bandoulière. Le centre historique désormais interdit aux manifestations, systématiquement encerclé ou directement chargé. Les fascistes s’organisent, ouvrent des locaux, des pubs, des librairies : de jour ils incitent à la guerre entre pauvres, italiens contre étrangers ; de nuit, dans la mesure où ils n’en sont pas empêchés, ils la pratiquent à coups de couteaux et de barres.
Ceux qui n’acceptent pas tout cela doivent être limités et enfermés.

Le 31 janvier, dans la foulée du désormais connu « boom » du Nouvel An de la via Leonardo Da Vinci – « boom » qui ne fait cependant pas partie de cette enquête – la police florentine a donné le feu vert à l’énième opération répressive, entrant dans différentes maisons, raflant des dizaines de compagnons dans les rues et notifiant 10 mesures a autant d’anarchistes. L’accusation principale qui leur a été montré, est « d’avoir constitué une association de malfaiteur pour défendre leur idéologie ». Deux compagnonnes, Carlotta et Filomena, désignées comme « chef », et un autre compagnon, Michele, sont mis aux arresti domiciliari [obligés à rester chez eux 24h sur 24. NdT], alors que des restrictions sont imposées à sept autres (interdiction de sortir de la ville, obligation de rester chez eux le soir, de pointer au commissariat, combinés différemment selon la personne).

Avec un nombre d’hommes énormes – on parle de 250 – la police fait irruption dans le squat Villa Panico pour l’évacuer, mais trouve un endroit déjà abandonné, une aventure déjà terminée et un cache-pot de fleurs qu’elle décide de faire sauter. C’est le spectacle de la répression.

Peu de réflexions, peu de formules, mais des faits qui parlent tous seuls.
Il arrive, à Florence, place S. Ambrogio, que quelques compagnons qui font un banquet contre la guerre et l’armée dans les rues soient encerclés et embarqués par la Digos, non sans réticences. Pour le code pénal, c’est un délit de résistance à agent de la force publique. Ne nous demandez pas des formules.
Il arrive, à Florence, au terme d’un concert sur Lungarno Dalla Chiesa, que le refus de décliner son identité déchaîne des dizaines et des dizaines de flics contre les participants, coupables d’être encore vivants et solidaires. Une bagarre s’ensuit. Pour le code c’est une résistance à circonstances aggravantes. Ne nous demandez pas des formules.

Mais il arrive que certains s’organisent pour occuper les maisons et les défendre, pour contester les militaires et les forces de l’ordre, empêcher la propagation de la violence fasciste, de la seule manière possible : agir directement contre l’oppression. Il arrive que les sièges fascistes reçoivent la critique de la peinture, du pavé et de l’explosif ou que la solidarité pour les arrestations du Lungarno envahisse les rues de San Frediano un 25 avril, sans demander la permission et laissant leurs traces sur les murs. Pour le code, prendre partie ou ne serait-ce que défendre ouvertement certains faits, c’est de l’association de malfaiteur.

Mais à ce propos, nous avons deux mots à dire, et on les dit.

Ce que nous ne sommes pas c’est une misérable association hiérarchique. Nous ne sommes ni des serviteurs qui votent sans bouger un orteil, ni des subordonnés qui attendent les ordres de chefs ou des « cheffes » pour agir.

Ce que nous ne voulons pas c’est passer notre vie à nous laisser exploiter et commander. Pour cela nous ne pleurons pas quand quand nos ennemis recueillent un peu de leur violence. Les larmes nous les réservons à ceux qui meurent sur les chantiers, dans les casernes, au milieu de la mer, en prison, aux frontières ; certainement pas pour les vitrines des fascistes, pour les rapports hypocrites des flics ou pour les murs d’une ville que l’Unesco déclare « patrimoine de l’humanité », alors qu’elle toujours plus dans la main des hommes d’affaires et des spéculateurs.

Ce que nous ne voulons pas, finalement, c’est que l’ennemi puisse nous diviser, avec la langue de bois du code pénal. Nus ne savons pas si ces compagnonnes et ces compagnons ont commis tout ce dont ils sont accusés. Nous savons seulement de quel côté de la barricade ils luttent, et cela nous suffit pour nous serrer autour d’eux.

Pour en finir avec ce monde. Pour en ouvrir, peut-être, de nouveaux. Mais pour cela, les formules seules ne suffisent pas.

SOLIDARITÉ AVEC FILO, CARLOTTA E MICHELE !
Solidarité avec les compagnon.ne.s frappé.e.s par les mesures !

Assemblée solidaire sans chefs ni patrons
Florence, 03 février 2017

 

Fléury-Mérogis, France : Lettre de Damien depuis la prison de Fléury

Je vous remercie tou(te)s pour vos lettres et vos gestes de complicité. Chaque étoile de verre brisé accompagne mes nuits et chaque flamme de voiture brûlée réchauffe l’hiver et colore la griseur des murs.

Si je n’ai pas répondu à toutes vos lettres directement c’est que l’ambiance actuelle qu’il y a en cellule ne me le permet pas. De plus, je n’ai que 10 mois à faire, pas 10 ans, je serai donc bientôt dehors et il serait stupide que je leur donne déjà les bases des futures complicités que j’imagine possibles.

Si je suis resté libre pendant 8 mois et tant que je ne suis pas sorti de la clandestinité c’est bien qu’ils ne savaient pas où chercher. A ce propos, le procès étant passé je vais avoir accès au dossier d’instruction et il sera rendu public dés que possible.

A l’intérieur, tout va bien, il y a ici des compagnons de placard que je connais depuis des nombreuses années, j’ai donc été bien accueilli dés mon arrivée.

Quelques journaux anarchistes circulent discrètement dans tout le bâtiment et les nouvelles rentrent et sortent de différentes façons.

En ce qui concerne les relations avec l’AP, tous les parloirs et les contacts téléphoniques ont été refusés. J’ai subi 4 fouilles de cellule en un mois dont 3 consécutives les 3 derniers jours. Je n’ai droit à aucune activité, je reste donc 22h/24 en cellule.

Cependant, le rapport de force instauré par les attaques à l’extérieur me permet d’être “entendu” lorsque je prend à part certains matons afin d’exiger d’eux un service.

Un salut fraternel à la cellule Rémi Fraisse de la F.A.I. ainsi qu’à tous les individus qui agissent sur le réel par les moyens qui leur semblent nécessaires.

Solidarité avec Pola Rupa, arrêtée il y a peu pour des actes qui parlent à tout le monde. Complicité avec les anarchistes de Koridallos ainsi qu’avec tou(te)s celleux incarcérés, en fuite, agissant à travers le monde.

Pas un millimètre en arrière, 9 millimètres dans la tête des juges

Damien,

prison de Fléury-Mérogis, le 07/02/2017

Montreuil, France : Autolib en feu

On avait envie d’exprimer avec des actes notre solidarité avec Damien, condamné jeudi 19 janvier à 10 mois de prison. On était nombreux et nombreuses à cette manif saccageuse du 14 avril et on ne le laissera pas payer tout seul – on ne l’oublie pas.

Le soir du dimanche 22 janvier nous avons trouvé trois Autolib, rue Galilée à Montreuil et les avons incendiées.

On nous refourgue les Autolib comme une solution pour une ville plus propre, plus écologique, plus « smart ». Nous gerbons sur leur propagande.

Pour Damien, donc, et aussi pour les compagnon.nes emprisonné.e.s en Italie pour l’opération Scripta Manet.

Liberté pour tous et toutes !

Les amis de Jules Bonnot et du printemps 2016

P.S. Nous tenons à envoyer une accolade complice aux compagnon.ne.s qui ont cramé des bagnoles de collabos à Bruxelles le soir du nouvel an. Lire que les nuits bruxelloises s’illuminent de vos attaques (et celles d’autres) nous motive encore plus à agir (c’est à ça aussi que servent les communiqués de revendication, non?). Pourtant, nous pensons que distribuer des tracts, coller des affiches est important et ce n’est pas « embrigader » ou « séduire » mais partager des idées subversives.
Mais nous sommes sûrs que vous y avez déjà réfléchi. La bise.

[Prisons étasuniennes] Sean Swain en grève de la faim depuis le 26 décembre

via SeanSwain.org (12 janvier 2017)

Nous avons récemment appris d’un pote de Sean que Sean est actuellement en grève de la faim et a été placé en cellule anti-suicide.

Bien que les détails soient encore obscurs, nous savons que Sean a été sans bouffe depuis le 26 décembre 2016. Il est accusé d’extorsion d’un surveillant adjoint et un procès disciplinaire était en cours quand il a commencé sa grève de la faim et qu’il a été placé en cellule anti-suicide.

Nous savons que la prison reconnait sa grève de la faim et qu’elle suit les procédures correspondantes, ce qui inclut de l’emmener à la section médicale tous les jours, le peser et vérifier ses signes vitaux. Ce n’est pas clair s’ils tentent de négocier avec lui d’une manière ou d’une autre.

S’il vous plait prenez un moment pour écrire une lettre d’encouragement à Sean :
Sean Swain #243-205
Warren CI, P.O. Box 120, 5787 State Route 63
Lebanon, Ohio 45036 [USA]

in inglese, italiano, greco

Grèce : Lambros-Viktoras Maziotis Roupas confié à sa famille

Sur une banderole accroché par le squat anarchiste Utopia A.D. à Komotimi, dans le nord de la Grèce: “Un prisonnier de six ans; la haine grandit; flics-juges-médias saletés, assassins”

Aujourd’hui, dimanche 8 janvier 2017, après un nouvel ordre du procureur, la grand-mère maternelle a eu la garde temporaire de Lambros-Viktoras Maziotis Roupas, mettant donc fin à la captivité de l’enfant dans l’aile psychiatrique (!) de l’hopital pour enfants d’Athènes. L’enfant, agé de 6 ans, a quitté l’hopital accompagné par ses parents au premier dégré.

Entretemps des protestations avaient éclaté parmi les prisonnier.e.s des prisons pour hommes et pour femmes de Koridallos, dans la prison des femmes d’Elaionas à Tebe, et dans celle de Trikala.

Les membres de Lutte Révolutionnaire Nikos Maziotis, Pola Roupa et Kostantina Athanasopoulou ont mis fin à leur grève de la faim et de la soif.
La cour decidera de la garde définitive de l’enfant d’ici six mois.

en allemand, anglais, italien, portugais

Grèce: Trois trolleybus cramés dans le centre d’Athènes

Pendant la nuit du lundi 19 décembre 2016, un groupe de camarades a décidé de réchauffer légèrement l’hiver urbain en foutant le feu à la paix sociale et à l’apathie.

Avec seulement 5 litres de matériels inflammables et une haine infinie de tous les pouvoirs, nous sommes allé.e.s à la rue Patission, nous avons arrêté les bus qui passaient et nous y avons foutu le feu après avoir fais descendre tou.te.s les passagers et les conducteurs.

Trois bus des transports en communs cramés : un pour chaque détention préventive imposée à celleux arrêtés pendant les affrontements du 6 décembre 2016 à Athènes.

Force au prisonnier anarchiste (membre des CCF) Panagiotis Argirou, qui a récemment été condamné par l’État à plus de 7 ans d’emprisonnement, cette fois pour une tentative d’incendie dans un bus en 2009.

Feu aux machines et à la civilisation !

en anglais, espagnol, grec, italien

[Mexique – Marseille] : Textes de Fernando Barcenas Castillo et de Miguel Peralta Betanzos

fermigTexte de Fernando Barcenas envoyé pour le Festival de l’ABC (Anarchist Black Cross Festival 2016) Marseille

Depuis la prison Nord de la ville de Mexico
1er Décembre 2016

Dans les prisons de la ville de Mexico l’isolement est utilisé comme mesure disciplinaire massive afin d’extorquer et d’extirper aux âmes prisonnières jusqu’à leurs derniers centimes.

« À l’intérieur » de ces villes où vivent mal plus de 50.000 prisonnier-e-s, le capitalisme est tel qu’il est, il ne se déguise pas, ni porte de masques démocratiques. Et de nos jours il annonce clairement sa loi élémentaire : nous, les marginaux, nous serons exterminés. Mais pas avant d’avoir offert jusqu’à la dernière goutte de notre travail d’esclave, de notre sueur mal payée au goût amer, amer parce que nous savons que c’est contraire à notre propre volonté.

Cependant ils dictent les conditions de la participation à leur commerce : « Monte dans le fourgon, sinon il va te renverser ». Ils demandent cyniquement à ce que nombre de lâches rejoignent les rangs de la mafia, car ils savent qu’ils n’auront pas le courage d’abandonner leur confort.

Et pourtant la prison n’a pas toujours été comme ça…

Le déluge de drogues qui s’y abat en a fait une immense maison de fous, où les besoins des prisonnier-e-s sont attisés afin de mieux les escroquer, les poussant vers une vie d’automates aux ordres du commerce…

C’est pour cela qu’il est si important de ne pas cesser d’imaginer et d’être sensible. En effet ils essaient de nous convertir en machines de guerre.

Maintenant il ne reste que l’action et la solidarité, sachant que la prison n’est rien d’autre que la société dans laquelle nous vivons.

En guerre jusqu’à la liberté totale.

– Fernando Barcenas –

***

Lettre de Miguel Ángel Peralta Betanzos envoyée pour le Festival de l’ABC Marseille

Depuis la Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Inadapté-e-s (Inadaptadxs)

Montagnes, plantations de café, sources qui jaillissent de la terre,
animaux sauvages de la forêt, arbres innombrables, masques, maisonnettes que berce le vent, chemins, fleurs : tous enveloppés dans l’épais brouillard de la nostalgie.

Je m’éveille, la pluie s’intensifie, mes ailes mouillées pèsent mais elles continuent à voler.

Mon ombre lance des coups de pied contre les portes de la machine, passe au travers des mailles, escalade les tours de contrôle, brouille les radios de communication, croise les murs, tisse des rêves et habite dans des frontières imaginaires.

Mon ombre se nourrit de la flamme de la pensée, elle parle une langue
ancestrale et ne se laisse pas domestiquer, elle se révèle à la lumière du jour, et se grise de liberté.

Mon ombre est l’ombre de tous les hommes du nombril du monde et devient escargot.

Mon ombre brise les charnières de l’État ;
Et jamais, plus jamais elle ne sera piétinée.

– Miguel P.-
Novembre 2016.

Traductions Les trois passants

[Mexico] : Chroniques Carcérales des prisonniers du collectif Cimarron

fanzincimarron
Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

Depuis la prison Nord de la Ville de Mexico [ReNo]

Extrait du livret [fanzine] Anthologie des chroniques carcérales, Mexico 2016.

Le collectif CIMARRON est formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico :

Fernando Barcenas Castillo
Gerardo Ramirez Valenzuela
Luis Lazaro Urgell
Sinue Rafful
Hans Razo Alvarez
Compa Gato Punk
Compa Josh

Les textes de cette anthologie sont le produit de plusieurs séances
informelles qui se sont tenues à l’intérieur de la prison Nord, durant lesquelles nous avons partagé des éléments d’écriture de ces chroniques.
A chaque étape du processus de sélection, révision, édition et  impression plusieurs mains anonymes sont intervenues et sont devenues  les complices de cet effort.

Il n’y a pas d’ordre précis ou de thématique particulière des textes, d’ailleurs la plupart n’ont pas de titre ; la seule chose que nous avons indiqué est la date où ils ont été écrits et l’auteur. Ce ne sont que de simples paroles/sensations directes des auteurs qui leur permettent de voler libres, et tentent d’échapper aux murs derrière lesquels on entend les maintenir captifs.

En espérant que cette publication permette qu’il en soit ainsi, même  pour un instant.

Quelques solidaires

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Collectif Cimarron :Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets à l’intérieur de la prison Nord de la Ville de Mexico où il est incarcéré depuis le 13 décembre 2013. Il a créé des ateliers d’écriture, de réflexion, de musique ; avec d’autres prisonniers et prisonnières écrit et diffuse le journal anticarcéral indépendant et de combat « El Canero » ;
dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico.

Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour  tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Les trois passants
À bas les murs des prisons !
La lutte durera jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !

[Oaxaca] : Lettre de Miguel Peralta Betanzos depuis la maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán

cuicapenalLettre de Miguel Peralta Betanzos
Maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán, Oaxaca
21/11/2016

Souvenir

Souvenir (non pas comme ces dates de commémoration, mais comme une vie toute entière de révolte) de tous les êtres ingouvernables et inadapté-e-s qui ont combattu l’Etat dans sa plus pure essence, le capitalisme, le militarisme, la domination et l’oppression, l’industrialisation de la pensée sous toutes ses formes et modalités et, pourquoi le taire, l’injustice et la justice coercitive.

Faisant un bref bilan des dommages, nous pensons tout particulièrement aux compas à qui l’on a arraché la vie dans les cages de la misère humaine, ce sont d’eux et d’elles dont nous nous souvenons parce que leurs esprits se sont propagés sur le chemin de la liberté, et tout spécialement celui de Ricardo Flores Magón qui, comme nous le disait Librado Rivera dans un écrit de 1923 où il évoque  l’assassinat de Magón dans le pénitencier de Leavenwort :

“même si sa mort soudaine ne lui a pas permis de voir ses chers idéaux de liberté, d’amour et de justice se réaliser, ses rêves de bonheur n’ont pas disparu avec lui : ils vivent comme des phares lumineux qui  éclairent les esprits d’une humanité qui souffre les tortures de la faim  et de la misère. Et tant que sur la Terre existera un seul coeur  meurtri, un seul oeil empli de larmes, déclara-t-il à ses bourreaux, mes  rêves et mes visions devront continuer à vivre.”

Et c’est ainsi que 94 ans après son assassinat, ses idéaux résonnent toujours en nous, notamment pour atteindre ceux de justice et bonheur, alors que nous marchons aux côtés de nos frères et soeurs qui aujourd’hui, partout sur le globe, vivent l’enfermement pénitentiaire et tentent de soutenir leurs ailes que l’on a voulu briser.  A vous, sachez-le, nous ne vous oublions pas.

Aujourd’hui également, nous nous souvenons de tous ceux qui, jour après jour, combattent le grand enfermement à l’air libre, à elles, à eux vont ces paroles de souvenir, de mémoire, qui crient, et qui exigent…

Miguel Peralta Betanzos

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Miguel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au  centre-ville
de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une  grande violence par trois personnes en civil sans identification ni  mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers.

Toutes ces  irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque  de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la  continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par  l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y  être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système  communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée  Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis  politiques soutenus par les caciques locaux.

Plus d’infos :

miguel-peralta-betanzos

Traduction Les trois passants

Ville de Mexico, Mexique : « L’état m’appelle criminel », Abraham Cortés

abrahamdibujoPrison Nord de la ville de Mexico, novembre 2016

Bonjour compagnon-ne-s,

Je vous salue par un fort cri de rage, de solidarité et d’anarchie car cela fait un peu plus de 94 608 000 000 secondes que je suis séquestré par ce sale fuck’in système et après 23 jours de solidarité avec les compagnon-ne-s et pour toutes les histoires qui ont lieu tous les jours dans ce monde, je crois qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer le pourquoi de cette grève de la faim qui est devenue maintenant un jeûne. Parce que nous y vivons quotidiennement où que l’on soit, ici ou là-bas, ce que nous appelons la rue. Partout nous sommes surveillés et on nous oblige à être serviles, mais cette même soumission est ce qui donne du pouvoir au pouvoir et la lutte à la lutte.

Qui suis-je ?

Mes parents m’appellent Abraham, l’État m’appelle criminel et les potes ça leur est égal, moi-même je m’appelle SERCKO mais en plus de cela, je suis seulement un être vivant et pensant, cimarron, comme un loup solitaire, sans maître ni dieux.

Compagnon-ne-s, je voudrais partager avec vous un peu de moi. Lorsque je remonte vers le plus ancien de mes souvenirs, je me rapelle qu’il y a toujours eu de la rancoeur, de la haine, de la tristesse, de la discrimination, de la dépression, de l’oubli, de l’oppression entre autres, observant et sentant tout, une vie accélérée de tous les côtés, et comme on dit en prison, je suis un « pagador » [quelqu’un qui doit payer].

Mais en tant « pagador » je n’ai pas de scrupules ; je n’ai pas choisi mes parents, ni ma situation économique ou mon statut social. Je n’ai pas demandé à vivre, mes parents m’ont fait uniquement pour rester unis, je pense que ce fut pour eux une poussée de fièvre. Mais bon, maintenant je suis là, et les années passant j’ai arrêté d’être un bouffeur et un chieur et je me suis domestiqué à la maison, j’étudie, j’apprends, je suis le meilleur et en échange de quoi ? Une mauvaise réponse, une raclée, une bonne réponse, une autre raclée, mais alors de quoi s’agit-il ?

Après, il y eut JésusCri “Chuchocraist” par ici et par là et je ne sais quelles autres religions et sectes qu’on nous met dessus, dans lesquelles je ne sens qu’une fausse espérance. Moi, ils ont essayé de m’inculquer le catholicisme, puis non, après ce fut le christianisme, mais après c’étaient eux qui doutaient.

Moi je crois ce que je sens, ce que je vois et jusqu’à présent être moi-même et savoir qui je suis est le mieux qui ait pu m’arriver. Parce que je n’ai pas d’attachements ou parce que je n’ai besoin d’aucun dieu, ou d’icônes, ou de sentiments pour être ou sentir que je peux mourir sans problème, c’est pour cela qu’ils nous ont faits. Depuis que j’ai coupé le cordon ombilical et brisé la chaîne familiale et que je ne suis pas rentré à la maison, je me suis débrouillé par moi-même, avec des hauts et des bas, « avec l’envie d’être quelqu’un », perdu dans le qui suis-je? Perdu dans le monde, reproduisant chaque gorgée amère apprise de cette « société », mais à la recherche de moi-même.

Parfois je me demande ce que je veux. Pour l’instant je veux être libre, comme des millions et des millions d’exploités, bien que pour moi la liberté soit une amie, la véritable liberté tu la vis après ta mort, parce que tu es à nouveau rien, mais pour l’instant on ne veut pas qu’ils nous fassent bouffer les pissenlits par la racine.

Pourquoi demander une liberté physique ou une amnistie, si partout où l’on va il y a toujours un oppresseur, des règles, des murs, des dieux, des systèmes de soumission, de l’argent, de l’esclavage, du travail, de l’esclavage, de la religion, de l’esclavage.

Il y a plusieurs manières de voir ces systèmes imposés par ceux qui s’appellent la haute société [NdT : écrit suciedad, saleté dans le texte original, jeu de mot sur le mot sociedad : société et suciedad : saleté]. Pareil pour le multi-mentioné narco-trafic qui, bien qu’il s’agisse d’un système dénoncé par les médias, est bien vu par l’État. Parce que c’est aussi un moyen d’avoir plus d’argent et de pouvoir, tout en contrôlant la population avec des sédatifs pas chers et addictifs, substances fabriquées par des mains humaines, les mêmes qui tuent tous les jours nos jeunes dans le monde entier, à n’importe quelle heure, n’importe où, bien que toutes les drogues à mon avis ne proviennent pas des narco-trafiquants. Les entreprises sortent leurs propres drogues, coca-cola, Bimbo, McDonald, les pizzas ou comme on dit la « malbouffe ».

Il y aussi les vêtements, les cosmétiques, les accessoires, des choses et des choses, un paquet de merdes qui sont inventées pour générer plus de déchets, pour polluer, aliéner et avoir le contrôle sur la population.

Compagnon-ne-s, c’est un peu de ce que je pense et ce que j’ai vécu, mais il y a quelque chose que j’ai toujours eu, comme beaucoup d’autres : la RÉBELLION, et cette rébellion est celle qui me maintient ferme face à cette folie sociale, cette rébellion, cette non-conformité face à ce que je vois et je ressens c’est celle qui me fait lutter. Ce n’est pas grave si on ne se voit pas, si nous n’agissons pas toujours ensemble, peu importe où que nous soyons, l’important est de lutter pour un idéal.

Compagnon-ne-s, santé et anarchie.

Votre compagnon.
SERCKO

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico
Traduction : Les trois passants

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Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

Plus d’infos : liberonsles.wordpress.com

[Mexico] Fernando Barcenas : nous n’avons pas besoin d’amnistie parce que nous n’avons pas besoin de lois qui régentent nos vies

reclunorte

Prison Nord de la ville de Mexico, octobre 2016

La loi est un artifice qui castre les aptitudes humaines ; qui pense, dirige, invente nos vies à notre place et une telle conception implique la mutilation de la parcelle la plus unique et authentique de nous-mêmes.

C’est pour cette raison que celui/celle qui décide de prendre sa vie en mains propres en marge de la machine pourrie est considéré.e comme “bizarre, “antisocial.e”, “criminel.le”, etc…

Nous ne pouvons envisager de solutions à l’intérieur du “cadre démocratique”, qui par sa politique d’extermination épouvante les habitants avec spoliations, violence et mort.

Des rumeurs concernant une amnistie promue par quelques partis et institutions politiques me sont parvenues. Il me semble nécessaire de préciser ici ma position de refus à toute forme d’instrumentalisation des énergies du peuple pour le maintenir aux ordres. Certain.e.s pensent qu’une amnistie pourrait assainir les intérêts du peuple, réduits en mille morceaux par l’imposition de la richesse et grâce à l’esclavage économique ; nous, nous ne voulons pas “sortir” de prison pour entrer dans une autre. Nous voulons être libres, libres véritablement, en dehors de toutes leurs réalités virtuelles et cela implique forcément détruire la société. Nous le ferons en pensant que quelque chose de neuf doit naître pour engloutir à jamais cette civilisation pourrie qui nous transforme en automates et rouages de sa machinerie.

Les “luttes politiques” ne nous intéressent pas, mais plutôt le conflit permanent qui existe partout ; ils peuvent nous emprisonner mais ils n’arrêteront pas la révolte. Les voisin.e.s mécontent.e.s descendent dans la rue pour rejeter les projets immobiliers cause du dépouillement et du déplacement forcé de milliers de famille qui n’ont pas les ressources suffisantes pour financer la privatisation de l’espace public. La privatisation de l’eau est également un autre symptôme criant, reflet de toute la considération que nous portent en réalité les puissants. Esclavage moderne, aliéné et édulcoré par le luxe, les drogues et autres aspirations capitalistes.

Nous n’avons pas besoin d’amnisties parce que nous n’avons pas besoin de règles qui régentent nos vies ; le miroir aux alouettes du progrès nous fait croire que l’État et le gouvernement sont indispensables et du coup nous ne nous rendons pas compte directement des indices indiquant qu’ils nous convertissent en complices des massacres de nos peuples…

Nous voulons voir se propager partout l’insurrection qui détruira le pouvoir centralisé, joug commun sous lequel, nous, tous les pauvres nous souffrons.

Nous saluons tous les actes d’insubordination contre les standards de vie internationaux qui prétendent nous convertir en pièces indispensables à leur machinerie.

Nous autres les marginaux, sommes ceux qui supportons le poids de cette société et comme nous sommes désormais inutiles à cette société technologique illes justifient notre massacre par des guerres informelles contre la drogue qu’illes livrent justement dans les endroits où les personnes ont des traditions communautaires et mènent des vies différentes de celles imposées par l’État.

N’importe qui vivant dans un quartier pauvre sait depuis qu’il est petit que le trafic de drogue est géré par des organismes semi-publics, c’est à dire l’implantation de la mafia comme institution régulant le contrôle intérieur du territoire pendant que la police met en place une politique de deux poids deux mesures, ne ménageant pas ses efforts pour un bon fonctionnement de la mafia. Ainsi la mafia n’est rien d’autre qu’une sous police qui régule non seulement le trafic des drogues mais aussi les entreprises formelles et informelles qui existent sur le territoire.

Cependant si cette situation est devenue massive cela est dû au fait qu’à l’origine le trafic de drogues n’est rien d’autre qu’une activité supplémentaire de l’hydre capitaliste.

Un capitaliste sera toujours un monstre vorace et prédateur qu’il se consacre à des entreprises “légales”, ou bien à celles que l’on appelle “illégales”.

La seule motivation des capitalistes est leur désir insatiable de profits. Ils sont prêts à tout pour de l’argent c’est d’ailleurs pour cela que les rapports entre capitalistes “légaux” et le “crime organisé” sont si étroitement liés.

Nous ne pouvons remettre ni nos vies ni celles de nos êtres chers entre les mains de l’État/Mafia, car ce sont eux les responsables du génocide et des massacres que nous respirons quotidiennement. En tant qu’anarchistes nous menons une guerre contre le pouvoir, contre tout ce qui essaie de conditionner les individus et de les éloigner d’eux-mêmes.

C’est pour cela que nous mettons le feu à toutes leurs cages, que nous sabotons leurs marques commerciales que nous attaquons les symboles de leurs sociétés. Les villes, nous les prenons d’assaut parce que l’urbanisation est le summum de l’enfermement massif, de la privatisation des ressources économiques. Y compris les transports publics sont un symbole qui ne cesse de rappeler au marginalisé qu’il n’est pas le bienvenu dans les grands centres urbains. L’augmentation du prix du métro, le monopole par une seule et même entreprise qui tente d’accaparer tout le marché des transports en commun en ville, imposant son schéma terrestre de transport sont autant de symptômes de la privatisation totale des villes.

En ces temps d’ère technologique, la prison est un lieu banalisé pour tous, c’est pourquoi nous devons inventer des chemins et des voies qui nous aident à vivre en marge, réinventer nos vies chaque jour en nous les réappropriant.

En guerre, jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !
Fernando Bárcenas

Traduit par Les trois passants

France : Un utilitaire d’Engie incendié à Paris

SCRIPTA MANENT ? ACTA NON VERBA !

Face à la répression qui frappe des compagnon.ne.s anarchistes en Italie (Opération Scripta Manent), face à nos ennemis qui sont l’Etat et le capital, nous pensons encore et toujours que la meilleure solidarité c’est l’attaque. Elleux payent pour des actes qui appartiennent à tous les anarchistes à travers le monde. Nous voulons leur envoyer une marque de notre proximité avec des actes. Contrairement à d’autres ici et ailleurs qui se contentent d’un peu de rhétorique sur leurs sites internet.

La nuit du 3 au 4 octobre rue Candale prolongée à Pantin, nous avons brûlé un utilitaire d’Engie entreprise qui collabore avec l’Etat à l’enfermement (gestion de prisons et de centres de rétention).

Feu aux prisons !
La solidarité c’est l’attaque !

Quelques autres anarchistes solidaires de Paris.

en anglais, grec, italien, portugais

Varsovie: Le juge rend publique la caution pour les 3 de Varsovie. Une semaine pour récolter les fonds

screen-shot-2016-09-15-at-19-16-09Les 3 de Varsovie ont été arrêtés en mai et gardés dans une prison de haute sécurité, leur contacts avec l’extérieur ont été restreints, et ils risquent des sévères condamnations au vu des nouvelles lois anti-terrorisme et anti-anarchistes. Ils ne sont pas encore passés en procès.

Le 14 septembre 2016, pendant une audition concernant une plainte suite à leur incarcération prolongée, le juge a finalement accepté de les libérer sous caution. La somme a été fixée à 20 000 PLN, soit 4 600 euros chacun. Si l’argent est transféré en 1 semaine (7 jours à compter du 14/09/2016, soit le 21 septembre), les prisonniers seront libérés et placés sous contrôle judiciaire.
60 000 PLN, soit 13 800 euros est une fortune pour les familles et ami.e.s des prisonniers. Réunir ces fonds en une semaine semble à peine possible. Si vous le pouvez montrez votre soutien, que ce soit financièrement ou en diffusant cet appel de récolte de fonds. Chaque euro récolté nous rapproche de leur sortie.

Lever les arrestations voudrait dire pour les anarchistes arrêtés, la fin des tortures quotidiennes qu’ils endurent après plus de 3 mois en isolement. On ne peut pas laisser cette chance nous glisser entre les mains !

Pour faire un don :
Titulaire du compte : VpKK e.V.
IBAN: DE 4085 0205 0000 0361 5700
BIC: BFSWDE33DRE
Bank für Sozialwirtschaft
Note: Donation ABC Warsaw \ ACK Warszawa

IMPORTANT : ne pas oublier de mettre la note “donation ABC Warsaw” ou “ACK Warszawa”. sans quoi, personne ne saura que le don est adressé aux 3 anarchistes de Varsovie.

Infos sur l’évolution de la situation : https://wawa3.noblogs.org

[Mise à jour : le premier des arrêtés à été liberé. Les deux autres devraient quitter la prison dans quelques jours. Nous continuons à récolter des fonds.]

en anglais, italien

[Mexico] : Présentation du collectif de prisonnier-e-s « Cimarron »

“Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison…”

(Fernando Barcenas)

La CIPRE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fernando lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie « s’échapper, fuir ».

Texte lu lors de la rencontre Anti-carcérale du Bajío – Mexique

Juillet 2016

Caché dans ce qui aujourd’hui est un semblant de campement (une loge), je me connecte à ce dialogue intime par lequel j’approfondis mon essence et c’est précisément ce moyen par lequel je peux dénuder mon âme et l’offrir, au moins tant que je me trouve dans cet endroit… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne peux être prisonnier de mes émotions si je veux pouvoir survivre… je reste vivant et en alerte, parce qu’il suffit d’une étincelle pour que la vie s’achève lorsque tu vis entassé, supportant une routine incessante de jours, semaines, mois, années et pour certains plus malheureux que moi : de décennies… Le conflit est inévitable. Il est évident que nous tous reclus ici, nous sommes une bombe à retardement… Tu ne peux jamais savoir quand explosera une de ces bombes et d’une certaine façon cette sensation d’agressivité ne me déplaît pas ; ce qui me déplaît c’est la résignation de la grande majorité ; parce que cela signifie renoncer à attaquer les puissants et si nous renonçons à les attaquer alors nous nous attaquerons entre nous…

C’est ce qui me bouleverse parce que dans certaines situations nous devons aussi maltraiter des enfants du peuple… je suis conscient que chaque fois que je sors de cette cellule, c’est l’instinct sauvage qui me guide pour me conduire comme n’importe quel bête sauvage le ferait ; avec son intelligence, son instinct et sa force physique… C’est ainsi que peu à peu je me gagne la sympathie des autres animaux, non pas pour mon argent ni mes relations ou mes influences, mais par ma détermination à ne permettre à personne de s’approprier mon existence, et de vivre toujours en marge des rapports de pouvoir… Dans un endroit comme celui-ci, quelqu’un de marginal comme moi n’a d’autre moyen que ses bras et son cerveau soutenus par son courage et la rage de l’instinct de préservation pour faire respecter ses opinions, ses idées… La vérité c’est que j’ai toujours des envies que tout explose, que j’imagine les maton-e-s , les honnêtes citoyens et leurs institutions de représentation brûlant dans les flammes… Si j’ai appris quelque chose tout au long de ce projet d’insurrection de mes idées c’est de valoriser cette sensation qui consiste à garder le contrôle sur ma vie ; une sensation que j’expérimente très souvent lorsque je me confronte au maton, lorsque je décide de ne pas être victime du système et que je retrouve ma dignité en rendant le coup de poing dans la gueule, à l’estomac, parce que cela constitue en soi un acte de guerre qui rappelle celui des animaux en cage, du compagnon bastonné, du prisonnier réduit à moins que rien, des pauvres et de tous les marginalisés du monde qui ont posé le pied dans les entrailles de la prison, tous ces être formidables qui résistent quotidiennement aux ravages de la guerre contre l’humanité et la nature, menée par l’économie globale dans les états du monde et qui de par leur politique ont condamné à mort la planète sur laquelle nous vivons.

C’est dans ce contexte que l’individualisme d’un rebelle solitaire se transforme en organisation ; car souvent il suffit juste d’impulser une légère expression de désobéissance pour contaminer les autres êtres qui se savent eux aussi humiliés, piétinés, c’est ainsi que petit à petit des actes spontanés de résistance quotidienne se reproduisent (le refus des contrôles, les agressions contre les gardiens, les insubordinations collectives, les grèves de la faim etc.) et bien que nombre d’entre elles ont été étouffées sur le champ et que nombre de ceux qui ont participé en tant que coordination informelle des prisonniers en résistance (CIPRE) ont choisi de négocier et d’obtenir certaines commodités, on ne peut ignorer que ces faits n’existaient pratiquement plus dans les prisons au moins dans la dernière décennie, surtout depuis la prolifération de ceux qu’ici nous appelons « les mules » ou « prisonniers au service des autorités ».

Cependant, depuis ces actions qui ont agité l’intérieur de la prison pendant quelques mois, un petit groupe de personnes s’est formé, qu’ils ont décidé eux-mêmes d’appeler « cimarrón »… cimarrón pouvant être tout animal domestiqué qui échappe à ses maîtres et redevient sauvage. Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison… En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale…

Nombreux sont les « criminels » qui ne sont pas conscients de cela, mais d’autres comme nous l’ont perçu et sont prêts à livrer bataille contre le monstre carcéral et contre tout forme de domination….

Jusqu’à ce que nous soyons tous libres !

– Fernando Barcenas –

Traduction les trois passants

[Mexico] Extraits du journal anti-carcéral « El Canero n°4 »

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Cliquer sur l’image pour télécharger le PDF

Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

Réflexions sur le journal « El Canero » par Fernando Barcenas
Prison Nord de la ville de Mexico, juin 2016

Le projet « El Canero » est né durant les heures d’ennui, de partage de discussions et réflexions dans les cellules d’isolement, dans la zone 3 du module d’entrée, en observant la routine et comprenant que nous devons toujours recommencer depuis le début ; c’est ainsi qu’a surgi la nécessité de redonner du sens.

Que signifiait réellement lutter contre la domination et l’état ?

Est-ce que croire aveuglément dans mes idées avait encore réellement un sens ?

Bien des questions se bousculaient dans ma tête et j’ai compris alors que je devais trouver une forme pour ne pas me retrouver en proie à l’angoisse et au désespoir…

J’ai d’abord commencé par écrire pour débuter un dialogue avec moi-même et ensuite, lorsque j’ai conçu la façon de matérialiser ma liberté intérieure, je l’ai alors utilisée comme lieu d’introspection depuis celui où je me trouvais avec mes bourreaux, de mes prisons subjectives, de mes attitudes autoritaires et de soumission, un lieu où je n’avais de sens qu’en me cherchant moi-même et qui a en effet fonctionné comme un outil pour reprendre confiance dans mon individualité unique et libre.

Par la suite, sont venues les questions.

Est-ce que cela avait un sens de n’écrire que pour soi ?

De quoi avait-on besoin pour briser les barrières de l’isolement.

Les réponses infinies à de tels questionnements m’ont conduit à une seule réponse : Écrire !

Si la liberté est aussi indispensable, aussi appréciée que la vie elle-même, à un point tel que nous serions capables de donner notre vie plutôt que de la soumettre à l’esclavage et aux chaînes ; alors pourquoi ne pas se battre pour l’étendre et faire en sorte que d’autres puissent expérimenter ici et maintenant la sensation de liberté et de plénitude qu’elle nous procure et qui parcourt notre corps chaque fois que nous nous échappons du périmètre légal, de la norme sociale ?

Nous sommes acteurs de la révolte et pour chacun des actes décidés, nous nous assumons comme des êtres capables de nous autodéterminer, de nous réapproprier nos vies et d’avancer de façon cohérente vers l’expérimentation et la création de nouvelles formes de rapports sans pour autant nous transformer en institutions sociales. C’est pour cela qu’à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons physiques nous devons réfléchir et nous interroger : sommes-nous satisfaits de vivre soumis à de telles conditions ? Avons-nous envie de détruire la réalité ou voulons-nous seulement la transformer ? Mais surtout nous devons savoir si ce choix, c’est bien nous qui le faisons, si c’est bien le nôtre.

FERNANDO BARCENAS
Prison Nord de la ville de Mexico

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Oaxaca, Mexique : Attaque incendiaire contre la banque Banamex

Le matin du 23 mai, en complicité avec la pleine lune, nous avons décidé d’attaquer de nouveau; dans une ville prise par la police et les militaires nous nous sommes une fois de plus joint à la nuit, celle qui nous rend invisible, celle qui nous donne l’anonymat et la clandestinité et nous avons incendié une succursale de la banque Banamex en y plaçant des pneus et en arrosant d’essence. Ainsi nous illuminons l’obscurité et frappons un grand coup, c’est un moment rapide, mais c’est un moment dont nous jouissons et qui nous fait sentir un peu plus libre en quelques secondes, en libérant le feu qui ronge peu à peu cette horrible succursale et ses guichets automatiques. Nous avons décidé de nous filmer afin que tout le monde se rendent compte de la facilité de réalisation de certaines actions, afin d’encourager chacun à agir partout où illes se trouvent.

C’est indéniable, nous sommes partout. Nous voyons les banques et de leurs responsables comme générateurs directs de la misère et de l’inégalité sociale, les banques sont les temples où l’argent « Dieu » va et vient, où l’on gère la misère, où ce « Dieu » est au-dessus toute forme de vie, l’offensive continuera de cibler toute institution du pouvoir et de ses machines, mais aussi à partir de là, nous voulons qu’il soit clair que l’intégrité physique d’une quelconque personne que nous considérons comme ennemi et complice de la guerre dans laquelle nous sommes impliqués ne nous importe pas. Nous n’hésiterons pas d’attaquer les gardiens de prison, les policiers, les soldats, les juges, les banquiers, les manipulateurs de la communication, les politiques, etc… si l’occasion se présente.

Non, le terrorisme d’État ne nous arrêtera pas.

Devant la militarisation et la répression du gouvernement, nous répondons avec force. Nous avons opté pour l’attaque, pour que les esclaves et les gardiens de l’ordre se sentent vulnérables, le feu se propage.

Nous nous remémorons dans l’action de tous les compagnons-nes tombé(e)s et prisonnier(e)s de cette guerre sociale, en mémoire de Mauricio Morales, Sebastian Oversluij et des compas pris dans les oubliettes de l’État. Pour Fernando Barcenas, Tamara Sol, Monica Caballero et Francisco Solar, en solidarité combative avec les compagnons-nes de la Conspiration des Cellules de Feu.

MORT A L’ÉTAT !!
MORT A L’AUTORITÉ !!
FAISONS EN SORTE QUE VIVE L’ANARCHIE !!

individualités anarchiques informelles.

P.S. Ha ha ha

en grec

[Marseille] Un texte qui présente la situation d’Osman Evcan et banderole posée en solidarité avec lui

NdT : Une banderole a été posée sur le pont de cours ju à marseille le 18 mars, en solidarité avec Osman Evcan et pour le soutenir dans sa grève de la faim. En dessous vous trouverez une traduction d’un texte publié par l’ABC d’Istanbul présentant la situation d’Osman Evcan.

La photo de la bannière ajoutée le 25 mars. En anglais et allemand.

Publié le 2 mars 2016 :

Osman Evcan est né en 1959 à Samsun et est un prisonnier anarchiste ayant passé ses 23 dernières années en prison. En 1992 il a été condamné à 30ans de prison avec pour charges l’appartenance à un groupe terroriste de gauche et braquage. Il a aussi été emprisonné pour 9 ans entre 1980-1989. Depuis que Osman a adopté des idées anarchistes en 2003, il est aussi devenu vegan et soutient les luttes de libération animale.

Osman Evcan a été emprisonné dans de nombreuses et différentes prisons au long de sa peine à travers tout le pays ; il a construit sa vie sur une lutte contre la violence autoritaire, et spécialement la violence et l’oppression qui fait partie intégrante de la structure hiérarchique de la prison, et il continue sa lutte contre la mentalité oppressive de la prison, sans céder d’un pouce, aspirant à des bases justes pour les individu-e-s anarchistes, vegan et libertaire.

Le premier acte de résistance d’Osman a été sa grève de la faim de 42 jours en 2011 pour que de la nourriture vegan soit disponible en prison. Durant sa grève de la faim, les anarchistes et militant-e-s pour la libération animale du monde entier et en Turquie ont soutenu la lutte d’Osman pour l’accès à de la nourriture vegan en prison. Après 42 jours de grève de la faim le gouvernement a abandonné et a mis en place une régulation pour les prisonnier-e-s vegans et vegetarien-ne-s : « les demandes des prisonnier-e-s vegans ou vegetarien-ne-s seront acceptés aussi longtempts qu’elles se limiteront à permettre la subsistance ». Après cette victoire de tou-te-s les anarchistes, militant-e-s de la libération animale et prisonnier-e-s politiques, Osman a continué à faire partie de la lutte anarchiste durant son temps en prison. Il a soutenu les luttes LGBT, de libération animale, de droits des femmes, et les luttes anti-impérialistes en dehors de la prison, et il a fait des grèves de la faim pour protester contre le massacre d’animaux durant chaque “festin de sacrifice” tous les ans pour 3 ans ; il a écrit des articles pour défendre la nature, des identités ethniques et différentes autres contre les rafles du gouvernement et de la bourgeoisie comprador, et il continue sa lutte politique autant qu’il le peut depuis la prison.

Osman Evcan a été jugé coupable d’être membre d’un groupe terroriste de gauche ; il s’auto-critique en disant qu’autant les formes de système capitaliste que de système socialiste sont des formations étatistes et de colons. Pour citer ses propres mots : « le veganisme ne fait pas seulement contraste avec le capitalisme mais aussi avec le socialisme. Le veganisme fait contraste avec la civilisation. Le veganisme implique une attitude sans compromis contre la destruction technologique, la violence, l’aliénation de la nature et d’elle-même de l’espèce humaine, le pillage écologique, la pollution, le colonialisme, le réchauffement climatique. Les actes de la civilisation ont une histoire commune avec les formes étatistes d’organisation. L’idée d’un état grandissant via un processus débutant par un point ‘primitif’ dans un conitnuum de modernisation continu pour des centaines d’années et se transformant en état-nation est un résultat de la civilisation. Nous ne pouvons séparer ces deux choses se renforçant et se produisant mutuellement. Le veganisme est une attitude radicale contre tout… ».

Après sa grève de la faim de 33 jours en Juin 2015 il a avancé d’un pas en avant en termes d’approvisionnement de nourriture vegan et a obtenu le droit d’obtenir de la nourriture vegan de l’extérieur des prisons. L’administration pénitentiaire a usurpé cette victoire pour des raisons arbitraires.

Après l’usurpation du droit d’obtention de nourriture vegan de l’extérieur de la prison par l’administration de la prison de Kandira No1, Osman Evcan a commencé de nouveau une grève de la faim le 10 novembre 2015, et après 39 jours l’administration pénitentiaire lui a rendu ses acquis. Mais peu après, tôt dans le matin, Osman Evcan a été exilé de force à la prison Siliviri de type L, et sous l’excuse du manque de place il a été placé dans une unité pour les « courtes durées » ne comprenant pas de cours d’exercice. Après qu’il ait été amené dans cette prison de force, aucune nourriture ne lui a été donné pour 4 jours et après cela, la nourriture qui lui a été donné n’était pas assez bonne pour une alimentation saine. Malgré le fait qu’il ait fait des dizaines de pétitions, aucune réponse n’a été donné.

Osman Evcan est enfermé avec des prisonniers “ordinaires”. Donc cela signifie que les droits que les prisonniers politiques ont gagné au travers de leurs luttes pour des années n’existent pas dans cette prison. Un exemple pour cela est la présence de caméras dans les cellules. Osman Evcan, qui précise qu’il n’acceptera jamais ce genre d’outil de contrôle et de surveillance dans sa cellule, essaye de mettre fin à cette pratique en cassant ou modifiant l’angle de vue des caméras. Mais la réaction de l’administration pénitentiaire face à cet acte a été de renforcer les punitions disciplinaires comme l’interdiction de visite des membres de la famille. Et comme résultat de punitions disciplinaires il fait face à 12 jours en isolement.

Pour ajouter à ça, la limite de livres autorisés par cellule de cette prison n’est que de 10 livres. Donc si vous prenez en compte le fait que dans ces prisons il n’est pas autorisé d’avoir accès à des sources d’information rapides comme l’internet, la plupart de ses livres seront des livres de bases. On peut dire qu’il n’y a pratiquement pas d’opportunité donné aux prisonniers de lire quelque chose de nouveau.

Mais l’état ne décide pas seulement de la quantité de livres que vous pouvez lire, il décide également quel livre vous êtes autorisé à lire. C’est aussi une méthode pour transformer les prisonniers (ceux qu’ils emprisonnent afin de les régénérer ou les re-former) en ce qu’ils veulent qu’ils soient. En les faisant regarder les chaînes de télé, lire les livres et magazines qu’ils veulent, ils pensent pouvoir obtenir tout ce qu’ils veulent de la façon qu’ils veulent, au travers de la tête des prisonniers. Ne pas fournir les publications voulues aux prisonniers, ce n’est pas respecter le droit de recevoir des informations politiques gratuites.

Ils ne donnent aucune d’information aux prisonniers sur l’état de livraison ou de distribution des lettres et faxes. Pour les autorités carcérales, c’est préparer le terrain pour ne pas envoyer de lettres de façon arbitraire. Aussi accompagné de cette interdiction de communication, cette situation d’obscurité devient une oppression permanente et constante. En gardant les corps en un lieu stable, tous les instruments nécessaires pour continuer à exister sont dégagés.

Avec cette grève de la faim, Osman Evcan montre à l’état qu’il n’obéit pas, il ne se rend pas face à leurs oppressions et pratiques en prison. Accepter signifie la destruction de ta propre identité, de ta propre existence. La seule façon de se débarrasser d’identités politiques est le contrôle des comportements. La matérialisation extérieure des identités politiques sont les grèves de la faim. Et l’état répond à ces grèves de la faim en gardant les corps dans un lieu stable et en retirant tout instrument nécessaire afin de continuer à exister. Si ceux qui doivent obéir n’obéissent pas, l’état révèle visuellement une chasse aux sorcières politique. C’est exactement ce qu’ils désirent faire à Osman : une extermination silencieuse de la psyche et du corps.

La lutte d’Osman consiste à ne pas laisser son identité être détruire, et à montrer qu’il ne se rendra pas sous les méthodes de pression de l’état. Sacrifier son corps à la mort signifie ne pas se rendre. Cela signifie vivre sans perdre son identité et laisser ses gains aux successeurs. La lutte d’Osman est bien plus qu’un paquet vegan : c’est une guerre pour exister.

Barcelone, État espagnol : Face aux attaques du pouvoir, l’offensive continue

Après les dernières opérations de police contre le milieu anarchiste, beaucoup a été dit et a été écrit, la plupart du temps, les communiqués et les opinions ont été en grande partie une plainte ou une “condamnation” de la répression du pouvoir. Face à la dernière opération répressive et les réactions qui ont suivi, nous considerons que nous aussi nous voulons donner notre point de vue.

Tout d’abord il faut comprendre que la répression qui a eu lieu est la réponse logique de l’État face a nous qui sommes considérés comme ses ennemis. Nous ne comprenons pas les communiqués victimisant dans lesquels l’état d’esprit (bien sûr écris avec des mots très appropriés ) est de supplier l’État de cesser de lancer ses hordes de flics a “l’aveugle” contre les anarchistes. Disant que la répression est injustifiée (et bien sûr on use et abuse du terme « montage »). Disant que nous ne ferions jamais rien de mauvais. Disant qu’ils nous attaquent car l’on “pense différemment”… Ils essayent de donner de nous une image de « normalité » et essayent par tous les moyens de rendre cette image publique la plus propre et la plus socialement acceptable possible. Ils font de leur mieux pour se distancer des discours ou des pratiques violentes, tombant ainsi dans le jeu du pouvoir et utilisant le même langage, des distinctions sont faite entre « bon(e)s » et « mauvais(es) » anarchistes, promouvant de l’intérieur la même criminalisation.

Arrivé à  ce stade, entre ces “anarchistes” il y a ceux/celles qui n’ont aucune honte à donner des interviews aux médias, donnant une image lamentable et, ce qui est bien pire, se positionnent comme les portes-parole du “mouvement anarchiste” (et à y être de tous mouvements sociaux). Ces aspirants politiques ou aspirants guides de masse font leur possible pour éloigner l’anarchisme de son caractère subversif et conflictuel, le dépeignant comme un simple mouvement d’activisme social, vide de tout discours et pratique de confrontation au pouvoir et à l’ordre existant.

Ensuite, il y a les discours de ceux/celles qui parlent continuellement de l’horreur de la répression, du fait que nous sommes tou(te)s surveillé(e)s, que nous ne pouvons rien y faire, ces attitudes ne font rien de plus que semer la panique et la paranoïa collective, et derrière ces discours et attitudes il y a ceux/celles qui, pour cacher leur immobilisme, utilisent comme prétexte l’omniprésence de la répression, des suivis, le classique “mais moi je suis fiché” etc… Celui/Celle qui ne veut rien assumer, c’est sa décision personnelle, mais se cacher derrière une peur incontrôlée et bien souvent sans fondement et s’employer à répandre ce sentiment défaitiste est dangereux et contre-productif. Cela ne veut pas dire qu’il y a les “lâches” et les “courageux(ses)”, il est tout à fait normal d’avoir peur des détentions au poste de police, de la prison, des coups, de la torture et des meurtres de bourreaux ou de matons…

Pourtant, libérer la peur conduit à la panique et a la paranoïa, ce qui à son tour conduit souvent aux discours défaitistes appelant à la passivité, à l’immobilisme, et affirmant qu’il est préférable de “bien se (com)porter” autant pour soi-même que pour le reste des compagnons(gnes) afin de ne pas être la cible des enquêtes policières.

Pour en finir avec le sujet nous affirmons que l’État ne nous a même pas montré la partie émergée de l’iceberg, ceci n’est rien comparé à ce qu’ils pourraient faire, et de fait, il suffit de regarder la répression présente actuellement dans d’autres parties du monde (et  il n’y a pas besoin d’aller bien loin) ou même dans l’état espagnol il y a quelques décennies. Il doit être clair que, du moment où nous nous positionnons comme anarchistes, nous vivons dans le risque et la possibilité d’être frappé(e)s par la machinerie répressive, même en dehors de nos pratiques, parce que, comme nous l’avons  déjà vu, il y a des moments où la dite machinerie répressive cherche plus à provoquer la peur chez l’ennemi en s’en prenant à tout le monde au lieu de donner des coups précis, donc, aux yeux du pouvoir n’importe (la)lequel d’entre nous est une cible potentielle.

Malgré tout le déploiement des opérations policières, les arrestations et les calomnies qu’ils ont effectués (et qui restent à venir) le pouvoir sait que nous resterons toujours des individu(e)s impossible à contrôler, impossible ù effrayer quelque soient leurs tentatives. Ils ne pourront pas en finir avec notre soif de détruire tout ce qui nous opprime. Nous sommes ravi(e)s de voir que malgré tout ce qu’il c’est passé, ils n’ont pas réussi à stopper l’offensive contre l’existant. Tous les jours, il y a celleux qui, sans céder à la peur ni à la soumission sociale, continuent l’attaque permanente. L’action anarchiste multiforme a continué de se diffuser à travers les différents quartiers, peuples et villes sous forme de publications et de textes combatifs, d’affiches, de graffitis, de pancartes, de sabotages,  d’incendies et d’explosifs, coupant les routes a coup de de barricades, d’affrontements, d’attaques contre les bâtiments du pouvoir et organisant des émeutes lors de manifestations…

Bien que la tendance au sein de l’État espagnol soit toujours de ne pas revendiquer les actions, que beaucoup d’entre elles restent muettes et sont réduits au silence, nous savons pertinemment qu’elles ont plus ou moins eu lieu. La violence minoritaire a continué et continuera, et si l’on parle de violence, ouvertement et sans complexe, c’est parce que nous sommes convaincus que le pouvoir ne tombera pas de lui-même ni qu’aucun messie ne tombera du ciel avec la solution toute faite.

Nous n’utilisons pas des mots comme « auto-défense » ou « contre-violence », nous ne parlons pas non plus de violence anarchiste seulement quand il y a un contexte adhésion des masses à ce qui n’est plus acceptable. Nous avons constaté que, malgré tout, la  pratique insurrectionnelle et l’attaque sont encore possibles, la police ne peut pas être partout, ils ne peuvent pas nous espionner ou nous contrôler tou(te)s, un peu de bon sens, une bonne planification et une bonne volonté sont plus que suffisants pour prouver que l’image d’un monde contrôlé et pacifiée n’est qu’une illusion, à nous de briser cette illusion de tranquillité.

Parce que face aux attaques du pouvoir et face à la misère de certain(e)s « anarchistes » qui ne se soucient que de donner une image de « bon(ne)s garçon/fille innocent(e) intégré(e)s à la société » afin de se sauver elleux mêmes, nous, nous armons nos désirs et nos passions, nous, nous passons à l’attaque.
Aux masses et à leur passivité, nous offrons juste notre agressivité, nous n’attendons rien d’elleux et nous nous jetons pleinement dans la révolte permanente anarchique.

Nous sommes quelques révolté(e)s qui avons décidé de rester fier(e)s, dignes et  de prendre le risque d’oser vivre l’anarchie ici et maintenant.

Les paroles sans actes sont pour nous paroles mortes, c’est pourquoi nous profitons de ce communiqué pour revendiquer les actions suivantes (faites dans différents arrondissements de Barcelone) :

L’incendie de plusieurs véhicules appartenant à différentes entreprises privées ou publiques, la plupart d’entre elles étaient des sociétés de sécurité.

Attaques d’agences bancaires en brisant le verre de leurs vitrines et de leurs DAB avec des marteaux, des pierres et de la peinture, voire en les incendiant.

Incendies de différents conteneurs et destruction de mobilier urbain.

Avec ce communiqué, nous souhaitons saluer affectueusement tou(te)s nos prisonnier(e)s,
en particulier Monica et Francisco qui sont détenu(e)s depuis plus de deux ans sans baisser la tête,
aux compas Nicola et Alfredo,
aux compas de la CCF et à tou(te)s les compas prisonnier(e)s actuellement au Chili comme a tou(te)s les compas prisonnier(e)s partout dans le monde.
C’est ainsi que nous saluons nos prisonnier(e)s et nous nous rappelons de tou(te)s celleux qui sont tombe(e)s au combat.
Nous saluons également tous celleux qui jour après jour, continuent de miser sur le conflit et l’insurrection anarchiste permanente, faisant aujourd’hui et pour toujours de l’anarchie une menace permanente.

Pour un Décembre Noir partout !

Pour l’Internationale Noire d’Anarchistes de Pratique !

Pour l’extension du Chaos et de l’Anarchie !

Rien n’est fini, la guerre continue…

Individu(e)s pour la Dispersion du Chaos – FAI / FRI

en espagnol

Argentine: Actions pamphlétaires à Buenos Aires

Le 9 février à 03h15, nous avons laissé une bouteille qui a explosé, faisant s’envoler les brochures qui étaient attachés à la bouteille. L’endroit que nous avons choisi fut une école de police du sud de la région métropolitaine de Buenos Aires, fabrique de bâtards en uniforme, pierre angulaire de ce système d’oppression.

brochure :
Nous détestons l’autorité et méprisons ce monde de reproduction constante de la misère. L’oppression continue que nous sentons entre routine du travail et contrôle social est quelque chose que nous ne pouvons pas tolérer si nous aspirons à récupérer nos vies et les enlacer à l’intensité des moments de liberté. Voilà pourquoi nous avons décidé de donner un coup à la sécurité et à la tranquillité d’une nuit pleine de vigiles et de frapper chez vous.
Bien que les campagnes et slogans pour rejoindre les forces de l’ordre avec des salaires élevés sont récurrents, il y en a qui méprisent toute personne qui se met un quelconque uniforme représentant la répression.

Avec cette action, nous voulons consacrer notre solidarité avec le blocus de Monsanto à Cordoba, avec Francisco et Monica qui font bientôt face à un procès dans lequel ils pourraient leur faire tomber plus de 40 ans, aux compas de la CCF qui dans quelques jours seront jugés pour la tentative d’évasion de Korydallos, à nos frères Pombo et Fernando Barcenas qui récemment étaient en grève de la faim et aux irréductibles connu(e)s ou non qui se trouvent dans tous les recoins de la planète.

Nike les poulets!
Nous ne les voulons pas, ni ne les respectons!
Vive l’anarchie!

D’autre part, le mercredi 24 février, premier jour de la mise en œuvre du “Protocole antipiquet” impulsé par la vigile Patricia Bullrich [ministre de la sécurité de la nation], nous avons mis une bombe bruyante sur une plate-forme de la station de train Hipolito Yrigoyen, dans la capitale de cette cité putrid. Action que nous avons réalisé quelques minutes avant 20 h en laissant sur place plusieurs brochures avec le texte suivant :

« En démocratie ou en dictature, l’État nous torture. Contre le contrôle et la répression du président / homme d’affaires Mauricio Macri et de ses étrons obséquieux, nous aggravons le conflit, nous approfondissons l’offensive. Par la mort des politiques, militaires, juges et tous ceux qui, par leur silence approuvent cette société policière. Par la destruction de la civilisation dominante ».

* Dans la poursuite et l’intensification du conflit contre le monde de la domination
* De grosses embrassades au compagnon Nikos Maziotis, aucune prison n’est invulnérable.
* Nous nous préparons à accueillir le président Obama…

en espagnol

Mexico, D.F. : Actions solidaires avec les camarades emprisonné(e)s

Communiqué recu le 3 février avec la photo :

fire

Le 31 janvier nous avons coordonné des actions solidaires avec les camarades emprisonné-e-s, non seulement les prisonnier-e-s anarchistes mais aussi tou-te-s ceux/lles qui sont enfermé-e-s dans les prisons de la démocratie ou qui fuient sa répression.

Nous avons posé simultanément deux banderoles sur les avenues Xola et Tlalpan :
« SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS ANARCHISTES » et « BRÛLER LES PRISONS ET TOUS LES JUGES », qui ont flotté durant un temps indéfini. Au même moment, nous avons brûlé une voiture de la compagnie TELMEX, propriété du magnat Carlos Slim, au sud de la ville de Mexico.

Nous ne sommes pas retournés sur les lieux ; cette action vient de nos coeurs ardents et sincères, en complicité avec ceux/lles qui assument une guerre frontale contre l’état et le capital.

LA SOLIDARITÉ EST L’ATTAQUE

DÉTRUISONS LA SOCIÉTÉ CARCÉRALE

TOUS LES JOURS SONT DES OPPORTUNITÉS DE RÉVOLTE

Quelques anarchiste

en espagnol, anglais, italien, allemand

Prisons étasuniennes : Déclaration de Marius Mason pour la journée d’action et de solidarité avec les prisonnier-e-s trans le 22 janvier 2016

Déclaration pour la journée d’action et de solidarité avec les prisonnier-e-s trans

Joyeux nouvel an, famille et ami-e-s ! Merci énormément pour tout le soutien et l’attention reçu tout au long de l’année, que se soit de la part d’ami-e-s de longue date que de nouvelles-aux correspondant-e-s. Je me sens très reconnaissant et je suis toujours touché par les encouragements et ressources qui me sont envoyés par des gen-te-s qui font déjà tant pour augmenter nos chances collectives de survie. Les informations [aux États-Unis] ont été saturés par les histoires d’une personne ayant gagné la grande « cagnotte de fric » accumulée par le Loto américain – mais le « gain » le plus important n’a rien à voir avec l’argent. Je parie sur le fait que le mouvement gagnera beaucoup cette année : en gagnant plus de pouvoir pour leurs communautés et en se défendant face à la brutalité policière et contre les inégalités raciales, en remportant encore plus de victoires pour les animaux et dans la défense des espaces sauvages, en créant des relations sociales basées sur le respect, la dignité et la compassion pour tou-te-s…indépendamment de leur race, orientation, croyance ou présentation de genre.

Merci de vous rassembler aujourd’hui, pour soutenir celleux parmi les membres de notre communauté qui luttent si dur derrière les murs pour garder leurs consciences d’elleux-même intactes. Notre autonomie sur nous-même, sur nos corps est essentielle pour que n’importe quel autre type de liberté soit possible. En tendant la main aux prisonnier-e-s trans, vous affirmez leurs droits à se définir elleux-mêmes pour elleux-même – et vous les défendez contre les voix accablantes qui prétendent qu’ielles n’existent pas, qu’ielles devraient laisser les autres les définir. Dans l’environnement d’isolement de la prison, c’est toxique et intimidant, et cela s’élève à la forme la plus cruelle de torture psychologique. En offrant votre aide et solidarité, vous pourriez très bien sauver une vie. Je le sais parce que pour l’année et demie passée, je me suis battu pour m’affirmer comme homme trans, j’ai lutté pour obtenir le soulagement d’une aide médicale appropriée à ma dysphorie de genre – c’est la pensée tendre et aimante de la famille étendue que sont mes soutiens qui m’a donné la force et le courage de continuer. S’il vous plaît, rejoignez-moi pour offrir cette aide à des personnes si nombreuses et qui en ont besoin pour continuer. Ne sous-estimez jamais le pouvoir salvateur d’une lettre, ces lettres m’ont permis de continuer… et je veux transmettre ce cadeau, si vous acceptez de m’aider.

Merci encore de vous rassembler aujourd’hui, de vous connecter à celleux à l’intérieur qui ont véritablement besoin de vous, qui ont besoin de vous pour que vous les voyiez tel qu’ielles sont vraiment, et qui luttent pour être vu-e-s ainsi. Jusqu’à ce que les prisons disparaissent, nous avons besoin de travailler dur pour soutenir celleux d’entre nous qui sont à l’intérieur – particulièrement celleux d’entre nous qui ne sont pas toujours aussi visibles au reste du monde. Nous sommes toujours plus fort-e ensemble.

Marius Mason

Janvier 2016

portugais | italien

Prisons étasuniennes : « Décembre Noir », texte du prisonnier anarchiste Sean Swain

Décembre Noir arrive, et pas trop tôt. On a sculpté nos théories et analysé notre réalité, on sait quel sorte de futur on désire et tout ce qu’on aura à déchirer dans le but de pouvoir y accéder. Le temps pour philosopher et en discuter est fini, et on fait face à un moment inévitable de conflit avec les forces du contrôle et de la conformité et de la subjugation.

Décembre est en fait le point de départ parfait, du moins ici aux États-Unis. C’est le mois le plus sombre de l’année, avec le plus d’heures sans lumière du jour durant lesquelles on peut y mener nos actes de résistance et de rébellion. Aussi, dans le froid, tout le monde porte des cagoules. Or un-e rebel-le en voie de frapper un Walmart ou un char de flics ou la maison d’un quelconque administrateur fasciste n’aura pas l’air aussi déplacé qu’ilelle aura l’air en, disons, Juillet ou Août en portant le même équipement.

Ayant lu les propositions du Décembre Noir j’aimerais parler à ceuxelles qui sont, jusqu’à maintenant, paralysé-es par la peur et le scepticisme, qui ne croient toujours pas qu’on puisse prendre part à des actions radicales, militantes contre un ennemi commun, que les violences politiques même de la variété clandestine sont vouées à l’échec, et que c’est ok de « jouer » aux anarchistes, mais qu’il est téméraire pour nous de miser de notre argent sur là où nos bouches sont [en anglais l’expression signifie mettre en pratique nos convictions]. Je veux m’adresser à ce fatalisme, mis j’ai couramment aucune façon de communiquer avec le monde extérieur parce que le FBI, probablement la NSA, et le complexe industriel en expansion continue ont tous dévoué une quantité gigantesque de ressources et d’effort à couper chacun de mes mots. Or, clairement, vous n’êtes pas en train de lire ces lignes, et je suis incapable de parler de votre fatalisme.

Donc vous voyez à quels clowns maladroits on est opposé-es?

Notre tâche à mener lors de ce Décembre Noir consiste à rendre ce système d’oppression impraticable et ingérable, à le déstabiliser pour qu’il s’écroule sur ses propres traces de son poids incroyable. Décourageant? Pas vraiment. On parle seulement de faire tomber l’étau de la swivelisation [à la place du mot « civilisation »].

Regardez bien… on attaque pas de front, en face à face, comme des soldats embrigadé-es. Et on tentera pas de tout faire tomber d’un seul coup. Non. On n’a qu’à aller simplement là où ils ne gardent pas, on détruit ce qu’on peut et on part. On déclenche les alarmes de feu proverbiales là où il n’y a pas de caméras. Le fait est que les gestionnaires de la matrice ne peuvent mettre une caméra ou un flic sur tout et chaque personne.

L’idée à un niveau individuel ou de petit groupe n’est pas de faire tomber le système en entier de nos propres mains. La lent-e et persistant-e gagne la course, non? Or on prend de ce que le système est déjà essentiellement disposé à abdiquer.

L’idée pour chacun-e de nous est de faire en sorte que nos actes de rébellion supplantent nos actes quotidiens de complicité forcée. Ce qui entend, que si notre contribution quotidienne à ce vaste camp de concentration à travers le travail forcé et le commerce est « x », peut importe ce que « x » représente en soi, or il est question de causer assez de perturbation du processus durant les heures non-ensoleillées, portant des masques, qui donnera un « x+1 ». Notre seule responsabilité est de produire comme résultat au bas de l’équation une perte pour les systèmes plus larges nous exploitant et subjuguant à la non-liberté.

Ce que je suggère est que chacun-e de nous n’a pas à conduire des opérations à grande échelle. Si chacun-e d’entre nous s’engage à commettre des millions de petits actes de sabotage sur le long terme, le proverbial déclenchement d’alarmes d’incendie, l’effet cumulatif au long d’un d’une courte période de temps va être plutôt évident et va être senti comme vraiment gratifiant.

Pour toute personne qui n’est pas paralysée et qui a anticipé le Décembre Noir avec grand enthousiasme, j’aimerais rappeler aux lecteur-ices que les banques ont expulsé des millions de maisons demeurant encore vides qu’ils projettent de revendre et vous pouvez les trouver facilement en ligne.

J’aimerais aussi souligner que les attaques incendiaires sont le crime le moins élucidé aux États Unis, et que l’essence c’est vraiment pas chère, et que les allumettes sont gratuites. J’aimerais aussi souligner que les individus qui sont en charge et assassinent le futur peuvent être suivis jusqu’à leurs maisons de leurs lieux de travail. C’est très démoralisant quand les gens au somment de la chaîne alimentaire de la hiérarchie sont amenés à payer pour leurs crimes, et soudainement réduits à dormir dans des tentes et se rendre au travail à vélo alors que tout ce qu’il possédaient fume encore dans ses cendres. Ça instaure de grandes doutes chez d’autres gens en charge et ceux qui montent dans l’échelle sociale que peut-être les bureaux du coin avec des fenêtres ont un prix trop élevée.

Les juges, procureurs, agents du FBI, flics racistes, execs de toute variété – ils ont tous à rentrer à la maison en ces froides nuits de Décembre. Bien-sûr, il y a des sites comme blastblog.noblogs.org qui déjà ont de l’information postée si vous préférez une bonne partie de plaisir bien propre pour toute la famille.

Malgré ses protections et son invulnérabilité, le programme de contrôle plus large qu’on a à faire tomber est décidément un fatras en constant développement qui est trop dépendant de beaucoup trop de systèmes en étalement et laissés sans surveillance sur des kilomètres (un camion plein de souliers jetés du haut d’un viaduc peut stopper une force de travail d’entrer une ville durant des heures) alors que le pouvoir est tellement concentré dans les mains d’un petit nombre (qui doivent être protégés par le grand nombre), mais il n’y a pas assez de gardiens pour mettre les gardiens sous garde, ou pour mettre des gardiens sur les gardes de ces gardes, et même si on en était là… ils doivent tous rentrer à la maison.

On parle ici de vulnérabilités. De très sérieuses vulnérabilités. Donc, brisons cette paralysie et commençons à vivre, même à petite échelle, à pas de bébés, et construire cette résistance à travers ces sombres nuits de Décembre, jusqu’à ce qu’on se retrouve au beau milieu d’un Janvier Noir ou d’un Février Noir, et à ce point la police patrouillera les rues dans des véhicules militaires comme on a vu à Ferguson.

Bonne chose. Car d’ici Mai Noir, on besoin de ceux-ci. On aura à défendre les convergences armées que le Comité Invisible a prédit, et on va faire évoluer Occupy en Chocupy.

Ça commence avec la proverbiale alarme d’incendie. Seulement six libres de pression pour tirer le levier.

On possède le futur.

Il commence maintenant. Si vous participez au Décembre Noir, vous ÊTES la résistance.

SEANSWAIN.ORG

en anglais et grec

Appel international pour un Décembre Noir

Nous nous associons, en tant que compagnon-ne-s d’origines géographiques variées et venant de chemins de lutte divers qui partagent les mêmes intérêts de diffusion de l’offensive anarchiste, à l’appel pour un Décembre Noir émis par des frères enfermés dans les prisons de la démocratie grecque.

Nous appelons à raviver la mémoire noire de nos mort-e-s et de toutes celles et ceux qui sont tombé-e-s dans le combat pour l’anarchie et pour la liberté.

Nous appelons à activer la solidarité combative avec les compas qui connaissent l’enfermement comme conséquence de leur irréductible posture d’affrontement avec toute forme de Pouvoir, et avec celles et ceux qui ont choisi la voie difficile de la clandestinité.

Nous appelons à ce que cesse la fragmentation de nos efforts, puisqu’il est possible de frapper l’ennemi là où cela lui fera le plus mal depuis différentes tranchées de la même guerre.

Des activités de contre-information aux actions de propagande par le fait, faisons de ce mois une opportunité pour nous rencontrer, pour conspirer et synchroniser nos forces de manière informelle, internationale et insurrectionnelle contre le monde du Pouvoir. Une opportunité pour mettre en exergue les points que nous avons en commun, mais aussi nos perspectives distinctes dans un esprit de camaraderie et de respect mutuel.

AVEC LA MÉMOIRE NOIRE DE NOS MORT-E-S POUR ACCOMPAGNER NOS PAS REBELLES

COMPLICITE SOLIDAIRE AVEC LES COMPAGNON-NE-S EN PRISON ET EN CAVALE

GUERRE PAR TOUS LES MOYENS CONTRE LA DOMINATION

Anarchistes hors des murs pour un Décembre Noir

en espagnol, anglais, grec, italien, portugais, alemand