11 juin 2013 : Journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes

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Le 11 juin est la journée internationale de solidarité avec Eric McDavid, Marie Mason et tout.e.s les prisonnier.e.s anarchistes qui sont condamné.e.s pour de longues peines. Si tu es en train de préparer un événement pour ce jour-là, merci de nous en aviser à june@riseup.net. Sur june11.org on peut  trouver des ressources et des informations sur les événements des années antérieures et des nouvelles sur les événements au programme. De plus, nous expliquons notre vision de ce que nous considérons comme de la solidarité à long-terme, les raisons pour lesquelles Eric et Marie nous inspirent et l’origine du 11 juin.

L’État nous a volé Eric McDavid et Marie Mason, respectivement en 2006 et en 2008. Dans les années qui ont suivi ces arrestations, la répression a commencé à se vivre bien moins comme un événement spécifique que comme quelque chose d’incontournable, virant au cauchemar. Condamnés respectivement à 22 ans et 20 ans de prison, Marie et Eric vivent dans des cages et connaissent ce cauchemar de manière plus intime que la majorité des gens.

Dernièrement, nous avons entendu beaucoup de rumeurs sur la fin des temps, et la ruine complète de notre environnement semble imminente. Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire pour ceux et celles qui sont à l’intérieur des cellules de prison ? Et qu’est-ce que cela veut dire pour nous qui sommes à l’extérieur ? Nous tentons de nous sauver nous-même et, à la fois, de sauver une part encore sauvage de cette planète. Notre tâche est difficile et, parfois, elle paraît impossible car pendant que nous luttons, nous nous confrontons à encore plus de répression. Chaque jour, nous perdons plus d’espèces, plus de terres, plus d’ami.e.s… et ce processus ne montre aucun espoir d’aller en diminuant. Comment allons-nous survivre et continuer de lutter confronté.e.s à cette réalité ?

Si gagner était notre unique objectif, ce serait plus facile de tout laisser tomber. Mais, tout en luttant pour gagner, nous luttons aussi parce que, dans cette situation, lutter signifie vivre. Depuis l’extérieur, il est facile d’associer une condamnation avec la fin de tout… mais Marie et Eric continuent le combat. Avec tout notre amour pour elle et lui ainsi que notre haine pour leurs geôliers, nous luttons à leurs côtés.

Cela n’implique pas seulement de continuer nos luttes à l’extérieur, mais aussi de nous coordonner avec les personnes emprisonnées de sorte qu’elles puissent communiquer avec leurs ami.e.s et leurs communautés à l’extérieur. L’État séquestre nos ami.e.s et nous devons nous assurer qu’il ne réussira pas à les isoler et à les détruire. Notre lutte peut continuer seulement si nous luttons ensemble.

Le 11 juin est un moyen vers cette fin. Le 11 juin essaye de rappeler – pas de la même manière dont on se rappelle d’une date ou d’une histoire, mais en rappelant activement, en reconstituant les faits. C’est souvent plus facile pour nous de récolter des fonds et de générer du matériel de support pour les gens qui viennent d’être arrêtés que pour les gens qui sont en prison depuis plusieurs années, et avec encore de nombreuses années devant eux. Ce jour est un moment pour concentrer notre énergie, nos ressources et notre amour pour ces personnes qui ne peuvent pas être oubliées.

Le 11 juin est aussi devenu un point de départ pour les fondations des liens de solidarité internationale. Dans les dernières années, nous avons vu des gestes d’appui incroyables pour Eric et Marie par des personnes hors des Etats-Unis ainsi que des exemples à l’intérieur du pays pour démontrer de la solidarité avec des prisonniers à long terme anarchistes de d’autres endroits. Cette année nous espérons avoir plus de traductions, plus de connexions entre les différentes luttes et un élargissement de la solidarité qui n’ôte rien mais qui rajoute à cette lutte. Nous nions reconnaître leurs frontières ; nous travaillons à rendre ce refus plus tangible.

Le 11 juin, c’est dans deux mois à peine. Organise une levée de fonds, planifie une manifestation bruyante, tiens une soirée d’écriture de cartes, ou utilise ta propre expérience et imagination pour aller vers d’autres possibilités. Utilise tes énergies créatives pour montrer aux compagnons qu’ils/elles ne sont pas seul.e.s et que nous continuons à lutter pour eux et elles, pour la terre, pour la libération totale. Ils ont tenté de nous détruire – c’est encore ce qu’ils font – mais Marie et Éric, Justin Solondz, Marco Camenisch, Fredy, Marcelo et Juan, soit ceux et celles qui résistent au grand tribunal d’aujourd’hui et de demain, et tous les autres, nous montrent comment survivre à ces tentatives. Faisons du 11 juin le jour de la célébration de notre survie et de notre résistance partagées.

Une brève histoire du 11 juin :
Le 11 juin a été établi comme journée de solidarité en 2004, dans le cadre de la campagne pour la libération de Jeffrey “Free” Luers, prisonnier anarchiste avec une condamnation de plus de 22 ans pour avoir incendié 3 voitures en 2000. Après des années de lutte il a réussi à réduire sa condamnation et a été libéré en décembre 2009. C’est en 2011 que le 11 juin a été récupéré comme journée de solidarité internationale avec tous/toutes les prisonnier.e.s anarchistes de longue peine. L’idée ne s’appuie pas sur la disctinction entre “prisonnier.e.s politiques” et “prisonnier.e.s de droit commun”, mais sur la nécessité spécifique d’appuyer nos compagnon.ne.s les plus proches qui vont devoir rester en prison longtemps.

Voici quelques mots de Marie et Eric que nous trouvons réconfortants et inspirants :

Marie : J’ai beaucoup travaillé sur ma propre histoire cette année, probablement un des effets générés par autant d’isolation et de temps passé dans des quartiers isolés. Durant ma vie libre, si je devais gérer des décisions difficiles ou de la tristesse, un traumatisme ou autre problème, j’allais dans les bois pour faire des randonnées, ou je nageais dans l’un de mes Grands Lacs adorés, pour y faire le point et trouver du réconfort. Le monde naturel est ma source de force et mon réconfort. Il est difficile pour moi de ne plus pouvoir marcher sur la terre, toucher un arbre ou regarder le ciel sans métal en travers de la vue. La prison et ses enceintes représentaient déjà une certaine perte de possession de ma vie, mais dorénavant c’est à un tout autre niveau. C’était donc une grande joie de pouvoir avoir des nouvelles d’autant de personnes travaillant activement au service de cette Terre, d’avoir pu être inspirée par vous tous et toutes et d’être réconfortée du fait de savoir que, bien qu’il ne me soit plus possible de marcher avec vous,  vous continuez d’aller de l’avant dans la lutte. C’est là où je trouve mon réconfort maintenant.

Eric : 7 ans… Je ne peux pas dire que c’est facile d’écrire ces quatre mots – que ça ne me fait pas souffrir de les regarder, ces 7 voyages autour du Soleil… avec le procès d’appel dans sa dernière phase ; sa fin n’est pas encore à l’horizon = pas d’illusions, pendant que je Danse encore avec les désirs… L’Amour et la Joie ont aussi fait part de leur présence = le soutien international reçu ~ je souhaite remercier chaque personne/ les groupes qui m’ont écrit et soutenu tout au long de ce périple – nos tentatives, peu importe les formes qu’elles ont prises, m’ont aidé et nourrit et bien que je me rappelle que je suis dans une situation et un environnement qui a été conçu pour me défaire, me dépecer, me remodeler…avec toute la Solidarité collective, je suis reconnaissant du support de mes ami-e-s et de ma famille – et comment j’ai été soutenu pas l’Amour et la Patience Passionnée de mon Partenaire = je t’Aime J, tu ES ma Joie… … je suis incapable d’exprimer correctement mes sentiments de respect et de solidarité pour tous et toutes les compagnon.ne.s dansant dans la répression ambiante tout en restant Vrai-e-s à leur cœur… Aux gens Dansant avec les Grands Jurys – en attente du temps, c’est une des rares fois que le temps est en faveur des oppressé-e-s… avec/dans ce climat culturel, le chemin n’est jamais facile, ni simple – en faisant tout cela, le plus important est de trouver ce chemin unique, toujours changeant, magnifique et durable de l’entraide… … je vais terminer en souhaitant que tous et toutes continuent d’explorer et de guérir nos Cœurs et notre communauté ; peut-être trouverez-vous le temps et l’espace dans la prochaine année de laisser vos esprits jouer avec de nouveaux et sûrs modes de communication et nos corps avec l’auto-défense…

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