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[Mexico] : Chroniques Carcérales des prisonniers du collectif Cimarron

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Depuis la prison Nord de la Ville de Mexico [ReNo]

Extrait du livret [fanzine] Anthologie des chroniques carcérales, Mexico 2016.

Le collectif CIMARRON est formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico :

Fernando Barcenas Castillo
Gerardo Ramirez Valenzuela
Luis Lazaro Urgell
Sinue Rafful
Hans Razo Alvarez
Compa Gato Punk
Compa Josh

Les textes de cette anthologie sont le produit de plusieurs séances
informelles qui se sont tenues à l’intérieur de la prison Nord, durant lesquelles nous avons partagé des éléments d’écriture de ces chroniques.
A chaque étape du processus de sélection, révision, édition et  impression plusieurs mains anonymes sont intervenues et sont devenues  les complices de cet effort.

Il n’y a pas d’ordre précis ou de thématique particulière des textes, d’ailleurs la plupart n’ont pas de titre ; la seule chose que nous avons indiqué est la date où ils ont été écrits et l’auteur. Ce ne sont que de simples paroles/sensations directes des auteurs qui leur permettent de voler libres, et tentent d’échapper aux murs derrière lesquels on entend les maintenir captifs.

En espérant que cette publication permette qu’il en soit ainsi, même  pour un instant.

Quelques solidaires

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Collectif Cimarron :Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets à l’intérieur de la prison Nord de la Ville de Mexico où il est incarcéré depuis le 13 décembre 2013. Il a créé des ateliers d’écriture, de réflexion, de musique ; avec d’autres prisonniers et prisonnières écrit et diffuse le journal anticarcéral indépendant et de combat « El Canero » ;
dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico.

Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour  tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Les trois passants
À bas les murs des prisons !
La lutte durera jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !

[Oaxaca] : Lettre de Miguel Peralta Betanzos depuis la maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán

cuicapenalLettre de Miguel Peralta Betanzos
Maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán, Oaxaca
21/11/2016

Souvenir

Souvenir (non pas comme ces dates de commémoration, mais comme une vie toute entière de révolte) de tous les êtres ingouvernables et inadapté-e-s qui ont combattu l’Etat dans sa plus pure essence, le capitalisme, le militarisme, la domination et l’oppression, l’industrialisation de la pensée sous toutes ses formes et modalités et, pourquoi le taire, l’injustice et la justice coercitive.

Faisant un bref bilan des dommages, nous pensons tout particulièrement aux compas à qui l’on a arraché la vie dans les cages de la misère humaine, ce sont d’eux et d’elles dont nous nous souvenons parce que leurs esprits se sont propagés sur le chemin de la liberté, et tout spécialement celui de Ricardo Flores Magón qui, comme nous le disait Librado Rivera dans un écrit de 1923 où il évoque  l’assassinat de Magón dans le pénitencier de Leavenwort :

“même si sa mort soudaine ne lui a pas permis de voir ses chers idéaux de liberté, d’amour et de justice se réaliser, ses rêves de bonheur n’ont pas disparu avec lui : ils vivent comme des phares lumineux qui  éclairent les esprits d’une humanité qui souffre les tortures de la faim  et de la misère. Et tant que sur la Terre existera un seul coeur  meurtri, un seul oeil empli de larmes, déclara-t-il à ses bourreaux, mes  rêves et mes visions devront continuer à vivre.”

Et c’est ainsi que 94 ans après son assassinat, ses idéaux résonnent toujours en nous, notamment pour atteindre ceux de justice et bonheur, alors que nous marchons aux côtés de nos frères et soeurs qui aujourd’hui, partout sur le globe, vivent l’enfermement pénitentiaire et tentent de soutenir leurs ailes que l’on a voulu briser.  A vous, sachez-le, nous ne vous oublions pas.

Aujourd’hui également, nous nous souvenons de tous ceux qui, jour après jour, combattent le grand enfermement à l’air libre, à elles, à eux vont ces paroles de souvenir, de mémoire, qui crient, et qui exigent…

Miguel Peralta Betanzos

______

Miguel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au  centre-ville
de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une  grande violence par trois personnes en civil sans identification ni  mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers.

Toutes ces  irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque  de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la  continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par  l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y  être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système  communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée  Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis  politiques soutenus par les caciques locaux.

Plus d’infos :

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Traduction Les trois passants

Conspiration des Cellules de Feu / FAI-FRI : Projet Nemesis : une proposition ouverte

« Celui qui parle de guerre, doit avoir un plan… »

L’autorité la plus insidieuse est celle qui porte la promesse de la globalité. C’est pourquoi nous sommes passés de la monarchie à la démocratie, et non à la liberté. Le mot “Sécurité” est particulièrement apprécié par la démocratie. Plus nous entendons parler de “sécurité”, plus nos vies et notre liberté reculent. Par dessus tout, le pouvoir et la démocratie contemporains ont poussé la société à faire des compromis et à se soumettre presque volontairement. La démocratie agit comme une usine transparente qui produit des relations sociales. Les individus se soumettent à l’idéologie gouvernementale, aux normes sociales et aux comportements disciplinés, et considèrent que ce que nous vivons aujourd’hui (la tyrannie économique, le chantage de l’esclavage salarié, la dictature du spectacle, la surveillance technologique) est un ordre du monde naturel et inévitable.

Pourtant même au sein d’une autorité omniprésente, les patrons, les officiels, les chefs et les propriétaires existeront toujours. Aujourd’hui, la visibilité des personnes au pouvoir est particulièrement limpide. Politiciens, dirigeants d’entreprises, armateurs, éditeurs, journalistes, juges et flics sont les personnes au pouvoir. Le projet Nemesis vise à s’attaquer à ces personnes. Il s’agit de notre coup à jouer pour que la peur change de camp.

Au lieu d’attaquer les symboles impersonnels de la justice, nous pensons qu’il est très important de transposer nos attaques à l’environnement personnel de nos ennemis : maisons, bureaux, lieux de sociabilisation et véhicules. Nous savons que pour le pouvoir, “personne n’est irremplaçable” mais nous savons aussi qu’un coup porté personnellement à l’un d’entre eux instillera la peur à cent autres. Nous créons un héritage de peur pour les gens de leur espèce et les personnes susceptibles de les remplacer. Il s’agit là du contrepoids minimum que nous pouvons apporter dans la balance de la terreur sur laquelle l’ennemi a tout le contrôle. Cette balance de la terreur causée par les meurtres de travailleurs pas leurs patrons, les tueries policières, les milliers d’années de prison prononcées par les juges, les mensonges des journalistes, les lois et les ordres des politiciens. Dans tous ces cas, l’ennemi a un nom et une adresse.

Les attaquer personnellement montre que les personnes au pouvoir ne sont pas invincibles. en même temps, au lieu de confiner l’insurrection anarchiste au conflit occasionnel avec les flics, nous pouvons faire de la révolution une composante permanente de nos vies en débuscant les personnes qui se cachent derrière les ordres et les décisions qui régissent nos vies, en analysant leurs mouvements et leurs itinéraires, et en organisant nos propres cellules offensives qui répondront aux provocations de l’autorité. Nous ne nous attendons pas à un débordement social qui conduira à des mobilisations de masses, mais nous devenons des catalyseurs de l’histoire au travers de nos actions, en créant la dichotomie “du côté du pouvoir ou du côté de la liberté”. Nous créons des espaces et des temporalités où nous écrivons l’histoire de nos propres mains plutôt que de la subir passivement. La guérilla urbaine anarchiste est une manière de regarder la vie droit dans les yeux, dans le but de former un authentique “nous” collectif. C’est la construction d’un processus de libération anarchiste avec courage, cohérence et détermination. Nous n’évaluons pas nos actions uniquement en fonction du coup porté à l’ennemi mais aussi de la possibilité de changer nos propres vies.

Le projet Nemesis est une proposition internationale de créer une liste avec les noms des personnes de pouvoir afin que nous puissions les attaquer là où elles se sentent en sécurité, dans les coulisses… dans leurs propres maisons. L’explosion de la bombe chez la procureure G. Tsatani était la première attaque, le premier acte du projet Nemesis. Nous partageons ce projet avec toutes les cellules de la FAI-FRI et tous les anarchistes d’action à travers le monde, voulant débuter un dialogue sur la diffusion de la lutte anarchiste. Et nous savons que le meilleur dialogue pour l’estimation d’une action ne peut être autre chose qu’une nouvelle action…

A travers le projet Nemesis nous saluons tous nos compagnons et compagnonnes retenus prisonniers dans les cellules de la démocratie à travers le monde et qui ne sont plus à nos côtés. Il est en particulier dédié aux membres de la CCF Olga Economidou, George Polydoros, Gerasimos Tsakalos, Christos Tsakalos, notre compagnonne anarchiste Angeliki Spyropoulou et les compagnons italiens de la FAI Alfredo Cospito et Nicola Gai.

A toutes celles et ceux qui n’ont pas enterré la hache de guerre…

Conspiration des Cellules de Feu / FAI-FRI

Nous reviendrons bientôt.

Lejuc (Bure) : La tension monte, les bleus ouvrent le jeu : appel à renforts !

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Ce matin l’équipe bleue a ouvert les hostilités.

Après la décision du 24 novembre, la police essaie par tous les moyens de pénétrer dans le bois. Elle utilise tantôt l’excuse d’un “reboisement”, tantôt celle de flics en civil qui viennent se balader avec leurs “familles” le dimanche après-midi. Aujourd’hui, ils sont venus trois fois à la barricade Sud, entre 6h30 et 8h. Ils ont même tenté de prendre cette barricade*. Il est évident qu’ils testent nos réactions, essaient de nous épuiser, et préparent leur prochaine venue.

Puisque l’équipe bleue a entamé la partie, venez jouer côté forêt ! Nous avons un besoin urgent de renforts. Alors que Sven, premier squatteur officiel du bois Lejuc, fête son anniversaire le 13/12, des trouble-fête commencent déjà à se pointer à sa porte. Nous invitons dès à présent tou-te-s nos ami-e-s à venir veiller et garder loin de la forêt les reflets de bleu !

“Venez avec vos bières et vos copains!”, rappelle Sven

PS : Pendant que nous défendons notre planète ici, au nom du profit elle est agressée de partout : ainsi, d’autres combattent ailleurs. Nous voulons faire part de notre amour, notre rage et notre solidarité à celles et ceux qui font face à une brutale répression  à Standing Rock, Dakota du Nord — même combat!
info: vmc.camp

* Heureusement on en a plein. Venez les défendre avec nous !

en anglais, allemand

L’occupation du bois Lejuc en danger : Rejoignez-nous !

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Le 1 août, le monstre nucléaire qu’est l’Andra a reçu l’ordre du tribunal d’arrêter le défrichement et la construction du mur d’enceinte commencés sans autorisation. Le 24 novembre, l’autorité environnementale a décidé que l’Andra était libre de continuer sans avoir à faire d’étude d’impact environnemental. Il lui faut simplement obtenir une autorisation de défrichement qui pourrait lui être accordée très rapidement. Ils pourraient ainsi continuer des travaux préparatoires de CIGEO. Donc la prochaine fois qu’ils viennent avec leurs flics et leurs bulldozers : ils viennent pour détruire.

Une nouvelle audience concernant la forêt se tiendra le 15 décembre. S’ils jouent dans les règles, ils attendront cette date, peut–être même que le répit tiendra jusqu’en janvier. Mais s’ils en décident autrement, l’expulsion peut avoir lieu n’importe quand. Donc ceci est un appel urgent à nous rejoindre pour s’y préparer et faire face.

Plus d’infos sur vmc.camp

en anglais

Ville de Mexico, Mexique : « L’état m’appelle criminel », Abraham Cortés

abrahamdibujoPrison Nord de la ville de Mexico, novembre 2016

Bonjour compagnon-ne-s,

Je vous salue par un fort cri de rage, de solidarité et d’anarchie car cela fait un peu plus de 94 608 000 000 secondes que je suis séquestré par ce sale fuck’in système et après 23 jours de solidarité avec les compagnon-ne-s et pour toutes les histoires qui ont lieu tous les jours dans ce monde, je crois qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer le pourquoi de cette grève de la faim qui est devenue maintenant un jeûne. Parce que nous y vivons quotidiennement où que l’on soit, ici ou là-bas, ce que nous appelons la rue. Partout nous sommes surveillés et on nous oblige à être serviles, mais cette même soumission est ce qui donne du pouvoir au pouvoir et la lutte à la lutte.

Qui suis-je ?

Mes parents m’appellent Abraham, l’État m’appelle criminel et les potes ça leur est égal, moi-même je m’appelle SERCKO mais en plus de cela, je suis seulement un être vivant et pensant, cimarron, comme un loup solitaire, sans maître ni dieux.

Compagnon-ne-s, je voudrais partager avec vous un peu de moi. Lorsque je remonte vers le plus ancien de mes souvenirs, je me rapelle qu’il y a toujours eu de la rancoeur, de la haine, de la tristesse, de la discrimination, de la dépression, de l’oubli, de l’oppression entre autres, observant et sentant tout, une vie accélérée de tous les côtés, et comme on dit en prison, je suis un « pagador » [quelqu’un qui doit payer].

Mais en tant « pagador » je n’ai pas de scrupules ; je n’ai pas choisi mes parents, ni ma situation économique ou mon statut social. Je n’ai pas demandé à vivre, mes parents m’ont fait uniquement pour rester unis, je pense que ce fut pour eux une poussée de fièvre. Mais bon, maintenant je suis là, et les années passant j’ai arrêté d’être un bouffeur et un chieur et je me suis domestiqué à la maison, j’étudie, j’apprends, je suis le meilleur et en échange de quoi ? Une mauvaise réponse, une raclée, une bonne réponse, une autre raclée, mais alors de quoi s’agit-il ?

Après, il y eut JésusCri “Chuchocraist” par ici et par là et je ne sais quelles autres religions et sectes qu’on nous met dessus, dans lesquelles je ne sens qu’une fausse espérance. Moi, ils ont essayé de m’inculquer le catholicisme, puis non, après ce fut le christianisme, mais après c’étaient eux qui doutaient.

Moi je crois ce que je sens, ce que je vois et jusqu’à présent être moi-même et savoir qui je suis est le mieux qui ait pu m’arriver. Parce que je n’ai pas d’attachements ou parce que je n’ai besoin d’aucun dieu, ou d’icônes, ou de sentiments pour être ou sentir que je peux mourir sans problème, c’est pour cela qu’ils nous ont faits. Depuis que j’ai coupé le cordon ombilical et brisé la chaîne familiale et que je ne suis pas rentré à la maison, je me suis débrouillé par moi-même, avec des hauts et des bas, « avec l’envie d’être quelqu’un », perdu dans le qui suis-je? Perdu dans le monde, reproduisant chaque gorgée amère apprise de cette « société », mais à la recherche de moi-même.

Parfois je me demande ce que je veux. Pour l’instant je veux être libre, comme des millions et des millions d’exploités, bien que pour moi la liberté soit une amie, la véritable liberté tu la vis après ta mort, parce que tu es à nouveau rien, mais pour l’instant on ne veut pas qu’ils nous fassent bouffer les pissenlits par la racine.

Pourquoi demander une liberté physique ou une amnistie, si partout où l’on va il y a toujours un oppresseur, des règles, des murs, des dieux, des systèmes de soumission, de l’argent, de l’esclavage, du travail, de l’esclavage, de la religion, de l’esclavage.

Il y a plusieurs manières de voir ces systèmes imposés par ceux qui s’appellent la haute société [NdT : écrit suciedad, saleté dans le texte original, jeu de mot sur le mot sociedad : société et suciedad : saleté]. Pareil pour le multi-mentioné narco-trafic qui, bien qu’il s’agisse d’un système dénoncé par les médias, est bien vu par l’État. Parce que c’est aussi un moyen d’avoir plus d’argent et de pouvoir, tout en contrôlant la population avec des sédatifs pas chers et addictifs, substances fabriquées par des mains humaines, les mêmes qui tuent tous les jours nos jeunes dans le monde entier, à n’importe quelle heure, n’importe où, bien que toutes les drogues à mon avis ne proviennent pas des narco-trafiquants. Les entreprises sortent leurs propres drogues, coca-cola, Bimbo, McDonald, les pizzas ou comme on dit la « malbouffe ».

Il y aussi les vêtements, les cosmétiques, les accessoires, des choses et des choses, un paquet de merdes qui sont inventées pour générer plus de déchets, pour polluer, aliéner et avoir le contrôle sur la population.

Compagnon-ne-s, c’est un peu de ce que je pense et ce que j’ai vécu, mais il y a quelque chose que j’ai toujours eu, comme beaucoup d’autres : la RÉBELLION, et cette rébellion est celle qui me maintient ferme face à cette folie sociale, cette rébellion, cette non-conformité face à ce que je vois et je ressens c’est celle qui me fait lutter. Ce n’est pas grave si on ne se voit pas, si nous n’agissons pas toujours ensemble, peu importe où que nous soyons, l’important est de lutter pour un idéal.

Compagnon-ne-s, santé et anarchie.

Votre compagnon.
SERCKO

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico
Traduction : Les trois passants

___________

Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

Plus d’infos : liberonsles.wordpress.com

Paris: Le numéro 2 de Blasphegme sur tous les murs…

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Cet été un homme est mort, des suites à une agression dont il a été la cible pour des raisons racistes. On pourrait s’étonner de ne pas avoir entendu les professionnels de la cause antiraciste s’exprimer à ce sujet, et laisser le devant de la scène à l’État et ses représentants. Et si l’insupportable « vérité et justice » habituel n’a pas été réclamé ça n’est pas pour une bonne raison. D’un côté, les professionnels de l’antiracisme ont ignoré cette histoire, de l’autre, les associations de la dite «communauté chinoise » en ont profité pour étaler leur discours communautariste, tandis que l’État a voulu jouer sa carte antiraciste, allant jusqu’à inaugurer il y a quelques semaines une plaque en hommage à ce monsieur.

Pour ceux qui ont toujours pris le parti de s’opposer au racisme sans pour autant en faire une profession, reconnaissant que les diverses vagues d’immigration (mais pas que) ont toutes subi le racisme latent d’une bonne partie de la population (immigrée ou non), cela semble ironique que l’idéologie « antiraciste » (et nous ne parlons pas de l’État, qui pendant ce temps expulse des migrants à Paris et Calais) ne prenne en considération que certaines expressions du racisme, en mettant de côté les autres. Comme s’il y avait des morts et des agressions plus graves que d’autres, des racismes et des discriminations plus graves que d’autres.

D’un autre côté on se souvient de la manifestation pour la « sécurité » du 20 juin 2010 à Belleville, (dans une volonté d’afficher le raz-le-bol de la dite «communauté chinoise» d’être la cible privilégiée d’agressions et de vols), qui se transforma en émeute raciste. Les manifestants réclamaient plus de « sécurité », plus de moyens policiers pour les protéger, et finirent par lyncher des gamins identifiés, à leur tenue vestimentaire et la couleur de leur peau, comme des « voleurs ». Tout simplement une émeute raciste et réactionnaire, tout ce qu’il y a de plus dégueulasse.

Face à de telles demandes de « sécurité » on ne peut que répéter qu’il y a déjà bien trop de flics et de caméras dans les rues (et qu’il y en ait tout court est déjà trop), et ceux qui réclament que la/les cages qui nous enferment soient plus resserrées vont exactement dans le sens de l’État. De même, les « maraudes nocturnes » proposées à Aubervilliers, composées de « citoyens » nous font penser à des milices de « bon citoyens », comme ces « voisins vigilants » qui veulent faire régner la paix sociale et suppléer les caméras et flics déjà présents en nombre. Bientôt ils réclameront de pouvoir porter des flingues pour défendre « leur quartier », et tirer sur toute personne qui pour eux a la gueule d’un agresseur, tandis que d’autres cherchent des « riches » à détrousser, en se basant aussi sur le critère de leur apparence physique. Rien de tel pour pousser vers une guerre civile, les différentes communautés s’entre-tuant, tandis que l’État se réjouit de cette guerre de tous contre tous, qui remplace la guerre sociale.

Le problème ce n’est pas la « sécurité ». Le problème c’est de voir la société à travers des communautés, qui seraient des groupes homogènes, sans prendre en compte les différences sociales, sans prendre en compte ceux qui ont des papiers ou non, ceux qui sont exploiteurs et ceux qui sont exploités ; c’est de penser qu’il est normal que l’humanité se divise en « races », nations, religions, couleurs de peau, origines géographiques. Le problème c’est de voir les gens qui viennent de Chine (ou de n’importe où) comme « les autres », et de les traiter différemment pour cette raison, de s’en prendre à eux pour cette raison.

Le problème c’est la guerre entre pauvres; de voler son voisin qui galère, qui se fait lui aussi exploiter, plutôt que d’aller à quelques kilomètres voler ceux qui s’enrichissent sur le dos des exploités, qu’ils soient chinois, maghrébins, français, portugais, congolais…

Nous ne voulons pas choisir entre les replis communautaires (et leurs semblants de guerre civile), et une « sécurité » gérée par l’État. Nous voulons nous épanouir en tant qu’individus, dans un monde sans flics et sans communautés.

NI RACISME, NI SÉCURITARISME !
AU CANNIBALISME SOCIAL RÉPONDONS PAR L’ATTAQUE
CONTRE CEUX RESPONSABLES DE NOTRE MISÈRE !

 

[Mexico] Fernando Barcenas : nous n’avons pas besoin d’amnistie parce que nous n’avons pas besoin de lois qui régentent nos vies

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Prison Nord de la ville de Mexico, octobre 2016

La loi est un artifice qui castre les aptitudes humaines ; qui pense, dirige, invente nos vies à notre place et une telle conception implique la mutilation de la parcelle la plus unique et authentique de nous-mêmes.

C’est pour cette raison que celui/celle qui décide de prendre sa vie en mains propres en marge de la machine pourrie est considéré.e comme “bizarre, “antisocial.e”, “criminel.le”, etc…

Nous ne pouvons envisager de solutions à l’intérieur du “cadre démocratique”, qui par sa politique d’extermination épouvante les habitants avec spoliations, violence et mort.

Des rumeurs concernant une amnistie promue par quelques partis et institutions politiques me sont parvenues. Il me semble nécessaire de préciser ici ma position de refus à toute forme d’instrumentalisation des énergies du peuple pour le maintenir aux ordres. Certain.e.s pensent qu’une amnistie pourrait assainir les intérêts du peuple, réduits en mille morceaux par l’imposition de la richesse et grâce à l’esclavage économique ; nous, nous ne voulons pas “sortir” de prison pour entrer dans une autre. Nous voulons être libres, libres véritablement, en dehors de toutes leurs réalités virtuelles et cela implique forcément détruire la société. Nous le ferons en pensant que quelque chose de neuf doit naître pour engloutir à jamais cette civilisation pourrie qui nous transforme en automates et rouages de sa machinerie.

Les “luttes politiques” ne nous intéressent pas, mais plutôt le conflit permanent qui existe partout ; ils peuvent nous emprisonner mais ils n’arrêteront pas la révolte. Les voisin.e.s mécontent.e.s descendent dans la rue pour rejeter les projets immobiliers cause du dépouillement et du déplacement forcé de milliers de famille qui n’ont pas les ressources suffisantes pour financer la privatisation de l’espace public. La privatisation de l’eau est également un autre symptôme criant, reflet de toute la considération que nous portent en réalité les puissants. Esclavage moderne, aliéné et édulcoré par le luxe, les drogues et autres aspirations capitalistes.

Nous n’avons pas besoin d’amnisties parce que nous n’avons pas besoin de règles qui régentent nos vies ; le miroir aux alouettes du progrès nous fait croire que l’État et le gouvernement sont indispensables et du coup nous ne nous rendons pas compte directement des indices indiquant qu’ils nous convertissent en complices des massacres de nos peuples…

Nous voulons voir se propager partout l’insurrection qui détruira le pouvoir centralisé, joug commun sous lequel, nous, tous les pauvres nous souffrons.

Nous saluons tous les actes d’insubordination contre les standards de vie internationaux qui prétendent nous convertir en pièces indispensables à leur machinerie.

Nous autres les marginaux, sommes ceux qui supportons le poids de cette société et comme nous sommes désormais inutiles à cette société technologique illes justifient notre massacre par des guerres informelles contre la drogue qu’illes livrent justement dans les endroits où les personnes ont des traditions communautaires et mènent des vies différentes de celles imposées par l’État.

N’importe qui vivant dans un quartier pauvre sait depuis qu’il est petit que le trafic de drogue est géré par des organismes semi-publics, c’est à dire l’implantation de la mafia comme institution régulant le contrôle intérieur du territoire pendant que la police met en place une politique de deux poids deux mesures, ne ménageant pas ses efforts pour un bon fonctionnement de la mafia. Ainsi la mafia n’est rien d’autre qu’une sous police qui régule non seulement le trafic des drogues mais aussi les entreprises formelles et informelles qui existent sur le territoire.

Cependant si cette situation est devenue massive cela est dû au fait qu’à l’origine le trafic de drogues n’est rien d’autre qu’une activité supplémentaire de l’hydre capitaliste.

Un capitaliste sera toujours un monstre vorace et prédateur qu’il se consacre à des entreprises “légales”, ou bien à celles que l’on appelle “illégales”.

La seule motivation des capitalistes est leur désir insatiable de profits. Ils sont prêts à tout pour de l’argent c’est d’ailleurs pour cela que les rapports entre capitalistes “légaux” et le “crime organisé” sont si étroitement liés.

Nous ne pouvons remettre ni nos vies ni celles de nos êtres chers entre les mains de l’État/Mafia, car ce sont eux les responsables du génocide et des massacres que nous respirons quotidiennement. En tant qu’anarchistes nous menons une guerre contre le pouvoir, contre tout ce qui essaie de conditionner les individus et de les éloigner d’eux-mêmes.

C’est pour cela que nous mettons le feu à toutes leurs cages, que nous sabotons leurs marques commerciales que nous attaquons les symboles de leurs sociétés. Les villes, nous les prenons d’assaut parce que l’urbanisation est le summum de l’enfermement massif, de la privatisation des ressources économiques. Y compris les transports publics sont un symbole qui ne cesse de rappeler au marginalisé qu’il n’est pas le bienvenu dans les grands centres urbains. L’augmentation du prix du métro, le monopole par une seule et même entreprise qui tente d’accaparer tout le marché des transports en commun en ville, imposant son schéma terrestre de transport sont autant de symptômes de la privatisation totale des villes.

En ces temps d’ère technologique, la prison est un lieu banalisé pour tous, c’est pourquoi nous devons inventer des chemins et des voies qui nous aident à vivre en marge, réinventer nos vies chaque jour en nous les réappropriant.

En guerre, jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !
Fernando Bárcenas

Traduit par Les trois passants

Sortie de « Paris sous tension » n°7

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France : Quelle vérité, quelle justice ?

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France : Un utilitaire d’Engie incendié à Paris

SCRIPTA MANENT ? ACTA NON VERBA !

Face à la répression qui frappe des compagnon.ne.s anarchistes en Italie (Opération Scripta Manent), face à nos ennemis qui sont l’Etat et le capital, nous pensons encore et toujours que la meilleure solidarité c’est l’attaque. Elleux payent pour des actes qui appartiennent à tous les anarchistes à travers le monde. Nous voulons leur envoyer une marque de notre proximité avec des actes. Contrairement à d’autres ici et ailleurs qui se contentent d’un peu de rhétorique sur leurs sites internet.

La nuit du 3 au 4 octobre rue Candale prolongée à Pantin, nous avons brûlé un utilitaire d’Engie entreprise qui collabore avec l’Etat à l’enfermement (gestion de prisons et de centres de rétention).

Feu aux prisons !
La solidarité c’est l’attaque !

Quelques autres anarchistes solidaires de Paris.

en anglais, grec, italien, portugais

Mexique : Journée de lutte en prison ; Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas, Abraham Cortés et Miguel Peralta Betanzos

Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas et Abraham Cortés en grève de la faim. Miguel Peralta Betanzos entame un jeûne.

Depuis le 28 septembre les compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortes, détenus à la prison préventive Nord, Luis Fernando Sotelo, détenu à la prison préventive Sud de la ville de Mexico et Miguel Peralta Betanzos dans la prison de Cuicatlán de l’état de Oaxaca ont débuté une journée de lutte anti-carcérale depuis l’intérieur de la prison.

Les trois compagnons à Mexico se sont déclarés en grève de la faim, alors que Miguel lui, entamera un jeûne.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué signé par notre compagnon anarchiste Fernando Bárcenas et Abraham Cortés.

28 septembre 2016

Aux compagnon-ne-s rebelles

Aux peuples et communautés sur le pied de guerre

Aux esclaves émancipé-e-s

A ceux et celles qui se sentent concerné-e-s par ces positions et ces paroles…

Pour une libération totale, nous déclarons aujourd’hui une grève de la faim indéfinie comme acte d’autodétermination et d’incitation à la révolte généralisée. Parce que tout simplement, nous ne pouvons plus continuer à assister jour après jour, au génocide de nos communautés et de nos peuples.

Il existe dans cette société une réalité occulte ; la démocratie est un coup d’état qui n’embusque pas ses tanks dans les lézardes mais les remplace par des caméras de télévision et des micros de journalistes. La démocratie gouverne par le pouvoir de sa propagande et c’est pour cela que nous soutenons que la démocratie est la technique et la science qu’utilise le pouvoir pour qu’elle ne soit pas perçue comme une oppression, le capitalisme en est le chef et la démocratie son attaché de presse.

C’est pour cette raison que nous ne nous adressons ni aux médias ni aux classes dominantes, nous parlons et nous nous adressons à nos compagnon-ne-s de l’immense bagne appelé Terre, à ceux qui comme nous, sont les fils de la guerre dû au simple fait qu’ils sont nés dépourvus de tout.

Mais ces paroles n’ont aucune intention d’instrumentaliser leurs forces rebelles et encore moins de les unifier sous un quelconque drapeau, mais bien plutôt d’ouvrir un lien de communication, un espace de syntonie de luttes et de tout ce qui peut émerger de toutes parts comme contestation et actes d’auto-détermination.

Il nous semble et dans notre perspective, que là où il y a autorité la prison existe et c’est pour cette raison que la prison est bien plus qu’une simple structure physique qui s’impose à nous par l’image des murs et des barbelés. La prison, de notre point de vue est constituée par la société toute entière alors que les prisons physiques ne sont qu’une expression concrète de l’isolement social qui nourrit et légitime le pouvoir.

L’urbanisme (par exemple) est la représentation même de l’emprisonnement massif ou, ce qui revient au même, de la fortification de l’espace urbain qui s’accompagne de l’extermination des classes populaires les plus marginalisées et qui se présente aujourd’hui comme partie intégrante de la phase ultime géo-historique du capitalisme techno-industriel. (Ultime effort de restructuration dans cette étape de crise durant laquelle, la seule façon de consolider sa domination est la guerre).

Désormais nous ne pouvons plus croire à leurs mensonges parce que leur « monde merveilleux » n’existe pas autour de nous ; ils nous traitent de délinquants comme ils ont appelé sauvages les premiers habitants de l’Amérique justifiant ainsi leur génocide ; ce qui se passe quotidiennement dans nos quartiers est une guerre coloniale qui cherche à apaiser l’effervescence révolutionnaire de nos semblables par des tactiques aussi viles que le déversement massif de drogues et d’armes entraînant immanquablement l’arrivée de troupes d’occupation toujours plus nombreuses dans nos quartiers et nos communautés. Tout cela est en relation directe avec l’augmentation de la pauvreté et de la carence éducative et sanitaire dans les communautés et les quartiers populaires. Entraînant comme résultat une hausse de l’indice de criminalité ce qui justifie alors la répression par l’appareil politico-militaire de l’État, la prison devenant un monument au massacre, immense décharge sociale où l’on y élimine tout ce qui déplaît ou dérange le système capitaliste….

Il y a actuellement 226 mille prisonniers dans le pays et bien que les prisons soient surpeuplées, le taux de criminalité ne baisse pas, bien au contraire, il augmente ou reste stable. Par conséquent le problème n’est pas dans les 226 mille personnes détenues mais bien dans la société techno-industrielle qui a besoin de justifier le massacre

La prison est une entreprise qui légitime la guerre contre les pauvres et protège de l’extermination la société basée sur l’accumulation capitaliste.

Et quel est le prétexte pour mener cette intervention de façon masquée ? Il suffit que les quartiers soient dévastés par le crime, les braquages, les vols, les meurtres et les troubles, « les rues ne sont pas sûres », alors les mairies, les conseils municipaux se retrouvent d’accord avec les résidents qui demandent « plus de protection », sans prendre la peine d’analyser le contexte de cette guerre sale.

C’est un fait évident que les victimes du fléau de la drogue sont les responsables des crimes qui ont lieu dans les quartiers, on ne peut nier ce fait. Mais avant de réclamer en sautant de désespoir « plus de protection policière » souvenons-nous plutôt qui a imposé ce fléau dans nos quartiers et communautés. Il vaudrait mieux se souvenir à qui, en dernière instance, sert l’addiction des gens aux drogues ; il vaudrait mieux se souvenir que la police sont des troupes d’occupation envoyées dans nos communautés par la classe dominante, non pas pour protéger la vie des gens pauvres mais bien pour protéger les intérêts et la propriété privée des capitalistes.

La police, les politiciens et les chefs des grandes entreprises sont ravis de voir les jeunes prolétaires être victimes de ce fléau, et cela pour deux raisons, la première parce que le trafic de drogues est une entreprise économiquement rentable, la deuxième est qu’ils se rendent compte que tant qu’ils peuvent maintenir nos jeunes aux coins des rues « charbonnant » pour une dose, ils n’auront pas à s’inquiéter de nous voir livrer une bataille efficace de libération.

La police ne peut résoudre le problème car elle fait partie du problème, pas plus que les institutions du système ne peuvent résoudre les problèmes sociaux, économiques et politiques de la population, parce que ce sont eux qui les fabriquent et s’en nourrissent. La « guerre contre les drogues » n’est rien d’autre qu’une doctrine de contre-révolution chargée de maintenir et renforcer la domination, l’exploitation, l’emprisonnement des classes sociales les plus opprimées du prolétariat.

Nous sommes les seuls à être capables d’éradiquer le fléau de nos communautés et c’est pour cela qu’au lieu de collaborer avec cette société malade et décadente nous avons décidé d’y vivre en marge pour construire un monde de nos propres mains et cela passe nécessairement par l’organisation révolutionnaire du peuple.

Libère un espace, oKupe, arme-toi et prends soin de tes proches.

Plus il y aura d’actes de ce type, fragmentés et désordonnés sans aucun centre, mais faisant référence à mille centres, chacun auto-déterminé, alors ils sera beaucoup plus difficile de les réduire à une formalité et récupérables par le système technologique.

Nous vivons une ère technologique dans laquelle le capitalisme se restructure au travers d’applications technologiques du système de contrôle social et tout cela a modifié le monde de façon déterminante.

La réalité virtuelle de besoins fictifs s’est déjà imposée, les intérêts du prolétariat ont été brisés en mille morceaux et se perdent dans les méandres de la réalité virtuelle. La démocratie elle-même est une de ces réalités virtuelles comme toutes les autres.

Il est évident qu’un système de ce type ne peut être sauvegardé qu’à travers la transmutation des habitants du territoire en agents police du système, aucun autre appareil répressif ne saurait mieux en garantir la défense.

C’est pour cela que l’État/capital technologique/moderne ne peut être détruit sur le territoire que par la montée généralisée de l’insurrection.

La réponse est donc, on ne la trouvera pas dans les théories, mais concrètement dans les exigences et nécessités des exclus du système, les insoumis, enfin dans les lynchages sociaux qui sont les fruits naturels d’une société divisée entre privilégiés d’un côté et asservis de l’autre.

La rébellion aussi est un fait naturel qui ne vient pas d’être découvert par les anarchistes ni les autres révolutionnaires.

Mais cette rébellion n’est pas directement transposable aux vieux programmes et manuels « révolutionnaires » la rébellion de nos jours est atomisée, désordonnée, une fin en soi.

Pour nous, en tant que rebelles sociaux, l’insurrection est un rejet total des idéologies tant qu’elles font partie du système qui nous opprime.

Pourvus de cette méthodologie basée sur la pratique de l’action directe, dans le conflit permanent et l’auto-organisation des luttes, sans acceptation aucune de modérateurs, alors de larges possibilités de débouchés insurrectionnels restent ouvertes.

De ce point de vue, il est clair que l’anarchisme n’est pas une idéologie mais une forme concrète de s’opposer à ce qui existe pour en obtenir sa destruction totale et définitive.

Nous sommes donc pour la révolte permanente, pour l’insurrection généralisée, seule façon de rendre impossible l’émergence d’un pouvoir centralisé.

Nous lançons ce cri de guerre, comme une forme de défense de la lutte des prisonniers étasuniens et par là-même de solidarité avec les compas afro-américains qui comme nous, vivent le génocide de la drogue.

Solidarité avec les peuples et les communautés rebelles

Solidarité totale avec notre compagnon Luis Fernando Sotelo Zambrano.

Pour la libération totale!  Pour la destruction de la société carcérale !

Trois ans après l’enfermement de Abraham Cortés Ávila, le 2 de Octobre 2013.

Fernando Bárcenas.
Abraham Cortés Ávila.

Traduit par Les trois passants

Plus d’infos: mexique-journee-de-lutte-en-prison

Nantes : Appel à manifestation contre le climate chance lundi 29 Septembre à 14h !

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Appel à diffuser autour de vous, pour lancer trois journées de blocage et de sabotage d’un événement international qui prétend faire partie de la solution alors qu’il participe directement au problème !

Si nous voulons défendre notre avenir, c’est au présent que ça se passe et en ne laissant pas les gros destructeurs de la planète et de nos vies décider à notre place !

Toutes et tous à Nantes le 26 Septembre à 14h Place Ricordeau pour une manif déterminée, imaginative et survoltée !

Pour l’appel complet et en format tract, c’est ici :

https://www.dropbox.com/couleur (version couleur)

https://www.dropbox.com/n&b (version Noir et Blanc )

(N.B. : pas besoin de s’inscrire à dropbox pour télécharger le flyer)

Pour plus d’infos sur le climate chance, premier sommet international des acteurs non-étatiques du climat (multinationales, élu-e-s du monde entier, ONGs mondiales et locales, start-ups des nouvelles technologies, etc…) :

https://stopclimatechance.wordpress.com/

Place à votre imagination et à vos envies d’actions durant le parcours ainsi que pendant la durée du sommet !

Le collectif stopclimatechance

Toulouse : Soirée autour de la répression en Belgique

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Soirée d’information autour du procès antiterroriste à venir contre des anarchistes et anti-autoritaires en Belgique.

Le mardi 27 septembre à 19h dans le jardin de la Chapelle, 36 rue Danielle Casanova.

De 2008 à 2014, la police anti-terroriste belge a mené une enquête autour des “activités anarchistes”.

Et en effet, il y a bien eu – sur Bruxelles comme ailleurs –  des luttes et des éclats de rage qui ont tenté de s’opposer à ce système qui nous exploite et voudrait nous voir reproduire les dynamiques de dominations sur notre entourage.
Parmi ces gestes de rébellion, des anarchistes ont pris part aux conflits.

Sur des bases autonomes et anti-autoritaires, en mettant en avant la possibilité d’agir ici et maintenant, ces compagnon.ne.s ont notamment tenté de partager les révoltes qui sévissaient à l’intérieur des prisons (approximativement, et pour la période plus intense, de 2006 à 2011), mené une longue lutte contre la construction d’un nouveau centre de rétention à proximité de Bruxelles et pris part à différentes tensions qui traversaient la Belgique…

Aujourd’hui, 12 personnes sont pointées du doigt et poursuivies par la justice pour “participation à un groupe terroriste”, “association de malfaiteurs” et “incendies volontaires”.
En tentant de coller l’étiquette de “terroriste” sur les potentiels inculpés, l’État cherche probablement à faire payer la note à quelques unes, à faire peur aux autres, mais aussi à museler toute critique qui allierait paroles et actions dans son attaque du monde autoritaire.

Cette répression spécifique s’inscrit dans un cadre plus large qui cherche à mater toute critique de l’ordre établi, qui cherche à faire tenir ensemble des contradictions de plus en plus béantes que ce soit aux frontières, dans les quartiers, sur les lieux de travail, dans les prisons,…

Se défendre contre ce coup répressif qui veut renvoyer des compagnons devant un tribunal sous des accusations de terrorisme, c’est défendre la possibilité et l’espace des luttes anarchiste et anti-autoritaires. Et, par la solidarité avec les compagnon.ne.s inculpé.e.s, faire face à la répression étatique qui vise à paralyser toute action subversive.

Avalanche – Correspondance anarchiste, numéro 8

Cliquer sur la couverture pour télécharger le PDF

Avalanche n. 8 vient de sortir en français et anglais.

Vous pouvez demander vos exemplaires par mail à l’adresse correspondance[arobase]riseup[point]net ou les télécharger sur le site.

Varsovie: Le juge rend publique la caution pour les 3 de Varsovie. Une semaine pour récolter les fonds

screen-shot-2016-09-15-at-19-16-09Les 3 de Varsovie ont été arrêtés en mai et gardés dans une prison de haute sécurité, leur contacts avec l’extérieur ont été restreints, et ils risquent des sévères condamnations au vu des nouvelles lois anti-terrorisme et anti-anarchistes. Ils ne sont pas encore passés en procès.

Le 14 septembre 2016, pendant une audition concernant une plainte suite à leur incarcération prolongée, le juge a finalement accepté de les libérer sous caution. La somme a été fixée à 20 000 PLN, soit 4 600 euros chacun. Si l’argent est transféré en 1 semaine (7 jours à compter du 14/09/2016, soit le 21 septembre), les prisonniers seront libérés et placés sous contrôle judiciaire.
60 000 PLN, soit 13 800 euros est une fortune pour les familles et ami.e.s des prisonniers. Réunir ces fonds en une semaine semble à peine possible. Si vous le pouvez montrez votre soutien, que ce soit financièrement ou en diffusant cet appel de récolte de fonds. Chaque euro récolté nous rapproche de leur sortie.

Lever les arrestations voudrait dire pour les anarchistes arrêtés, la fin des tortures quotidiennes qu’ils endurent après plus de 3 mois en isolement. On ne peut pas laisser cette chance nous glisser entre les mains !

Pour faire un don :
Titulaire du compte : VpKK e.V.
IBAN: DE 4085 0205 0000 0361 5700
BIC: BFSWDE33DRE
Bank für Sozialwirtschaft
Note: Donation ABC Warsaw \ ACK Warszawa

IMPORTANT : ne pas oublier de mettre la note “donation ABC Warsaw” ou “ACK Warszawa”. sans quoi, personne ne saura que le don est adressé aux 3 anarchistes de Varsovie.

Infos sur l’évolution de la situation : https://wawa3.noblogs.org

[Mise à jour : le premier des arrêtés à été liberé. Les deux autres devraient quitter la prison dans quelques jours. Nous continuons à récolter des fonds.]

en anglais, italien

Paris : Nouveau bulletin mural anarchiste

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Blasphegme : néologisme désignant le blasphème adressé sous forme de crachat (ou phlegme) sur toutes les religions, qu’elles soient monothéistes ou polythéistes, que ce soit la religion de l’État ou celle du Capital, la religion du travail ou celle de l’égo.

Le blasphegme crache à la face de tous les dieux et de tous les prophètes, sans faire de distinction entre les divers délires collectifs qui nous empoisonnent, nous maintenant dans la peur d’une autorité supérieure devant qui nous devrions nous mettre à genou.

Le blasphegme est l’expression individuelle de non résignation face à une société qui ne nous laisse pas une seconde pour respirer, jouant sur les rapports de pouvoir entre individus pour maintenir le bétail tranquille, trop occupé à la concurrence et aux démonstrations de nos frustrations, fruits d’une vie qui n’a connu que la coercition des lois qui régulent la vie sociale.

Ce journal a pour but de faire de l’agitation, de propager les idées anarchistes, de semer des graines de subversion dans un quotidien réglé comme du papier à musique.
Bien loin de vouloir donner des leçons, c’est une proposition à enclencher des débats, sur des thèmes qui nous tiennent à cœur et nous semblent fondamentaux pour tout individu désireux de se libérer ici et maintenant de tous ces carcans qui nous empêchent de voler bien haut dans le ciel.

Par choix nous ne mettrons sur le blog que les textes et pas les pdf, considérant que le format visuel est destiné à être collé sur des murs, et pas à être un énième pdf téléchargé et stocké sur un disque dur, pour ne jamais être lu. Il est prévu toutefois de mettre des photos du journal collé, afin de donner un aperçu visuel à ceux qui ne peuvent pas le lire sur place.

https://blasphegme.noblogs.org/

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Mexico : Le compagnon anarchiste Fernando Bárcenas Castillo appelle à se solidariser avec les prisonnier-e-s qui vont commencer une grève aux États-Unis le 9 septembre 2016

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Lettre ouverte aux compagnon-ne-s

Note : L’utilisation du mot prison dans ce texte se réfère à tous les endroits artificiels dans lesquels on nous domestique pour nous insérer de force dans le système de production capitaliste. C’est une contribution pour approfondir la réflexion de tous les être vivants aux mains des puissances économiques et du projet technologique…

Compas, je vous salue d’un amour insurrectionnel pour vous faire parvenir ces paroles de guerre, tout en saluant aussi les jours de l’insurrection qui vient, parce que les idées fleurissent dans les champs comme les fleurs que nous ne devons pas arrêter de cultiver…

Nous ne savons pas si la victoire existera, mais ce que nous savons c’est qu’ils n’occuperont pas nos rêves et nos vies…

Le seul vrai moment de liberté c’est lorsque nous nous battons pour la liberté, parce que nous préférons mourir plutôt que d’accepter cette façon de vivre. Sans nous en rendre compte, nous sommes déjà libres, parce que rien n’occupe nos têtes sinon le seul désir d’incendier la réalité…

Mais qu’est qui se cache derrière la guerre destructrice, derrière la sombre obscurité de l’esprit humain ? Ne serait-ce pas le reflet et la manifestation poétique d’êtres se réappropriant leurs vies et influençant de manière active l’organisation de la vie quotidienne ?

Si chaque individu se vantant d’être “libre” se rendrait compte de sa condition, ce serait le début de la dernière guerre, notre dernière opportunité.

J’ai appris que c’est au cours de la vie quotidienne des peuples que les postulats d’une force réelle se concrétisent, capable de s’opposer et de nier le capitalisme.

Ceux sont de simples articulations d’idées et d’actions. Nous ne voulons pas être attirants pour les masses modernes consommatrices, c’est pour cela que je crois qu’il peut exister une forme réelle d’auto-organisation uniquement entre les gens les plus mal-traités et marginalisés, ceux qui vivent quotidiennement en guerre mus par l’instinct et le sentiment, plus que par la raison…

Puisqu’une conscience vierge est plus sauvage et n’est pas tant manipulée par les systèmes éducatifs, elle est toujours plus propice à prendre une orientation anarchique…

Comme son instinct lui en donne l’intuition, ils se sentent poussé-e-s vers la désobéissance. Il faut seulement provoquer « l’étincelle » qui allumera l’incendie…

Mais généralement, pour faire réfléchir, un prisonnier-e, par exemple, nous nous trouvons dans la situation que les simples paroles ne suffisent pas parce que c’est quelqu’un-e qui vit quotidiennement la guerre et qui connaît les scénarios, même beaucoup mieux que nous et cela n’arrive pas par des paroles, sinon par des actions et des attitudes réelles, cohérentes avec ce que nous pensons et ce que nous disons.

Beaucoup questionnent les « tactiques » et les « méthodes » comme s’il s’agissait d’une compétition et quand je dis cela je ne dis pas qu’il faille s’isoler et éviter la critique consciente, sinon bien au contraire. Le seul problème est qu’il faut que nous arrachions, tel un collier autour du cou, les influences bourgeoises qui historiquement contaminent les formes d’organisation de ceux qui se nomment libertaires…

Radicalement opposé, je pense qu’il n’est pas nécessaire de penser tout les aspects de la vie. La révolution sociale se construit quotidiennement, sans manuels, sans dogmes, tant dans la coexistence sociale, que dans l’ombre et pas parce que ça doit être ainsi par décret révolutionnaire, mais bien parce que le mot révolution signifie pour moi et pour beaucoup d’autres aussi, je le sais, prendre activement part dans cette guerre. Mais toujours à notre façon et c’est pour cela même que nous ne pouvons laisser passer aucune doctrine, idéologie scientifique ou religieuse, vu que l’apprentissage et les connaissances s’acquièrent dans les tranchées populaires, dans l’expérimentation dans la confusion, dans la spontanéité, dans la confusion. Nous ne voulons pas de normes, ni de buts fixes, vu que ce serait notre propre condamnation à l’ignorance et à l’esclavage….

Le problème des grandes civilisations qui ont existé jusqu’à présent, c’est que toutes ont basé leur vision du monde sur des sciences exactes et quantifiables…

L’humain se sent si antagonique face à l’insignifiance de son existence face à l’abandon absolu de vivre dans un régime pénitencier dans les villes et les prisons qu’il cherche alors refuge et soulagement en essayant de donner un « ordre » fictif à la vie. Il cherche à comprendre tout et à le réduire à son monde et à sa taille. Si nous ne nous focalisons pas uniquement à profiter de l’exquise existence, nous trouverons le soulagement de tous les maux générés en nous par la domestication des civilisations. Toutes les guerres et les catastrophes, que l’humain a amené à cette terre en voulant naïvement rompre l’ordre naturel de la vie, auraient pu être évitées.

Et c’est pour cela que dans cette guerre imposée, dans laquelle nous vivons et souffrons esclavage et misère aux mains de quelques uns qui, au nom du capital, s’arrogent le droit de diriger notre existence, il n’est pas encore trop tard pour se rendre compte que les siècles d’histoire qui nous précédent nous ont enseigné que peu importe la forme de gouvernement c’est toujours la même chose : la justification du droit de limiter et de punir pour exploiter…

Même le plus primitif des organismes vivants sait de manière instinctive que s’il n’est pas capable de s’adapter à son environnement, il finira par s’éteindre. Et la question serait donc : l’humain sera-t-il capable de s’adapter aux conditions de vie artificielle que lui impose l’environnement techno-industriel ?

Dans la nature sauvage et en nous-même existent les composants qui rendent possible la vie telle que nous la connaissons et c’est pour cela qu’il est absurde que nous pensions à posséder toutes les ressources naturelles et matérielles que nous rencontrons dans notre entourage. C’est une vision coloniale et anthropocentriste de voir la vie et c’est pour ça que sa reproduction mènera sous peu à l’édification du principe d’autorité et de pouvoir, avec pour conséquence l’esclavage et la guerre…

Notre participation à la guerre doit être donc radicalement différente aux méthodes impérialistes de guerre… Ce n’est pas la guerre pour la guerre, ce n’est pas la guerre pour elle-même sinon notre défense sauvage…

C’est un appel à la solidarité révolutionnaire contre l’esclavage et l’extermination que nous impose le pillage économique… en Amérique du nord, Amérique latine, Moyen-orient, Europe et dans tous les endroits qui sont atteints par la civilisation, à l’intérieur des prisons mexicaines, qu’ils sachent que nous nous préparons, mais les actions le démontreront…

En guerre aux côtés de nos frères prisonniers, esclaves des État-Unis qui sont en train de mettre en place et de coordonner une grève nationale dans les prisons d’Amérique du nord pour le 9 septembre 2016 et avec tou-te-s les autres prisonnier-e-s et esclaves dans les prison extérieures….

Jusqu’à ce que nous soyons tou-te-s libres.

Fernando Bárcenas Castillo

Traduction Les trois passants

Appel à l’action anarchiste internationale en solidarité avec la grève des prisons aux États-Unis

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Le 9 septembre [45eme anniversaire de la rébellion de la prison d’Attica], des prisonnier-e-s à travers les États-Unis entameront une grève qui consistera en un arrêt général du travail contre l’esclavage pénitencier. Pour faire court, les prisonnier-e-s refuseront de travailler ; illes refuseront de continuer à faire tourner les prisons par leur propre labeur. Les prisonnier-e-s ne luttent pas juste pour de meilleures conditions ou pour un changement du règlement des conditionnelles, mais contre l’esclavage pénitencier. Les prisonnier-e-s soutiennent que sous le 13è amendement qui abolit l’esclavage racial, ce-dernier permet à des êtres humains d’être exploités pour rien ou pratiquement rien tant qu’illes sont prisonnier-e-s. Les prisonnier-e-s voient ainsi le présent système d’esclavage pénitencier comme une continuation de l’esclavage racial, système qui génère des milliards de dollars de profit chaque année pour de grandes sociétés des industries clés comme celles des combustibles fossiles, les fast food, les banques, et l’armée américaine.

Peu de temps après le passage de l’amendement 13, un grand nombre d’anciens esclaves ont rapidement été mis sous les verrous sous d’insignifiants délits, retournant rapidement à leur rôle originel d’esclaves. Près d’un siècle plus tard, la guerre contre la drogue a essayé de s’occuper du taux de chômage croissant amené par des changements dans l’économie (externalisation, financiarisation, dérégulation, etc.), ainsi que de la menace d’une insurrection noire qui a grandi dans les années 60 et 70, en mettant de plus en plus de gens en prison. En même temps, l’État et les entreprises ont continué à regarder en direction du travail en prison comme à une source pour générer des profits massifs.

Du fait de tout ces facteurs, aujourd’hui, environ 1 adulte américain-e sur 100 est enfermé-e derrière les murs, et beaucoup d’autres sont en liberté conditionnelle, en résidence surveillée, ou au sein de centres de détention pour migrant-e-s. Alors que les déténu-e-s afro-américain-e-s, natif-ve-s, latinos et blanc-he-s pauvres forment le gros de la population carcérale, les détenu-e-s noir-e-s, ‘brun-e-s’ (ndt : en anglais, ‘brown people’ fait référence de façon large à toutes personnes ayant la peau mâte et n’étant pas -seulement – d’origine occidentale), ou natif-ve-s représentent un bien plus gros pourcentage d’incarcéré-e-s que leurs homologues blanc-he-s. Par exemple, il y a présentement plus de personnes afro-américaines enfermées dans le complexe industriel carcéral que ce n’était le cas durant la période d’esclavage racisé antérieure à la guerre civile américaine en 1860. C’est dans ce climat que les rebel-le-s en prison se sont organisé-e-s elleux-mêmes pour mener cette grève.

Il est aussi important de préciser que cette journée du 9 septembre est appelée par une large variété de groupes, mais provient globalement d’organisations telles que Free Alabama Movement (FAM), qui est un groupe carcéral autogéré qui s’est propagé à travers les États-Unis. Les anarchistes ont joué un rôle clé en soutien et organisation, mais aussi les diverses grèves de la faim, du travail, et émeutes dans le sein des prisons qui ont explosé dans des établissements tel que celui de la prison Holman. Le soutien est venu de divers groupes carcéraux, l’Anarchist Black Cross (ABC), et le Incarcerated Workers Organizing Committee (IWOC [le comité d’organisation des travailleur-euse-s incarcéré-e-s]), une section du IWW [Industrial Workers of the World], qui comprend présentement autour de 1000 membres à travers les prisons américaines. Pour aider à accroître les potentiels autour de cette grève, des anarchistes ont aussi organisé nombre de conférences et tenu une large variété d’actions, comme des manifs bruyantes, des déploiements de banderoles ou encore des ‘campagnes’ de tags.

Mais nous avons besoin de l’aide du mouvement anarchiste international pour prendre de la vitesse. Nous en appelons à nos camarades à travers le monde à nous aider. Nous demandons à tous les groupes, fédérations, syndicats, réseaux, cellules et individus de considérer de faire une action, organiser un événement et répandre la grève.

Voici quelques idées d’actions :
1) Organiser une manif devant une ambassade des États-Unis, une base militaire, ou avant-poste gouvernemental américain. Laissez leur savoir que les gens à travers le monde sont en solidarité avec cette grève.

2) Organiser une manif bruyante devant une prison locale, centre de détention ou prison pour mineur-e-s.

3) Organiser une action qui établie une connection avec les entreprises qui se font de l’argent sur le travail en prison aux États-Unis. Parmi quelques cibles mondiales se trouvent les chaînes de fast food McDonald’s et Wendy’s, la chaîne de café Starbucks, BP (British Petroleum), les magasins de lingerie Victoria’s Secret, American Airlines (qui a des vols vers de nombreux aéroports internationaux), et beaucoup d’autres.

[Bien que presque tous les commerces aux États-Unis faissent usage d’une certaine façon du travail en prison, voici quelques compagnies supplémentaires : Avis, Walmart, Microsoft, Nike, Nintendo, Honda, Pfizer, Whole Foods, Aramark, AT&T, Sprint, Verizon, Fidelity Investments, Saks Fifth Avenue, JCPenney, Kmart, Macy’s, et bien sur UNICOR, l’entreprise crée et possédé par le gouvernent fédéral pour superviser le travail pénal]

4) Déploier des banderoles, taguer, coller des affiches, et diffuser des nouvelles de la grève dans ta ville.

Enfin, nous ajouterons que la grève commence le 9 septembre et suivra son cours pour un long moment. Les prisonnier-e-s s’attendent déjà à faire face à la répression, et quelques organisateurs ont déjà été placé en isolement et harcelé par le FBI. Il dépend de nous d’assurer leurs arrières depuis l’extérieur et de mettre en place du soutien pour la grève et l’intégrer dans les luttes partout. La grève ne prendra pas fin le 10 septembre, mais continuera, alors aidez-nous à nous préparer pour le long terme.

Longue vie à l’anarchie !
Feu aux prisons !
Liberté pour tou-te-s !

Plus d’infos, mises à jour et matos d’orga:
Support Prisoner Resistance – supportprisonerresistance.noblogs.org
Free Alabama Movement – freealabamamovement.wordpress.com
IWW Incarcerated Workers Organizing Committee – iwoc.noblogs.org
IT’S GOING DOWN – itsgoingdown.org
Portland ABC – pdxabc.org
Anti-State STL – antistatestl.noblogs.org
325 – 325.nostate.net/tag/prison-labour-strike

en anglais

Sortie du numéro 8 de Séditions

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Cliquez sur l’image pour télécharger le PDF

Vous trouverez sur le blog tous les articles du huitième numéro de “Séditions” à cette adresse:

https://seditions.noblogs.org/post/category/n8/

Faites-nous signe si vous souhaitez en recevoir en version papier A3 : seditions(at)riseup.net

[Oaxaca] : Lutte communautaire et répression politique à Eloxochitlán de Flores Magón, le cas de Miguel Betanzos

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Ce bulletin a pour but de diffuser l’un des cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, il a été réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonnier.e.s Anarchistes, qui a eu lieu du 26 au 30 août 2015. Il a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée. Ce bulletin a été créé sans aucun but lucratif. Nous encourageons toute forme de solidarité envers nos compagnons et compagnonnes prisonnier.e.s.

Miguel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux.

Vous pouvez reproduire totalement ou partiellement ce bulletin.

Répands et étends librement ces idées.

Solidarité et camaraderie avec nos compagnon-n-e-s prisonnier.e.s

À bas les murs des prisons !

Destruction de la société carcérale !

Bonne lecture !

Les trois passants

(Traduction collective)

miguelperaltafanzineweb

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[Mexico] : Présentation du collectif de prisonnier-e-s « Cimarron »

“Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison…”

(Fernando Barcenas)

La CIPRE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fernando lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie « s’échapper, fuir ».

Texte lu lors de la rencontre Anti-carcérale du Bajío – Mexique

Juillet 2016

Caché dans ce qui aujourd’hui est un semblant de campement (une loge), je me connecte à ce dialogue intime par lequel j’approfondis mon essence et c’est précisément ce moyen par lequel je peux dénuder mon âme et l’offrir, au moins tant que je me trouve dans cet endroit… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne peux être prisonnier de mes émotions si je veux pouvoir survivre… je reste vivant et en alerte, parce qu’il suffit d’une étincelle pour que la vie s’achève lorsque tu vis entassé, supportant une routine incessante de jours, semaines, mois, années et pour certains plus malheureux que moi : de décennies… Le conflit est inévitable. Il est évident que nous tous reclus ici, nous sommes une bombe à retardement… Tu ne peux jamais savoir quand explosera une de ces bombes et d’une certaine façon cette sensation d’agressivité ne me déplaît pas ; ce qui me déplaît c’est la résignation de la grande majorité ; parce que cela signifie renoncer à attaquer les puissants et si nous renonçons à les attaquer alors nous nous attaquerons entre nous…

C’est ce qui me bouleverse parce que dans certaines situations nous devons aussi maltraiter des enfants du peuple… je suis conscient que chaque fois que je sors de cette cellule, c’est l’instinct sauvage qui me guide pour me conduire comme n’importe quel bête sauvage le ferait ; avec son intelligence, son instinct et sa force physique… C’est ainsi que peu à peu je me gagne la sympathie des autres animaux, non pas pour mon argent ni mes relations ou mes influences, mais par ma détermination à ne permettre à personne de s’approprier mon existence, et de vivre toujours en marge des rapports de pouvoir… Dans un endroit comme celui-ci, quelqu’un de marginal comme moi n’a d’autre moyen que ses bras et son cerveau soutenus par son courage et la rage de l’instinct de préservation pour faire respecter ses opinions, ses idées… La vérité c’est que j’ai toujours des envies que tout explose, que j’imagine les maton-e-s , les honnêtes citoyens et leurs institutions de représentation brûlant dans les flammes… Si j’ai appris quelque chose tout au long de ce projet d’insurrection de mes idées c’est de valoriser cette sensation qui consiste à garder le contrôle sur ma vie ; une sensation que j’expérimente très souvent lorsque je me confronte au maton, lorsque je décide de ne pas être victime du système et que je retrouve ma dignité en rendant le coup de poing dans la gueule, à l’estomac, parce que cela constitue en soi un acte de guerre qui rappelle celui des animaux en cage, du compagnon bastonné, du prisonnier réduit à moins que rien, des pauvres et de tous les marginalisés du monde qui ont posé le pied dans les entrailles de la prison, tous ces être formidables qui résistent quotidiennement aux ravages de la guerre contre l’humanité et la nature, menée par l’économie globale dans les états du monde et qui de par leur politique ont condamné à mort la planète sur laquelle nous vivons.

C’est dans ce contexte que l’individualisme d’un rebelle solitaire se transforme en organisation ; car souvent il suffit juste d’impulser une légère expression de désobéissance pour contaminer les autres êtres qui se savent eux aussi humiliés, piétinés, c’est ainsi que petit à petit des actes spontanés de résistance quotidienne se reproduisent (le refus des contrôles, les agressions contre les gardiens, les insubordinations collectives, les grèves de la faim etc.) et bien que nombre d’entre elles ont été étouffées sur le champ et que nombre de ceux qui ont participé en tant que coordination informelle des prisonniers en résistance (CIPRE) ont choisi de négocier et d’obtenir certaines commodités, on ne peut ignorer que ces faits n’existaient pratiquement plus dans les prisons au moins dans la dernière décennie, surtout depuis la prolifération de ceux qu’ici nous appelons « les mules » ou « prisonniers au service des autorités ».

Cependant, depuis ces actions qui ont agité l’intérieur de la prison pendant quelques mois, un petit groupe de personnes s’est formé, qu’ils ont décidé eux-mêmes d’appeler « cimarrón »… cimarrón pouvant être tout animal domestiqué qui échappe à ses maîtres et redevient sauvage. Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison… En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale…

Nombreux sont les « criminels » qui ne sont pas conscients de cela, mais d’autres comme nous l’ont perçu et sont prêts à livrer bataille contre le monstre carcéral et contre tout forme de domination….

Jusqu’à ce que nous soyons tous libres !

– Fernando Barcenas –

Traduction les trois passants

Exarchia, 4 août: Soirée “Contre l’esclavage carcéral” au squat Themistokleous 58, en présence d’un camarade de l’ABC de Portland

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CONTRE L’ESCLAVAGE CARCÉRAL | CONTRO LA SCHIAVITÙ CARCERARIA | AGAINST PRISON SLAVERY | CONTRA LA ESCLAVITUD CARCELARIA | ΕΝΑΝΤΙΑ ΣΤΗ ΣΚΛΑΒΙΑ ΤΗΣ ΦΥΛΑΚΗΣ

Le 9 septembre 1971 des prisonniers ont pris le contrôle d’Attica, le plus célèbre enfer de l’état de New York et l’ont fermé.

Le 9 septembre 2016 des prisonnier-e-s en lutte démarreront des blocages et d’autres actions pour la fermeture des prisons dans tous les États Unis, et pour que l’esclavage carcéral prenne fin une fois pour toutes.

Que les flammes de la solidarité ses propagent partout dans le monde !

Presentation & discussion à propos de la grève des prisonniers avec un camarade de l’Anarchist Black Cross de Portland (USA)

Jeudi 4 août à 20h à la terrasse du squat anarchiste au 58 rue Themistokleous, Exarchia, Athènes

Squat Themistokleous 58 | Cellule de solidarité anarchiste Anarchist Black Cross [Grèce] | Réseau traducteur de contre-information Contra Info

en anglais, grec, portugais, italien

Aix-la-Chapelle, Allemagne : Affiche à Bruxelles en solidarité avec les camarades arrêtées

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[Mexico] Extraits du journal anti-carcéral « El Canero n°4 »

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Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

Réflexions sur le journal « El Canero » par Fernando Barcenas
Prison Nord de la ville de Mexico, juin 2016

Le projet « El Canero » est né durant les heures d’ennui, de partage de discussions et réflexions dans les cellules d’isolement, dans la zone 3 du module d’entrée, en observant la routine et comprenant que nous devons toujours recommencer depuis le début ; c’est ainsi qu’a surgi la nécessité de redonner du sens.

Que signifiait réellement lutter contre la domination et l’état ?

Est-ce que croire aveuglément dans mes idées avait encore réellement un sens ?

Bien des questions se bousculaient dans ma tête et j’ai compris alors que je devais trouver une forme pour ne pas me retrouver en proie à l’angoisse et au désespoir…

J’ai d’abord commencé par écrire pour débuter un dialogue avec moi-même et ensuite, lorsque j’ai conçu la façon de matérialiser ma liberté intérieure, je l’ai alors utilisée comme lieu d’introspection depuis celui où je me trouvais avec mes bourreaux, de mes prisons subjectives, de mes attitudes autoritaires et de soumission, un lieu où je n’avais de sens qu’en me cherchant moi-même et qui a en effet fonctionné comme un outil pour reprendre confiance dans mon individualité unique et libre.

Par la suite, sont venues les questions.

Est-ce que cela avait un sens de n’écrire que pour soi ?

De quoi avait-on besoin pour briser les barrières de l’isolement.

Les réponses infinies à de tels questionnements m’ont conduit à une seule réponse : Écrire !

Si la liberté est aussi indispensable, aussi appréciée que la vie elle-même, à un point tel que nous serions capables de donner notre vie plutôt que de la soumettre à l’esclavage et aux chaînes ; alors pourquoi ne pas se battre pour l’étendre et faire en sorte que d’autres puissent expérimenter ici et maintenant la sensation de liberté et de plénitude qu’elle nous procure et qui parcourt notre corps chaque fois que nous nous échappons du périmètre légal, de la norme sociale ?

Nous sommes acteurs de la révolte et pour chacun des actes décidés, nous nous assumons comme des êtres capables de nous autodéterminer, de nous réapproprier nos vies et d’avancer de façon cohérente vers l’expérimentation et la création de nouvelles formes de rapports sans pour autant nous transformer en institutions sociales. C’est pour cela qu’à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons physiques nous devons réfléchir et nous interroger : sommes-nous satisfaits de vivre soumis à de telles conditions ? Avons-nous envie de détruire la réalité ou voulons-nous seulement la transformer ? Mais surtout nous devons savoir si ce choix, c’est bien nous qui le faisons, si c’est bien le nôtre.

FERNANDO BARCENAS
Prison Nord de la ville de Mexico

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