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Contra Info: Réseau traducteur de contre-information

Contra Info est un nœud international multilingue de contre-information et de traduction, une structure entretenue par des anarchistes, anti-autoritaires et libertaires en activité dans différentes parties du monde. Lire la suite »

[Brochure] C’est à ça qui ressemble la démocratie

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Hambourg, Allemagne : Attaque à un bureau de poste

Dans la nuit du 18 avril, des inconnus ont détruit toutes les vitres de la Postbank de la Volksdorfer Straße à Hambourg. “Contre les banques – contre l’Etat – Solidarité (A)” a été sprayé sur le mur.

Cela s’est passé pendant la semaine de solidarité avec les anarchistes accusé.e.s de braquage à Aachen.

Bâle, Suisse : Deux véhicules d’un constructeur de la prison de Bässlergut crevés

D’ici 2020, la taule bâloise de Bässlergut doit être agrandie avec un nouveau bâtiment. Cela mènera à davantage de places de rétention administrative pour les migrants en attente d’expulsion, ainsi que plus de capacité pour de la détention « régulière ».

L’entreprise de construction ‘Implenia’ s’implique dans ce chantier qui a débuté récemment. Au cours du week-end (15 et 16 avril 2017), deux de leurs véhicules ont pu se faire crever leurs pneus. Des inscriptions disant que ce chantier doit être stoppé ont été ajoutées sur les deux véhicules.

Crevez les responsables de ce chantier et de cet existant qui produit de tels bâtiments monstrueux où que vous les trouviez !

Liberté pour tou.te.s !

Vienne, Autriche : Attaque d’une banque en solidarité avec les inculpé.e.s de braquage à Aachen

Le week-end dernier (15 et 16 avril) à Vienne, l’agence de la Bawag-PSK Bank, au n°37 de la Kuefsteingasse, a été attaquée avec du liquide noir puant et collant.
Les banques constituent un élément important de l’ensemble du système capitaliste d’exploitation.

Derrière chaque histoire, elles nous disent pourquoi nous devrions stocker notre argent à cet endroit, nous découvririons que le seul objectif est le profit. Elles sont aussi profondément liées au bien-être de l’État. Les deux dépendent l’un de l’autre comme les fleurs du soleil. Si les banques font faillite, l’État doit les sauver et vice-versa.

Il n’y a malheureusement pas de place ici pour une analyse approfondie de tout ce foutu système. Si les banques se font attaquer, c’est aussi une attaque indirecte contre l’État !

Solidarité avec les anarchistes qui accusé.e.s de braquage de banque à Aachen en Allemagne ! (https://solidariteit.noblogs.org)

Solidarité avec le squat au n°15 de la Kienmayergasse qui a été expulsé hier (19 avril 2017)! (https://kienmayergasse15.noblogs.org/)

Qu’est-ce que braquer une banque comparé à en fonder une ?

Trento, Italie : Entre suie et mensonge – sur l’attaque à la Faculté de Science de Povo (Italie)

On a pu lire, ces jours-ci, la nouvelle du lancement de plus de cinquante missiles sur la Syrie, pendant que les porte-avions américain sont en route vers la Corée du Nord. Dans les tensions diplomatiques entre États, on respire un climat de guerre qui se rapproche. Mais, plus que se rapprocher, la guerre est un affaire quotidien : il n’y a pas de déclaration d’attaque d’un État envers un autre, pas de signatures officielles. Seulement des bombes. Loin des populations et des pays martyrisés, par contre, la guerre devient “invisible”.

Pendant tous ces années, l’industrie militaire, désormais indistinguable de celle policière-répressive, est allée de l’avant sans cesse; il parait que la guerre n’effleure même pas les consciences du plus grand nombre. Cependant, ne pas faire le lien entre les missiles qui détruisent les villes syriennes avec la violence indiscriminée des attentats de Paris, Bruxelles, Nice, Berlin, Londres, Stockholm, est une cécité toujours plus dangereuse.

Dans la nuit entre le 7 et le 8 avril, des inconnus ont attaqué par le feu le laboratoire Cryptolab, situé dans la Faculté de Science de Povo (Trento). Le feu a détruit le laboratoire et la suie a rendu inutilisable tout la structure. Il parait que le dégâts sont d’un demi million d’euros. Le Président de la Faculté, Collini, et le Directeur de Cryptolab, Massimiliano Sala, continuent à dire que ce laboratoire n’a jamais collaboré avec avec des entreprises militaires ou des armées : cela est une sale mensonge. Il suffit de survoler le CV de Sala pour découvrir le contraire : en 1996 il a été “Garde-côte avec des taches de recherche”, pour collaborer par la suite avec le centre de recherche de a Défense ORMEDIFE; de 2003 à 2007 avec STMicroelettronics, une entreprise qui travaille dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale, du 2010 jusqu’à aujourd’hui avec TESLY dans le secteur de la cryptographie, le Ministère de la défense dans celui de la cryptanalyse, avec le Gouvernement toujours dans le secteur de la cryptographie. Ou bien on peut consulter les sites de la Faculté pour comprendre tout de suite quel type de recherche est faite dans ce laboratoire. Entre septembre 2013 et aout 2016, FBK et Cryptolab ont collaboré avec Thales Alenia Space, du groupe Finmeccanica, un des plus grand producteur d’armements au monde. La Thales a entre autre construit les drones utilisés pour les bombardements en Afghanistan.
Celles qui touchent à Cryptolab sont seulement quelques unes parmi les collaborations entre L’université de Trento et l’industrie de la guerre.

La guerre de l’Occident revient en arrière de la façon la plus brutale, mais les bombes, les gaz chimiques, les armes atomiques sont beaucoup plus assassines et lâches des camions lancés sur la foule.

Des millions de morts ne sont pas une opinion. Les technologies au service des porte-avions, satellites, bombardiers, chars armés, sont crées dans des laboratoires à côté de chez nous.

La violence du feu anonyme de la nuit de vendredi était précise et visée : une attaque contre la violence indiscriminée de la guerre. Seulement un être abject comme un conseiller provincial du Parti Démocratique aurait pu mettre au même niveau l’action de Povo et l’incendie (un possible massacre) de centre d’accueil de réfugiés de Roncone (LIEN §§). Il y a un abyme éthique qui sépare ces deux actions. Le même abyme qui sépare celui qui aspire au barbelé et celui qui aspire à la liberté.

Dans la guerre contre les cerveaux, le confusionnisme est l’arme la plus sournoise.
Heureusement quelqu’un, de temps à autre, amène un peu de flambante clarté.

anarchistes antimilitaristes

Paris : Inauguration des Fleurs Arctiques

Une bibliothèque pour la révolution, Paris XIXe
Samedi 22 avril à 18h aux Fleurs Arctiques
45 Rue du Pré Saint-Gervais, 75019 Paris

Nous sommes heureux d’annoncer l’éclosion d’un nouveau projet cherchant à frayer son chemin en dehors des fausses oppositions identitaires et idéologiques, afin d’ouvrir la possibilité de retrouver des perspectives offensives pour le projet révolutionnaire, contre l’État, contre le Capital. Si dans la période de confusion actuelle rien n’est joué et personne ne peut sérieusement penser avoir de solution toute faite, il va donc falloir nous armer pour un temps de patience, de détermination et d’une ouverture féconde qui ne transigerait pas pour autant avec ses exigences révolutionnaires, à la fois loin de la politique et de la dépolitisation en cours. Le texte qui suit en détermine les premiers contours. Bienvenue à tous ceux et toutes celles qui voudraient poursuivre à partir de là, d’une manière ou d’une autre, les discussions entamées, reprises et rouvertes par ce biais.

Il y aura trois moments d’ouverture publique par semaine qui débuteront dès la date d’inauguration, auxquels s’additionneront des débats, discussions, cycles de projections, présentations, ateliers, groupes de lectures et des moments plus spécifiquement centrés sur le contenu de la bibliothèque (la théorie, les livres, etc.) qui seront annoncés dans les prochaines semaines.

L’inauguration des Fleurs Arctiques aura lieu le 22 avril à partir de 18h, on pourra y ramener à manger, à boire, des livres, des publications, des archives, du soutien financier, de l’amour pour la liberté et de la haine pour l’ordre. Ci dessous le texte de présentation du projet, ce sera une première occasion de penser la suite et de s’en parler.

—————————–

Les Fleurs Arctiques ne sont pas une organisation ou un groupe politique, mais un rassemblement hétérogène et protéiforme qui tient à son hétérogénéité, partageant un constat, des critères et des perspectives communes autour de la nécessité d’offrir des espaces à notre temps plutôt que le contraire, des espaces pour la lutte révolutionnaire.

Ce projet naît du constat commun que nous vivons une époque dans laquelle la pauvreté qui n’est pas seulement matérielle, ne peut aller qu’en s’accroissant. Que l’époque que nous vivons pose toujours les mêmes enjeux — l’abolition de l’État, du travail et de la marchandise — et cela dans un cadre qui n’a guère changé depuis les années 70, si ce n’est l’accélération vertigineuse de l’atomisation et de la pénétration des rapports marchands dans tous les interstices de ce qui nous reste de vie.

Une époque qui désintègre minutieusement ce qui voudrait ou semblerait vouloir s’y opposer, entre autres en l’intégrant. Un monde qui s’offre comme alternative à lui-même, avec l’essor des sciences sociales et des logiques informatives (ou « contre-informatives ») en lieu et place de la critique révolutionnaire qui, lors des dernières décennies, avait su balayer les vieux réflexes et modes de pensée gauchistes et staliniens (faut-il vraiment ici faire remarquer à ceux qui veulent les remettre en selle que leurs perspectives ne sont pas les nôtres?) et démonter les illusions gestionnaires des alternatifs et autres citoyennistes. Alors que c’est dans la praxis qu’a pu se déployer une intelligence pratique née des expériences de lutte, on voit dorénavant l’université faire de plus en plus office de laboratoire de réflexion et d’intervention pour la subversion. Il est pourtant évident que la critique y est déjà institutionnalisée et désactivée dans des formes politiques intégrées et stérilisantes qui se diffusent désormais au sein des milieux « militants ».

Une époque où les potentialités révolutionnaires réelles paraissent inactuelles, une époque ou « accentuer les conflictualités » n’équivaut plus toujours à se battre contre le monde tel qu’il est, mais parfois avec, ou même pour.

Une époque marquée également par l’essor de ce que la réaction a mis au point de plus efficace pour prévenir tout débordement subversif : les replis communautaires, religieux et identitaires, l’exploration de ses « racines », qui tendent à s’articuler avec les autres formes de répression (forces de l’ordre, justice régulière et coercition étatique). Mais les racines, c’est bon pour les glands. Ces différentes formes de recroquevillement sur des identités figées et des récits mythiques sont probablement la perspective du Pouvoir la plus efficace pour faire accepter les mesures d’austérité, l’existant et son mythe progressiste ne pouvant plus décemment penser faire rêver à un futur radieux.

Il s’agit alors de réaffirmer que cette époque ne viendra pas à bout des perspectives révolutionnnaires, et les subterfuges qui s’y développent pour pacifier les conflits comme l’auto-gestion, l’alternativisme et la contre-culture, la spectacularisation de la conflictualité, la spécialisation des tâches, les déclinaisons militantes de la postmodernité et du libéralisme et la pasteurisation des rapports humains qui devraient, paraît-il, être safe, l’enfermement dans un psittacisme qui ressasse des gimmicks politiques identitaires (que la posture soit communiste ou anarchiste, la misère est la même) n’opèrent plus que pour se rassurer et ne pas trop se confronter à la réalité du… des ! astres.

Il s’agit donc aussi de sortir de l’impasse activiste et/ou idéologique que l’on finit par embrasser, habiter, optimiser dans un confort relatif comme une cellule de prison tant en sortir équivaudrait à plonger dans l’inconnu. Les identités, les postures et les logos ne disent plus rien réellement des intentions et des méthodes de celles et ceux qui les arborent, et donc l’auto-organisation, bien qu’insuffisante à garantir des perspectives réellement offensives, est la seule forme d’organisation souhaitable.

Nous tirons des expériences de ces derniers siècles et de ces dernières décennies que les structures permanentes ont toujours comme but et comme raison d’être leur propre perpétuation, que la volonté d’homogénéité politique ou même « affinitaire » qu’elle soit formelle ou informelle, est une forme sectaire et nécessairement groupusculaire (sinon totalitaire).

Ce ne sont donc pas d’« amis », de bandes dépolitisées ou d’Organisations politiques dont nous avons besoin aujourd’hui. Alors pour ne pas sombrer avec les temps qui meurent, il nous faut élaborer de nouvelles propositions pour des perspectives dont le caractère révolutionnaire reste inchangé, tout en acceptant la nécessité d’inventer, d’expérimenter des propositions qui permettent de penser, analyser, agir, se rencontrer, intervenir, se défendre et attaquer.

Il nous faut d’abord acter que l’État et le capitalisme ne s’effondreront pas d’eux-mêmes, que nous ne pouvons pas nous appuyer sur les catégories et les fonctionnements qui sont les leurs — la justice qui nous fait innocents, victimes ou coupables, l’essentialisme qui nous fixe dans des carcans identitaires, les nations et les frontières qui nous séparent en « nationaux », en « étrangers » et en « immigrés » avec ou sans papiers, la morale qui nous fige dans des idées de bien et de mal supplantant toute autonomie collective ou individuelle, le respect de la loi et le travail comme seule alternative à la prison ou à l’exclusion sociale—, et qu’aucun miracle ou radieux grand soir ne concrétisera les espoirs déchus des particules atomisées de la terre dont le cœur bat encore.

Ceci étant dit, si nous ne partons pas de rien, tout reste à repenser et à faire.

Alors, il nous faut recréer les outils qui peuvent aujourd’hui nous permettre la composition d’un mouvement révolutionnaire conséquent, ambitieux, et débarrassé de tout reste d’idéologie démocratique, travailliste, citoyenne, identitaire et gestionnaire pour enfin retrouver des perspectives offensives face au Léviathan qui ne cesse de nous engloutir.

Les fleurs sont bien peu de choses
si on ne les regarde pas avec poésie, désir et créativité.
La révolution souffre des mêmes limites,
mais la beauté des fleurs arctiques ne souffre pas de leur rareté.

https://lesfleursarctiques.noblogs.org/
lesfleursarctiques@riseup.net

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[France] Éditions Anar’chronique : Nouvelles brochures

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Ces brochures et d’autres sur le site des éditions Anar’chronique.

Allemagne: Appel anarchiste contre le sommet du g20 à hambourg début juillet 2017

Si les criminels d’aujourd’hui les plus couronnés de succès, les exploiteurs de l’humain et de la nature les moins scrupuleux et les chefs autoproclamés de cette planète se rencontrent les 7 et 8 juillet 2016, ce n’est pas pour se confronter à eux avec de quelconques revendications pour un meilleur gouvernement ou pour un asservissement plus social et ainsi demander à ce qu’ils soient réévaluer.

Ils ressentiront la rage de la rue lorsqu’ils s’empresseront d’envoyer leurs troupes dans les rues désertes et discuteront des attaques nocturnes de ces dernières semaines

Cet appel ne veut pas se perdre comme tant d’autres dans des rencontres similaires, dans une analyse du sommet du G20 ou de la politique menée par leurs participants. L’injustice dans le monde a déjà été mille fois commentée et celui qui ne ressent aucun besoin de passer à l’action n’a pas besoin d’un énième texte.

Nous voulons parler de ceux qui sont déjà impliqués dans la lutte contre le capitalisme et ses États étant en conformité avec leur société – donc nous souhaitons parler des États-Unis.

Depuis Seattle en 1999, les contre-sommets étaient un catalyseur de la révolte radicale, des individus et des groupes se réunissaient, discutaient, étaient soudés derrière les barricades et ramenaient les flammes de la révolte dans leurs régions. De même que les coups de feu de Göteborg et de Gênes, ou les nombreux indic’ qui se sont introduits clandestinement n’ont pas pu mettre un coup d’arrêt au développement d’un réseau émeutier dans toute l’Europe des courants autonomes, anarchistes et anti-autoritaires.

Puis des critiques de l’événement ont commencé à circuler, comme si quelqu’un avait plaidé justement pour agir comme des touristes de l’émeute dans une ville quelconque. C’est au milieu d’effluves de champagne de quelques gestionnaires du mouvement que les manifs contre le G20 ont été préparées à Cannes et à Nice en 2011. Tout devait changer, s’améliorer, se politiser. A l’époque, aucun retour ni aucune analyse n’a par la suite été diffusé. La résistance s’était arrêtée purement et simplement, il y avait seulement les ONG habituelles qui passaient leur programme.

Désormais, c’est donc à Hambourg que ça se passe, et les responsables meurtriers du quartier général des services secrets, les services de police et les commandements militaires se tirent les cheveux. Ils craignent que nous venions. Mais nous n’avons pas de leadership qui peut être éliminé, notre résistance ne dépend pas du comportement de cadres de quelques individus isolés. Peut-être que rien ne se passera si toi, qui lis ce texte en ce moment, ne seras pas actif. N’attend pas que d’autres personnes préparent quelque chose à ta place, de sorte que tu n’es plus qu’à sauter dessus.

Il y aura sûrement une grande manif d’idiots de la gauche, qui veulent mettre en scène leur rituel démocratique, comme un certain M. Marx ou Lénine l’avaient appliqué il y a 150 ans. Et peut-être que nous serons là aussi, à la manif, ou aux abords, ou derrière les lignes des flics. Il y a encore du temps pour y réfléchir et s’y préparer.

En revanche, nous appelons à une campagne en vue du G20 contre toute forme de domination. Nous voulons détruire jusqu’au mois de juillet 2017 (et même si ça ne peut être que symbolique….) la domination du patriarcat sur les femmes, la domination de l’État aux frontières et dans les centres urbains, la domination du travail sur nos vies quotidiennes, la domination de l’argent sur nos comportements au sein de la société, la domination des marchandises sur nos vies, la domination des flics dans nos têtes quant à la peur de la répression.

A Hambourg et dans chaque ville et village, un nombre interminable de cibles se prêtent à la destruction., donc nous devrions commencer maintenant. Ainsi, en juillet 2017, le fossé entre le monde du G20 et le reste du monde sera devenu si grand que nous n’aurons plus besoin de contre-sommet pour nous retrouver. La campagne militante contre le G8 à Heiligendamm en 2007 pourrait servir de modèle car, mis à part une procédure d’enquête absurde, elle a transmis une nouvelle génération d’activistes par des actions clandestines auto-déterminées et les reculs des flics de Rostock fuyant une pluie de cailloux, un sentiment de notre propre force et des possibilités d’organisation horizontale.

De plus, nous appelons également à un approfondissement théorique de notre praxis, où la présence ou l’absence d’anarchie devrait être revue quant à son acceptation, lors des révoltes comme en France récemment, des spectacles comme en mars 2015 à Francfort, des rituels comme le 1er mai, ou des luttes de quartier au quotidien ou dans la lutte contre les nazis. Car partout où nous ne sommes pas présents, nous ne pouvons pas nous plaindre de la prédominance des réformistes. Là où l’on trouve seulement des phrases vides de sens accompagnées d’un (A), le bavardage superficiel au sujet du « consensus d’action » peut se faire entendre par des distanciations qui s’en suivent. Un tel discours devrait dépasser les rares références au G20 faites jusqu’à présent (et qui méritent d’être saluées) dans les communiqués de revendication d’attaque.

Notre résistance contre la rencontre du G20 ne cherche à remporter aucune « victoire », au sens d’empêcher la tenue de cet événement. Cela pourrait tout simplement être le début de quelque chose qui pourrait aussi commencer n’importe quel autre jour : l’auto-détermination de l’individu sur l’existant et l’auto-organisation dans les structures collectives. Il faudrait faire attention à ne pas restreindre l’appel à cela, donc,

Attaquons le G20 !

Dévastons Hambourg !

Détruisons l’Europe forteresse !

[France] Blasphegme numéro 4 : Main de fer ou gant de velours ?

« La tyrannie la plus redoutable n’est pas celle qui prend figure d’arbitraire, c’est celle qui vient couverte du masque de la légalité. » (Albert Libertad)

La police, le bras armé de l’État, viole, mutile et tue. Des tragédies s’enchaînent les unes après les autres, et pour y répondre des demandes sont faites à « l’État de droit » contre ces mauvais éléments qui seraient présents dans les rangs de la police (désarmer la police, que la justice juge et punisse les policiers assassins, que la police des polices punisse ses mauvais éléments, qu’il n’y ait plus de bavures, qu’il n’y ait plus de « morts pour rien » … ). Comme si c’était un problème individuel, une poignée de personnes qui agiraient mal et empoisonneraient cette institution de l’État.

Le policier quand il tabasse, viole, tue quelqu’un dans le cadre de son travail, il ne fait que son boulot. Ce ne sont pas des gens nés sadiques, mais bien évidemment que le pouvoir qu’ils ont et qui leur monte à la tête contribue à un certain sadisme. C’est la fonction même de policier qui peut, dans certaines situations, nécessiter qu’ils soient violents, sadiques. Si les gens ne se laissent pas humilier quotidiennement (contrôles d’identités, insultes, etc.) il faut bien que ces fonctionnaires mènent à bien leur sale boulot. Et sans aucun doute qu’ils ont envie de se venger quand ils se sentent humiliés à leur tour, parce que c’était pas forcément leur rêve d’enfance de devenir larbin de l’État, mais pour pouvoir se regarder dans la glace il faut bien qu’ils s’imaginent qu’ils sont tout puissants.

La justice et la police sont de simples gardes-fous, qui veillent à ce que personne ne mette de sable dans les rouages de la machine étatique, et lorsque malgré tout cela arrive, la police est là pour rétablir les choses, pour protéger l’État à tout prix, empêcher que le contrôle sur la société ne soit perdu, même momentanément. Car le plus grand danger pour l’État c’est que les petits gestes de rébellion se diffusent socialement, alors il faut les couper à la racine, de façon radicale parfois, quitte à inventer des histoires pour se justifier lorsque la méthode répressive a dépassé les limites des lois qu’ils créent.

Une police gentille, non-violente, ce n’est pas une utopie, c’est tout à fait réalisable. Mais une telle situation ne pourrait se passer que dans une société totalement pacifiée, où le moindre petit éclat de colère n’existerait pas, où les passions seraient éteintes, la stabilité de la société devenant la valeur suprême, la communauté devenant tout, et l’individu rien.

Pour avoir une police gentille il faudra sacrifier nos individualités à un bien commun et un monde de valeurs qui ne laissent pas de place aux passions; une société basée sur la médiation, la pacification, le sacrifice, l’accommodation et le compromis. Dans ce meilleur des mondes la plus grande punition serait le bannissement, et chaque citoyen revêtirait la responsabilité de défendre l’ordre existant. Et quel rôle aurait alors la police ? Elle aurait toujours le même rôle, celui de veiller à ce que la société fonctionne bien, de débusquer les réfractaires et les empêcher d’inciter les autres à ne pas respecter les règles du jeu. Bien sûr que pour remplir son rôle elle aurait toujours tout un panel de méthodes, mais parfois il y a bien plus efficace que la violence physique.

Nous ne voulons pas de cette société qui engendrerait une police non violente, ni de celle qui produit des flics violents, nous ne voulons pas d’une société qui produit des flics tout court, y compris celui dans notre tête. S’il y a des flics c’est pour protéger ce système capitaliste, ce monde d’exploitation et de misère, et nous empêcher de nous réaliser pleinement en tant qu’individus.

Peu importe que la clôture qui nous entoure ait des barbelés, qu’elle soit électrifiée ou plus ou moins haute. Le problème c’est que nous soyons enfermés, et pas comment nous sommes enfermés. Des flics gentils, des maîtres gentils, cela restera une autorité au dessus de nos têtes, des normes sociales qui dictent nos vies, qui les atrophient; cela restera un État qui contrôlera chaque parcelle de notre existant. Alors que nos rêves sont bien trop grands pour les limites étroites de n’importe quel État, et que la résignation n’est pas une option.

Nous ne voulons ni de la main de fer ni du gant de velours. Nous préférons couper cette main étatique, quelle qu’elle soit, qui ne peut servir qu’à nous étrangler.

CAR NOUS VOULONS DÉTRUIRE LE POUVOIR , CEUX QUI LE DÉTIENNENT , ET CEUX QUI LE DÉFENDENT !

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Avalanche – Correspondance anarchiste, numéro 10

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[Chili] : Solidarité offensive avec Juan, Nataly et Enrique

Le 18 septembre 2014 à l’aube, une vaste opération policière se conclue par l’arrestation des compagnonNEs Nataly et Juan Flores sont accuséEs et inculpéEs dans le cadre de la juridiction antiterroriste pour avoir placé et fait exploser des engins explosifs dans une station de métro, au Subcentro à Escuela Militar et dans deux commissariats.

Quelques mois plus tard, Enrique Guzman est arrêté, la misérable Fiscalia Sur (NdT équivalent du Ministère public ou du parquet) le désignant comme étant celui qui a placé l’explosif contre le 1er commissariat. Avec cette arrestation, le Pouvoir prétend attaquer la solidarité et les liens de complicité qui surgissent de celle-ci en cherchant à isoler les compagnonNEs en prison.

Dès le début, les compagnonNEs se sont montréEs récalcitrantEs face au Pouvoir, à la presse et à la police, et en prison sont restéEs intactes dans leurs convictions anarchistes, assumant la prison comme un espace de combat et annihilant ses murs par des écrits, des gestes de confrontation et une grève de la faim de plus de cinquante jours.

Les compagnonNEs ont été exposéEs et diffaméEs par tous les appareils du Pouvoir, harceléEs et isoléEs par la matonnerie et ont été désignéEs coupables à travers la presse depuis le début. Malgré cela, illes maintiennent brûlant un esprit anarchiste inébranlable qui n’envisage ni pause ni renoncement.
Aujourd’hui, Nataly, Juan et Enrique risquent de lourdes peines de la part de l’inquisition mafieuse mais persistent dans la confrontation antiautoritaire depuis les quartiers d’isolement.

Contre l’État policier, confrontation anarchiste

en espagnol, anglais, italien

[Chili] : Retours et paroles avant le début du procès dans le cadre du dénommé « Caso Bombas II »

Ce 24 mars 2017 commence le procès contre les compagnonNEs Enrique Guzman, Juan Flores et Nataly Casanova. Ce processus judiciaire se présente comme une nouvelle bataille entre les ennemis de la liberté et celleux qui refusent d’obéir à la domination. Après les arrestations médiatiques et les déclarations pompeuses du parquet, des policiers et des ministres, le labyrinthe juridique arrive à son point culminant contre Juan, Nataly et Enrique.

Aujourd’hui, l’inquisition démocratique cherche à se venger des différentes attaques explosives qui ont eu lieu dans la capitale, en particulier pour les engins explosifs qui ont pété le 11 août 2014 de manière coordonnée et simultanée contre le 39e commissariat de El Bosque et le 1er commissariat de Santiago Centro, deux actions revendiquée par la Conspiration Internationale pour la Vengeance (CIV).

De la même manière, le Pouvoir cherche à montrer une réponse pour les attentats revendiqués par la Conspiration des Cellules de Feu section Chili, qui a revendiqué l’attentat explosif contre un wagon du métro dans la station Los Dominicos le 13 juillet 2014 et l’attentat contre le Subcentro (1) qui a eu lieu le 8 septembre 2014.

1 – Subcentro est un centre commercial situé dans la station de métro Escuela Militar

Ce furent peut-être ces dernières actions contre le métro qui ont généré la plus grande répercussion médiatique mais aussi – pourquoi le taire – au sein du milieu acrate. À quelques jours du procès contre les compagnonNEs a été rendu publique un enregistrement audio que la police a refusé de nombreuses fois de rendre accessible ou même de seulement en assumer l’existence, enregistrement dans lequel une voix anonyme donne l’alerte à propos d’un engin explosif placé dans le Subcentro près du métro Escuela Militar pour que le lieu soit évacué.
La police a fait comme si de rien n’était, laissant se produire l’explosion qui provoqua 23 blesséEs.

Plusieurs années auparavant et de l’autre côté de l’océan, en 1987, l’organisation ETA avait garé une voiture piégée dans le parking souterrain d’un centre commercial appelé Hipercor. Les membres de l’organisation ont réalisé des appels répétés à la presse, à la police et au lieu même pour que celui-ci soit évacué. Par ordre de la police, les menaces furent déclarées fausses et la forte détonation provoqua la mort de plus de 20 personnes. Malgré les différences, les éléments de continuité sont évidents.

Depuis septembre 2014 le scenario répressif en est venu à donner un nouveau tour d’écrou antiterroriste, car quelques jours après (la dernière explosion NdT) Juan Flores, Nataly Casanova et Guillermo Duran ont été arretéEs. Ielles ont affronté avec une dignité révolutionnaire les vautours journalistiques et la pantomime judiciaire dans les tribunaux.

Guillermo parvient à obtenir la détention à domicile, pour ensuite voir son nom retiré de l’affaire. À l’unisson la police décide d’arrêter Enrique Guzman, compagnon et ami de Juan et Nataly, qui à plusieurs occasions leur a rendu visite en prison.

Immédiatement, la réponse est une grève de la faim exigeant la libération d’Enrique et après de nombreux jours de combat à l’intérieur de la prison, ielles réussissent à obtenir sa sortie, décision rapidement annulée par la Cour d’Appel.

DisperséEs dans différentes prisons, les compagnonNEs sont confrontéEs aux manœuvres des matonNEs qui cherchent à asphyxier les liens de camaraderie et d’amitié. C’est ainsi que Juan, Nataly et Enrique subissent d’incessantes interdictions, des transferts vengeurs et des périodes d’isolement à l’intérieur de ces centres extermination.

Aujourd’hui, les magistrats fourbissent leur arsenal juridique contre les compagnonNEs, réunissant 186 témoignages, 87 experts, 231 documents et 648 preuves pour mener à bien un de ces grands procès inquisitoriaux contre des compagnonNEs anarchistes. Les ennemies de la liberté attribuent des actes et distribuent des années de prison.

Peines et accusations

*Enrique Guzmán : Accusé de la confection de l’engin explosif utilisé contre le 1er Commissariat de Santiago Centro. Requalifié par la loi antiterroriste, le parquet requiert 10 ans de prison.
*Nataly Casanova : Accusée de la confection de l’engin explosif utilisé contre le 1er Commissariat de Santiago Centro, d’avoir placé l’engin explosif dans le wagon du métro à Los Dominicos, de possession de matériel pour la confection de matériel explosif. Requalifié par la loi antiterroriste, le parquet requiert 20 ans de prison.
*Juan Flores : Accusé d’avoir placé l’engin explosif utilisé contre le 1er Commissariat de Santiago Centro, d’avoir placé l’engin explosif dans le wagon du métro à Los Dominicos, d’avoir placé l’engin explosif au Subcentro. Requalifié par la loi antiterroriste, le parquet requiert à son encontre la prison à perpétuité.

Solidarité face au nouveau procès antiterroriste

Aujourd’hui l’État place de nouveau sur le banc des accusés ses ennemis de toujours et rebaptise cette opération répressive « Caso Bombas II », signifiant son désir de vengeance par rapport au processus répressif précédent.

Il réaffirme et s’enorgueillit du consensus antiterroriste suite à l’attentat explosif contre Subcentro, il célèbre son prétexte scientifique avec les prises d’ADN et les géolocalisations, il profite et s’excite jusqu’à l’épuisement de ses salles d’audience pleines de journalistes et de gardiens armés… mais dans le fond ils se sentent misérables, dans le fond ils se savent impuissants devant la dignité rebelle, devant la soif de libération que ne peuvent contenir leurs menottes insignifiantes, leurs minuscules bureaux de procureurs et de juges ou leur paperasse rebaptisée code de procédure pénale.

Défier ce monde peut conduire à marcher emprisonné et surveillé dans les éternels mêmes couloirs, à être exposé aux objectifs de la presse, à voir ses relations d’amitié étalées aux yeux de tous, sa vie entière disséquée et analysée par les procureurs, les avocats et les juges, les photographies de rire et de tendresse devenir des preuves. Et ainsi l’orgueil blessé des puissants se décharge rageusement dans leurs tribunaux. Mais aujourd’hui comme hier, la révolte sait suivre les pas de la dignité face au pouvoir ; elle sait avancer avec rage sans hâte mais sans pause. Aujourd’hui ce sont Juan, Nataly et Enrique, hier c’en était d’autres et demain il est certain que ce seront de nouveaux-elles compagnonNEs qui assumeront la continuité historique de combattre la domination.

Les dispositifs de sécurité sont prêts pour la sortie de l’Ex Penitenciaria, de la prison de San Miguel et du quartier de sécurité maximale. Les procureurs révisent leurs notes et les juges respirent profondément, plongés dans ce rituel où ils cherchent à trouver la sagesse nécessaire pour juger la vie d’autres personnes.

Aujourd’hui, nos frères et sœurs marchent avec nos mortEs, marchent avec nous. Leurs tribunaux pompeux ne montreront qu’une fois de plus l’insignifiance de ne jamais pouvoir juger la nécessité de s’opposer à la domination.

Face au procès antiterroriste : Solidarité insurgée avec Juan, Nataly et Enrique
Pour la destruction des prisons, pour la libération des compagnonNEs !

Montevideo, Uruguay : Attaque incendiaire au parking de l’entreprise Multicar

Communiqué recu le 13/03/2017

À l’aube passée, nous avons attaqués le parking de l’entreprise de location de voitures Multicar Rent A Car à Montevidéo. Nous ne pouvons préciser l’amplitude des dégâts mais si nous sommes sûrs que notre attaque fut précise et une partie de la flotte de l’entreprise fut partiellement endommagée.

La motivation de cette attaque a à voir avec le rôle de cette entreprise qui fonctionne, non seulement en promouvant le luxe et l’opulence des voitures de toutes les gammes et offre des services spécifique pour le tourisme (peut-être une des entreprises les plus dévastatrices) sinon aussi le rôle complice explicite de multiples entreprises publiques et privées, nationales et étrangères à qui elle offre des infrastructures pour développer ses taches d’exploitations et contrôle social. Depuis ce lieu, Multicar fonctionne comme une des compagnie privée de l’État qui maintenant appuie avec ses véhicules de remorquage et pique la propre Intendance de Montevidéo dans sa tache harcèlement à la citoyenneté

Nous profitons de ce communiqué pour inviter tous les compagnon.ne.s du territoire à exprimer leur dissidence et leur rage à travers l’action directe insurrectionnelle. C’est facile, divertissant, pertinent et nécessaire.

Santé et on se voit dans la rue !

Cellule Autonome Spontanée
Chuk Palaniuk

en espagnol

Saragosse, Etat Espagnol : Marche à la torche pour les prisonnier.e.s

Ce vendredi 9 mars, dans le quartier de Zaragoza du Torrero a eu lieu une marche à la torche en solidarité avec les personnes incarcerées.

La marche a commencé sur la Place de las Canteras devant le regard attentif de centaines de voisin.e.s du quartier, environ une 60aine de personnes sont passées par l’avenue principale jusqu’a la troisième étape à coté de CSO KIKE MUR.

Durant le parcours des tracts d’informations contre les prisons ont été distribués, des slogans on été criés et on pouvait sentir le fracas des pétards, comme la chaleur des torches et des feux à mains. Aussi, on voyait apparaitre sur les murs des rues quelques peintures.

Le plus curieux est de voir quelques voisin.e.s se joindre à la marche et faire leurs propres déclarations : A bas les murs des prisons !

Pour finaliser la troisième étape, on a lu le communiqué des prisonnier.e.s et la marche s’est conclue sans aucun incident avec la police.

Marzo Anarquista Zaragoza 2017

Voici le communiqué qu’on a distribué dans le quartier :

CONTRE LES PRISONS

Ces dernières années, nous avons été témoins de comment l’Etat Espagnol a franchi un pas qualitatif et quantitatif en ce qui concerne la répression de n’importe quelle lutte qui menace les interêts du capitalisme. Enfermement des anarchistes (Operación columna, pandora, piñata, ice…), aux jeunes de la resistencia galega (résistance de la galice), aux voisines de Gamonal, aux marionnetistes, aux jeunes de Alsasua, et à pleins d’autres, tou.te.s avec l’étiquette de “terroristes”.

Terroristes ? Précisement, c’est avec ce nom que nous, les personnes aimantes de la liberté, nous nous referrons aux politiques, aux employeurs, à la police, aux médias de communication et évidemment, aux gardiens de prisons. Mais si être terroriste signifie lutter pour, dans un futur, en finir avec n’importe quel type d’autorité, nous crierons bien haut que oui, nous sommes terroristes !

Mais nous ne pouvons non plus oublier que le capitalisme réprime aussi avec fermeté ceux et celles qui vivent dans une situation d’exclusion socio-économique, et qui sont obligé.e.s de rechercher la vie en marge des dispositions. Pour cela, la plus grande partie de la population qui vit dans l’enfer pénitenciaire (en prison, en CIES ou en centre pour mineur), y est pour cause des délits contre la propriété (un des pilier basique de l’injustice social), le fait d’être immigrant sans papiers, le fait d’être dépendant des même drogues que le pouvoir introduit pour nous endormir et contre lesquelles nous ne luttons pas… en definitive, le fait d’être né avec moins de chance.

Le système pénitenciaire est un commerce qui renferme plus de prisonniers qu’il peut contenir. Ses chiffres sont effrayantes. Nous sommes passés d’une population réclusive de 18.583 personnes en 1980 à 76.771 personnes enfermées actuellement. Les nombres confirment aussi que nous sommes dans le pays européen avec le plus de prisonniers et le moins de délits. Mais en plus d’être un commerce, c’est aussi une machine d’extermination mentale et physique, 40% des prisonniers souffrent d’une maladie psychiatrique et 80 personnes meurent chaque année sous surveillance en Espagne.

En plus la prison est un outil très utile pour celleux qui nous condamnent à une vie de travail et de consommation, d’obeissance et de soumission… À une vie de misère. Pour d’un coté s’en servir pour dissimuler les erreurs d’une société basée sur l’inegalité, et de l’autre coté menacer celleux qui se rebellent contre elle. C’est à dire, les hôtes de cette invention macabre sont élus sur la base de la criminalisation de la pauvreté et de la protestation. C’est pour ça qu’une chose doit être bien claire : si être criminel signifie lutter pour être libre, nous crierons bien haut que oui, nous sommes des criminels et nous continuerons à l’être ! Autant dedans qu’en dehors des murs. Aujourd’hui nous sommes sorti.e.s dans la rue pour montrer amour et haine. Amour pour les personnes privées de liberté et haine pour celles qui nous les arrachent.

NI LEURS LOIS NI LEURS BARREAUX NE POURRONT NOUS ARRETER !

en espagnol

[Gréce] : Le déclin sénile de l’anarchie, texte de la Conspiration des Cellules de Feu

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Saragosse, État Espagnol : Communiqué d’action pendant la grève étudiante du 09/03

On ne peut pas dire que “nous n’avons pas la force nécessaire pour le faire”, on ne peut pas dire que “nous n’avons pas les moyens” et on ne peut pas dire que “nous sommes dans un moment de reflux”. Tous ça, sont de basses excuses, ce n’est pas la faute des médias, c’est une faute de volonté. Il suffit de sept pneus et une idée pour paraliser le fonctionnement normal de la ville durant trente minutes, trentes minutes de liberté qui arretent le système.

Pendant que les collectifs d’étudiants étaient plus concentrés a sortir les petards dans une manifestation et a poster milles photos sur les réseaux sociaux pour se donner une image “radicale” ou provoquer des grèves domestiquées ce systeme continuera de s’auto-perpetuer.

Montevideo, Uruguay : Rassemblement contre l’expulsion de La Solidaria [21/03/2017]

Le 21 mars de cette année, les Forces de l’ordre arriveront à Fernandez Crespo 1813 pour finalement expulser La Solidaria.

Ce n’est pas seulement un coup pour le lieu, c’est une attaque aux méthodes utilisées : l’auto-organisation et l’action directe pour lutter contre ce monde d’exploitation.

C’est aussi une attaque à tous ces secteurs qui luttent en permanence pour transformer la réalité, à tous ces secteurs qui luttent pour une autre forme de vie agréable basée sur la solidarité et le soutient mutuel.

Face aux tentatives du Pouvoir de faire taire la lutte, nous proposons de renforcer la rébellion permanente contre ce monde de mort.

Nous proposons de répondre aux attaques constantes et chaque fois plus conséquentes que le Capital exerce sur nos vies.

Touchez pas à nos centres sociaux !

en espagnol

La Haye, Pays Bas : Guichets automatiques détruits en solidarité avec les anarchistes accusées de braquage

La nuit dernière, à La Haye, aux Pays Bas, nous avons détruit 9 guichets automatiques en solidarité avec les anarchistes accusées de braquage à Aachen, Allemagne. Leur procès va commencer le 23 janvier 2017 et va durer 26 jours dans l’espace de 5 mois.

Savoir si elle sont vraiment coupables ou non du braquage ne nous intéresse pas. L’expropriation est une pratique éthiquement juste et politiquement légitime, une méthode de lutte qui fait partie de l’histoire de tous les mouvements révolutionnaires.

Nous les voulons libres ! Amour, rage et solidarité !

Détruisons toutes les banques ! Feu aux prisons !

en italien

Allemagne : Revendication et déclaration de la Cellule de feu sauvage

I

“Il est grand temps que nous brûlions ce pays, ce monde artificiel ; c’est le début d’un feu noir qui consumera leurs business et les industries de l’infâme société techno-industrielle. Il est maintenant temps d’articuler une critique directe et froide, loin des fantaisies, de la mettre en avant et de porter des coups.”

Face au fléau de la modernisation effrénée rampant dans le cimetière urbain de cette société technologique de masse, étouffant notre existence de plus en plus chaque jour qui passe, nous agissons de part notre guerre personnelle contre la civilisation et les hordes de lâches dociles qui la recréent et la maintiennent avec leurs actes quotidiens de servitude et de conformité.

De nouvelles innovations dans le domaine du contrôle technologique et la domination avancent quotidiennement, accueillant pleinement la prolifération de technologies dites “intelligentes” et la plus totale numérisation de chaque aspect de nos vies. Au nom “de la facilité” les masses hyper-civilisées projettent l’intégralité de leurs vies sans valeur sur des écrans et des récepteurs, alimentant le Léviathan industriel avec un flux de données infini. Des données qui grâce à l’aide de sociétés comme Google, Facebook, Microsoft, Vodafone, Sony, etc sont utilisées pour ensuite améliorer des programmes de surveillance gouvernementaux, solidifiant et renforçant les illusions “de paix sociale” et de contrôle.

Les antennes de téléphone portable, en plus de fonctionner comme des pièces importantes de l’infrastructure technique pour le fonctionnement sans heurt de la société et le processus d’abêtissement de masse ; émettent aussi des quantités massives de toxicité sous forme d’ondes hertziennes et de micro-ondes, créant tumeurs et dégâts cérébraux chez les créatures vivant aux alentours et sont connues pour interférer avec le sens de l’orientation des oiseaux et insectes, menant à des extinctions massives de colonies entières d’abeilles et causant ainsi des dégâts irréparables aux écosystèmes existants.

Nous savons qu’en détruisant ces antennes et en coupant deux ou trois veines des moyens de télécommunications nous faisons peu pour nuire aux sociétés qui possèdent ces dispositifs, mais nous créons des moments de plaisir et de satisfaction égoïste dans nos vies, brisant avec la routine  urbaine et causant stress et inconfort parmi les technos-junkies des masses répugnantes en perturbant « leur besoin » de plus en plus normalisé et fabriqué d’être connecté.es en permanence.

Dans les dernières heures du 2 février 2017, accompagné.e.s par notre haine furieuse pour la société et d’un amour profond pour les animaux non-humains mentionnés ci-dessus, nous avons répandu notre feu jusqu’aux rues glaciales de Leipzig, en Allemagne. Capuché.e.s et masqué.e.s, nous nous sommes cachés dans l’obscurité et nous sommes dirigé.e.s vers notre première cible, un groupe d’antennes bien caché appartenant à Vodafone. Nous avons bouté le feu à un certain nombre de câbles courant vers le haut, sur la partie latérale d’une cheminée de brique entre quelques maisons et un café hipster végan. Les flammes sont montées le long des câbles jusqu’en haut des antennes, les dévorant complètement et dispersant des flammes et des étincelles sur une zone de 60 mètres. Ceci a été réalisé en couvrant le début des câbles visibles avec du gel inflammable et plaçant ensuite deux allumes feux entre les câbles. Nous les avons allumés et avons disparu en riant dans la nuit.

Ensuite dans la nuit du 7/2/17 plus d’attaques ont été effectuées par une individualité de la cellule dans une zone différente de la ville, ceci sont ses mots…

Entre les sons hivernaux de la forêt et les sons des créatures non-humaines essayant de vivre leur vie sauvage, au milieu de ces moments apaisants je me surprends à désirer des moments de joie, des moments de rage incontrôlée. Donc j’ai détruit 7 tours de chasse et quand j’eus fini, mon désir demandait encore plus. Plus de moments d’activités silencieuses rythmées par le chant des oiseaux. Plus de moments de libération de soi. Ainsi dans la même nuit j’ai mis feu à 6 voitures au hasard. Sans me soucier d’idées morales qui parlent de cibles acceptables ou non, ou d’idées abstraites de “bien” ou “mal”. Juste empli.e de ma solitude et de mon désir de brusquer la vie civilisée banale, juste pour l’odeur du caoutchouc brûlé dans l’air glacial de l’hiver sachant que demain quelques esclaves vont pleurer pour leurs écœurantes voitures. Trois d’entre elles ont complètement cramées…

Dans le bulletin d’informations mentionnant cette attaque, la police a fait une déclaration à propos des raisons de cette frénésie d’incendies criminels “des motivations politiques, cependant, sont à exclure”. Nous avons été étonnés de voir que pour une fois ces connards ont vu juste. Nous nous en foutons complètement “du politique”, nous voulons juste nous amuser en regardant le monde entier brûler.

II

Quand nous avons revendiqué certains de nos actes de destruction pour la 1ère fois en tant que Cellulefeusauvage, nous avons aussi associé notre petit gang à l’ALF, L’ELF et la FAI dans le cadre d’une expérience de communication avec d’autres individualités intéressantes dans le milieu “anarchiste” avec lequel nous n’étions pas en contact direct. Ensuite dans notre deuxième communiqué [en anglais] nous avons abandonné l’utilisation de ces acronymes et avons parlé brièvement de certaines de nos motivations pour faire ainsi. Nous prendrons le temps de continuer le dialogue autour de ce processus ici, pour déconstruire les abstractions des idées dont nous étions nous mêmes les auteurs.

Comme exprimé précédemment, nous n’avons plus besoin de ces étiquettes pour “nous identifier” ou pour présenter nos actions comme étant “une partie” de quoi que ce soit. Nous n’appartiendrons jamais “aux mouvements” créés par ces identités collectivistes et nous rejetons complètement et particulièrement les principes moralisant “de non-violence” vers “les humains” préconisés par les tendances du Front de Libération Animale (ALF) et Front de Libération de la Terre (ELF).

Nous avons conservé le nom de la cellule pour marquer clairement notre départ des bas-fond de la réflexion idéologique et/ou idéaliste et marquer le développement de nos désirs et pratique iconoclaste. Pour être honnête avec nous mêmes, nous estimons que dans notre premier communiqué quelques déclarations plutôt fausses ont été faites de par l’utilisation d’expressions qui parfois correspondent à nos passions, mais à l’intérieur du bourbier des interactions civilisées, les chaînes du langage ouvrent trop la possibilité à d’innombrable interprétations erronées, réduisant nos cris de guerre à de simples slogans et à des rengaines reproduisant des rôles et des idéaux. Nous visons à supprimer tous ces fantômes qui gênent le renforcement de nos individualités et bloquent nos chemins vers le chaos d’une existence sauvage, sans médiations, pour laquelle nous luttons dans le présent.

À partir d’ici les communiqués et revendications émanant de chaque noyaux de la Cellule de Feu sauvage seront accompagnés par un nom cellulaire secondaire pour permettre une plus grande flexibilité et autonomie dans l’exécution d’attaques internationales et pour l’expression plus claire des motifs et des avis tenus par le(s) individualité(s) responsable(s).

Nous voulons être très clairs quant au fait que ceci n’est en aucun cas un “appel” à d’autres que nous ne connaissons pas pour utiliser notre nom dans le pluralisme ritualiste typique du milieu “Anarchiste”. C’est simplement un mouvement stratégique de notre part pour améliorer nos capacités vers une destruction toujours plus grande.

III

Quand nous parlons d’idéalisme, nous voulons parler de l’idée hypocrite de combattre pour un but  ou une cause externe, pour un quelconque meilleur avenir ou idole mystifiée. Comme nous ne croyons pas en la possibilité de détruire la prison de la civilisation dans son entièreté, nos actes de destruction sont des actes tendant à l’ auto-libération. Les actes qui visent à briser les chaînes que la société a forgés sur nous dès la naissance et à créer le potentiel pour échapper momentanément à la grande cage en nous décivilisant nous-mêmes et en devenant dangereux. L’idée de causer la terreur et des perturbations parmi les masses sommeillantes et de transformer le rêve mondial du progressisme et de l’utopie en un cauchemar vivant pour celleux que nous considérons comme nos ennemies est une autre part importante des raisons pour lesquelles nous effectuons nos actes criminels et égoïstes.

Nous ne sommes pas “Anarchistes” parce que nous avons depuis longtemps rejeté l’idéologie stagnante “d’Anarchisme”. Nous ne sommes pas suffisamment stupides pour investir un quelconque  “espoir” dans “la lutte”. Nous ne sommes pas motivés par les fantaisies dévotes “de victoire”, “de révolution” ou “d’écroulement”. Nous sommes tombées tout à fait malade de ce spectacle de chrétien et de toutes les postures, les censures, des prêches traîtresses, des moralistes et du bavardage morne et incessant. Nous ne disons pas que toutes celleux qui s’appellent « anarchistes » tombent dans ce piège idéologique, il existe toujours quelques individualités qui revendiquent cette “identité” pour elleux, ce qui est leur choix. Parmi celleux là peu nous comptons fièrement certains de nos alliées proches et complices.

Nous sommes un petit cercle de nihilistes criminels et des individualistes égoïstes. Le nihilisme pour nous représente un processus de négation et de refus, c’est notre outil pour abattre les murs des constructions civilisées imposées à nos egos indomptables. Les chaînes culturelo-sociales de  “moralité”, “identité”, “genre”, “altruisme”, “optimisme”, “égalité”, “solidarité”, “respect”, “humanisme”, “anthropocentrisme” méritent toutes le bûcher de la destruction iconoclaste. Quand nous entrons dans la bataille, nous utilisons notre nihilisme comme une arme avec laquelle nous créons, espiègles, les moments de rupture joyeuse à l’intérieur des limites suffocantes de la société techno-industrielle, ici et maintenant. Nous sommes motivés par nos désirs et passions de vengeance pour tout ce que nous avons perdu. Avec toute la force et l’ingéniosité que nous possédons, nous transformons nos énergies en moyens d’attaque contre la réalité que nous détestons,  frappant nos ennemis à la tête et en sortant plus fortes.

IV

Nous avons erré longuement. Nous avons vu la beauté du chaos naturel au plus profond des régions boisées millénaires et parmi les mauvaises herbes qui craquent le béton. Dans la solitude des cimes  montagneuses et dans les rencontres silencieuses avec d’autres individus nocturnes traquant pendant la nuit. En aiguisant nos couteaux dans l’ombre des forêts et en conspirant autour des feux de camp avec nos complices féroces, celleux avec qui nous partageons le désir de rompre les cages de notre domestication et de devenir des êtres sauvages.

Nous avons été témoin direct de la dévastation que le royaume de “l’humanité” exerce sur l’environnement terrestre, nous nous sommes tenus debout sur les bords de carrières énormes et désolées, nous avons marché parmi les forêts de coupe claires et le long des littoraux lissées d’huile répandues, de plastique et de cadavres de poissons et d’oiseaux, sentant la haine et la colère croître à l’intérieur de nous comme une noirceur s’accumulant dans nos poumons. Nous avons vu les horreurs à l’intérieur des fermes usines et nous savions alors dans nos cœurs que la libération seule ne pourrait jamais être suffisante.

Nous avons déclenché des incendies, mettant le feu aux machines et aux infrastructures qui annihilent le sauvage, paralysant momentanément les normes et les procédures de l’ordre civilisé. Nous avons lancé des attaques sur les salariés d’entreprises ecocide que ce soit en plein jour ou au clair de lune, nous sentant plus vivantes que jamais lorsqu’illes s’enfuyaient devant nos couteaux, molotovs et pierres. Nos actes de vandalisme ont causé des coupures de courant, d’Internet et de téléphones à d’innombrable maisons et entreprises. Nous nous sommes révoltés avec une intention criminelle qui ne s’arrête pas à simplement la casse de quelques vitres, mais qui a permis à nos mains avides de voler tout ce dont nous avons besoin pour notre survie, et qui soit à notre portée.

Nous sommes des individualistes antisociaux,amoraux, illegalistes, et non repentis en guerre avec la société techno-industrielle et tout le progrès humain.

Avec courage et détermination nous continuons à essayer de nouvelles techniques dans le domaine des arts destructifs, améliorant nos méthodes de sabotage, d’attaque et d’évasion. Comme nous ne nous arrêterons devant rien, nos attaques éclateront asymétriquement comme nous détalons d’ombres en ombres et nos feux continueront à s’étendre à travers tout ce sale continent.

Nos lignes de combat sont dessinées et nous savons où nous tenir; dans la complicité avec les anticivilisationistes féroces, les éco-extrémistes, les incontrolables et pessimistes qui, sans peur ni espoir, continuent à porter des coups sans distinctions, effrontés et décisifs, contre l’entièreté de la techno-ruche.

“Vers la prolifération d’attaques et la coordination de groupes et d’individualités pour frapper plus durement et constamment la civilisation patriarcale et son cadre techno-industriel, le chemin est laborieux et incertain, et seules nos actions dans le présent révèlent nos convictions réelles.”

L’annihilation impitoyable est la seule chose que ce système putride, ses représentants, ses travailleurs et ses citoyens loyaux méritent!
Laissez les pouvoirs judiciaires moraux de chaque tendance continuer à pleurer et geindre!
Laissez les causeurs continuer à causer!

Toujours en guerre!

– Cellule feu sauvage

PS. Nous avons été enthousiasmées d’entendre dire que le matin du 8 février 2017 on a déclaré une alerte à la bombe aux étudiant.e.s de l’Enseignement et du Centre Technologique (BTZ) à Leipzig, causant l’évacuation de 500 personnes des locaux, une vaste réponse militaro-policière et de la crainte et la panique parmi les étudiants progressistes dégeulasses et leurs professeurs. Les actes de terrorisme de cette sorte, particulièrement ceux dirigés contre les institutions de la techno-science sont quelque peu rares dans cette région géographique particulière et nous nous enthousiasmons à l’idée de la diffusion d’agitation et de désordre à l’intérieur “de la Forteresse Europe”. Les barbares sont déjà dans les murs. Nous avons toujours été ici et nous y serons toujours.

[Mexico] : Lettre de Fernando Barcenas

« Je ne reconnais pas la prison et je ne veux pas qu’elle soit améliorée »

Le 9 février 2017 Fernando Bárcenas Castillo a été transféré depuis le Pénitencier Préventif Nord pour hommes au Centre d’Exécution des Sanctions Pénales, c’est de cette prison que le compagnon n’a cessé d’exprimer son rejet du régime pénitentiaire ainsi que son clair refus de participer à ce que cette juridiction nomme “réinsertion sociale”.

Après quelques jours de révolte, Fernando a été de nouveau conduit au pénitencier Préventif Nord.


Depuis la prison Nord de la ville de Mexico – ReNo

Une fois de plus l’institution carcérale a cherché à me dissuader et à affaiblir mes convictions rebelles en ordonnant mon transfert au Centre d’Exécution des Sanctions Pénales. Cela s’est fait avec l’approbation du Tribunal pénal 43, qui a fait parvenir le jugement déterminant signifiant que je ne pouvais plus rester dans le Pénitencier Nord puisque ma condamnation était devenue définitive. Sous la direction de Rafael Oñate Farfán, l’administration précédente a eu de nombreux motifs de voir ses intérêts menacés par les troubles répétés ainsi que les protestations à l’intérieur de la prison ; il savaient parfaitement que quel que soit l’endroit où ils m’enverraient, ils rencontreraient le même conflit et la même remise en question permanente des normes quotidiennes, sachant que peu importait l’endroit, il y aurait toujours des tentatives d’insurrection.

Ils ont pu s’en rendre compte dans la zone 3 du module d’entrée et dans la zone 7 et 5 de « mise à l’écart et de sécurité institutionnelle » du module du C.O.C (Centre d’observation et de sélection).

Chaque fois que je me suis révolté ils ont essayé de jouer avec moi, essayant de me faire croire qu’ils étaient mes amis, jusqu’à ce que je sois parfaitement ferme et que je leur fasse clairement connaître ma position face aux circonstances auxquelles j’étais confronté ; l’agression contre les surveillants s’est avérée alors une obligation pour ma survie ici à l’intérieur, faire que la révolte consciente à l’intérieur de ces murs devienne une nécessité constante.

C’est ainsi qu’après deux ans de mise à l’écart dans les zones de « Sécurité Institutionnelle », ils m’ont servi un nouveau châtiment déguisé en « privilège » : mon transfert au Centre d’Exécution des Sanctions ou Annexe Nord, zone dans laquelle les prisonniers sont soumis au chantage avec la promesse de leur liberté en échange d’une parfaite obéissance au régime carcéral, qui inclut de façon obligatoire l’esclavage et les travaux forcés, car il est impossible de protester vu que le travail de domestication inclut aussi le lavage de cerveau, nous faisant croire de la sorte que c’est une chance qui nous est offerte. Mais pour cela, il est indispensable que nous nous sentions coupables et que nous nous repentions tout le temps, tout en remerciant la miséricorde du système pénal. Par contre, si tu refuses d’accepter la domestication alors tu es menacé d’être transféré aux Tours de Haute Sécurité (équivalent des Q.H.S.) ou au pénitencier.

Pour toutes ces raison en arrivant et après avoir été présenté à l’administration, j’ai refusé le « traitement », en refusant de signer le contrat des droits et obligations, et en refusant également de recevoir un matelas, des vêtements et tout autre type de choses qui auraient pu me compromettre à respecter cette institution. Je ne reconnais pas la prison et je ne veux pas qu’elle soit améliorée.

Ces comportements ont provoqué mon nouveau transfert très tôt à l’aube pour être de nouveau conduit au pénitencier Nord, et à ma surprise on ne m’a pas conduit au module d’entrée comme c’est normalement le cas lors d’un retour avant d’être ensuite conduit vers la zone des dortoirs. J’ai en fait été directement conduit à la zone 7 de Sécurité Institutionnelle, où j’avais été jusqu’à présent mis à l’écart.

Tout cela me redonne envie d’écrire et donc de réfléchir sur la prison qui représente de fait nos relations quotidiennes et dont chaque conflit ouvre une infinité de possibilités pour la détruire.

Fernando Bárcenas
13 février, 2017

Lire également : [Mexico] Fernando Barcenas a été transféré au Centre Nord d’Exécution des Sanctions Pénales + Lettre

Traductions Les trois passants

 

Florence, Italie : Contribution à propos de la récente opération répressive (“Opération Panico”)

Le 31 janvier, à Florence, une opération répressive contre des anarchistes, menée par la DIGOS, a amené à l’application de « mesures préventives » (misure cautelari) pour dix personnes.

Trois d’entre elles  – Filomena, Carlotta e Michele – sont maintenant assignés à résidence (obligés à rester chez elles) avec toutes les mesures restrictives, alors que pour les sept autres a été ordonné un mélange de mesures restrictives (interdiction de sortir de la ville, obligation de rentrer chez eux le soir, obligation de pointer) combinées entre elles de diverses manières selon le cas. Les délits reprochés à divers titres à 35 compagnons et compagnonnes sont résistance et blessure sur un agent de la force publique, transport de matériel explosif, dégradations et tags, vol et résistance, et d’autres encore. Douze personnes sur 35 sont inculpées pour associations de malfaiteurs, avec une claire séparation entre chefs et subordonnés.

La police a aussi saisi l’occasion pour « évacuer » Villa Panico (guillemets nécessaires, vu qu’à l’intérieur ils n’ont trouvés ni personnes ni choses).

L’enquête part de 5 épisodes, tous à Florence au cours de l’année 2016 : attaque de la librairie « Il Bargello » (librairie des fachos de Casa Pound) par quelques dizaines encapuchonnés (14 janvier) ; engin explosif rudimentaire nocturne contre la même librairie (3 février) ; banquet antimilitariste en Place Sant’Ambrogio, au cours duquel plusieurs compagnons ont été enlevés de force et conduits au commissariat ; bagarre entre des compagnons et des dizaines de flics suite à un contrôle raté par une patrouille, trois compagnons (Michele, Fra, Alessio) ont été arrêtés (21 avril) ; manifestation solidaire à Oltrarno pour les arrestations des jours précédents (25 avril).

L’enquête NE porte PAS sur l’attaque du Nouvel An contre la nouvelle librairie « il Bargello » au cours de laquelle s’est blessé un artificier de la police imprudent, cependant le fait est cité dans l’enquête pour appuyer les mesures.

NE NOUS DEMANDEZ PAS DES FORMULES

À propos des arrestations du 31 janvier

« Ne nous demande pas des formules qui puissent t’ouvrir des mondes, mais quelque syllabe difforme, sèche comme une branche. Aujourd’hui nous ne pouvons que te dire ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne voulons pas. »

Nous vivons des temps sombres, et pas seulement à Florence.
D’un côté une humanité aux trois-quarts noyés qui meurt de faim, bombardements, embargos contrôles militaires et policiers, détention et internement, travail salarié et migration forcée, racisme et frontière.

De l’autre une humanité aux trois-quarts chloroformés, qui parfois cherche à se battre contre une vie toujours plus misérable, le plus souvent mord aux sirènes du pouvoir. Haine entre pauvres, révérence pour les patrons, défiance envers ceux qui se rebellent. À Florence comme ailleurs, alors que la ville se transforme en une machine à faire des sous avec l’industrie du tourisme, ceux qui gâche la carte postale doivent être des bandits. Chasse au pauvre, à l’étranger, au subversif. Chasseurs dans les rues, avec leur respectives uniformes : bleues, noires, grises, treillis, mitraillette en bandoulière. Le centre historique désormais interdit aux manifestations, systématiquement encerclé ou directement chargé. Les fascistes s’organisent, ouvrent des locaux, des pubs, des librairies : de jour ils incitent à la guerre entre pauvres, italiens contre étrangers ; de nuit, dans la mesure où ils n’en sont pas empêchés, ils la pratiquent à coups de couteaux et de barres.
Ceux qui n’acceptent pas tout cela doivent être limités et enfermés.

Le 31 janvier, dans la foulée du désormais connu « boom » du Nouvel An de la via Leonardo Da Vinci – « boom » qui ne fait cependant pas partie de cette enquête – la police florentine a donné le feu vert à l’énième opération répressive, entrant dans différentes maisons, raflant des dizaines de compagnons dans les rues et notifiant 10 mesures a autant d’anarchistes. L’accusation principale qui leur a été montré, est « d’avoir constitué une association de malfaiteur pour défendre leur idéologie ». Deux compagnonnes, Carlotta et Filomena, désignées comme « chef », et un autre compagnon, Michele, sont mis aux arresti domiciliari [obligés à rester chez eux 24h sur 24. NdT], alors que des restrictions sont imposées à sept autres (interdiction de sortir de la ville, obligation de rester chez eux le soir, de pointer au commissariat, combinés différemment selon la personne).

Avec un nombre d’hommes énormes – on parle de 250 – la police fait irruption dans le squat Villa Panico pour l’évacuer, mais trouve un endroit déjà abandonné, une aventure déjà terminée et un cache-pot de fleurs qu’elle décide de faire sauter. C’est le spectacle de la répression.

Peu de réflexions, peu de formules, mais des faits qui parlent tous seuls.
Il arrive, à Florence, place S. Ambrogio, que quelques compagnons qui font un banquet contre la guerre et l’armée dans les rues soient encerclés et embarqués par la Digos, non sans réticences. Pour le code pénal, c’est un délit de résistance à agent de la force publique. Ne nous demandez pas des formules.
Il arrive, à Florence, au terme d’un concert sur Lungarno Dalla Chiesa, que le refus de décliner son identité déchaîne des dizaines et des dizaines de flics contre les participants, coupables d’être encore vivants et solidaires. Une bagarre s’ensuit. Pour le code c’est une résistance à circonstances aggravantes. Ne nous demandez pas des formules.

Mais il arrive que certains s’organisent pour occuper les maisons et les défendre, pour contester les militaires et les forces de l’ordre, empêcher la propagation de la violence fasciste, de la seule manière possible : agir directement contre l’oppression. Il arrive que les sièges fascistes reçoivent la critique de la peinture, du pavé et de l’explosif ou que la solidarité pour les arrestations du Lungarno envahisse les rues de San Frediano un 25 avril, sans demander la permission et laissant leurs traces sur les murs. Pour le code, prendre partie ou ne serait-ce que défendre ouvertement certains faits, c’est de l’association de malfaiteur.

Mais à ce propos, nous avons deux mots à dire, et on les dit.

Ce que nous ne sommes pas c’est une misérable association hiérarchique. Nous ne sommes ni des serviteurs qui votent sans bouger un orteil, ni des subordonnés qui attendent les ordres de chefs ou des « cheffes » pour agir.

Ce que nous ne voulons pas c’est passer notre vie à nous laisser exploiter et commander. Pour cela nous ne pleurons pas quand quand nos ennemis recueillent un peu de leur violence. Les larmes nous les réservons à ceux qui meurent sur les chantiers, dans les casernes, au milieu de la mer, en prison, aux frontières ; certainement pas pour les vitrines des fascistes, pour les rapports hypocrites des flics ou pour les murs d’une ville que l’Unesco déclare « patrimoine de l’humanité », alors qu’elle toujours plus dans la main des hommes d’affaires et des spéculateurs.

Ce que nous ne voulons pas, finalement, c’est que l’ennemi puisse nous diviser, avec la langue de bois du code pénal. Nus ne savons pas si ces compagnonnes et ces compagnons ont commis tout ce dont ils sont accusés. Nous savons seulement de quel côté de la barricade ils luttent, et cela nous suffit pour nous serrer autour d’eux.

Pour en finir avec ce monde. Pour en ouvrir, peut-être, de nouveaux. Mais pour cela, les formules seules ne suffisent pas.

SOLIDARITÉ AVEC FILO, CARLOTTA E MICHELE !
Solidarité avec les compagnon.ne.s frappé.e.s par les mesures !

Assemblée solidaire sans chefs ni patrons
Florence, 03 février 2017

 

Fléury-Mérogis, France : Lettre de Damien depuis la prison de Fléury

Je vous remercie tou(te)s pour vos lettres et vos gestes de complicité. Chaque étoile de verre brisé accompagne mes nuits et chaque flamme de voiture brûlée réchauffe l’hiver et colore la griseur des murs.

Si je n’ai pas répondu à toutes vos lettres directement c’est que l’ambiance actuelle qu’il y a en cellule ne me le permet pas. De plus, je n’ai que 10 mois à faire, pas 10 ans, je serai donc bientôt dehors et il serait stupide que je leur donne déjà les bases des futures complicités que j’imagine possibles.

Si je suis resté libre pendant 8 mois et tant que je ne suis pas sorti de la clandestinité c’est bien qu’ils ne savaient pas où chercher. A ce propos, le procès étant passé je vais avoir accès au dossier d’instruction et il sera rendu public dés que possible.

A l’intérieur, tout va bien, il y a ici des compagnons de placard que je connais depuis des nombreuses années, j’ai donc été bien accueilli dés mon arrivée.

Quelques journaux anarchistes circulent discrètement dans tout le bâtiment et les nouvelles rentrent et sortent de différentes façons.

En ce qui concerne les relations avec l’AP, tous les parloirs et les contacts téléphoniques ont été refusés. J’ai subi 4 fouilles de cellule en un mois dont 3 consécutives les 3 derniers jours. Je n’ai droit à aucune activité, je reste donc 22h/24 en cellule.

Cependant, le rapport de force instauré par les attaques à l’extérieur me permet d’être “entendu” lorsque je prend à part certains matons afin d’exiger d’eux un service.

Un salut fraternel à la cellule Rémi Fraisse de la F.A.I. ainsi qu’à tous les individus qui agissent sur le réel par les moyens qui leur semblent nécessaires.

Solidarité avec Pola Rupa, arrêtée il y a peu pour des actes qui parlent à tout le monde. Complicité avec les anarchistes de Koridallos ainsi qu’avec tou(te)s celleux incarcérés, en fuite, agissant à travers le monde.

Pas un millimètre en arrière, 9 millimètres dans la tête des juges

Damien,

prison de Fléury-Mérogis, le 07/02/2017

[France] Blasphegme numéro 3 sur les murs de Paris

Maison Blanche : l’hôpital-prison

La prison de la Santé est fermée, pourtant il y a encore en plein Paris des lieux où des personnes sont internées contre leur gré. Dans le Nord et l’Est parisien, par exemple, il y a quatre hôpitaux psychiatriques qui font partie de l’Établissement Public de Santé Maison Blanche, l’un des trois membres fondateurs de la Communauté Hospitalière de Territoire pour la psychiatrie parisienne. L’établissement est chargé de la population du Nord et de l’Est de Paris : 7e (Infanto-Juvénile), 8e, 9e, 10e, 17e, 18e, 19e et 20e arrondissements. Ces hôpitaux-prisons sont situés : rue du Général Lasalle (19e), rue d’Avron (20e), avenue de la Porte de Saint-Ouen (18e) et rue d’Hauteville (10e).

Les « patients » peuvent y être hospitalisés (ou plutôt enfermés) sans leur consentement, dans le cadre de soins psychiatriques à la demande d’un tiers, ou sur décision du représentant de l’État. Si l’on est enfermé contre son gré là-dedans impossible de sortir tant qu’un psychiatre en charge n’a pas signé un certificat médical, ou qu’un juge d’application des peines n’a pas donné son aval. Cela va sans dire que la durée d’enfermement n’est jamais décidée d’avance, contrairement à une peine de prison (bien que l’administration pénitentiaire s’arrange parfois pour rallonger les peines des plus récalcitrants), et qu’une fois rentré on ne sait jamais quand on sortira. La prise de médicaments obligatoire aidant, il est courant d’y perdre la notion du temps, et pour les réfractaires aux petites pilules les blouses blanches ne s’embarrassent pas, c’est intraveineuse de force. En effet, les médicaments à outrance soulagent le personnel qui aime savoir les « patients » endormis et neutralisés. L’heure de la prise des médicaments et des repas rythme le temps, en dehors de ça les personnes traînent leurs désespoirs dans les couloirs lugubres de ces hôpitaux prisons, espérant ne pas avoir à subir d’électrochocs (toujours couramment pratiqués) et, hormis les plus rétifs, feignant la docilité pour ne pas avoir à endurer les punitions ultimes : envoyé en chambre d’isolement, ou se voir infliger des mesures de contention (attaché pieds et mains à un lit, nuit et jour).

Lorsque l’administration psychiatrique n’arrive pas à prouver qu’on est dangereux « pour les autres » elle dit qu’on est dangereux « pour soi-même ». C’est pratique, et ne repose que sur le seul avis d’un psychiatre, parfois influencé par des proches qui trouvent un quelconque intérêt à faire enfermer une personne de leur propre famille, un moyen comme un autre de s’en débarrasser (parfois aussi les choix sont limités). C’est d’ailleurs une pratique assez courante d’utiliser la psychiatrie pour décrédibiliser, isoler, confisquer la parole, tant et si bien que certains vieux serpents adhèrent à ces normes et ces catégories bancales, reconnaissent à une science le pouvoir de mesurer l’esprit, si cela peut servir leurs intérêts personnels. Mais au fond on pourrait se demander qui est « fou », qui est « sain d’esprit » dans ce monde ? N’est-ce pas plutôt bon signe d’avoir des émotions et de ne pas vouloir se contenter de ce quotidien fade et empoisonné qu’on voudrait nous faire avaler ? Et puis qu’est-ce que la norme ? Dans cette société, une femme en colère et violente est toujours une folle, un homme en colère et violent ne fait qu’exprimer virilement ses émotions.

Alors bien sûr qu’il ne s’agit pas ici de culpabiliser ceux/celles qui n’ont parfois pas d’autre choix que d’avoir recours à la psychiatrie pour survivre à des situations désespérées. Mais nous disons que ça n’est pas la solution au mal-être produit par ce monde, que c’est comme un pansement sur une jambe de bois. Et si la psychiatrie se targue de sauver des gens d’eux-mêmes en les abrutissant de médicaments, nous disons qu’elle condamne aussi à vivre une vie impossible à aimer en l’état, et que forcer les gens à aller bien sans changer les causes qui les font se sentir mal, ça ne marchera jamais. Les psychotropes sont distribués comme des petits pains dedans et hors de l’hôpital, ça permet d’anesthésier les émotions, et de rester productif, de garder bonne figure, de continuer à subir les humiliations quotidiennes sans broncher, se voiler la face, se dire que le problème vient de soi, et que la solution c’est la chimie.

Ces hôpitaux sont des prisons, destinées à briser les réfractaires, les forcer à accepter de rentrer dans un moule.
NOUS SOMMES POUR LA DESTRUCTION DE TOUTES LES PRISONS ET DE TOUTES CES CATÉGORIES QUI NOUS ENFERMENT !

Je vomis dans vos corn-flakes

Belleville s’embourgeoise. On peut le voir à travers ces nouveaux bars et restos stylés dans lesquels nous ne rentrerons jamais, à cause du prix prohibitif et de l’ambiance branchée, encore plus antipathique que ces bars PMU à la clientèle uniquement masculine. C’est donc sans surprise que nous avons découvert par hasard le nouveau bar à céréales rue de Ménilmontant. Nous avions entendu parler de ce concept suite au « scandale » de l’installation d’un tel bar à Londres, qui devint la cible d’une manifestation contre l’embourgeoisement d’un quartier. Suite à quoi le débat sur la responsabilité des commerçants dans ce processus avait été réactivé. Ce phénomène étant lié à l’installation dans des quartiers pauvres de ces jeunes entrepreneurs branchés qui ont la faculté de rendre inaccessible tout ce sur quoi ils posent leur regard; revalorisant et transformant à leur image les anciens quartiers ouvriers dans lesquels ils s’installent par nécessité économique. Partant d’une bonne volonté sans aucun doute, les conséquences en sont la flambée des loyers. Face à cela, l’erreur serait de défendre l’identité sociale (ou autre) d’un quartier, plutôt que de se battre pour pouvoir vivre où on le désire, là où on veut avoir sa vie.

Aux côtés de nouveaux projets immobiliers, qui participent à « réinventer Paris », ce sont des magasins bios, des brasseries, bars et restos à concept, des « food market », des boutiques artisanales, théâtres ou des galeries d’art qui fleurissent. Tout cela dans la dynamique d’un entrepreneuriat « sympathique », branché, qui se veut à visage humain, écolo, éthique, respectueux des travailleurs et des consommateurs, bien sûr… faut-il encore avoir le porte- monnaie pour y accéder, et l’envie de distinction par sa consommation. Comme ces gens au look bien travaillé qui ont fait du « do it yourself » leur manne financière, mettant en avant l’authenticité de leurs produits marketing, et faisant la promotion du bonheur au travail, plaçant au cœur de leurs activités « l’autonomie » (avec papa/maman pour assurer ses arrières, et jouer les garants pour des logements inaccessibles au commun des mortels), « l’aventure » (dans la jungle urbaine), et « l’imagination » (produit d’une école d’art ou de commerce), mais surtout, le profit. Grâce à eux l’idée de se faire du fric en profitant de la crédulité des consommateurs prend une autre dimension. Et c’est donc naturellement que des esprits créatifs ont eut l’idée de prospérer sur le dos d’idiots nostalgiques de leur enfance dorée, prêts à payer cher pour un petit moment de régression avec un bol de céréales et du lait… du lait bio, ou au soja, branchitude oblige.

Tout cela pourrait prêter à sourire, si ces petites entreprises à l’allure bon enfant n’allaient pas dans le sens des projets des municipalités pour nettoyer les quartiers de leurs pauvres, les repousser toujours plus loin en banlieue. Et en attendant de pouvoir y arriver totalement, les garder à l’œil, pour protéger les populations plus solvables pour qui on rend le quartier attractif. L’outil principal de la ville de Paris pour mener à bien son projet c’est la pacification des habitants. Elle prend différentes formes : c’est tout ce qui contribue à la « sécurité » du quartier, par l’omniprésence de caméras et des flics, avec dans certains endroits comme à Belleville la Brigade Spécialisée de Terrain, dont le boulot consiste à harceler les pauvres qui essaient de survivre tant bien que mal, et les petits-frères des flics, ceux qui ont moins réussi, les services de sécurité, notamment les GPIS, hommes de main des bailleurs sociaux, mais aussi les Correspondants de nuit, dont le rôle est principalement tourné vers une assistance aux flics, la répression des « incivilités », et un travail de fichage sur les populations indésirables. Mais pour contribuer à la pacification il y a aussi l’imaginaire créé par le discours sur la «mixité sociale» et son «quartier-village», où l’on dit bonjour à ses voisins en faisant son marché le samedi matin avec ses enfants.

Il va falloir dissuader les riches de s’installer si l’on ne veut pas aller vivre ailleurs !
À LEUR PAIX SOCIALE RÉPONDONS PAR LA GUERRE SOCIALE CONTRE LEURS FLICS ET LEURS COMMERCES !

[avalanche] : Contributions Avalanche numéro 10

Cher.e.s compagnon.ne.s,

On lance cet appel à contributions pour le prochain numéro du journal de correspondance anarchiste Avalanche.

Les textes concernant des interventions anarchistes, des conflits en cours, des expériences du passé, des évaluations critiques ou des réflexions plus amples sur la lutte anarchiste peuvent être envoyé avant le 1 mars 2017 à l’adresse suivante :

correspondance@riseup.net

Merci de nous prévenir si vous pensez envoyer une contribution.

[France] : Affiches contre le cirque électoral

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À diffuser et coller sans modération…

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