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Montevideo, Uruguay : Attaque incendiaire au parking de l’entreprise Multicar

Communiqué recu le 13/03/2017

À l’aube passée, nous avons attaqués le parking de l’entreprise de location de voitures Multicar Rent A Car à Montevidéo. Nous ne pouvons préciser l’amplitude des dégâts mais si nous sommes sûrs que notre attaque fut précise et une partie de la flotte de l’entreprise fut partiellement endommagée.

La motivation de cette attaque a à voir avec le rôle de cette entreprise qui fonctionne, non seulement en promouvant le luxe et l’opulence des voitures de toutes les gammes et offre des services spécifique pour le tourisme (peut-être une des entreprises les plus dévastatrices) sinon aussi le rôle complice explicite de multiples entreprises publiques et privées, nationales et étrangères à qui elle offre des infrastructures pour développer ses taches d’exploitations et contrôle social. Depuis ce lieu, Multicar fonctionne comme une des compagnie privée de l’État qui maintenant appuie avec ses véhicules de remorquage et pique la propre Intendance de Montevidéo dans sa tache harcèlement à la citoyenneté

Nous profitons de ce communiqué pour inviter tous les compagnon.ne.s du territoire à exprimer leur dissidence et leur rage à travers l’action directe insurrectionnelle. C’est facile, divertissant, pertinent et nécessaire.

Santé et on se voit dans la rue !

Cellule Autonome Spontanée
Chuk Palaniuk

en espagnol

Saragosse, Etat Espagnol : Marche à la torche pour les prisonnier.e.s

Ce vendredi 9 mars, dans le quartier de Zaragoza du Torrero a eu lieu une marche à la torche en solidarité avec les personnes incarcerées.

La marche a commencé sur la Place de las Canteras devant le regard attentif de centaines de voisin.e.s du quartier, environ une 60aine de personnes sont passées par l’avenue principale jusqu’a la troisième étape à coté de CSO KIKE MUR.

Durant le parcours des tracts d’informations contre les prisons ont été distribués, des slogans on été criés et on pouvait sentir le fracas des pétards, comme la chaleur des torches et des feux à mains. Aussi, on voyait apparaitre sur les murs des rues quelques peintures.

Le plus curieux est de voir quelques voisin.e.s se joindre à la marche et faire leurs propres déclarations : A bas les murs des prisons !

Pour finaliser la troisième étape, on a lu le communiqué des prisonnier.e.s et la marche s’est conclue sans aucun incident avec la police.

Marzo Anarquista Zaragoza 2017

Voici le communiqué qu’on a distribué dans le quartier :

CONTRE LES PRISONS

Ces dernières années, nous avons été témoins de comment l’Etat Espagnol a franchi un pas qualitatif et quantitatif en ce qui concerne la répression de n’importe quelle lutte qui menace les interêts du capitalisme. Enfermement des anarchistes (Operación columna, pandora, piñata, ice…), aux jeunes de la resistencia galega (résistance de la galice), aux voisines de Gamonal, aux marionnetistes, aux jeunes de Alsasua, et à pleins d’autres, tou.te.s avec l’étiquette de “terroristes”.

Terroristes ? Précisement, c’est avec ce nom que nous, les personnes aimantes de la liberté, nous nous referrons aux politiques, aux employeurs, à la police, aux médias de communication et évidemment, aux gardiens de prisons. Mais si être terroriste signifie lutter pour, dans un futur, en finir avec n’importe quel type d’autorité, nous crierons bien haut que oui, nous sommes terroristes !

Mais nous ne pouvons non plus oublier que le capitalisme réprime aussi avec fermeté ceux et celles qui vivent dans une situation d’exclusion socio-économique, et qui sont obligé.e.s de rechercher la vie en marge des dispositions. Pour cela, la plus grande partie de la population qui vit dans l’enfer pénitenciaire (en prison, en CIES ou en centre pour mineur), y est pour cause des délits contre la propriété (un des pilier basique de l’injustice social), le fait d’être immigrant sans papiers, le fait d’être dépendant des même drogues que le pouvoir introduit pour nous endormir et contre lesquelles nous ne luttons pas… en definitive, le fait d’être né avec moins de chance.

Le système pénitenciaire est un commerce qui renferme plus de prisonniers qu’il peut contenir. Ses chiffres sont effrayantes. Nous sommes passés d’une population réclusive de 18.583 personnes en 1980 à 76.771 personnes enfermées actuellement. Les nombres confirment aussi que nous sommes dans le pays européen avec le plus de prisonniers et le moins de délits. Mais en plus d’être un commerce, c’est aussi une machine d’extermination mentale et physique, 40% des prisonniers souffrent d’une maladie psychiatrique et 80 personnes meurent chaque année sous surveillance en Espagne.

En plus la prison est un outil très utile pour celleux qui nous condamnent à une vie de travail et de consommation, d’obeissance et de soumission… À une vie de misère. Pour d’un coté s’en servir pour dissimuler les erreurs d’une société basée sur l’inegalité, et de l’autre coté menacer celleux qui se rebellent contre elle. C’est à dire, les hôtes de cette invention macabre sont élus sur la base de la criminalisation de la pauvreté et de la protestation. C’est pour ça qu’une chose doit être bien claire : si être criminel signifie lutter pour être libre, nous crierons bien haut que oui, nous sommes des criminels et nous continuerons à l’être ! Autant dedans qu’en dehors des murs. Aujourd’hui nous sommes sorti.e.s dans la rue pour montrer amour et haine. Amour pour les personnes privées de liberté et haine pour celles qui nous les arrachent.

NI LEURS LOIS NI LEURS BARREAUX NE POURRONT NOUS ARRETER !

en espagnol

[Gréce] : Le déclin sénile de l’anarchie, texte de la Conspiration des Cellules de Feu

Cliquez sur l’image pour télécharger le PDF

 

Saragosse, État Espagnol : Communiqué d’action pendant la grève étudiante du 09/03

On ne peut pas dire que “nous n’avons pas la force nécessaire pour le faire”, on ne peut pas dire que “nous n’avons pas les moyens” et on ne peut pas dire que “nous sommes dans un moment de reflux”. Tous ça, sont de basses excuses, ce n’est pas la faute des médias, c’est une faute de volonté. Il suffit de sept pneus et une idée pour paraliser le fonctionnement normal de la ville durant trente minutes, trentes minutes de liberté qui arretent le système.

Pendant que les collectifs d’étudiants étaient plus concentrés a sortir les petards dans une manifestation et a poster milles photos sur les réseaux sociaux pour se donner une image “radicale” ou provoquer des grèves domestiquées ce systeme continuera de s’auto-perpetuer.

Montevideo, Uruguay : Rassemblement contre l’expulsion de La Solidaria [21/03/2017]

Le 21 mars de cette année, les Forces de l’ordre arriveront à Fernandez Crespo 1813 pour finalement expulser La Solidaria.

Ce n’est pas seulement un coup pour le lieu, c’est une attaque aux méthodes utilisées : l’auto-organisation et l’action directe pour lutter contre ce monde d’exploitation.

C’est aussi une attaque à tous ces secteurs qui luttent en permanence pour transformer la réalité, à tous ces secteurs qui luttent pour une autre forme de vie agréable basée sur la solidarité et le soutient mutuel.

Face aux tentatives du Pouvoir de faire taire la lutte, nous proposons de renforcer la rébellion permanente contre ce monde de mort.

Nous proposons de répondre aux attaques constantes et chaque fois plus conséquentes que le Capital exerce sur nos vies.

Touchez pas à nos centres sociaux !

en espagnol

La Haye, Pays Bas : Guichets automatiques détruits en solidarité avec les anarchistes accusées de braquage

La nuit dernière, à La Haye, aux Pays Bas, nous avons détruit 9 guichets automatiques en solidarité avec les anarchistes accusées de braquage à Aachen, Allemagne. Leur procès va commencer le 23 janvier 2017 et va durer 26 jours dans l’espace de 5 mois.

Savoir si elle sont vraiment coupables ou non du braquage ne nous intéresse pas. L’expropriation est une pratique éthiquement juste et politiquement légitime, une méthode de lutte qui fait partie de l’histoire de tous les mouvements révolutionnaires.

Nous les voulons libres ! Amour, rage et solidarité !

Détruisons toutes les banques ! Feu aux prisons !

en italien

Allemagne : Revendication et déclaration de la Cellule de feu sauvage

I

“Il est grand temps que nous brûlions ce pays, ce monde artificiel ; c’est le début d’un feu noir qui consumera leurs business et les industries de l’infâme société techno-industrielle. Il est maintenant temps d’articuler une critique directe et froide, loin des fantaisies, de la mettre en avant et de porter des coups.”

Face au fléau de la modernisation effrénée rampant dans le cimetière urbain de cette société technologique de masse, étouffant notre existence de plus en plus chaque jour qui passe, nous agissons de part notre guerre personnelle contre la civilisation et les hordes de lâches dociles qui la recréent et la maintiennent avec leurs actes quotidiens de servitude et de conformité.

De nouvelles innovations dans le domaine du contrôle technologique et la domination avancent quotidiennement, accueillant pleinement la prolifération de technologies dites “intelligentes” et la plus totale numérisation de chaque aspect de nos vies. Au nom “de la facilité” les masses hyper-civilisées projettent l’intégralité de leurs vies sans valeur sur des écrans et des récepteurs, alimentant le Léviathan industriel avec un flux de données infini. Des données qui grâce à l’aide de sociétés comme Google, Facebook, Microsoft, Vodafone, Sony, etc sont utilisées pour ensuite améliorer des programmes de surveillance gouvernementaux, solidifiant et renforçant les illusions “de paix sociale” et de contrôle.

Les antennes de téléphone portable, en plus de fonctionner comme des pièces importantes de l’infrastructure technique pour le fonctionnement sans heurt de la société et le processus d’abêtissement de masse ; émettent aussi des quantités massives de toxicité sous forme d’ondes hertziennes et de micro-ondes, créant tumeurs et dégâts cérébraux chez les créatures vivant aux alentours et sont connues pour interférer avec le sens de l’orientation des oiseaux et insectes, menant à des extinctions massives de colonies entières d’abeilles et causant ainsi des dégâts irréparables aux écosystèmes existants.

Nous savons qu’en détruisant ces antennes et en coupant deux ou trois veines des moyens de télécommunications nous faisons peu pour nuire aux sociétés qui possèdent ces dispositifs, mais nous créons des moments de plaisir et de satisfaction égoïste dans nos vies, brisant avec la routine  urbaine et causant stress et inconfort parmi les technos-junkies des masses répugnantes en perturbant « leur besoin » de plus en plus normalisé et fabriqué d’être connecté.es en permanence.

Dans les dernières heures du 2 février 2017, accompagné.e.s par notre haine furieuse pour la société et d’un amour profond pour les animaux non-humains mentionnés ci-dessus, nous avons répandu notre feu jusqu’aux rues glaciales de Leipzig, en Allemagne. Capuché.e.s et masqué.e.s, nous nous sommes cachés dans l’obscurité et nous sommes dirigé.e.s vers notre première cible, un groupe d’antennes bien caché appartenant à Vodafone. Nous avons bouté le feu à un certain nombre de câbles courant vers le haut, sur la partie latérale d’une cheminée de brique entre quelques maisons et un café hipster végan. Les flammes sont montées le long des câbles jusqu’en haut des antennes, les dévorant complètement et dispersant des flammes et des étincelles sur une zone de 60 mètres. Ceci a été réalisé en couvrant le début des câbles visibles avec du gel inflammable et plaçant ensuite deux allumes feux entre les câbles. Nous les avons allumés et avons disparu en riant dans la nuit.

Ensuite dans la nuit du 7/2/17 plus d’attaques ont été effectuées par une individualité de la cellule dans une zone différente de la ville, ceci sont ses mots…

Entre les sons hivernaux de la forêt et les sons des créatures non-humaines essayant de vivre leur vie sauvage, au milieu de ces moments apaisants je me surprends à désirer des moments de joie, des moments de rage incontrôlée. Donc j’ai détruit 7 tours de chasse et quand j’eus fini, mon désir demandait encore plus. Plus de moments d’activités silencieuses rythmées par le chant des oiseaux. Plus de moments de libération de soi. Ainsi dans la même nuit j’ai mis feu à 6 voitures au hasard. Sans me soucier d’idées morales qui parlent de cibles acceptables ou non, ou d’idées abstraites de “bien” ou “mal”. Juste empli.e de ma solitude et de mon désir de brusquer la vie civilisée banale, juste pour l’odeur du caoutchouc brûlé dans l’air glacial de l’hiver sachant que demain quelques esclaves vont pleurer pour leurs écœurantes voitures. Trois d’entre elles ont complètement cramées…

Dans le bulletin d’informations mentionnant cette attaque, la police a fait une déclaration à propos des raisons de cette frénésie d’incendies criminels “des motivations politiques, cependant, sont à exclure”. Nous avons été étonnés de voir que pour une fois ces connards ont vu juste. Nous nous en foutons complètement “du politique”, nous voulons juste nous amuser en regardant le monde entier brûler.

II

Quand nous avons revendiqué certains de nos actes de destruction pour la 1ère fois en tant que Cellulefeusauvage, nous avons aussi associé notre petit gang à l’ALF, L’ELF et la FAI dans le cadre d’une expérience de communication avec d’autres individualités intéressantes dans le milieu “anarchiste” avec lequel nous n’étions pas en contact direct. Ensuite dans notre deuxième communiqué [en anglais] nous avons abandonné l’utilisation de ces acronymes et avons parlé brièvement de certaines de nos motivations pour faire ainsi. Nous prendrons le temps de continuer le dialogue autour de ce processus ici, pour déconstruire les abstractions des idées dont nous étions nous mêmes les auteurs.

Comme exprimé précédemment, nous n’avons plus besoin de ces étiquettes pour “nous identifier” ou pour présenter nos actions comme étant “une partie” de quoi que ce soit. Nous n’appartiendrons jamais “aux mouvements” créés par ces identités collectivistes et nous rejetons complètement et particulièrement les principes moralisant “de non-violence” vers “les humains” préconisés par les tendances du Front de Libération Animale (ALF) et Front de Libération de la Terre (ELF).

Nous avons conservé le nom de la cellule pour marquer clairement notre départ des bas-fond de la réflexion idéologique et/ou idéaliste et marquer le développement de nos désirs et pratique iconoclaste. Pour être honnête avec nous mêmes, nous estimons que dans notre premier communiqué quelques déclarations plutôt fausses ont été faites de par l’utilisation d’expressions qui parfois correspondent à nos passions, mais à l’intérieur du bourbier des interactions civilisées, les chaînes du langage ouvrent trop la possibilité à d’innombrable interprétations erronées, réduisant nos cris de guerre à de simples slogans et à des rengaines reproduisant des rôles et des idéaux. Nous visons à supprimer tous ces fantômes qui gênent le renforcement de nos individualités et bloquent nos chemins vers le chaos d’une existence sauvage, sans médiations, pour laquelle nous luttons dans le présent.

À partir d’ici les communiqués et revendications émanant de chaque noyaux de la Cellule de Feu sauvage seront accompagnés par un nom cellulaire secondaire pour permettre une plus grande flexibilité et autonomie dans l’exécution d’attaques internationales et pour l’expression plus claire des motifs et des avis tenus par le(s) individualité(s) responsable(s).

Nous voulons être très clairs quant au fait que ceci n’est en aucun cas un “appel” à d’autres que nous ne connaissons pas pour utiliser notre nom dans le pluralisme ritualiste typique du milieu “Anarchiste”. C’est simplement un mouvement stratégique de notre part pour améliorer nos capacités vers une destruction toujours plus grande.

III

Quand nous parlons d’idéalisme, nous voulons parler de l’idée hypocrite de combattre pour un but  ou une cause externe, pour un quelconque meilleur avenir ou idole mystifiée. Comme nous ne croyons pas en la possibilité de détruire la prison de la civilisation dans son entièreté, nos actes de destruction sont des actes tendant à l’ auto-libération. Les actes qui visent à briser les chaînes que la société a forgés sur nous dès la naissance et à créer le potentiel pour échapper momentanément à la grande cage en nous décivilisant nous-mêmes et en devenant dangereux. L’idée de causer la terreur et des perturbations parmi les masses sommeillantes et de transformer le rêve mondial du progressisme et de l’utopie en un cauchemar vivant pour celleux que nous considérons comme nos ennemies est une autre part importante des raisons pour lesquelles nous effectuons nos actes criminels et égoïstes.

Nous ne sommes pas “Anarchistes” parce que nous avons depuis longtemps rejeté l’idéologie stagnante “d’Anarchisme”. Nous ne sommes pas suffisamment stupides pour investir un quelconque  “espoir” dans “la lutte”. Nous ne sommes pas motivés par les fantaisies dévotes “de victoire”, “de révolution” ou “d’écroulement”. Nous sommes tombées tout à fait malade de ce spectacle de chrétien et de toutes les postures, les censures, des prêches traîtresses, des moralistes et du bavardage morne et incessant. Nous ne disons pas que toutes celleux qui s’appellent « anarchistes » tombent dans ce piège idéologique, il existe toujours quelques individualités qui revendiquent cette “identité” pour elleux, ce qui est leur choix. Parmi celleux là peu nous comptons fièrement certains de nos alliées proches et complices.

Nous sommes un petit cercle de nihilistes criminels et des individualistes égoïstes. Le nihilisme pour nous représente un processus de négation et de refus, c’est notre outil pour abattre les murs des constructions civilisées imposées à nos egos indomptables. Les chaînes culturelo-sociales de  “moralité”, “identité”, “genre”, “altruisme”, “optimisme”, “égalité”, “solidarité”, “respect”, “humanisme”, “anthropocentrisme” méritent toutes le bûcher de la destruction iconoclaste. Quand nous entrons dans la bataille, nous utilisons notre nihilisme comme une arme avec laquelle nous créons, espiègles, les moments de rupture joyeuse à l’intérieur des limites suffocantes de la société techno-industrielle, ici et maintenant. Nous sommes motivés par nos désirs et passions de vengeance pour tout ce que nous avons perdu. Avec toute la force et l’ingéniosité que nous possédons, nous transformons nos énergies en moyens d’attaque contre la réalité que nous détestons,  frappant nos ennemis à la tête et en sortant plus fortes.

IV

Nous avons erré longuement. Nous avons vu la beauté du chaos naturel au plus profond des régions boisées millénaires et parmi les mauvaises herbes qui craquent le béton. Dans la solitude des cimes  montagneuses et dans les rencontres silencieuses avec d’autres individus nocturnes traquant pendant la nuit. En aiguisant nos couteaux dans l’ombre des forêts et en conspirant autour des feux de camp avec nos complices féroces, celleux avec qui nous partageons le désir de rompre les cages de notre domestication et de devenir des êtres sauvages.

Nous avons été témoin direct de la dévastation que le royaume de “l’humanité” exerce sur l’environnement terrestre, nous nous sommes tenus debout sur les bords de carrières énormes et désolées, nous avons marché parmi les forêts de coupe claires et le long des littoraux lissées d’huile répandues, de plastique et de cadavres de poissons et d’oiseaux, sentant la haine et la colère croître à l’intérieur de nous comme une noirceur s’accumulant dans nos poumons. Nous avons vu les horreurs à l’intérieur des fermes usines et nous savions alors dans nos cœurs que la libération seule ne pourrait jamais être suffisante.

Nous avons déclenché des incendies, mettant le feu aux machines et aux infrastructures qui annihilent le sauvage, paralysant momentanément les normes et les procédures de l’ordre civilisé. Nous avons lancé des attaques sur les salariés d’entreprises ecocide que ce soit en plein jour ou au clair de lune, nous sentant plus vivantes que jamais lorsqu’illes s’enfuyaient devant nos couteaux, molotovs et pierres. Nos actes de vandalisme ont causé des coupures de courant, d’Internet et de téléphones à d’innombrable maisons et entreprises. Nous nous sommes révoltés avec une intention criminelle qui ne s’arrête pas à simplement la casse de quelques vitres, mais qui a permis à nos mains avides de voler tout ce dont nous avons besoin pour notre survie, et qui soit à notre portée.

Nous sommes des individualistes antisociaux,amoraux, illegalistes, et non repentis en guerre avec la société techno-industrielle et tout le progrès humain.

Avec courage et détermination nous continuons à essayer de nouvelles techniques dans le domaine des arts destructifs, améliorant nos méthodes de sabotage, d’attaque et d’évasion. Comme nous ne nous arrêterons devant rien, nos attaques éclateront asymétriquement comme nous détalons d’ombres en ombres et nos feux continueront à s’étendre à travers tout ce sale continent.

Nos lignes de combat sont dessinées et nous savons où nous tenir; dans la complicité avec les anticivilisationistes féroces, les éco-extrémistes, les incontrolables et pessimistes qui, sans peur ni espoir, continuent à porter des coups sans distinctions, effrontés et décisifs, contre l’entièreté de la techno-ruche.

“Vers la prolifération d’attaques et la coordination de groupes et d’individualités pour frapper plus durement et constamment la civilisation patriarcale et son cadre techno-industriel, le chemin est laborieux et incertain, et seules nos actions dans le présent révèlent nos convictions réelles.”

L’annihilation impitoyable est la seule chose que ce système putride, ses représentants, ses travailleurs et ses citoyens loyaux méritent!
Laissez les pouvoirs judiciaires moraux de chaque tendance continuer à pleurer et geindre!
Laissez les causeurs continuer à causer!

Toujours en guerre!

– Cellule feu sauvage

PS. Nous avons été enthousiasmées d’entendre dire que le matin du 8 février 2017 on a déclaré une alerte à la bombe aux étudiant.e.s de l’Enseignement et du Centre Technologique (BTZ) à Leipzig, causant l’évacuation de 500 personnes des locaux, une vaste réponse militaro-policière et de la crainte et la panique parmi les étudiants progressistes dégeulasses et leurs professeurs. Les actes de terrorisme de cette sorte, particulièrement ceux dirigés contre les institutions de la techno-science sont quelque peu rares dans cette région géographique particulière et nous nous enthousiasmons à l’idée de la diffusion d’agitation et de désordre à l’intérieur “de la Forteresse Europe”. Les barbares sont déjà dans les murs. Nous avons toujours été ici et nous y serons toujours.

[Mexico] : Lettre de Fernando Barcenas

« Je ne reconnais pas la prison et je ne veux pas qu’elle soit améliorée »

Le 9 février 2017 Fernando Bárcenas Castillo a été transféré depuis le Pénitencier Préventif Nord pour hommes au Centre d’Exécution des Sanctions Pénales, c’est de cette prison que le compagnon n’a cessé d’exprimer son rejet du régime pénitentiaire ainsi que son clair refus de participer à ce que cette juridiction nomme “réinsertion sociale”.

Après quelques jours de révolte, Fernando a été de nouveau conduit au pénitencier Préventif Nord.


Depuis la prison Nord de la ville de Mexico – ReNo

Une fois de plus l’institution carcérale a cherché à me dissuader et à affaiblir mes convictions rebelles en ordonnant mon transfert au Centre d’Exécution des Sanctions Pénales. Cela s’est fait avec l’approbation du Tribunal pénal 43, qui a fait parvenir le jugement déterminant signifiant que je ne pouvais plus rester dans le Pénitencier Nord puisque ma condamnation était devenue définitive. Sous la direction de Rafael Oñate Farfán, l’administration précédente a eu de nombreux motifs de voir ses intérêts menacés par les troubles répétés ainsi que les protestations à l’intérieur de la prison ; il savaient parfaitement que quel que soit l’endroit où ils m’enverraient, ils rencontreraient le même conflit et la même remise en question permanente des normes quotidiennes, sachant que peu importait l’endroit, il y aurait toujours des tentatives d’insurrection.

Ils ont pu s’en rendre compte dans la zone 3 du module d’entrée et dans la zone 7 et 5 de « mise à l’écart et de sécurité institutionnelle » du module du C.O.C (Centre d’observation et de sélection).

Chaque fois que je me suis révolté ils ont essayé de jouer avec moi, essayant de me faire croire qu’ils étaient mes amis, jusqu’à ce que je sois parfaitement ferme et que je leur fasse clairement connaître ma position face aux circonstances auxquelles j’étais confronté ; l’agression contre les surveillants s’est avérée alors une obligation pour ma survie ici à l’intérieur, faire que la révolte consciente à l’intérieur de ces murs devienne une nécessité constante.

C’est ainsi qu’après deux ans de mise à l’écart dans les zones de « Sécurité Institutionnelle », ils m’ont servi un nouveau châtiment déguisé en « privilège » : mon transfert au Centre d’Exécution des Sanctions ou Annexe Nord, zone dans laquelle les prisonniers sont soumis au chantage avec la promesse de leur liberté en échange d’une parfaite obéissance au régime carcéral, qui inclut de façon obligatoire l’esclavage et les travaux forcés, car il est impossible de protester vu que le travail de domestication inclut aussi le lavage de cerveau, nous faisant croire de la sorte que c’est une chance qui nous est offerte. Mais pour cela, il est indispensable que nous nous sentions coupables et que nous nous repentions tout le temps, tout en remerciant la miséricorde du système pénal. Par contre, si tu refuses d’accepter la domestication alors tu es menacé d’être transféré aux Tours de Haute Sécurité (équivalent des Q.H.S.) ou au pénitencier.

Pour toutes ces raison en arrivant et après avoir été présenté à l’administration, j’ai refusé le « traitement », en refusant de signer le contrat des droits et obligations, et en refusant également de recevoir un matelas, des vêtements et tout autre type de choses qui auraient pu me compromettre à respecter cette institution. Je ne reconnais pas la prison et je ne veux pas qu’elle soit améliorée.

Ces comportements ont provoqué mon nouveau transfert très tôt à l’aube pour être de nouveau conduit au pénitencier Nord, et à ma surprise on ne m’a pas conduit au module d’entrée comme c’est normalement le cas lors d’un retour avant d’être ensuite conduit vers la zone des dortoirs. J’ai en fait été directement conduit à la zone 7 de Sécurité Institutionnelle, où j’avais été jusqu’à présent mis à l’écart.

Tout cela me redonne envie d’écrire et donc de réfléchir sur la prison qui représente de fait nos relations quotidiennes et dont chaque conflit ouvre une infinité de possibilités pour la détruire.

Fernando Bárcenas
13 février, 2017

Lire également : [Mexico] Fernando Barcenas a été transféré au Centre Nord d’Exécution des Sanctions Pénales + Lettre

Traductions Les trois passants

 

Florence, Italie : Contribution à propos de la récente opération répressive (“Opération Panico”)

Le 31 janvier, à Florence, une opération répressive contre des anarchistes, menée par la DIGOS, a amené à l’application de « mesures préventives » (misure cautelari) pour dix personnes.

Trois d’entre elles  – Filomena, Carlotta e Michele – sont maintenant assignés à résidence (obligés à rester chez elles) avec toutes les mesures restrictives, alors que pour les sept autres a été ordonné un mélange de mesures restrictives (interdiction de sortir de la ville, obligation de rentrer chez eux le soir, obligation de pointer) combinées entre elles de diverses manières selon le cas. Les délits reprochés à divers titres à 35 compagnons et compagnonnes sont résistance et blessure sur un agent de la force publique, transport de matériel explosif, dégradations et tags, vol et résistance, et d’autres encore. Douze personnes sur 35 sont inculpées pour associations de malfaiteurs, avec une claire séparation entre chefs et subordonnés.

La police a aussi saisi l’occasion pour « évacuer » Villa Panico (guillemets nécessaires, vu qu’à l’intérieur ils n’ont trouvés ni personnes ni choses).

L’enquête part de 5 épisodes, tous à Florence au cours de l’année 2016 : attaque de la librairie « Il Bargello » (librairie des fachos de Casa Pound) par quelques dizaines encapuchonnés (14 janvier) ; engin explosif rudimentaire nocturne contre la même librairie (3 février) ; banquet antimilitariste en Place Sant’Ambrogio, au cours duquel plusieurs compagnons ont été enlevés de force et conduits au commissariat ; bagarre entre des compagnons et des dizaines de flics suite à un contrôle raté par une patrouille, trois compagnons (Michele, Fra, Alessio) ont été arrêtés (21 avril) ; manifestation solidaire à Oltrarno pour les arrestations des jours précédents (25 avril).

L’enquête NE porte PAS sur l’attaque du Nouvel An contre la nouvelle librairie « il Bargello » au cours de laquelle s’est blessé un artificier de la police imprudent, cependant le fait est cité dans l’enquête pour appuyer les mesures.

NE NOUS DEMANDEZ PAS DES FORMULES

À propos des arrestations du 31 janvier

« Ne nous demande pas des formules qui puissent t’ouvrir des mondes, mais quelque syllabe difforme, sèche comme une branche. Aujourd’hui nous ne pouvons que te dire ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne voulons pas. »

Nous vivons des temps sombres, et pas seulement à Florence.
D’un côté une humanité aux trois-quarts noyés qui meurt de faim, bombardements, embargos contrôles militaires et policiers, détention et internement, travail salarié et migration forcée, racisme et frontière.

De l’autre une humanité aux trois-quarts chloroformés, qui parfois cherche à se battre contre une vie toujours plus misérable, le plus souvent mord aux sirènes du pouvoir. Haine entre pauvres, révérence pour les patrons, défiance envers ceux qui se rebellent. À Florence comme ailleurs, alors que la ville se transforme en une machine à faire des sous avec l’industrie du tourisme, ceux qui gâche la carte postale doivent être des bandits. Chasse au pauvre, à l’étranger, au subversif. Chasseurs dans les rues, avec leur respectives uniformes : bleues, noires, grises, treillis, mitraillette en bandoulière. Le centre historique désormais interdit aux manifestations, systématiquement encerclé ou directement chargé. Les fascistes s’organisent, ouvrent des locaux, des pubs, des librairies : de jour ils incitent à la guerre entre pauvres, italiens contre étrangers ; de nuit, dans la mesure où ils n’en sont pas empêchés, ils la pratiquent à coups de couteaux et de barres.
Ceux qui n’acceptent pas tout cela doivent être limités et enfermés.

Le 31 janvier, dans la foulée du désormais connu « boom » du Nouvel An de la via Leonardo Da Vinci – « boom » qui ne fait cependant pas partie de cette enquête – la police florentine a donné le feu vert à l’énième opération répressive, entrant dans différentes maisons, raflant des dizaines de compagnons dans les rues et notifiant 10 mesures a autant d’anarchistes. L’accusation principale qui leur a été montré, est « d’avoir constitué une association de malfaiteur pour défendre leur idéologie ». Deux compagnonnes, Carlotta et Filomena, désignées comme « chef », et un autre compagnon, Michele, sont mis aux arresti domiciliari [obligés à rester chez eux 24h sur 24. NdT], alors que des restrictions sont imposées à sept autres (interdiction de sortir de la ville, obligation de rester chez eux le soir, de pointer au commissariat, combinés différemment selon la personne).

Avec un nombre d’hommes énormes – on parle de 250 – la police fait irruption dans le squat Villa Panico pour l’évacuer, mais trouve un endroit déjà abandonné, une aventure déjà terminée et un cache-pot de fleurs qu’elle décide de faire sauter. C’est le spectacle de la répression.

Peu de réflexions, peu de formules, mais des faits qui parlent tous seuls.
Il arrive, à Florence, place S. Ambrogio, que quelques compagnons qui font un banquet contre la guerre et l’armée dans les rues soient encerclés et embarqués par la Digos, non sans réticences. Pour le code pénal, c’est un délit de résistance à agent de la force publique. Ne nous demandez pas des formules.
Il arrive, à Florence, au terme d’un concert sur Lungarno Dalla Chiesa, que le refus de décliner son identité déchaîne des dizaines et des dizaines de flics contre les participants, coupables d’être encore vivants et solidaires. Une bagarre s’ensuit. Pour le code c’est une résistance à circonstances aggravantes. Ne nous demandez pas des formules.

Mais il arrive que certains s’organisent pour occuper les maisons et les défendre, pour contester les militaires et les forces de l’ordre, empêcher la propagation de la violence fasciste, de la seule manière possible : agir directement contre l’oppression. Il arrive que les sièges fascistes reçoivent la critique de la peinture, du pavé et de l’explosif ou que la solidarité pour les arrestations du Lungarno envahisse les rues de San Frediano un 25 avril, sans demander la permission et laissant leurs traces sur les murs. Pour le code, prendre partie ou ne serait-ce que défendre ouvertement certains faits, c’est de l’association de malfaiteur.

Mais à ce propos, nous avons deux mots à dire, et on les dit.

Ce que nous ne sommes pas c’est une misérable association hiérarchique. Nous ne sommes ni des serviteurs qui votent sans bouger un orteil, ni des subordonnés qui attendent les ordres de chefs ou des « cheffes » pour agir.

Ce que nous ne voulons pas c’est passer notre vie à nous laisser exploiter et commander. Pour cela nous ne pleurons pas quand quand nos ennemis recueillent un peu de leur violence. Les larmes nous les réservons à ceux qui meurent sur les chantiers, dans les casernes, au milieu de la mer, en prison, aux frontières ; certainement pas pour les vitrines des fascistes, pour les rapports hypocrites des flics ou pour les murs d’une ville que l’Unesco déclare « patrimoine de l’humanité », alors qu’elle toujours plus dans la main des hommes d’affaires et des spéculateurs.

Ce que nous ne voulons pas, finalement, c’est que l’ennemi puisse nous diviser, avec la langue de bois du code pénal. Nus ne savons pas si ces compagnonnes et ces compagnons ont commis tout ce dont ils sont accusés. Nous savons seulement de quel côté de la barricade ils luttent, et cela nous suffit pour nous serrer autour d’eux.

Pour en finir avec ce monde. Pour en ouvrir, peut-être, de nouveaux. Mais pour cela, les formules seules ne suffisent pas.

SOLIDARITÉ AVEC FILO, CARLOTTA E MICHELE !
Solidarité avec les compagnon.ne.s frappé.e.s par les mesures !

Assemblée solidaire sans chefs ni patrons
Florence, 03 février 2017

 

Fléury-Mérogis, France : Lettre de Damien depuis la prison de Fléury

Je vous remercie tou(te)s pour vos lettres et vos gestes de complicité. Chaque étoile de verre brisé accompagne mes nuits et chaque flamme de voiture brûlée réchauffe l’hiver et colore la griseur des murs.

Si je n’ai pas répondu à toutes vos lettres directement c’est que l’ambiance actuelle qu’il y a en cellule ne me le permet pas. De plus, je n’ai que 10 mois à faire, pas 10 ans, je serai donc bientôt dehors et il serait stupide que je leur donne déjà les bases des futures complicités que j’imagine possibles.

Si je suis resté libre pendant 8 mois et tant que je ne suis pas sorti de la clandestinité c’est bien qu’ils ne savaient pas où chercher. A ce propos, le procès étant passé je vais avoir accès au dossier d’instruction et il sera rendu public dés que possible.

A l’intérieur, tout va bien, il y a ici des compagnons de placard que je connais depuis des nombreuses années, j’ai donc été bien accueilli dés mon arrivée.

Quelques journaux anarchistes circulent discrètement dans tout le bâtiment et les nouvelles rentrent et sortent de différentes façons.

En ce qui concerne les relations avec l’AP, tous les parloirs et les contacts téléphoniques ont été refusés. J’ai subi 4 fouilles de cellule en un mois dont 3 consécutives les 3 derniers jours. Je n’ai droit à aucune activité, je reste donc 22h/24 en cellule.

Cependant, le rapport de force instauré par les attaques à l’extérieur me permet d’être “entendu” lorsque je prend à part certains matons afin d’exiger d’eux un service.

Un salut fraternel à la cellule Rémi Fraisse de la F.A.I. ainsi qu’à tous les individus qui agissent sur le réel par les moyens qui leur semblent nécessaires.

Solidarité avec Pola Rupa, arrêtée il y a peu pour des actes qui parlent à tout le monde. Complicité avec les anarchistes de Koridallos ainsi qu’avec tou(te)s celleux incarcérés, en fuite, agissant à travers le monde.

Pas un millimètre en arrière, 9 millimètres dans la tête des juges

Damien,

prison de Fléury-Mérogis, le 07/02/2017

[France] Blasphegme numéro 3 sur les murs de Paris

Maison Blanche : l’hôpital-prison

La prison de la Santé est fermée, pourtant il y a encore en plein Paris des lieux où des personnes sont internées contre leur gré. Dans le Nord et l’Est parisien, par exemple, il y a quatre hôpitaux psychiatriques qui font partie de l’Établissement Public de Santé Maison Blanche, l’un des trois membres fondateurs de la Communauté Hospitalière de Territoire pour la psychiatrie parisienne. L’établissement est chargé de la population du Nord et de l’Est de Paris : 7e (Infanto-Juvénile), 8e, 9e, 10e, 17e, 18e, 19e et 20e arrondissements. Ces hôpitaux-prisons sont situés : rue du Général Lasalle (19e), rue d’Avron (20e), avenue de la Porte de Saint-Ouen (18e) et rue d’Hauteville (10e).

Les « patients » peuvent y être hospitalisés (ou plutôt enfermés) sans leur consentement, dans le cadre de soins psychiatriques à la demande d’un tiers, ou sur décision du représentant de l’État. Si l’on est enfermé contre son gré là-dedans impossible de sortir tant qu’un psychiatre en charge n’a pas signé un certificat médical, ou qu’un juge d’application des peines n’a pas donné son aval. Cela va sans dire que la durée d’enfermement n’est jamais décidée d’avance, contrairement à une peine de prison (bien que l’administration pénitentiaire s’arrange parfois pour rallonger les peines des plus récalcitrants), et qu’une fois rentré on ne sait jamais quand on sortira. La prise de médicaments obligatoire aidant, il est courant d’y perdre la notion du temps, et pour les réfractaires aux petites pilules les blouses blanches ne s’embarrassent pas, c’est intraveineuse de force. En effet, les médicaments à outrance soulagent le personnel qui aime savoir les « patients » endormis et neutralisés. L’heure de la prise des médicaments et des repas rythme le temps, en dehors de ça les personnes traînent leurs désespoirs dans les couloirs lugubres de ces hôpitaux prisons, espérant ne pas avoir à subir d’électrochocs (toujours couramment pratiqués) et, hormis les plus rétifs, feignant la docilité pour ne pas avoir à endurer les punitions ultimes : envoyé en chambre d’isolement, ou se voir infliger des mesures de contention (attaché pieds et mains à un lit, nuit et jour).

Lorsque l’administration psychiatrique n’arrive pas à prouver qu’on est dangereux « pour les autres » elle dit qu’on est dangereux « pour soi-même ». C’est pratique, et ne repose que sur le seul avis d’un psychiatre, parfois influencé par des proches qui trouvent un quelconque intérêt à faire enfermer une personne de leur propre famille, un moyen comme un autre de s’en débarrasser (parfois aussi les choix sont limités). C’est d’ailleurs une pratique assez courante d’utiliser la psychiatrie pour décrédibiliser, isoler, confisquer la parole, tant et si bien que certains vieux serpents adhèrent à ces normes et ces catégories bancales, reconnaissent à une science le pouvoir de mesurer l’esprit, si cela peut servir leurs intérêts personnels. Mais au fond on pourrait se demander qui est « fou », qui est « sain d’esprit » dans ce monde ? N’est-ce pas plutôt bon signe d’avoir des émotions et de ne pas vouloir se contenter de ce quotidien fade et empoisonné qu’on voudrait nous faire avaler ? Et puis qu’est-ce que la norme ? Dans cette société, une femme en colère et violente est toujours une folle, un homme en colère et violent ne fait qu’exprimer virilement ses émotions.

Alors bien sûr qu’il ne s’agit pas ici de culpabiliser ceux/celles qui n’ont parfois pas d’autre choix que d’avoir recours à la psychiatrie pour survivre à des situations désespérées. Mais nous disons que ça n’est pas la solution au mal-être produit par ce monde, que c’est comme un pansement sur une jambe de bois. Et si la psychiatrie se targue de sauver des gens d’eux-mêmes en les abrutissant de médicaments, nous disons qu’elle condamne aussi à vivre une vie impossible à aimer en l’état, et que forcer les gens à aller bien sans changer les causes qui les font se sentir mal, ça ne marchera jamais. Les psychotropes sont distribués comme des petits pains dedans et hors de l’hôpital, ça permet d’anesthésier les émotions, et de rester productif, de garder bonne figure, de continuer à subir les humiliations quotidiennes sans broncher, se voiler la face, se dire que le problème vient de soi, et que la solution c’est la chimie.

Ces hôpitaux sont des prisons, destinées à briser les réfractaires, les forcer à accepter de rentrer dans un moule.
NOUS SOMMES POUR LA DESTRUCTION DE TOUTES LES PRISONS ET DE TOUTES CES CATÉGORIES QUI NOUS ENFERMENT !

Je vomis dans vos corn-flakes

Belleville s’embourgeoise. On peut le voir à travers ces nouveaux bars et restos stylés dans lesquels nous ne rentrerons jamais, à cause du prix prohibitif et de l’ambiance branchée, encore plus antipathique que ces bars PMU à la clientèle uniquement masculine. C’est donc sans surprise que nous avons découvert par hasard le nouveau bar à céréales rue de Ménilmontant. Nous avions entendu parler de ce concept suite au « scandale » de l’installation d’un tel bar à Londres, qui devint la cible d’une manifestation contre l’embourgeoisement d’un quartier. Suite à quoi le débat sur la responsabilité des commerçants dans ce processus avait été réactivé. Ce phénomène étant lié à l’installation dans des quartiers pauvres de ces jeunes entrepreneurs branchés qui ont la faculté de rendre inaccessible tout ce sur quoi ils posent leur regard; revalorisant et transformant à leur image les anciens quartiers ouvriers dans lesquels ils s’installent par nécessité économique. Partant d’une bonne volonté sans aucun doute, les conséquences en sont la flambée des loyers. Face à cela, l’erreur serait de défendre l’identité sociale (ou autre) d’un quartier, plutôt que de se battre pour pouvoir vivre où on le désire, là où on veut avoir sa vie.

Aux côtés de nouveaux projets immobiliers, qui participent à « réinventer Paris », ce sont des magasins bios, des brasseries, bars et restos à concept, des « food market », des boutiques artisanales, théâtres ou des galeries d’art qui fleurissent. Tout cela dans la dynamique d’un entrepreneuriat « sympathique », branché, qui se veut à visage humain, écolo, éthique, respectueux des travailleurs et des consommateurs, bien sûr… faut-il encore avoir le porte- monnaie pour y accéder, et l’envie de distinction par sa consommation. Comme ces gens au look bien travaillé qui ont fait du « do it yourself » leur manne financière, mettant en avant l’authenticité de leurs produits marketing, et faisant la promotion du bonheur au travail, plaçant au cœur de leurs activités « l’autonomie » (avec papa/maman pour assurer ses arrières, et jouer les garants pour des logements inaccessibles au commun des mortels), « l’aventure » (dans la jungle urbaine), et « l’imagination » (produit d’une école d’art ou de commerce), mais surtout, le profit. Grâce à eux l’idée de se faire du fric en profitant de la crédulité des consommateurs prend une autre dimension. Et c’est donc naturellement que des esprits créatifs ont eut l’idée de prospérer sur le dos d’idiots nostalgiques de leur enfance dorée, prêts à payer cher pour un petit moment de régression avec un bol de céréales et du lait… du lait bio, ou au soja, branchitude oblige.

Tout cela pourrait prêter à sourire, si ces petites entreprises à l’allure bon enfant n’allaient pas dans le sens des projets des municipalités pour nettoyer les quartiers de leurs pauvres, les repousser toujours plus loin en banlieue. Et en attendant de pouvoir y arriver totalement, les garder à l’œil, pour protéger les populations plus solvables pour qui on rend le quartier attractif. L’outil principal de la ville de Paris pour mener à bien son projet c’est la pacification des habitants. Elle prend différentes formes : c’est tout ce qui contribue à la « sécurité » du quartier, par l’omniprésence de caméras et des flics, avec dans certains endroits comme à Belleville la Brigade Spécialisée de Terrain, dont le boulot consiste à harceler les pauvres qui essaient de survivre tant bien que mal, et les petits-frères des flics, ceux qui ont moins réussi, les services de sécurité, notamment les GPIS, hommes de main des bailleurs sociaux, mais aussi les Correspondants de nuit, dont le rôle est principalement tourné vers une assistance aux flics, la répression des « incivilités », et un travail de fichage sur les populations indésirables. Mais pour contribuer à la pacification il y a aussi l’imaginaire créé par le discours sur la «mixité sociale» et son «quartier-village», où l’on dit bonjour à ses voisins en faisant son marché le samedi matin avec ses enfants.

Il va falloir dissuader les riches de s’installer si l’on ne veut pas aller vivre ailleurs !
À LEUR PAIX SOCIALE RÉPONDONS PAR LA GUERRE SOCIALE CONTRE LEURS FLICS ET LEURS COMMERCES !

[avalanche] : Contributions Avalanche numéro 10

Cher.e.s compagnon.ne.s,

On lance cet appel à contributions pour le prochain numéro du journal de correspondance anarchiste Avalanche.

Les textes concernant des interventions anarchistes, des conflits en cours, des expériences du passé, des évaluations critiques ou des réflexions plus amples sur la lutte anarchiste peuvent être envoyé avant le 1 mars 2017 à l’adresse suivante :

correspondance@riseup.net

Merci de nous prévenir si vous pensez envoyer une contribution.

[France] : Affiches contre le cirque électoral

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À diffuser et coller sans modération…

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Montreuil, France : Autolib en feu

On avait envie d’exprimer avec des actes notre solidarité avec Damien, condamné jeudi 19 janvier à 10 mois de prison. On était nombreux et nombreuses à cette manif saccageuse du 14 avril et on ne le laissera pas payer tout seul – on ne l’oublie pas.

Le soir du dimanche 22 janvier nous avons trouvé trois Autolib, rue Galilée à Montreuil et les avons incendiées.

On nous refourgue les Autolib comme une solution pour une ville plus propre, plus écologique, plus « smart ». Nous gerbons sur leur propagande.

Pour Damien, donc, et aussi pour les compagnon.nes emprisonné.e.s en Italie pour l’opération Scripta Manet.

Liberté pour tous et toutes !

Les amis de Jules Bonnot et du printemps 2016

P.S. Nous tenons à envoyer une accolade complice aux compagnon.ne.s qui ont cramé des bagnoles de collabos à Bruxelles le soir du nouvel an. Lire que les nuits bruxelloises s’illuminent de vos attaques (et celles d’autres) nous motive encore plus à agir (c’est à ça aussi que servent les communiqués de revendication, non?). Pourtant, nous pensons que distribuer des tracts, coller des affiches est important et ce n’est pas « embrigader » ou « séduire » mais partager des idées subversives.
Mais nous sommes sûrs que vous y avez déjà réfléchi. La bise.

Athènes : compte-rendu de la manifestation à Exarchia (14 janvier)

Tract de la manif disant : Alerte Antipatriote / On oublie pas Shahzad Luqman / La seule langue que j’ai bien appris: me battre avec rage pour la liberté / Ni habitants du pays ni étrangers ; sans patries et rebelles

Dans la soirée de samedi, 14 janvier 2017, environ 50 personnes ont participé à une manif dans les rue d’Exarchia appelée par le squat anarchiste Themistokleous 58 à l’occasion de l’achèvement d’une année du projet.

Sur la banderole de la manif on pouvait lire “Résistance, Révolte, Liberté” en anglais et en farsi, et une autre banderole a été accrochée au squat en mémoire de Shahzad Luqman, assassiné par les Nazis dans le quartier d’Ano Petralona en janvier 2013 disant : “On oublie pas Shahzad Luqman – Frappe les fafs”. Pendant l’action, des brochures en anglais et en grec ont été distribuées, des tracts balancés, et plein de slogans en farsi, arabe, anglais, français et grec ont été criés.

Nous remercions tout ceux qui ont rejoint la manif à Exarchia. Nous envoyons aussi des salutations solidaires à tous les individus, groupes et communautés qui à l’intérieur et à l’extérieur des murs et des frontières continuent à se battre par tous les moyens nécessaires contre le Pouvoir. Nous rappelons que samedi soir, le 21 janvier, nous organisons une soirée de solidarité avec le 58 pour supporter nos projets financièrement. Les bénéfices couvriront les besoins opérationnels du squat et les futures actions.

Themistokleous 58 Squat

En Allemand, Anglais, Italien, Portugais

[Grèce] 21 Janvier 2017 : Journée d’action en solidarité avec les membres de Lutte Révolutionnaire

Sur l’affiche :

“Je suis une révolutionnaire et je n’ai pas à m’en excuser.

Les terroristes, les criminels, les voleurs sont ceux qui composent la vie économique et politique ; les institutions et le gouvernement qui, par le memorandum, mènent la plus violente, la plus atroce attaque contre la base sociale au nom de la “sortie de crise”. Les terroristes, les criminels, les voleurs sont l’État et le Capital ; ceux contre qui j’ai engagé le combat de toute ma conscience jusqu’à la lutte armée, jusqu’à la Lutte Révolutionnaire ; ceux que mon organisation a ciblé durant toutes nos années d’activités.

…Quand les classes dirigeantes économiques et politiques attaquent la majorité sociale de la façon la plus impitoyable, la lutte armée pour la révolution sociale est un devoir et une obligation ; parce que c’est là où l’espoir se trouve et nulle part ailleurs. Le seul espoir pour quitter définitivement les crises systémiques que nous vivons dans cette époque historique, pour quitter définitivement toutes les crises. C’est le seul espoir de renverser le capitalisme, le système à l’origine de toutes les crises, le seul espoir de renversement de l’État et du Capital.

C’est notre seul espoir pour une contre-attaque armée de la base sociale contre le système qui les crucifie.

C’est notre seul espoir pour le renversement de l’État et du Capital, pour la Révolution Sociale.

Pour une société d’égalité économique et de liberté politique pour tous.”

Pola Roupa

“Je suis une anarchiste, membre de l’organisation révolutionnaire Lutte Révolutionnaire. Les seuls terroristes sont l’État et le Capital.”

Konstantina Athanasopoulos

Manifestation en solidarité avec les membres de Lutte Révolutionnaire
Samedi 21 janvier 2017 à 12:00 à Monastiraki (centre-ville d’Athènes)

SOLIDARITÉ AVEC LES MEMBRES DE LUTTE REVOLUTIONNAIRE
AUCUN STATUT D’EXEMPTION DE PRISONNIERS POLITIQUES
LUTTE CONTRE L’ÉTAT ET LE CAPITAL PAR TOUS LES MOYENS
-Assemblée Solidaire (Athènes)

Texte complet de l’appel en grec

En Allemand, Anglais, Italien, Portugais

[Prisons étasuniennes] Sean Swain en grève de la faim depuis le 26 décembre

via SeanSwain.org (12 janvier 2017)

Nous avons récemment appris d’un pote de Sean que Sean est actuellement en grève de la faim et a été placé en cellule anti-suicide.

Bien que les détails soient encore obscurs, nous savons que Sean a été sans bouffe depuis le 26 décembre 2016. Il est accusé d’extorsion d’un surveillant adjoint et un procès disciplinaire était en cours quand il a commencé sa grève de la faim et qu’il a été placé en cellule anti-suicide.

Nous savons que la prison reconnait sa grève de la faim et qu’elle suit les procédures correspondantes, ce qui inclut de l’emmener à la section médicale tous les jours, le peser et vérifier ses signes vitaux. Ce n’est pas clair s’ils tentent de négocier avec lui d’une manière ou d’une autre.

S’il vous plait prenez un moment pour écrire une lettre d’encouragement à Sean :
Sean Swain #243-205
Warren CI, P.O. Box 120, 5787 State Route 63
Lebanon, Ohio 45036 [USA]

in inglese, italiano, greco

Grèce : Lambros-Viktoras Maziotis Roupas confié à sa famille

Sur une banderole accroché par le squat anarchiste Utopia A.D. à Komotimi, dans le nord de la Grèce: “Un prisonnier de six ans; la haine grandit; flics-juges-médias saletés, assassins”

Aujourd’hui, dimanche 8 janvier 2017, après un nouvel ordre du procureur, la grand-mère maternelle a eu la garde temporaire de Lambros-Viktoras Maziotis Roupas, mettant donc fin à la captivité de l’enfant dans l’aile psychiatrique (!) de l’hopital pour enfants d’Athènes. L’enfant, agé de 6 ans, a quitté l’hopital accompagné par ses parents au premier dégré.

Entretemps des protestations avaient éclaté parmi les prisonnier.e.s des prisons pour hommes et pour femmes de Koridallos, dans la prison des femmes d’Elaionas à Tebe, et dans celle de Trikala.

Les membres de Lutte Révolutionnaire Nikos Maziotis, Pola Roupa et Kostantina Athanasopoulou ont mis fin à leur grève de la faim et de la soif.
La cour decidera de la garde définitive de l’enfant d’ici six mois.

en allemand, anglais, italien, portugais

Sortie de « Paris sous tension » n° 8

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L’ensemble des textes, ainsi que les anciens numéros sont disponibles sur le blog: https://parissoustension.noblogs.org/

Pour tout contact: parissoustension@riseup.net

Avalanche – Correspondance anarchiste, numéro 9

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Le prochain numéro sortira en mars 2017. Les contributions peuvent être envoyés à correspondance@riseup.net et cela avant le 1 mars 2017.

Débats et commentaires
Dans le prochain numéro d’Avalanche, il y aura de nouveau une section réservée aux débats et commentaires.
En envoyant de tels textes, on invite les compagnonnes et compagnons à prendre comme point de départ des problématiques, des questionnements ou des perspectives qui avaient été soulevés dans les numéros antérieurs d’Avalanche. Le but de cette section de débat est bien évidemment d’offrir un espace d’échange internationale entre anarchistes en lutte pour approfondir certains aspects, pour permettre des retours critiques sur des propositions…

Vous pouvez demander vos exemplaires par mail à l’adresse correspondance[arobase]riseup[point]net ou les télécharger ici ou sur le site.

en anglais, allemand

La Haye, Pays Bas : Télécharge l’affiche Fuck the police !

Aucune affiche anarchiste ne passe inaperçue à La Haye. Surement pas auprès des flics et de la commune, c’est ce qu’on apprend du Journal mural anarchiste. Une personne a été arrêtée pour cette affiche après quoi une réquisition de 8 mois a été formulée par le parquet.

Aujourd’hui nous pouvions lire sur des sites “d’infos” que des affiches anarchistes ont été à nouveau placardé à La Haye avec le texte “Fuck the police. It’s time to fight back”.

Toute l’histoire comme quoi la police et la commune examinent si les affiches sont punissables, ce qu’ils ne savent pas encore, et le fait qu’aujourd’hui et demain des flics devront gratter les affiches avec le bout de leurs sprays au poivre, ne nous intéresse pas.

Mais nous avons compris ce que tu penses maintenant, toi aussi tu veux coller ces affiches! Maintenant tu peux! Télécharge l’affiche ici, à imprimer et diffuser!

Et n’oublie pas, Fuck the police. It’s time to fight back !

[Grèce / Conspiration des cellules de feu] : « Le soleil se lèvera toujours ». Critique et diffusion pour une nouvelle guérilla urbaine armée.

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Ce texte à été diffusé en premier en mai 2011, par les membres emprisonnés de la Conspiration des cellules de feu en Grèce.

Traduction de l’anglais vers le français chaotique et désordonnée, surgissant du fond d’un bois et travaillée à la lueur d’une bougie. Dans tout les cas ça aura permis d’intense discussions, réflexions, prises de tête et fous rires, Si t’as mieux fait tourner, et si t’as d’autres textes on est preneures.

Janvier 2017
joiedevivre@riseup.net

Athènes : Bulldozer de la compagnie d’électricité DEI cramé à Exarchia

Dans les premières heures du 2 décembre 2016, au coin de la rue Akadimias et Themistoleous un bulldozer au service de la compagnie d’électricité DEI n’en pouvait plus et a décidé de mettre fin à sa routine automatisée. Avant de s’immoler la pauvre machine a dit :

“Solidarité avec les camarades Siao, Hodey et Maya, récemment arrêté.e.s en Allemagne pour la défense de la forêt de Hambach!

Force à l’anarchiste Natalia Collado, emprisonnée au Chili parce qu’elle a libéré avec du feu un bus de la Transantiago!”

en anglais, espagnol, grec, italien, portugais, allemand

Grèce: Trois trolleybus cramés dans le centre d’Athènes

Pendant la nuit du lundi 19 décembre 2016, un groupe de camarades a décidé de réchauffer légèrement l’hiver urbain en foutant le feu à la paix sociale et à l’apathie.

Avec seulement 5 litres de matériels inflammables et une haine infinie de tous les pouvoirs, nous sommes allé.e.s à la rue Patission, nous avons arrêté les bus qui passaient et nous y avons foutu le feu après avoir fais descendre tou.te.s les passagers et les conducteurs.

Trois bus des transports en communs cramés : un pour chaque détention préventive imposée à celleux arrêtés pendant les affrontements du 6 décembre 2016 à Athènes.

Force au prisonnier anarchiste (membre des CCF) Panagiotis Argirou, qui a récemment été condamné par l’État à plus de 7 ans d’emprisonnement, cette fois pour une tentative d’incendie dans un bus en 2009.

Feu aux machines et à la civilisation !

en anglais, espagnol, grec, italien

[Mexique – Marseille] : Textes de Fernando Barcenas Castillo et de Miguel Peralta Betanzos

fermigTexte de Fernando Barcenas envoyé pour le Festival de l’ABC (Anarchist Black Cross Festival 2016) Marseille

Depuis la prison Nord de la ville de Mexico
1er Décembre 2016

Dans les prisons de la ville de Mexico l’isolement est utilisé comme mesure disciplinaire massive afin d’extorquer et d’extirper aux âmes prisonnières jusqu’à leurs derniers centimes.

« À l’intérieur » de ces villes où vivent mal plus de 50.000 prisonnier-e-s, le capitalisme est tel qu’il est, il ne se déguise pas, ni porte de masques démocratiques. Et de nos jours il annonce clairement sa loi élémentaire : nous, les marginaux, nous serons exterminés. Mais pas avant d’avoir offert jusqu’à la dernière goutte de notre travail d’esclave, de notre sueur mal payée au goût amer, amer parce que nous savons que c’est contraire à notre propre volonté.

Cependant ils dictent les conditions de la participation à leur commerce : « Monte dans le fourgon, sinon il va te renverser ». Ils demandent cyniquement à ce que nombre de lâches rejoignent les rangs de la mafia, car ils savent qu’ils n’auront pas le courage d’abandonner leur confort.

Et pourtant la prison n’a pas toujours été comme ça…

Le déluge de drogues qui s’y abat en a fait une immense maison de fous, où les besoins des prisonnier-e-s sont attisés afin de mieux les escroquer, les poussant vers une vie d’automates aux ordres du commerce…

C’est pour cela qu’il est si important de ne pas cesser d’imaginer et d’être sensible. En effet ils essaient de nous convertir en machines de guerre.

Maintenant il ne reste que l’action et la solidarité, sachant que la prison n’est rien d’autre que la société dans laquelle nous vivons.

En guerre jusqu’à la liberté totale.

– Fernando Barcenas –

***

Lettre de Miguel Ángel Peralta Betanzos envoyée pour le Festival de l’ABC Marseille

Depuis la Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Inadapté-e-s (Inadaptadxs)

Montagnes, plantations de café, sources qui jaillissent de la terre,
animaux sauvages de la forêt, arbres innombrables, masques, maisonnettes que berce le vent, chemins, fleurs : tous enveloppés dans l’épais brouillard de la nostalgie.

Je m’éveille, la pluie s’intensifie, mes ailes mouillées pèsent mais elles continuent à voler.

Mon ombre lance des coups de pied contre les portes de la machine, passe au travers des mailles, escalade les tours de contrôle, brouille les radios de communication, croise les murs, tisse des rêves et habite dans des frontières imaginaires.

Mon ombre se nourrit de la flamme de la pensée, elle parle une langue
ancestrale et ne se laisse pas domestiquer, elle se révèle à la lumière du jour, et se grise de liberté.

Mon ombre est l’ombre de tous les hommes du nombril du monde et devient escargot.

Mon ombre brise les charnières de l’État ;
Et jamais, plus jamais elle ne sera piétinée.

– Miguel P.-
Novembre 2016.

Traductions Les trois passants