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Bruxelles : Le carnage et son monde

Reçu le 25 mars (en pdf ici) :

« La langue est un révélateur. Il arrive que l’on veuille dissimuler la vérité derrière un flot de paroles. Mais la langue ne ment pas. Il arrive que l’on veuille dire la vérité. Mais la langue est plus vraie que celui qui la parle. Contre la vérité de la langue, il n’y a pas de remède… Les philologues et les poètes reconnaissent la nature de la langue. Mais ils ne peuvent empêcher la langue de dire la vérité. » Victor Klemperer

Il a souvent été dit que la première victime des guerres, c’est le sens des mots. Au moment de guerre, toute parole devient propagande, derrière tout mot se cache un appel bien précis et un effet recherché, toute réflexion vise à l’élimination du sens critique de l’homme. Pourtant, comme dit le philosophe allemand qui s’attache dès 1933 à l’étude de la novlangue nazi, la langue ne ment pas : elle exprime une vérité, elle exprime, dans toute sa manipulation, toute sa déformation, toute son instrumentalisation, l’essence réel de la domination.

Aujourd’hui, deux jours après les attentats jihadistes à Bruxelles, on parle de « carnage ». A juste titre, sans doute, mais la qualification se vide de sens quand un autre carnage n’est pas appelé « carnage ». Quand le régime d’Assad a balancé des barils de sarin sur les faubourgs de Ghouta, on n’a pas vu les différents fabriques d’opinion employé le mot « carnage » pour qualifier le massacre industriel de presque deux mille personnes. Quand l’État Islamique décapite des opposants, on parle de « exécutions atroces », ce que ces actes commis par un État au nom de ses valeurs sont effectivement sans le moindre doute, tandis que quand les attaques de drones au Pakistan, au Yemen, en Somalie, en Afghanistan et ailleurs ont tué depuis 2006 plus de six mille personnes, ont les qualifie « frappes chirurgicales ». Quand des centaines de personnes périssent dans l’incendie d’une usine de vêtements au Bangladesh, produisant les vêtements de marque en vente partout dans le monde, on parle d’une « tragédie », induisant le public à croire qu’il s’agit d’un accident et non pas d’une conséquence évidente du mode de production capitaliste, tandis que les bombardements de villes et villages kurde par l’État turque, un allié de l’Union Européenne et membre de l’OTAN, sont des « opérations de maintien d’ordre ». Le mots employés, le sens qui y est attribué, trahit une vision du monde.

Le sang que des jihadistes ont fait couler dans le métro de Bruxelles et dans le hall d’entrée de l’aéroport nous rappelle aussi l’acharnement des jihadistes contre ceux qui se sont soulevés au cris de liberté et de dignité ces dernières années, en Syrie comme ailleurs. Il rappelle les révolutionnaires enlevés, emprisonnés, torturés et massacrés par les jihadistes dans les zones qui sont désormais sous leur contrôle. Il rappelle le régime atroce et sanguinaire qu’ils cherchent à imposer à tant de personnes, en Syrie et ailleurs. Il rappelle comment, sur le cadavre d’un soulèvement libérateur, la réaction qui vient est toujours extrême et impitoyable. Il vient confirmer combien difficile il serait dans les temps à venir de parler et de lutter pour la liberté, à distinguer clairement les ennemis de la liberté (tout Etat, tout autoritaire, tout chef) sans aménager aucun d’entre eux dans la guerre qu’ils se livrent.

Comme désormais tout le monde pourra comprendre, aucun mesure anti-terroriste, aucune bataillon de militaires postée dans les rues des métropoles, aucun réseau de vidéosurveillance, ne pourra empêcher celui qui veut tuer un maximum de personnes, et en plus, y laisser soi-même la vie, d’agir et de massacrer. L’État est incapable de mettre fin à la guerre qui, malgré les apparences d’États « pacifiques », fait partie de son raison d’être, qui est son raison d’être. Arrêter la guerre n’est possible par ceux qui refusent toute guerre. Et refuser toute guerre n’est possible qu’en rejetant toute autorité qui veut, comme c’est dans son essence, s’imposer (c’est-à-dire, faire la guerre). Pour donner un exemple assez concret, on parle aujourd’hui beaucoup des « soutiens » dont bénéficieraient les jihadistes dans les quartiers populaires de Bruxelles. Si ce serait le cas, si des gens des quartiers savent qui prêche la guerre sainte, si quelqu’un a des informations concernant la préparation d’un carnage dans les rues de la ville où il habite, s’ils savent qui recrute des jeunes sans plus aucune référence et en proie à l’idéologie réactionnaire du jihadisme, est-ce qu’il devrait aller en parler à la police pour que l’État s’en occupe ? Cet même État qui laisse noyer des milliers de réfugiés, qui participe à des bombardements dans différents zones de la planète, qui enferme et torture pour faire régner son ordre, qui manœuvre, à l’instar des dictatures comme celle d’Assad, ces mêmes mouvements jihadistes (on se rappelle que le type qui a arrangé les voyages, les passeports, les contacts de dizaines de jeunes partis en Syrie était… un infiltré de la Police Fédérale) ? Non. Ils devraient agir par eux-mêmes. Ils savent probablement mieux que quiconque où et comment frapper. Si l’État ne nous avait pas rendu moutons, dépendants et impuissants à un tel point qu’on ne sait à peine encore se défendre, on serait sans doute plus nombreux à mettre fin aux agissements d’un courant jihadiste dans les quartiers où on vit.

Mais ce raisonnement vaut aussi pour tous les autres prêcheurs de guerre et défenseurs du cannibalisme capitaliste. C’est sur le cadavre du combat pour la liberté qui fleurit la continuation de la domination. Comment vivre paisible à deux rues d’un chercheur qui développe des nouvelles armes ? Comment tolérer sans rien faire un homme d’État qui met en œuvre la politique des « push backs », un autre de ces expressions pour ne pas dire « noyade massif et délibéré » ? Comment ne pas casser la figure de celui qui parle de « liberté » quand il veut dire exploitation de milliards de personnes ? Avec chaque pas qu’on a mis en arrière – tous, sans exception – la réaction dévore à chaque fois plus d’espace où lutter pour l’émancipation humaine, la liberté des hommes et la fin de l’exploitation.

On nous dira qu’il faut « parler de religion » aujourd’hui. D’accord, mais pas seulement parce les auteurs des carnages à Bruxelles sont mus par des croyances religieuses. On en parlera, parce que c’est le jihadisme (l’autorité religieuse) qui, ensemble avec le régime d’Assad (l’autorité laïque), qui a massacré la révolution en Syrie. On en parlera, mais pas seulement dans sa version islamique, mais aussi dans sa version scientifique et étatique. Les massacres commis au nom d’Allah sont répugnants comme le sont les massacres commis au nom de la Science, du Progrès et de l’Argent. On critiquera les religions, toutes les religions, parce qu’elles veulent imposer une autorité aux individus, parce qu’elles sont la négation de la liberté. La vision apocalyptique des partisans de l’État islamique n’est pas sans rappeler que cela fait longtemps que des Etats se sont munis des instruments de l’apocalypse (bombes atomiques, centrales nucléaires) afin d’assurer leur règne.

La situation d’aujourd’hui n’est pas sans précédent dans l’histoire, en tout cas, en ce qui concerne l’espace pour agir de révolutionnaires et d’anarchistes. Si les premiers jours de la Première Guerre Mondiale avait fait fondre les espoirs internationalistes, l’écrasement de la révolution sociale en Espagne en 1936 inaugurait les années noires à venir qui allaient décimer et déchirer les révolutionnaires. Et la « fin des hostilités » déclarée par des protagonistes de la lutte armée en Italie dans les années 80, a achevé, en concordance avec l’État, les espaces de subversion ouvert par tant d’années de lutte et de combat. Et quoi dire de l’action des révolutionnaires lors d’innombrables guerres qui ont déchirés des pays au monde entier ? Les espaces pour la subversion anti-autoritaire se réduisent aujourd’hui sensiblement, on approche maintenant, dans certaines contrées, leur disparition pure et simple. Cette tendance est double : elle rend particulièrement compliqué l’agir subversif par l’occupation répressive de l’espace par l’État et elle semble rendre incompréhensible aux yeux des autres cet agir. Le dégoût totale pourrait alors nous amener à se réfugier dans quelque forêt obscure, en espérant de pouvoir rester en dehors et que le rouge du sang ne vient pas maculer les feuilles verdâtres. Si un tel forêt existe, c’est de là aussi que pourrait repartir les assauts contre ce monde d’autorité. Prendre conscience de notre quasi-disparition du tableau ne doit pas forcément vouloir dire abandonner. Elle peut constituer un point de départ pour multiplier, à nouveau, les points de ralliements des déserteurs de la guerre des puissants. Inverser la tendance sera très difficile, n’empêche qu’on peut au moins essayer de se donner les moyens et les capacités pour se défendre et attaquer en tant que révolutionnaires et anarchistes, et de trouver à nouveau des façons pour briser la propagande des États (démocratiques, islamiques ou autres) qui aveugle les esprits et les sensibilités. Une telle tentative de renouveau de l’anarchisme combatif nécessitera une bonne dose de courage et d’audace, une éthique non-négociable, une lucidité théorique quant aux conditions de l’affrontement révolutionnaire. Et elle ne saurait se cantonner aux frontières des Etats, tout comme elle se doit de refuser n’importe quelle tranchée déjà creusée, aujourd’hui invariablement toutes infâmes.

Affûter la critique de l’État, de tous les États (démocraties comme califats), de toutes les autorités, est ce qui est à faire. Et cela, dans des conditions toujours plus défavorables, tellement la perspective d’une révolution sociale, est poussé dans la marge. Mais il est aussi grand temps d’ouvrir des débats profondes sur cette perspective révolutionnaire, et les révolutionnaires qui sont supposés la défendre. Aux anarchistes notamment d’analyser les nouvelles conditions de la lutte anti-autoritaire, de prendre acte du fait que l’État ne manquera pas de tenter d’éliminer toute voix qui dérange et tout acte qui s’oppose à lui, de s’interroger sur les méthodes d’intervention et les projets de lutte qu’on a développé ces dernières années, de réfléchir sur comment se placer dans une perspective qui se projette dans les années à venir. Refuser les camps des autoritaires ne peut qu’être le premier pas.

Des anarchistes
24 mars 2016

[Grèce] Lettre ouverte de Pola Roupa à propos de la tentative de libérer Nikos Maziotis de la prison de Koridallos

Traduction de la première partie de la lettre de Pola Roupa initialement publiée sur Indymedia Athènes avec la traduction reçu le 15 mars :

Dans d’autres circonstances, ce texte aurait été écrit par Lutte Révolutionnnaire. Toutefois, le résultat de la tentative de faire évader le camarade Nikos Maziotis de la prison de Koridallos m’oblige à parler personnellement.

Le 21 février [2016], j’ai tenté de faire évader le membre de Lutte Révolutionnaire Nikos Maziotis par hélicoptère. L’opération était planifiée de sorte que d’autres prisonniers/prisonnières politiques qui voulaient se frayer un chemin vers la liberté puissent se joindre à nous. Les détails du plan, comment j’ai réussi à esquiver les mesures de sécurité et embarquer dans l’hélicoptère armée, n’ont pas d’intérêt particulier, et je ne les considèrerait pas ; malgré le fait qu’il y a eu beaucoup de désinformation. Juste par souci de clarté, je mentionnerai seulement que le plan n’était pas basé sur une précédente évasion par hélicoptère, qu’il n’est pas associé à des résultats de plans pas encore implémentés, et que je n’ai aucune relation avec une autre personne fugitive, en dépit des représentations médiatiques qui disent le contraire. Aussi, cette tentative n’était pas précédée d’un autre projet d’évasion qui «aurait échoué», comme le disent certains médias.

Au quart du voyage après notre décollage de Thermisia en Argolide, j’ai sorti mon arme et demandé au pilote de changer de cap. Bien sûr, il n’a pas compris qui j’étais, mais il a réalisé que c’était une tentative d’évasion de prison. Il a paniqué. Il m’a attaqué en sortant un pistolet – un fait qu’il a «omis de mentionner». Aussi parce qu’ils vont probablement essayer de réfuter le fait qu’il était armé, je rappelle à tout le monde que des rapports publiquement disponibles parlent de la découverte de deux chargeurs dans l’hélicoptère. L’un était le mien, mais pas le deuxième. Le deuxième chargeur était celui de son propre flingue, qui est tombé de ses mains pendant notre bagarre en vol. Et pour ma part, bien sûr que j’avais un deuxième chargeur. Comment aurais-je pu partir pour une telle opération avec un seul chargeur ?

Il a perdu le contrôle de l’hélicoptère et hurlé, paniqué, «nous allons nous tuer». La description qui a été faite d’un hélicoptère pratiquement incontrôlable est vraie. Mais ça n’était pas une conséquence de mes actes, mais des siens. L’hélicoptère perdait de l’altitude et tourbillonnait dans les airs. Nous volions quelques mètres au-dessus de lignes électriques. Je lui ai crié de remonter l’hélicoptère, de faire ce que je lui disais afin que personne ne soit blessé.

En peu de temps, nous étions au sol. Celleux qui parlent d’une réaction dépassionnée du pilote, apparemment en se basant sur le résultat, ne savent pas de quoi illes parlent.

Au lieu de faire ce que je lui ai dit de faire, il a préféré risquer de s’écraser avec moi dans un accident d’hélicoptère, ce qui par chance n’est pas arrivé. Il va sans dire qu’au moment d’entrer dans l’hélicoptère et d’essayer d’en prendre le contrôle, de le diriger vers les prisons, j’avais pris ma décision. S’il refusait de faire ce que je lui disais, je réagirais évidemment. Celleux qui prétendent que je suis responsable de la descente incontrôlée de l’hélicoptère, de 5000 pieds [~1500m] jusqu’au sol, à quoi s’attendaient-illes ? Que je dise «si vous ne voulez pas aller aux prisons, ça ne fait rien» ? J’ai tiré avec mon arme et nous avons commencé – tou·te·s les deux armé·e·s – une bagarre en vol.

Il a préféré risquer de s’écraser avec moi sur la montagne plutôt qu’obéir. Lorsque nous avons finalement atterri avec de la vitesse, même si je savais que l’opération était ratée, j’ai eu toutes les opportunités d’exécuter le pilote. J’ai consciemment décidé de ne pas le faire. Bien que je savais qu’avec cette décision je mettais en danger ma vie ou ma liberté, je ne l’ai pas exécuté, alors même que j’en avais la possibilité. Il le sait très bien lui-même. La seule chose qui m’a retenue a été ma conscience politique. Et j’ai pris cette décision, en risquant ma propre vie et ma possibilité de m’enfuir.

En ce qui concerne l’opération d’évasion elle-même, il est évident que toutes les mesures de sécurité possibles ont été prises pour protéger notre opération contre les gardes armés qui patrouillent dans le périmètre de la prison, et je transportais même un gilet pare-balles pour le pilote. Dans ce cas-là, le but était que l’évasion se passe d’une façon qui assure le plus faible risque possible pour l’hélicoptère, les camarades, et, bien sûr, le pilote. J’ai agi avec la même idée quand nous avons atterri ; malgré le fait qu’il était armé. J’ai essentiellement placé sa vie au-dessus de la mienne et de ma propre sécurité. Mais je voudrais reconsidérer ce choix en particulier.

S’organiser pour évader Nikos Maziotis était une décision politiques, autant que c’était une décision politique de libérer d’autres prisonniers/prisonnières politiques. Ce n’était pas un choix personnel. Si j’avais voulu libérer seulement mon camarade Nikos Maziotis, je n’aurais pas affrété un gros hélicoptère – un point qui a rendu l’organisation de l’opération plus complexe. Le but de l’opération était aussi la libération d’autres prisonniers et prisonnières ; celleux qui ont effectivement voulu, avec nous, se frayer un chemin vers la liberté.

Cette action, par conséquent, et malgré ses dimensions personnelles qui sont connues, n’était pas un choix personnel, mais politique. C’était un pas sur le chemin de la Révolution. Cela vaut aussi pour toutes les actions que j’ai entreprises et pour toutes les actions que j’entreprendrai à l’avenir. Ce sont des maillons d’une chaîne de planification révolutionnaire visant à créer des conditions politiques et sociales plus favorables, pour élargir et renforcer la lutte révolutionnaire. Plus loin je me réfèrerai aux bases politiques de ce choix ; mais je dois d’abord parler de faits, et de la façon dont j’ai procédé jusqu’à maintenant au regard de certains de ces faits.

Comme je l’ai mentionné précédemment, chaque action que je réalise concerne un acte lié à la planification politique. Dans le même contexte, j’ai exproprié une succursale de la Banque du Pirée, dans les locaux de l’hôpital Sotiria à Athènes en juin dernier [2015]. Avec cet argent, en plus de ma survie en «clandestinité», j’ai assuré l’organisation de mon action et le financement de l’opération de libération de Nikos Maziotis et d’autres prisonnières politiques des prisons des femmes de Koridallos. La raison pour laquelle je me réfère à cette expropriation (je me fiche royalement des conséquences pénales de cet aveu) est que, aujourd’hui, je considère comme absolument nécessaire de révéler comment je procède au regard de la sécurité des civilEs, qui dans certaines circonstances sont présentEs dans les actions révolutionnaires dans lesquelles je suis impliquée, et ma perspective à propos de cette question à l’occasion – toujours mutatis mutandis – de la tentative d’évasion.

Dans le cas de l’expropriation de la succursale de la Banque du Pirée, ce que j’ai dit aux employéEs lorsque nous sommes entréEs dans la banque était qu’illes ne devraient pas déclencher l’alarme, parce que cela mettrait en danger leur propre sécurité, puisque je n’étais pas prête à quitter la banque sans l’argent. Je ne les ai ni menacé, ni mis en danger directement. Le danger ne pourrait venir que de la police, si les flics arrivaient et que nous avions un affrontement armé. Et la police n’arriverait que si unE employéE déclenchait l’alarme de la banque. C’était un développement qu’illes voulaient évider. Parce que les personnes qui se trouvent présentes lors de telles actions n’ont pas peur de celleux qui tentent d’exproprier, mais de l’intervention de la police. En outre, il est vraiment stupide pour quiconque de tenter de défendre l’argent qui appartient aux banquiers. Et pour information, lorsqu’une employée m’a dit «nous sommes nous aussi de pauvres gens», je lui ai suggéré de nous déplacer dans un angle mort, où les caméras ne pouvaient pas nous voir, pour lui donner 5000 euros, ce qu’elle n’a pas accepté, apparemment par peur. Si elle avait accepté l’argent, elle peut être sûre que je n’en parlerais pas publiquement. Et un détail : ce que je tenais était un tablier médical pour couvrir mon arme quand j’attendais à l’extérieur de la banque ; ce n’était pas une serviette (!), comme mentionné à plusieurs reprises.

À chaque époque, dans la lutte pour la Révolution – ainsi que c’est le cas dans toutes les guerres -, parfois les révolutionnaires sont obligéEs de solliciter l’aide de civilEs dans leur combat. Les exemples historiques sont trop nombreux – une tentative de les documenter remplirait un livre entier, et ce n’est pas le moment de s’étendre sur la question – à la fois en Grèce et dans les mouvements et organisations armées dans d’autres pays. Dans de tels cas, toutefois, nous leur demandons essentiellement de prendre parti dans une guerre. Lorsque quelqu’unE refuse d’aider, ille ne se positionne pas seulement sur une pratique particulière, mais pose une attitude globale d’hostilité à la lutte. Illes mettent en danger ou empêchent les projets, illes mettent les vies des combattantEs en danger, illes mettent des obstacles en travers de la voie vers un processus révolutionnaire. Illes prennent position contre une guerre sociale de classe.

Ni à la succursale de la Banque du Pirée, ni durant la tentative d’évasion par hélicoptère je n’ai fait connaître mon identité, de sorte qu’aucune personne impliquée dans ces affaires ne savait que c’était des actions politiques. Mais après la tentative d’évasion ratée, et étant donné que – comme je l’ai déjà mentionné – j’ai eu l’opportunité de tuer le pilote mais que je ne l’ai pas fait, en risquant ma propre vie, je dois rendre public ce qui suit : à partir de maintenant, à chaque fois que j’aurais besoin de l’aide de civilEs, et si j’estime cela nécessaire, je ferai connaître mon identité d’emblée. Puisque ma mission dans tous les cas est de promouvoir la lutte pour le renversement de l’establishment criminel, que chacunE sache que tout possible refus de coopérer et tout effort d’obstruction de l’action sera traité en conséquence.

Je suis, bien sûr, au courant des informations personnelles du pilote, mais je n’ai pas menacé sa famille. Je ne menacerai jamais de familles et d’enfants.

Ceci est mon bilan après la tentative d’évasion, que je dois rendre public.

L’OPÉRATION D’ÉVASION ÉTAIT UN CHOIX RÉVOLUTIONNAIRE

[…]

J’AI TENTÉ L’ÉVASION DE LA PRISON POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE
TOUTE MA VIE JE LUTTE POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE
JE CONTINUERAI À LUTTER POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE

Pola Roupa
membre de Lutte Révolutionnaire

anglais | allemand | portugais | italien par Croce Nera Anarchica

[Affiche] Brûle ton école : resistance et sabotage !

Reçu le 25 mars :

Cliquez ici ou sur l’affiche pour la télécharger (3,8mb)

Marseille : Banderole de soutien pour Gaël, condamné à 6 mois de prison ferme

Reçu le 24 mars :

Le 17 mars lors d’une manifestation contre la Loi Travail à Nantes, plusieurs personnes ont été arrêtées. Gaël a passé 48h en grade à vue avant d’être placé en mandat de dépôt. Le lundi 21, il est passé en comparution immédiate et à été condamné à 6 mois de prison ferme.

A Marseille, aujourd’hui lors d’une nouvelle journée de manifestation, une banderole de solidarité à été déployée sur un pont.

De Marseille à Nantes : solidarité !

Liberté pour Gaël !

anglais | allemand | portugais | italien

[Marseille] Un texte qui présente la situation d’Osman Evcan et banderole posée en solidarité avec lui

NdT : Une banderole a été posée sur le pont de cours ju à marseille le 18 mars, en solidarité avec Osman Evcan et pour le soutenir dans sa grève de la faim. En dessous vous trouverez une traduction d’un texte publié par l’ABC d’Istanbul présentant la situation d’Osman Evcan.

La photo de la bannière ajoutée le 25 mars. En anglais et allemand.

Publié le 2 mars 2016 :

Osman Evcan est né en 1959 à Samsun et est un prisonnier anarchiste ayant passé ses 23 dernières années en prison. En 1992 il a été condamné à 30ans de prison avec pour charges l’appartenance à un groupe terroriste de gauche et braquage. Il a aussi été emprisonné pour 9 ans entre 1980-1989. Depuis que Osman a adopté des idées anarchistes en 2003, il est aussi devenu vegan et soutient les luttes de libération animale.

Osman Evcan a été emprisonné dans de nombreuses et différentes prisons au long de sa peine à travers tout le pays ; il a construit sa vie sur une lutte contre la violence autoritaire, et spécialement la violence et l’oppression qui fait partie intégrante de la structure hiérarchique de la prison, et il continue sa lutte contre la mentalité oppressive de la prison, sans céder d’un pouce, aspirant à des bases justes pour les individu-e-s anarchistes, vegan et libertaire.

Le premier acte de résistance d’Osman a été sa grève de la faim de 42 jours en 2011 pour que de la nourriture vegan soit disponible en prison. Durant sa grève de la faim, les anarchistes et militant-e-s pour la libération animale du monde entier et en Turquie ont soutenu la lutte d’Osman pour l’accès à de la nourriture vegan en prison. Après 42 jours de grève de la faim le gouvernement a abandonné et a mis en place une régulation pour les prisonnier-e-s vegans et vegetarien-ne-s : « les demandes des prisonnier-e-s vegans ou vegetarien-ne-s seront acceptés aussi longtempts qu’elles se limiteront à permettre la subsistance ». Après cette victoire de tou-te-s les anarchistes, militant-e-s de la libération animale et prisonnier-e-s politiques, Osman a continué à faire partie de la lutte anarchiste durant son temps en prison. Il a soutenu les luttes LGBT, de libération animale, de droits des femmes, et les luttes anti-impérialistes en dehors de la prison, et il a fait des grèves de la faim pour protester contre le massacre d’animaux durant chaque “festin de sacrifice” tous les ans pour 3 ans ; il a écrit des articles pour défendre la nature, des identités ethniques et différentes autres contre les rafles du gouvernement et de la bourgeoisie comprador, et il continue sa lutte politique autant qu’il le peut depuis la prison.

Osman Evcan a été jugé coupable d’être membre d’un groupe terroriste de gauche ; il s’auto-critique en disant qu’autant les formes de système capitaliste que de système socialiste sont des formations étatistes et de colons. Pour citer ses propres mots : « le veganisme ne fait pas seulement contraste avec le capitalisme mais aussi avec le socialisme. Le veganisme fait contraste avec la civilisation. Le veganisme implique une attitude sans compromis contre la destruction technologique, la violence, l’aliénation de la nature et d’elle-même de l’espèce humaine, le pillage écologique, la pollution, le colonialisme, le réchauffement climatique. Les actes de la civilisation ont une histoire commune avec les formes étatistes d’organisation. L’idée d’un état grandissant via un processus débutant par un point ‘primitif’ dans un conitnuum de modernisation continu pour des centaines d’années et se transformant en état-nation est un résultat de la civilisation. Nous ne pouvons séparer ces deux choses se renforçant et se produisant mutuellement. Le veganisme est une attitude radicale contre tout… ».

Après sa grève de la faim de 33 jours en Juin 2015 il a avancé d’un pas en avant en termes d’approvisionnement de nourriture vegan et a obtenu le droit d’obtenir de la nourriture vegan de l’extérieur des prisons. L’administration pénitentiaire a usurpé cette victoire pour des raisons arbitraires.

Après l’usurpation du droit d’obtention de nourriture vegan de l’extérieur de la prison par l’administration de la prison de Kandira No1, Osman Evcan a commencé de nouveau une grève de la faim le 10 novembre 2015, et après 39 jours l’administration pénitentiaire lui a rendu ses acquis. Mais peu après, tôt dans le matin, Osman Evcan a été exilé de force à la prison Siliviri de type L, et sous l’excuse du manque de place il a été placé dans une unité pour les « courtes durées » ne comprenant pas de cours d’exercice. Après qu’il ait été amené dans cette prison de force, aucune nourriture ne lui a été donné pour 4 jours et après cela, la nourriture qui lui a été donné n’était pas assez bonne pour une alimentation saine. Malgré le fait qu’il ait fait des dizaines de pétitions, aucune réponse n’a été donné.

Osman Evcan est enfermé avec des prisonniers “ordinaires”. Donc cela signifie que les droits que les prisonniers politiques ont gagné au travers de leurs luttes pour des années n’existent pas dans cette prison. Un exemple pour cela est la présence de caméras dans les cellules. Osman Evcan, qui précise qu’il n’acceptera jamais ce genre d’outil de contrôle et de surveillance dans sa cellule, essaye de mettre fin à cette pratique en cassant ou modifiant l’angle de vue des caméras. Mais la réaction de l’administration pénitentiaire face à cet acte a été de renforcer les punitions disciplinaires comme l’interdiction de visite des membres de la famille. Et comme résultat de punitions disciplinaires il fait face à 12 jours en isolement.

Pour ajouter à ça, la limite de livres autorisés par cellule de cette prison n’est que de 10 livres. Donc si vous prenez en compte le fait que dans ces prisons il n’est pas autorisé d’avoir accès à des sources d’information rapides comme l’internet, la plupart de ses livres seront des livres de bases. On peut dire qu’il n’y a pratiquement pas d’opportunité donné aux prisonniers de lire quelque chose de nouveau.

Mais l’état ne décide pas seulement de la quantité de livres que vous pouvez lire, il décide également quel livre vous êtes autorisé à lire. C’est aussi une méthode pour transformer les prisonniers (ceux qu’ils emprisonnent afin de les régénérer ou les re-former) en ce qu’ils veulent qu’ils soient. En les faisant regarder les chaînes de télé, lire les livres et magazines qu’ils veulent, ils pensent pouvoir obtenir tout ce qu’ils veulent de la façon qu’ils veulent, au travers de la tête des prisonniers. Ne pas fournir les publications voulues aux prisonniers, ce n’est pas respecter le droit de recevoir des informations politiques gratuites.

Ils ne donnent aucune d’information aux prisonniers sur l’état de livraison ou de distribution des lettres et faxes. Pour les autorités carcérales, c’est préparer le terrain pour ne pas envoyer de lettres de façon arbitraire. Aussi accompagné de cette interdiction de communication, cette situation d’obscurité devient une oppression permanente et constante. En gardant les corps en un lieu stable, tous les instruments nécessaires pour continuer à exister sont dégagés.

Avec cette grève de la faim, Osman Evcan montre à l’état qu’il n’obéit pas, il ne se rend pas face à leurs oppressions et pratiques en prison. Accepter signifie la destruction de ta propre identité, de ta propre existence. La seule façon de se débarrasser d’identités politiques est le contrôle des comportements. La matérialisation extérieure des identités politiques sont les grèves de la faim. Et l’état répond à ces grèves de la faim en gardant les corps dans un lieu stable et en retirant tout instrument nécessaire afin de continuer à exister. Si ceux qui doivent obéir n’obéissent pas, l’état révèle visuellement une chasse aux sorcières politique. C’est exactement ce qu’ils désirent faire à Osman : une extermination silencieuse de la psyche et du corps.

La lutte d’Osman consiste à ne pas laisser son identité être détruire, et à montrer qu’il ne se rendra pas sous les méthodes de pression de l’état. Sacrifier son corps à la mort signifie ne pas se rendre. Cela signifie vivre sans perdre son identité et laisser ses gains aux successeurs. La lutte d’Osman est bien plus qu’un paquet vegan : c’est une guerre pour exister.

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Contra Info

en anglais et allemand

De Notre-Dame-des-Landes à Calais : Un week-end d’action et de présence contre la politique du gouvernement

Le week-end du 26 et 27 mars, un appel à actions décentralisées contre le PS a été lancés par le mouvement anti-aéroport

Venir à Calais, c’est la possibilité de lier ces luttes. C’est pourquoi nous invitons à rejoindre Calais à partir du vendredi 25 mars. Il n’y a pas d’infrastructure d’accueil, venez avec votre propre moyen de couchage, duvets, tentes, alimentation etc… Soyez le plus autonome possible. Il y a des restaurants pas cher dans la jungle mis en place par les réfugiés. L’eau du camp n’est pas potable. Prévoyez ce qu’il faut. Il est possible de rejoindre le centre-ville par bus. Si besoin téléphone sur place : 07.51.02.17.33 et numéro de la légal 07.51.55.72.54

Le gouvernement est partout : appel à actions décentralisées et à participer à la campagne de recueil d’information sur les CAO (centre d’accueil et d’orientation) Nous appelons aussi toutes les personnes ailleurs, à organiser des actions décentralisées et à marquer leur soutien avec les réfugiés par des banderoles ou tout autres moyens de communication lors des actions décentralisées contre la construction de l’aéroport de Notre-dame-des-Landes et à d’autres moments. Un appel à également été lancé pour créer un réseau sur la centaine de CAO disséminés sur le territoire français devant « permettre 1) de mutualiser les compétences des un.e.s et des autres et 2) d’opposer une résistance commune dans les cas de situation inadmissibles ou de remise à la rue des personnes actuellement accueillies. » L’appel peut être lu ici.

Extrait à partir de :  De Notre-Dame-des-Landes à Calais : Appel à lutter contre la politique violente et destructrice menée par l’état envers celles et ceux qu’il considère indésirables

en anglais par squat.net

Marseille : Deux banderoles pour la journée internationale contre les violences policières

Des banderoles ont étés posées le 19 mars pour la journée internationale contre les violences policières. Une pour les personnes mutilé.e.S et une pour les personnes assassiné.e.s sur deux ponts de Marseille : celui du Cours Julien et celui de la gare de Saint Charles.

ACAB

en anglais et allemand

Sortie de « Paris sous tension » n° 6

Cliquez ici ou sur l’image pour lire le pdf (5,9mb)

Pour lire le journal texte par texte : Numéro 6

Les numéros précédents sont consultables ici.

Bonne lecture.

Laval, Québec : Manifestation de bruit devant la prison de Leclerc en soutien aux luttes des prisonnièr.es

Manifestation de bruit devant la prison de Leclerc en soutien aux luttes des prisonnièr.es, pour dénoncer les conditions de détention et démontrer la solidarité avec les détenues transférées de Tanguay à Leclerc.

19 mars 2016 (Laval, Québec) – Plus de 50 personnes se sont réunies pour une manifestation de bruit devant la prison Leclerc à Laval pour exprimer leur solidarité avec les détenu.es : En février passé, sans grande couverture médiatique ou indignation de la population générale, les prisonnières du centre de détention Tanguay d’Ahuntsic ont été transférées à la prison Leclerc, une prison pour hommes à Laval, comme conséquence des mesures d’austérité imposées au Québec.

Dénonçant les conditions dans la prison, les participant.es à la manifestation ont lu des textes contre le système carcéral et sa relation avec le colonialisme, le patriarcat, la suprématie blanche et le capitalisme. Utilisant des feux d’artifices, de la musique, du bruit et des discours, Les manifestant.es ont envoyé leur message de solidarité à ces prisonnièr.es qui, enfermé.es loin du reste de la société et de leur famille, sont parmi les plus directement affecté.es par les mesures d’austérité et également les plus restreint.es dans leur possibilité d’exprimer une opposition aux mesures violentes et arbitraires du gouvernement.

Le 31 décembre 2015, les femmes de Tanguay ont publié une liste de demandes et ont récemment dénoncé la violence arbitraire et les abus qu’elles ont subis durant le transfert vers Leclerc. Elles vivent désormais des conditions plus difficiles qu’à Tanguay (leur manifeste est en ligne). Les auteures de ces demandes dénoncent le manque de nourriture adaptée à leurs besoins, de produits nettoyants et d’accès à des produits d’hygiène. Elles demandent également l’accès aux programmes de réinsertion, plus de temps dans la cours et des soins médicaux adaptés pour les personnes souffrant de dépendances.

« Les femmes qui demandaient des meilleures conditions à Tanguay et qui sont maintenant à la prison provinciale de Leclerc, font partie intégrale de la lutte contre l’austérité. Nous devrions connecter leur lutte à l’intérieur des prison avec nos luttes à l’extérieur », a dit Virginie Dubeau, une organisatrice avec le groupe Toute Détention Est Politique. « La vigile de ce soir est tenue en support de leurs demandes, pour la fermeture de toutes les prisons et pour mettre fin à la violence patriarcale. »

« La menace de la prison est utilisée pour confiner les gens dans les systèmes oppressifs du colonialisme, du capitalisme et du patriarcat. Les peuples autochtones, les personnes de couleur et les gens pauvres sont emprisonné.es de façon disproportionnée au Canada. » a expliqué Dubeau. « Dans les cinq dernières années, le nombre total de femmes accusées de crimes punissables par du temps d’incarcération a augmenté de 40%, alors que le nombre de femmes des Premières Nations emprisonnées a augmenté de 85% dans les dix dernières années. Cette réalité n’a rien à voir avec la soi-disant ‘augmentation des crimes’ (qui a en fait diminué); mais est plutôt directement reliée avec le profilage racial et la façon dont certaines populations sont gardées dans une précarité économique constante. »

Après le rassemblement devant Leclerc, les participant.es se sont réuni.es devant la prison Tanguay dans Ahuntsic pour une action symbolique contre toutes les prisons et centres de détention. Des silhouettes ont été attachées sur les clôtures pour commémorer les impacts des prisons sur les individu.es, les familles et les communautés, pour se rappeler la violence et les traumatismes causés par ces institutions et pour honorer la résistance et la résilience des personnes qui sont passé.es au travers du système carcéral.

Karine Tremblay, membre du groupe Toutes Détention Est Politique explique :
« Nous souhaitons tout d’abord mentionner que ce n’est pas une victoire, car les personnes qui y étaient détenues sont toujours prisonnières, dans une situation où leur conditions sont encore pires qu’elles l’étaient.
Toutefois, en gardant ça en tête, nous sommes réuni.es ici aujourd’hui afin d’utiliser le symbole d’une prison vide pour réaffirmer notre désir de voir tout le complexe industriel carcéral s’effondrer. Alors que ce système détruit nos communautés et renforce le statu quo d’oppressions, en persécutant tout ce qui n’est pas mentalement apte- blanc- cis-hetero-mâle et riche, nous comprenons qu’aucune demande ne pourrait produire cet effondrement, que seulement une résistance active peut réussir à nous libérer. »

Sous les slogans : ‘Fin aux prisons! Liberté et digité pour tou.te.s’, les organisateur.trice.s de la manifestation ont également invité les participant.es à penser à des alternatives aux prisons.

« Les prisons ne rendent pas nos communautés plus sécuritaires, elles les détruisent. Les prisons amplifient les réalités coloniales, racistes et patriarcales qui sont déjà partie de notre vie quotidienne au Canada, » soutient Tremblay.

Voir les statistiques ici. Pour toute information, contactez: toutedetentionestpolitique[at]riseup.net

[Brochure] Des écrits et des communiqués en solidarité avec Mónica Caballero et Francisco Solar

Cliquez sur l’image pour le télécharger en pdf (40 pages, 5,3mb)

Reçu le 13 mars :

Cette brochure est publiée à la suite de celle intitulée « Jusqu’à détruire la dernière des cages », publiée aux alentours de mars 2014, toujours disponible en papier, et consultable sur internet sur divers sites anarchistes.

La Bourrasque : Bulletin de critique et d’agitation anarchistes écrit depuis Clermont et ses abords

Cliquer ici ou sur image pour télécharger le pdf.

Cliquer ici ou sur image pour télécharger le pdf (9,4mb).

La Bourrasque est un bulletin qui ne se construit depuis aucune base politique, idéologique ou morale, considérant que ce ne sont que trois facettes d’une même domination. Les textes proposés ici ne se nourrissent que de rages et de désirs. La rage contre ce monde pourri par l’autorité et le fric. Le désir de vivre des instants d’insoumission et de liberté. S’il nous tient à cœur de mieux comprendre et évoquer dans ces lignes comment s’articulent les dominations qui traversent cette société, ce n’est pas pour en être les spectateurs-trices indignéEs mais pour envisager des pratiques et des horizons offensifs contre tous les pouvoirs. Allergiques aux dogmes et aux avant-gardismes, nous ne souhaitons ni convaincre, ni persuader. Dans La Bourrasque, nous voyons plutôt un souffle qui circule de rencontres en affinités. Une rafale qui recherche les brèches du vieux monde pour s’y engouffrer et les élargir. Un peu de vent pour que le feu se propage.

Pour lecture, diffusion, retours critiques… Tout est là : https://labourrasque.noblogs.org/

Bon vent…

Marseille : Incendie d’une voiture du GDF Suez en solidarité avec Calais

Reçu le 19 mars :

Au cours des dernières semaines, L’État et sa “bonne” armée ont intensifié leurs attaques contre nos ami.e.s à Calais, entre deux ratonnades fascistes. Mais ceux qui s’attaques aux réseaux libertaires doivent s’attendre à des réactions fortes.
Si les maisons construites à Calais se font détruire, nous détruisons l’infrastructure répressive, à Marseille comme n’importe où ailleurs.
En réponse aux destructions et aux attaques contre la Jungle de Calais, nous avons brûlé une camionnette de {Cofely – GDF Suez}, qui profite de la gestion des soi-disant “migrants” en participant à la construction de centres de rétention en France et en Italie, le vendredi 4 mars dans le quartier de Baille.

La lutte contre toutes les frontières, les États et la société d’exclusion et d’expulsion continuera.
Pour une vie solidaire.

H.i.H.i.H.i
(Hibouc Insomniaques à l’Humeur Internationaliste et à l’Humour Incandescent)

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Grèce : Déclaration du compagnon Christos Tsakalos concernant le procès contre la tentative d’évasion de la CCF

Le mouvement perpétuel vers la liberté…

« C’est comme un jeu avec des cartes marquées… Tu sais que les probabilités sont contre toi, mais tu continue à jouer… pourquoi ? …Si non dans le but de continuer le jeu… Et pour faire d’autres rencontres dans le futur pour gagner le match ? …Ceci est notre héritage… »

Le 15 Février a commencé le procès à propos du projet d’évasion de la Conspiration des Cellules de Feu. Il y sont jugés un total de 28 personnes, y compris les membres de nos familles et d’autres personnes qui n’ont aucun rapport avec l’affaire.

En tant que Conspiration des Cellules de Feu, nous avons assumé la responsabilité du projet et de sa préparation pratique / technique (armes, explosifs, roquettes et véhicules volés qu’ils ont trouvés dans les caches de l’organisation).

Mais les réponses sur ce qui nous a conduit à la décision d’échapper aux juges et aux flics ils ne la trouveront ni dans les armes, ni dans les explosifs ni dans les messages déchiffrés saisis.

Chaque personne peut trouver la réponse, aussi longtemps qu’il/elle entend le son des chaines utilisées contre lui/elle, chaînes baptisées liberté. Une « liberté » qui échange nos vie par des câbles, des appareils et des écrans… Une “liberté” qui porte le masque de l’esclave heureux… Mais il n’y a rien de réel derrière le masque…

La vie est étranglée par le chantage de la tyrannie financière, la sueur mal payé dans les oubliettes du travail, les matraques, les gaz lacrymogènes et les balles de la répression…

Pendant ce temps, des cieux pleut la mort avec des bombes qui transforment des pays entiers en fosses communes, en petits enfants morts sur les rives de la mer Égée et en milliers de personnes abandonnées dans des camps de concentration…

Dans le même temps, le mensonge est devenu vérité par la propagande journalistique, la technologie contrôle notre présent et nos émotions, le spectacle habille de manière voyante notre solitude, et l’homme occidental devient agresseur et victime de son amnésie, parce qu’il a oublié ce que cela signifie de vivre libre. Ceci est la réponse à pourquoi quelqu’un devrait non seulement échapper à la prison, mais aussi devenir un fugitif de la vie légale d’un être obéissant…

Ces pensées sont les instigateurs de notre évasion. Si nous pouvions, nous aimerions creuser les murs même avec nos ongles pour échapper et déterrer les armes pour la cause de la liberté et de la révolution. Et peu importe combien de ces tentatives échouent ou combien de têtes sont brisées contre les barreaux de la prison, au final les barreaux plieront.

Parce que les actions ne peuvent être comptés par les armes ou les explosifs, mais avec la conviction que ce monde doit être démoli pour que prospère la liberté.

Tant les juges que les flics savent que nous sommes déterminé(e)s… Voilà pourquoi ils ont choisi de prendre en otage nos familles. Pour faire un chantage émotionnel et arracher notre silence. Mais il n’y aura jamais un cesser le feu entre nous et le pouvoir…

Dans les 10.000 pages de leur dossier les autorités judiciaires essayent de rendre leur mensonge plus convaincant et appellent 20 témoins (la moitié d’entre eux sont des exécutifs des service anti-terroriste) pour le confirmer. Ils accusent ma mère, Evi (la femme de mon frère) et Christos (le frère du camarade G. Polydoros) d’être membres de “l’organisation terroriste CCF”.

Leur incarcération a déjà été ordonné par les palais du pouvoir. Ceci est un exemple de l’arrogance d’un pouvoir qui pense jouer sans adversaire.

Ce procès est une écho de la lutte… En résumé, ils faut interrompre violemment l’attaque par une répression de fer visant les nôtres car ils sont incapables de nous mettre à genoux.

Mais le défi n’est pas seulement de subvertir le coup judiciaire qui nous fait chanter à travers la persécution de nos famille, mais aussi d’amener la peur jusqu’aux maisons des ennemi(e)s. Là où ils se croient invulnérables. Et si la marche de la répression résonne… Il est temps que nos propres armes soient entendus.

“Un jour, nous devrons miser sur tout,” contre toutes nos remises à demain, sans hésitation, debout devant nos bourreaux… C’est eux ou nous…

L’absence efface les gens… Mais il y a ceux/celles qui sont perdu(e)s en exil ou confiné(e)s dans un kilomètre de « liberté » et qui sont présents dans nos cœurs… Des gens comme Athena, Evi et Christos, car aujourd’hui continuer d’être humain(e)s est en sois-même un acte de courage…

Notre jour viendra…

Christos Tsakalos – Membre de la Conspiration des cellules de feu / F.A.I.

Marseille : Une semaine d’actions en solidarité avec la résistance à Calais

Cliquez sur l’image pour l’affiche (4.8mb). L’affiche est également dispo en anglais. Pour plus d’affiches en solidarité avec la lutte à Calais cliquez ici.

Reçu le 16 mars :

Suite aux récentes expulsions à Calais, une semaine d’actions en solidarité avec la résistance dans la « Jungle » a eu lieu à Marseille. Nombre d’individuEs et groupes ont contribué de façon anonyme aux diverses actions contenues dans ce communiqué. Toutes les cibles choisies collaborent dans la répression, l’assujettissement et la déportation de personnes migrantes et/ou sans papiers, à Calais ou ailleurs.
Ci-dessous la liste des actions telles qu’elles ont été communiquées par les personnes concernées :

* 500 autocollants dont “non aux expulsions- solidarité avec la résistance à calais”, “Migrants bienvenus – ramène tes potes”, “collabo – solidarité avec les sans papiers à Calais”, ainsi que divers autres en français et en anglais, distribués à travers la ville.

* Plusieurs petites actions ont eu lieu le dimanche 6 mars :
Des affiches du FN ont été détruites et des slogans pro-migration ont été tagué sur un mur à côté.
Les pneus d’un véhicule appartenant à Orange Telecom (en lien avec l’État) ont été crevés.
“Collabos aux expulsions” tagué sur 3 boîtes aux lettres de La Poste.
Un distributeur de liquide et une caméra de sécurité ont été saboté avec de la peinture à la banque BNP Paribas sur l’avenue de la Corderie – “collabo” tagué à côté du distributeur.
Le bâtiment de La Poste également tagué “collabo aux expulsions”.

* 200 affiches collées autour de Noailles, la Belle de Mai et National (1er et 3ème) avec quatre affiches différentes : “Solidarité avec les sans papiers à calais”, “Solidarité avec la résistance à calais” et “Solidarité avec les grèves de la faim à calais” (le dernière en français et anglais)

* Mercredi 9 mars tôt le matin :
Lâché de banderole disant “Solidarité avec la résistance à Calais – personne est illégal-e”.
Des slogans tagués : ” pas de papiers pas d’expulsions” ” brûle les frontières, brûle l’état” ” pas de frontières – pas d’état – pas de problèmes!” “Vinci collabo des expulsions” “non aux expulsions”

* Jeudi 10 mars à 4h30 : bâtiment de la Croix Rouge, rue Baille, 5e arrondissement. Des fenêtres explosées avec des pierres et serrures sabotées. Contre les collaborateurs ‘humanitaires’ et leurs tentatives d’adoucir la violence des frontières. Il n’y a pas d’expulsions paisible.

* Deux distributeurs des collabo LCL ont été mis hors service.
Une voiture de la métropole saboté et “calais” peint sur le toit.

* Des tagues contre six bâtiments du Groupe SOS dans le 1er, 3e et 7e : au 200 et 357 bvd national, 3 bvd grigou, 2 rue grigan (serrures également cassées), 24a rue fort notre-dame, 1 bvd charles livron.
Egalement deux bureaux de poste : 184 bvd national et place bernard de cabinet.
“collabo aux expulsions” et “solidarité avec les sans papiers à calais” et “solidarité avec la résistance à calais”

* La nuit du jeudi 10 : tagues et bombes de peinture contre 3 bâtiments de la Croix Rouge autour du boulevard Chave dans le 5e arrondissement (un magasin de charité et les bureaux). Les messages peints : “Solidarité avec Calais” et “Collabo aux expulsions”.

* Un groupe d’entre nous a décidé de faire une banderole disant “A bas toutes les frontières – Solidarité avec la résistance contre l’expulsion à Calais” en français, arabe et anglais. Nous avons pris une photo avec quelques amiEs tenant la banderole, comme geste simple pour celleux qui luttent à Calais. Ça a eu lieu vendredi.

en anglais | allemand | portugais

Besançon, France : Solidarité avec Mónica et Francisco

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Durant le week-end des 5 et 6 mars 2016, l’église de la Madeleine à Besançon, située dans le quartier Battant, a été taguée en solidarité avec les anarchistes Monica et Francisco, qui se trouvent entre les mains de l’Etat espagnol et qui ont déjà passé de trop longues années derrière les barreaux.

Force et courage aux compagnon.ne.s !

en anglais

Barcelone, État espagnol : Face aux attaques du pouvoir, l’offensive continue

Après les dernières opérations de police contre le milieu anarchiste, beaucoup a été dit et a été écrit, la plupart du temps, les communiqués et les opinions ont été en grande partie une plainte ou une “condamnation” de la répression du pouvoir. Face à la dernière opération répressive et les réactions qui ont suivi, nous considerons que nous aussi nous voulons donner notre point de vue.

Tout d’abord il faut comprendre que la répression qui a eu lieu est la réponse logique de l’État face a nous qui sommes considérés comme ses ennemis. Nous ne comprenons pas les communiqués victimisant dans lesquels l’état d’esprit (bien sûr écris avec des mots très appropriés ) est de supplier l’État de cesser de lancer ses hordes de flics a “l’aveugle” contre les anarchistes. Disant que la répression est injustifiée (et bien sûr on use et abuse du terme « montage »). Disant que nous ne ferions jamais rien de mauvais. Disant qu’ils nous attaquent car l’on “pense différemment”… Ils essayent de donner de nous une image de « normalité » et essayent par tous les moyens de rendre cette image publique la plus propre et la plus socialement acceptable possible. Ils font de leur mieux pour se distancer des discours ou des pratiques violentes, tombant ainsi dans le jeu du pouvoir et utilisant le même langage, des distinctions sont faite entre « bon(e)s » et « mauvais(es) » anarchistes, promouvant de l’intérieur la même criminalisation.

Arrivé à  ce stade, entre ces “anarchistes” il y a ceux/celles qui n’ont aucune honte à donner des interviews aux médias, donnant une image lamentable et, ce qui est bien pire, se positionnent comme les portes-parole du “mouvement anarchiste” (et à y être de tous mouvements sociaux). Ces aspirants politiques ou aspirants guides de masse font leur possible pour éloigner l’anarchisme de son caractère subversif et conflictuel, le dépeignant comme un simple mouvement d’activisme social, vide de tout discours et pratique de confrontation au pouvoir et à l’ordre existant.

Ensuite, il y a les discours de ceux/celles qui parlent continuellement de l’horreur de la répression, du fait que nous sommes tou(te)s surveillé(e)s, que nous ne pouvons rien y faire, ces attitudes ne font rien de plus que semer la panique et la paranoïa collective, et derrière ces discours et attitudes il y a ceux/celles qui, pour cacher leur immobilisme, utilisent comme prétexte l’omniprésence de la répression, des suivis, le classique “mais moi je suis fiché” etc… Celui/Celle qui ne veut rien assumer, c’est sa décision personnelle, mais se cacher derrière une peur incontrôlée et bien souvent sans fondement et s’employer à répandre ce sentiment défaitiste est dangereux et contre-productif. Cela ne veut pas dire qu’il y a les “lâches” et les “courageux(ses)”, il est tout à fait normal d’avoir peur des détentions au poste de police, de la prison, des coups, de la torture et des meurtres de bourreaux ou de matons…

Pourtant, libérer la peur conduit à la panique et a la paranoïa, ce qui à son tour conduit souvent aux discours défaitistes appelant à la passivité, à l’immobilisme, et affirmant qu’il est préférable de “bien se (com)porter” autant pour soi-même que pour le reste des compagnons(gnes) afin de ne pas être la cible des enquêtes policières.

Pour en finir avec le sujet nous affirmons que l’État ne nous a même pas montré la partie émergée de l’iceberg, ceci n’est rien comparé à ce qu’ils pourraient faire, et de fait, il suffit de regarder la répression présente actuellement dans d’autres parties du monde (et  il n’y a pas besoin d’aller bien loin) ou même dans l’état espagnol il y a quelques décennies. Il doit être clair que, du moment où nous nous positionnons comme anarchistes, nous vivons dans le risque et la possibilité d’être frappé(e)s par la machinerie répressive, même en dehors de nos pratiques, parce que, comme nous l’avons  déjà vu, il y a des moments où la dite machinerie répressive cherche plus à provoquer la peur chez l’ennemi en s’en prenant à tout le monde au lieu de donner des coups précis, donc, aux yeux du pouvoir n’importe (la)lequel d’entre nous est une cible potentielle.

Malgré tout le déploiement des opérations policières, les arrestations et les calomnies qu’ils ont effectués (et qui restent à venir) le pouvoir sait que nous resterons toujours des individu(e)s impossible à contrôler, impossible ù effrayer quelque soient leurs tentatives. Ils ne pourront pas en finir avec notre soif de détruire tout ce qui nous opprime. Nous sommes ravi(e)s de voir que malgré tout ce qu’il c’est passé, ils n’ont pas réussi à stopper l’offensive contre l’existant. Tous les jours, il y a celleux qui, sans céder à la peur ni à la soumission sociale, continuent l’attaque permanente. L’action anarchiste multiforme a continué de se diffuser à travers les différents quartiers, peuples et villes sous forme de publications et de textes combatifs, d’affiches, de graffitis, de pancartes, de sabotages,  d’incendies et d’explosifs, coupant les routes a coup de de barricades, d’affrontements, d’attaques contre les bâtiments du pouvoir et organisant des émeutes lors de manifestations…

Bien que la tendance au sein de l’État espagnol soit toujours de ne pas revendiquer les actions, que beaucoup d’entre elles restent muettes et sont réduits au silence, nous savons pertinemment qu’elles ont plus ou moins eu lieu. La violence minoritaire a continué et continuera, et si l’on parle de violence, ouvertement et sans complexe, c’est parce que nous sommes convaincus que le pouvoir ne tombera pas de lui-même ni qu’aucun messie ne tombera du ciel avec la solution toute faite.

Nous n’utilisons pas des mots comme « auto-défense » ou « contre-violence », nous ne parlons pas non plus de violence anarchiste seulement quand il y a un contexte adhésion des masses à ce qui n’est plus acceptable. Nous avons constaté que, malgré tout, la  pratique insurrectionnelle et l’attaque sont encore possibles, la police ne peut pas être partout, ils ne peuvent pas nous espionner ou nous contrôler tou(te)s, un peu de bon sens, une bonne planification et une bonne volonté sont plus que suffisants pour prouver que l’image d’un monde contrôlé et pacifiée n’est qu’une illusion, à nous de briser cette illusion de tranquillité.

Parce que face aux attaques du pouvoir et face à la misère de certain(e)s « anarchistes » qui ne se soucient que de donner une image de « bon(ne)s garçon/fille innocent(e) intégré(e)s à la société » afin de se sauver elleux mêmes, nous, nous armons nos désirs et nos passions, nous, nous passons à l’attaque.
Aux masses et à leur passivité, nous offrons juste notre agressivité, nous n’attendons rien d’elleux et nous nous jetons pleinement dans la révolte permanente anarchique.

Nous sommes quelques révolté(e)s qui avons décidé de rester fier(e)s, dignes et  de prendre le risque d’oser vivre l’anarchie ici et maintenant.

Les paroles sans actes sont pour nous paroles mortes, c’est pourquoi nous profitons de ce communiqué pour revendiquer les actions suivantes (faites dans différents arrondissements de Barcelone) :

L’incendie de plusieurs véhicules appartenant à différentes entreprises privées ou publiques, la plupart d’entre elles étaient des sociétés de sécurité.

Attaques d’agences bancaires en brisant le verre de leurs vitrines et de leurs DAB avec des marteaux, des pierres et de la peinture, voire en les incendiant.

Incendies de différents conteneurs et destruction de mobilier urbain.

Avec ce communiqué, nous souhaitons saluer affectueusement tou(te)s nos prisonnier(e)s,
en particulier Monica et Francisco qui sont détenu(e)s depuis plus de deux ans sans baisser la tête,
aux compas Nicola et Alfredo,
aux compas de la CCF et à tou(te)s les compas prisonnier(e)s actuellement au Chili comme a tou(te)s les compas prisonnier(e)s partout dans le monde.
C’est ainsi que nous saluons nos prisonnier(e)s et nous nous rappelons de tou(te)s celleux qui sont tombe(e)s au combat.
Nous saluons également tous celleux qui jour après jour, continuent de miser sur le conflit et l’insurrection anarchiste permanente, faisant aujourd’hui et pour toujours de l’anarchie une menace permanente.

Pour un Décembre Noir partout !

Pour l’Internationale Noire d’Anarchistes de Pratique !

Pour l’extension du Chaos et de l’Anarchie !

Rien n’est fini, la guerre continue…

Individu(e)s pour la Dispersion du Chaos – FAI / FRI

en espagnol

Philadelphie, USA : Solidarité avec la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes

zadsoli-768x1024zadsoli2-768x1024Reçu le 27 Février :

Aujourd’hui, 27 Février, nous avons collé des affiches dans le centre ville de Philadelphie en réponse à l’appel à un mobilisation générale contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes. Les affiches expliquent ce qu’est la ZAD et la lutte contre l’aéroport. Nous les avons collés principalement près des parkings et des structures LAZ. LAZ appartient à Vinci, la compagnie qui est responsable de la construction de l’aéroport à Notre-Dame-Des -Landes.

Contre l’aéroport et son monde !

en anglais, italien

[Grèce] Quelques mots de la CCF – Cellule de la Guerilla Urbaine en solidarité avec Monica et Francisco

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Dans le cadre de la solidarité internationale avec Monica et Francisco, nous envoyons quelques mots écrits avec le cœur en complicité…

Le procès des compagnons(gnes) Monica Caballero et Francisco solar aura lieu le 8, 9 et 10 mars à Madrid devant la Cour Suprême de l’Audiencia Nacional. Accusé(e)s pour l’explosion d’un artefact artisanal dans la basilique d’El Pilar à Saragosse… La responsabilité a été assumé par le “Commando insurrectionnel Mateo Morral,” qui, selon l’acte d’accusation appartient aux Groupes Anarchistes Coordonnés qui seraient la section espagnole de la Fédération Anarchiste Informelle (FAI / FRI).

Les arrestations de Monica et Francisco du 13 Novembre 2013 ont été le début d’une série de campagnes anti-anarchistes de l’État espagnol (Opération Pandora, Opération Piñata). Les cibles étaient les ami(e)s et les compagnons(gnes) des deux anarchistes prisonniers, plus des squats et des espaces de rencontre anarchiste.
Il ont arrêté plus de 40 personnes.

Le 28 Octobre 2015, les autorités espagnoles ont décidé de prolonger de deux ans la détention de Francisco et Monica avec prolongation du régime FIES3 (conditions « spéciales » de détention).

La procureur a déjà demandé 44 ans de prison pour chacun d’eux, tandis que pendant sa péroraison empoisonnée elle a profité de l’hystérie anti-terroriste internationale après que ISIS a frappé à Paris pour les comparer aux cellules d’action djihadiste !!!

Monica et Francisco étaient déjà sur la liste noire du pouvoir depuis leur détention passée dans les prisons au Chili pour le “caso bombas”…

Nous ne sommes pas avocat pour discuter des détails de l’affaire… Mais nous savons qu’une bombe dans une église est un acte qui libère… Chaque église est un monument de la défaite humaine.  Des milliers d’épouvantails en robe font énormément d’argent en endormissant les foules désireuses de croyance. Ils vendent une place dans leur faux paradis, tandis qu’eux-mêmes se déplacent en limousines blindées, jets privés et yachts de luxe.

Ils offrent des miettes de charité, tandis qu’en même temps Leurs comptes bancaires personnels débordent d’argent dans des banques dont ils sont eux-mêmes actionnaires… Ils marchandisent “l’espoir” afin de pouvoir manipuler la peur de la crise économique, des impasses existentielles et de la dissemblance.

Ils prêchent la résignation et la soumission aveugle, afin de cacher la fumée des scandales de pornographie juvénile et de la peste qui sévit dans leurs cercles sociaux.
Pour cette raison, nous choisissons d’être profane contre les gens pieux …

Chaque fois qu’une église saute, la liberté gagne quelques mètres de terrain par-dessus les débris de l’explosion.

Monica et Francisco ne seront pas seuls au tribunal. Chaque cœur révolté palpitera au rythme de leurs cœurs.

Notre pari est de synchroniser nos cœurs avec nos actions pour reprendre notre liberté… Pour Monica… Pour Francisco… Pour tou(te)s…

JAMAIS REPENTI(E)S
JAMAIS VAINCU(E)S

Conspiration des Cellules de Feu – Cellule de la Guérilla Urbaine
FAI-FRI

Argentine: Actions pamphlétaires à Buenos Aires

Le 9 février à 03h15, nous avons laissé une bouteille qui a explosé, faisant s’envoler les brochures qui étaient attachés à la bouteille. L’endroit que nous avons choisi fut une école de police du sud de la région métropolitaine de Buenos Aires, fabrique de bâtards en uniforme, pierre angulaire de ce système d’oppression.

brochure :
Nous détestons l’autorité et méprisons ce monde de reproduction constante de la misère. L’oppression continue que nous sentons entre routine du travail et contrôle social est quelque chose que nous ne pouvons pas tolérer si nous aspirons à récupérer nos vies et les enlacer à l’intensité des moments de liberté. Voilà pourquoi nous avons décidé de donner un coup à la sécurité et à la tranquillité d’une nuit pleine de vigiles et de frapper chez vous.
Bien que les campagnes et slogans pour rejoindre les forces de l’ordre avec des salaires élevés sont récurrents, il y en a qui méprisent toute personne qui se met un quelconque uniforme représentant la répression.

Avec cette action, nous voulons consacrer notre solidarité avec le blocus de Monsanto à Cordoba, avec Francisco et Monica qui font bientôt face à un procès dans lequel ils pourraient leur faire tomber plus de 40 ans, aux compas de la CCF qui dans quelques jours seront jugés pour la tentative d’évasion de Korydallos, à nos frères Pombo et Fernando Barcenas qui récemment étaient en grève de la faim et aux irréductibles connu(e)s ou non qui se trouvent dans tous les recoins de la planète.

Nike les poulets!
Nous ne les voulons pas, ni ne les respectons!
Vive l’anarchie!

D’autre part, le mercredi 24 février, premier jour de la mise en œuvre du “Protocole antipiquet” impulsé par la vigile Patricia Bullrich [ministre de la sécurité de la nation], nous avons mis une bombe bruyante sur une plate-forme de la station de train Hipolito Yrigoyen, dans la capitale de cette cité putrid. Action que nous avons réalisé quelques minutes avant 20 h en laissant sur place plusieurs brochures avec le texte suivant :

« En démocratie ou en dictature, l’État nous torture. Contre le contrôle et la répression du président / homme d’affaires Mauricio Macri et de ses étrons obséquieux, nous aggravons le conflit, nous approfondissons l’offensive. Par la mort des politiques, militaires, juges et tous ceux qui, par leur silence approuvent cette société policière. Par la destruction de la civilisation dominante ».

* Dans la poursuite et l’intensification du conflit contre le monde de la domination
* De grosses embrassades au compagnon Nikos Maziotis, aucune prison n’est invulnérable.
* Nous nous préparons à accueillir le président Obama…

en espagnol

[Calais] Deux affiches en solidarité avec la lutte

Reçu le 5 mars :

Les affiches sont également en anglais

Mülheim An Der Ruhr, Allemagne : 9 voitures incendiées en solidarité avec les compagnons(gnes) de la CCF et avec Monica et Francisco

Au petit matin du 14 Février, nous avons mis le feu au cimetière urbain de Mülheim An Der Ruhr en brûlant neuf voitures en plaçant des engins incendiaires artisanaux sous les pneus. Pour nous toutes les voitures sont également des machines toxiques et désagréables du système techno-industriel, ainsi nous avons donc brûlé indistinctement, choisissant de ne pas nous limiter à cibler selon quelque abstraite définition de voiture “de luxe”.

Cette attaque fût un acte de vengeance pour tou(te)s les compagnons(gnes) non humains écrasé(e)s sur les routes de «progrès» humain, et dont la vie et les habitats sont détruits chaque jour pour produire des voitures pour le bon fonctionnement de la société et pour l’accumulation du pouvoir dans les mains des corporations détruisant notre habitat, l’environnement naturel.

Nous avons choisi d’agir un jour avant la date originelle du procès pour le cas de la tentative d’évasion de la Conspiration des Cellules de Feu – Cellule de Membres Prisonniers, pour demeurer avec elleux jusqu’à ce que toutes les prisons soient réduite en cendres et en ruines, et que tou(te)s les compagnons(gnes) humain(e)s et non-humain(e)s soient libres.

Nous envoyons aussi nos saluts, d’amour et de colère à Monica Caballero et Francisco Solar, dont le procès a été fixé pour 8, 9 et 10 Mars pour les bombes placées dans deux églises en Espagne.

Ceci est un geste de complicité dans la guerre pour la libération totale.
En avant avec le rejet violent de la civilisation et ses valeurs!

Jusqu’à ce que nous soyons tou(te)s libres!

Cellule de Feu Sauvage – ALF / ELF / FAI

La Cisterna, Chili : Revendication de l’attaque incendiaire/explosive contre la banque Santander

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Aux insurgé(e)s, aux révolutionnaires, aux compagnons(gnes)s en affinité et complices :

Nous assumons l’entière responsabilité de l’attaque destructrice menée à l’aube du jeudi 25 Février 2016 avec  un engin incendiaire/explosif contre la succursale de la banque Santander situé dans l’avenue José Miguel Carrera près du croisement avec l’avenue Fernández Albano.

Avec un mélange incendiaire composé de napalm et d’essence dans un bidon de plastique et cinq cartouches de gaz butane-propane attachés, le tout déclenché par un double retardateur configuré afin de nous laisser le temps nécessaire de nous retirer des lieux sans contretemps ni surprise en dépit que se fût une nuit particulièrement assiégée par des contingents de police présents en vertu de la stratégie brutale de contrôle préventif de masse. Compte tenu de ce contexte, déterminé(e)s et décidé(e)s nous avons à nouveau réussi d’avancer et de ridiculiser leurs mesures répressives concrétisant ainsi la destruction antérieurement planifiée.

En contredisant l’apparition d’un subrogeant du changement, nous n’avons jamais eu l’intention d’engager ou de contribuer à un débat « démocratique » ou dictatorial ou populaire, de ceci vous devez en êtres plus que conscient, l’histoire ainsi l’a démontré et notre présent fournit et nourrit la continuité de la guerre contre l’État-Capital. Arpentant ce conflit permanent, nous avons décidé de répondre à l’appel de solidarité avec Francisco Solar et Monica Caballero, prisonnier(e)s en Espagne depuis 2013 et dont commence le procès à leur encontre qui réclame l’enterrement des compagnons/gnes avec plusieurs décennies de prison. Nous reconnaissons dans leur cohérence théorique/pratique une sincère affinité révolutionnaire qui nous amène instinctivement à faire preuve de solidarité avec elleux et d’autres prisonnier(e)s dans le monde entier qui, malgré le panorama répressif, judiciaire et pénitentiaire écœurant, maintiennent intactes leurs postures de confrontation, nous saluons les compagnons(gnes) de la  Conspiration des Cellules de Feu en Grèce et la compagne Angeliki Spyropoulou qui se trouvent actuellement en procès après le démantèlement du plan d’évasion, comme ça nous saluons également le compagnon Nikos Maziotis séquestré dans la prison de Korydallos et nous dédions particulièrement cette nuit de Feu et de Destruction à l’irréductible compagne Pola Roupa qui aurait essayé un sauvetage aérien de prisonnier(e)s subversifs/ves à partir d’un hélicoptère dans la prison de Korydallos.

“Les chaînes de l’obéissance sont fondues par les flammes insurrectionnelles qui brûlent en chaque cœur opprimé… Notre choix est une : lutte violente, incontrôlable et permanente pour détruire l’État et le Pouvoir. Nous sommes en colère, nous sommes rebelles. Nous sommes leur pire cauchemar “
Lambros Foundas, compagnon abattu par la police lors d’un braquage en Grèce.

Indépendamment des matériaux et des méthodes utilisées à cette occasion, nous considérons que combattre le Pouvoir est une construction multiforme sans de pratiques supérieures ou meilleures que d’autres tant que toutes visent et maintiennent en leurs piliers la pratique autonome, digne, horizontale, fraternelle, informelle et cohérente sans renier sous aucun prétexte – et scénario – ces fondations qui donnent corps à la résistance et à l’offensive anarchique.

Au titre de ce point de vue révolutionnaire de concevoir la confrontation avec le Pouvoir et l’Autorité, nous nous éloignons de tout discours qui cherche à étendre l’attaque aveugle et la visualisation d’une quelconque personne comme une cible potentielle  à attaquer et à tuer. Comme source illimitée de nos actions nous cherchons à éviter de nuire à des tiers qui par hasard circulent près de l’objectif à attaquer, en comprenant que toute la planification -aujourd’hui – est en accord avec le ciblage d’un objectif matériel. L’attaque a une étique et n’est pas aveugle, nous embrassons l’action incendiaire mais ne partageons pas le discours qui cherche à se propager.

Le développement de la Guerre Sociale ne se dégrade pas, au contraire elle avance et se projette, nous continuons à miser sur la construction de multiples réseaux informels d’attaque qui détruisent l’ordre existant. Renforcer maintenant les pratiques révolutionnaires dans tous les lieux où se reproduisent les relations de pouvoir et d’oppression, la lutte est continue et sans fin : Force et constance des assauts contre l’ennemi.

A moins de trois mois d’un nouvel anniversaire de la mort au combat du compagnon anarchiste Mauricio Morales…

Nous marchons avec le feu et la poudre,
jusqu’à détruire le dernier bastion de la société de la prison !

Mémoire conspiratrice pour le compagnon nihiliste Sebastian Oversluij
Rien est réglé et les ennemis le savent!

Nous saluons les compagnons(gnes) Kevin Garrido et Joaquín García, et tou(te)s les prisonnier(e)s qui dignes et fier(e)s résistent et défient le pouvoir.

PAR LA DIFFUSION DES PRATIQUES ANTAGONISTES AU POUVOIR ET A TOUTE AUTORITÉ!
SOLIDARITÉ ET COMPLICITÉ AVEC LES COMPAGNONS(GNES) INCARCÉRÉ(E)S!

CELLULE RÉVOLUTIONNAIRE PAULIN SCARFO

FÉDÉRATION ANARCHISTE INFORMELLE / FRONT RÉVOLUTIONNAIRE INTERNATIONAL
FAI-FRI

en espagnol

[Barcelone] : Appel à la solidarité insurrectionelle avec les compagnons(gnes) anarchistes Monica Caballero et Francisco Solar

llamadoMonaFrancisco

Les prochains 8, 9 et 10 mars 2016 les compagnons(gnes) anarchistes Monica et Francisco se confrontent à leur procès à l’audience nationale de Madrid.

Depuis Barcelone nous faisons un appel à la solidarité et à l’action anarchiste, un appel à briser l’inaction, l’attente et la passivité.

L’appel ne se limite pas à une semaine spécifique mais commence aujourd’hui et se prolonge  jusqu’à la fin du jugement.

Ni la distance ni les frontières imposées n’ont été un frein aux diverses preuves de solidarité avec les compagnons(gnes) Monica et Francisco.

Que ce soit en différents endroit du monde et que ce soit avec des bombes, du feu et des émeutes, de multiples individus et groupes insurgés ont fait de la solidarité avec les prisonnier(e)s anarchistes une pratique de confrontation envers l’État et ses sbires.

Solidarisons nous avec les compagnons(gnes) Monica et Francisco, que la solidarité soit plus qu’une parole écrite.

Turquie : Pas de compromis avec l’état ! Osman Evcan est en grève de la faim !

Cliquez ici pour la traduction de l’affiche par Panthères Enragées

Par ABC Istanbul