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Bristol, Royaume-Uni : A propos de l’opération Rhone et la chasse à Badger

Quand l’anarchiste de bristol Huw ‘Badger’ Norfolk  s’est fait la malle ailleurs courant août 2011, le mot s’est rapidement répendu dans les communautés anarchistes et radicales de Bristol. Sa décision de s’extraire de toute investigation policière fut immédiatement évidente pour touTEs les nombreuxES amiEs à qui il n’a pas eu le temps de dire au revoir. Sans doute, beaucoup ont soupçonné que cette fuite ailleurs serait d’une courte durée. Mais au lieu de ça, rien, si ce n’est cet appel en ligne anonyme deux mois plus tard, dans lequel il affiche sans ménagement sa non-confirmité.

Avancé rapide à décembre 2014 et les yeux de Badger nous regardent fixement depuis tous les médias nationaux et un bon nombre de journaux locaux. Crimestoppers [1] et l’opération Rhone de la police d’Avon et Somerset annoncent une récompense de 10 000 £ en échange d’informations, tout en imposant également à ses parents du nord-ouest de Bristol de se retrouver sous le feu des médias. Badger est recherché pour deux actions particulières, bien qu’il n’existe pas de preuves ayant été cité pour aucune d’entre elles. Il est clair que la chasse à Badger, et ces deux actions, sont juste une partie de l’investigation menée sur plus de 100 actions de « personnes inconnues » [2] au cours des quatre dernières années.

Alors pourquoi ce tourbillon d’attention policière et médiatique ? En réalité la police a été active tout ce temps, soutenu par leurs limiers de média-esclave du Bristol Post. Nous, à Bristol Defendant Solidarity [Solidarité avec les accusés de Bristol], avons une chronologie de leurs activités depuis août 2011, quand les victimes d’un raid policier infructueux sur un squat de Bristol nous ont contacté pour soutien et conseil. Depuis, l’activité policière a fluctué, rien pour des mois, puis une activité intense, comme ces derniers 6 mois de 2014 – déclenchée apparemment par des forces extérieures à celle de la région, ce  qui a mené à la mise en place officielle de l’Opération Rhone. En plus de trouver et d’arrêter des suspectEs, les buts de cette opération incluent notemment le rassemblement d’informations sur « la menace de l’extrémisme domestique » et afin de «maintenir la confiance publique».

Il est clair que la police ne sait rien. Aucune piste, si ce n’est l’identité de Badger et les déclarations postées en ligne par « persons unkown ». Donc comme un homme soûl à en être aveugle dans une allée sombre, ils s’en sont pris à quiconque pouvait être selon eux intimidéE ou piégéE. Il y a eu de nombreuses arrestations menant à des extensions de libertés surveillées, et même des bracelets élétroniques, 6 au moins depuis juin 2014, mais pas de jugements ; des perquisitions de maisons et de voitures ; visites chez les genTEs et lieux de travail pour « bavarder » ; coups de fil à des numéros de portables privés ; harcélement des partenaires actuelLEs et passés d’individuEs ; des interpellations à l’aéroport ; demandes constantes pour que les genTEs mouchardent ; et sans doute un nombre incalculable de cas de surveillances secrètes. Tout cela en vain et à grand coût. Il y a à présent eu une arrestation et un plaidoyer de culpabilité lié à un incident la veille du Nouvelle An, mais cela se révèle être un cas à part qui ne résulte pas du travail de l’opération Rhone – même s’ils ont été impliqué peu après. Il se dit que l’opération Rhone implique au moins 10 officiers CID [Central Intelligence Departement : Département de Renseignements Central] – dans n’importe quel autre domaine de travail quelqu’unE aurait été viré à cette heure-ci !

Une déclaration d’une des personnes harcelées résume le tout : « Un matin il y a quelques mois, je me suis réveillé pour trouver ma maison pleine de policiers. Quand je dis pleine je veux dire littéralement – c’était difficile de se déplacer ! Ils avaient déjà arrêté la personne pour laquelle ils étaient venus. Il a été libéré peu de temps après sans charges et l’affaire contre lui a depuis été totalement abandonné. S’ils n’avaient même pas assez de preuves contre lui pour le charger, je ne vois pas comment ils peuvent justifier le fait de fouiller ma maison en premier lieu – je ne pense pas qu’ils avaient quoique se soit contre lui. En tout cas, en plus de prendre tous les trucs élétroniques (comme un disque dur et un ordinateur portable), ils semblaient empaqueter n’importe quoi qui avait l’air politique… »

Alors pourquoi ce mur de silence, et pourquoi ce manque de succès de la police ? D’un côté ils harcèlent les genTEs – des anarchistes et radicaux impliquéEs dans des activités publiques, des musicienNEs, et de simples connaissances – qui ne savent clairement rien. D’un autre côté, le fait est qu’un large nombre de personnes ont une méfiance totale, et une haine, envers la police.  Quelque soient les opinions personnelles qu’ont les genTEs sur la validité des actions menées par « personnes inconnues », ils ne coopéreront pas avec la police – ils sont l’ennemi, le bras droit autoritaire de l’État, et ils ont de lourds précédents. Par conséquent, un grand nombre ont soutenu une « déclaration publique contre le harcèlement policier ».  En plus de cette chronologie, Bristol Defendant Solidarity a publié des conseils à destination des personnes faisant face au harcélement policier, et a aidé celleux qui nous contactaient à se mettre en lien et à planifier une réponse. Entre autre chose, ce groupe a organisé une manifestation au siège du CID de Bristol, ce qui a tant dérangé la police qu’ils ont riposté avec des flics armés [3] et des maîtres-chien.

Il est communément accepté que la police existe pour maintenir le status quo – le règne d’un petit nombre sur une majorité. L’historique de leurs magouilles et de la négation des droits limités que nous avons est sans fin. Leur soutien des chefs contre les luttes des travailleurEUSEs est continu. Leur sexisme et racisme, institutionnel. Leur violence est bien documentée puisqu’ils tuent en toute impunité. Leur pouvoir de surveillance est hors de contrôle. Leur armement et équipement de plus en plus militarisé. Leurs agents inflitrés agissent comme agents provocateurs et contraignent les genTEs dans des relations. Leur corruption est à couper le souffle. Les plaintes contre eux et investigations de l’IPCC [Independent Police Complaints Commission : équivalent de la Police des polices] sont en pleine ascension, même le chef de police a été suspendu et est le sujet d’une investigation IPCC. Pourquoi diable qui que ce soit, sans parler des anarchistes et radicaux, aurait quoi que ce soit  à faire avec eux ?

Bristol Defendant Solidarity

BDS est un groupe indépendant, auto-financé et géré par des bénévoles locaux, formé après les émeutes de Stokes Croft en avril 2011. Notre but est d’assurer un soutien et une solidarité inconditionnelle, durable et efficace pour qui que ce soit arrêtéE ou emprisonnéE suite à des manifestations, des émeutes, actions directes et la guerre de classes croissante. Nous prenons clairement position contre la répression d’État et les violences policières.

Notes de traduction
[1] Selon leur propre description, une « agence indépendante de combat contre le crime ». Dans les faits, une extension de l’appareil d’État répressif destinée à chasser les criminelLEs accusés, comptant exclusivement sur le fait que les mouchardEs leurs fournissent des informations qu’ils transmettent ensuite directement aux flics – principalement quand la police échoue dans la capture de leurs fugitives.
[2] « personnes inconnues » : « person(s) unknown » correspond à la terminologie anglaise légale utilisée pour décrire des individuEs inconnuEs impliquéEs dans des investigations criminelles et des procédures civiles. De plus, « Person(s) Unknown Publications » est le nom d’un projet de publication se disant illégal et ayant publié la brochure « Since the Bristol riots ». C’est probablement pourquoi cette terminologie a été utilisé dans ce texte, plutôt que quelque chose comme « des individus anonymes ».
[3] Les policierEs aux Royaumes-Unis ne sont pas touTEs muniEs d’armes à feu. Ainsi le terme ‘armed police’ se réfère ici à l’unité munie d’armes à feu de la force policière territoriale.

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