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Prisons étasuniennes : « Décembre Noir », texte du prisonnier anarchiste Sean Swain

Décembre Noir arrive, et pas trop tôt. On a sculpté nos théories et analysé notre réalité, on sait quel sorte de futur on désire et tout ce qu’on aura à déchirer dans le but de pouvoir y accéder. Le temps pour philosopher et en discuter est fini, et on fait face à un moment inévitable de conflit avec les forces du contrôle et de la conformité et de la subjugation.

Décembre est en fait le point de départ parfait, du moins ici aux États-Unis. C’est le mois le plus sombre de l’année, avec le plus d’heures sans lumière du jour durant lesquelles on peut y mener nos actes de résistance et de rébellion. Aussi, dans le froid, tout le monde porte des cagoules. Or un-e rebel-le en voie de frapper un Walmart ou un char de flics ou la maison d’un quelconque administrateur fasciste n’aura pas l’air aussi déplacé qu’ilelle aura l’air en, disons, Juillet ou Août en portant le même équipement.

Ayant lu les propositions du Décembre Noir j’aimerais parler à ceuxelles qui sont, jusqu’à maintenant, paralysé-es par la peur et le scepticisme, qui ne croient toujours pas qu’on puisse prendre part à des actions radicales, militantes contre un ennemi commun, que les violences politiques même de la variété clandestine sont vouées à l’échec, et que c’est ok de « jouer » aux anarchistes, mais qu’il est téméraire pour nous de miser de notre argent sur là où nos bouches sont [en anglais l’expression signifie mettre en pratique nos convictions]. Je veux m’adresser à ce fatalisme, mis j’ai couramment aucune façon de communiquer avec le monde extérieur parce que le FBI, probablement la NSA, et le complexe industriel en expansion continue ont tous dévoué une quantité gigantesque de ressources et d’effort à couper chacun de mes mots. Or, clairement, vous n’êtes pas en train de lire ces lignes, et je suis incapable de parler de votre fatalisme.

Donc vous voyez à quels clowns maladroits on est opposé-es?

Notre tâche à mener lors de ce Décembre Noir consiste à rendre ce système d’oppression impraticable et ingérable, à le déstabiliser pour qu’il s’écroule sur ses propres traces de son poids incroyable. Décourageant? Pas vraiment. On parle seulement de faire tomber l’étau de la swivelisation [à la place du mot « civilisation »].

Regardez bien… on attaque pas de front, en face à face, comme des soldats embrigadé-es. Et on tentera pas de tout faire tomber d’un seul coup. Non. On n’a qu’à aller simplement là où ils ne gardent pas, on détruit ce qu’on peut et on part. On déclenche les alarmes de feu proverbiales là où il n’y a pas de caméras. Le fait est que les gestionnaires de la matrice ne peuvent mettre une caméra ou un flic sur tout et chaque personne.

L’idée à un niveau individuel ou de petit groupe n’est pas de faire tomber le système en entier de nos propres mains. La lent-e et persistant-e gagne la course, non? Or on prend de ce que le système est déjà essentiellement disposé à abdiquer.

L’idée pour chacun-e de nous est de faire en sorte que nos actes de rébellion supplantent nos actes quotidiens de complicité forcée. Ce qui entend, que si notre contribution quotidienne à ce vaste camp de concentration à travers le travail forcé et le commerce est « x », peut importe ce que « x » représente en soi, or il est question de causer assez de perturbation du processus durant les heures non-ensoleillées, portant des masques, qui donnera un « x+1 ». Notre seule responsabilité est de produire comme résultat au bas de l’équation une perte pour les systèmes plus larges nous exploitant et subjuguant à la non-liberté.

Ce que je suggère est que chacun-e de nous n’a pas à conduire des opérations à grande échelle. Si chacun-e d’entre nous s’engage à commettre des millions de petits actes de sabotage sur le long terme, le proverbial déclenchement d’alarmes d’incendie, l’effet cumulatif au long d’un d’une courte période de temps va être plutôt évident et va être senti comme vraiment gratifiant.

Pour toute personne qui n’est pas paralysée et qui a anticipé le Décembre Noir avec grand enthousiasme, j’aimerais rappeler aux lecteur-ices que les banques ont expulsé des millions de maisons demeurant encore vides qu’ils projettent de revendre et vous pouvez les trouver facilement en ligne.

J’aimerais aussi souligner que les attaques incendiaires sont le crime le moins élucidé aux États Unis, et que l’essence c’est vraiment pas chère, et que les allumettes sont gratuites. J’aimerais aussi souligner que les individus qui sont en charge et assassinent le futur peuvent être suivis jusqu’à leurs maisons de leurs lieux de travail. C’est très démoralisant quand les gens au somment de la chaîne alimentaire de la hiérarchie sont amenés à payer pour leurs crimes, et soudainement réduits à dormir dans des tentes et se rendre au travail à vélo alors que tout ce qu’il possédaient fume encore dans ses cendres. Ça instaure de grandes doutes chez d’autres gens en charge et ceux qui montent dans l’échelle sociale que peut-être les bureaux du coin avec des fenêtres ont un prix trop élevée.

Les juges, procureurs, agents du FBI, flics racistes, execs de toute variété – ils ont tous à rentrer à la maison en ces froides nuits de Décembre. Bien-sûr, il y a des sites comme blastblog.noblogs.org qui déjà ont de l’information postée si vous préférez une bonne partie de plaisir bien propre pour toute la famille.

Malgré ses protections et son invulnérabilité, le programme de contrôle plus large qu’on a à faire tomber est décidément un fatras en constant développement qui est trop dépendant de beaucoup trop de systèmes en étalement et laissés sans surveillance sur des kilomètres (un camion plein de souliers jetés du haut d’un viaduc peut stopper une force de travail d’entrer une ville durant des heures) alors que le pouvoir est tellement concentré dans les mains d’un petit nombre (qui doivent être protégés par le grand nombre), mais il n’y a pas assez de gardiens pour mettre les gardiens sous garde, ou pour mettre des gardiens sur les gardes de ces gardes, et même si on en était là… ils doivent tous rentrer à la maison.

On parle ici de vulnérabilités. De très sérieuses vulnérabilités. Donc, brisons cette paralysie et commençons à vivre, même à petite échelle, à pas de bébés, et construire cette résistance à travers ces sombres nuits de Décembre, jusqu’à ce qu’on se retrouve au beau milieu d’un Janvier Noir ou d’un Février Noir, et à ce point la police patrouillera les rues dans des véhicules militaires comme on a vu à Ferguson.

Bonne chose. Car d’ici Mai Noir, on besoin de ceux-ci. On aura à défendre les convergences armées que le Comité Invisible a prédit, et on va faire évoluer Occupy en Chocupy.

Ça commence avec la proverbiale alarme d’incendie. Seulement six libres de pression pour tirer le levier.

On possède le futur.

Il commence maintenant. Si vous participez au Décembre Noir, vous ÊTES la résistance.

SEANSWAIN.ORG

en anglais et grec

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