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Athènes : Texte du compagnon Th.S. sur ses poursuites judiciaires pour les événements du 5 mai 2010 et son renvoi en procès

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L’histoire commence le 29 avril 2011 avec nos arrestations inattendues, la mienne et celles de deux autres compagnons. Inattendues parce qu’elles ne se basaient pas sur des preuves ou des témoignages oculaires mais sur des “signalements anonymes” qui furent si “commodément” remis entre les mains de la police grecque et qui me nommaient moi et deux compagnons, donnant numéros de téléphone et adresses.

Nous sommes donc arrêtés dans un climat de terreur crée par la Sûreté d’État [1] et les médias, tandis que s’ensuivent des fouilles dans les maisons pour de prétendues “preuves” et mon isolement à GADA [2] menottes aux poings. Simultanément et sur deux jours, nous avons été traînés dans la boue par les médias, porte-paroles de la Sûreté d’État, qui ont menti sur les “arrestations des incendiaires de Marfin”. Par la suite, ils se sont arrangés pour me faire faire une “visite touristique” des étages de GADA avec pour destination une pièce destinée à l’identification des suspects où différents “témoins” sont passés l’un après l’autre afin de me reconnaître. Après cette nuit, nous avons été appelés à comparaître (sans prêter serment) à la Sûreté d’État (accidentellement le 5 mai 2011 !) en ce qui concerne l’événement tragique de la banque Marfin et l’attaque contre la librairie Ianos [3] qui s’étaient déroulées un an plus tôt lors de la mobilisation pour la grève du 5 mai 2010.

Nous avons nié dans les déclarations que nous avons faites toutes les accusations dans les deux affaires susmentionnées. D’après les documents des dossiers, il apparaît clairement que les accusations ont apparemment été fabriquées et dénuées de fondement. L’affaire est restée ouverte pendant environ un an et tandis que mai 2012 approchait, on nous a notifié que nous allions sous peu être appelés à comparaître devant un juge d’instruction. Des gestes de solidarité de la part de compagnon-ne-s se sont tenus pendant la même période. Finalement, la comparution pour l’affaire de Marfin n’a été envoyé qu’à moi, pour le 1er février 2012.

Au sein d’un climat de frénésie alarmiste, je nie toutes les accusations portées contre moi tandis que les lèvres de beaucoup répètent une fois de plus les mots salauds-balances-journalistes, puisque ces derniers mentionnent l’affaire dans des bulletins d’informations et des journaux, déformant le dossier avec leurs “analyses” émétiques, faisant un jeu de passe-passe sur les tombes des trois morts de la banque Marfin et me ciblant comme coupable !…

Malgré l’absence manifeste de preuves contre moi, une polémique a éclaté entre le juge d’instruction et le procureur (le dernier ignorait une partie importante du dossier) sur la question de ma détention préventive et j’ai donc dû rester en détention provisoire au tribunal d’Evelpidon, attendant la décision du conseil des magistrats. Après une longue attente, j’ai été relâché sous conditions restrictives dans lesquelles est inclus l’interdiction de participer à n’importe quelle manifestation ou marche. Ces conditions [4] continuent d’être valides jusqu’à aujourd’hui et je me retrouve ainsi dans une “condition d’otage”.

À la mi-mai 2013, la décision de ma mise en accusation pour le procès est arrivé comme la cerise sur le gâteau (alors que les compagnons N.L. and G.P. accusés respectivement dans les affaires de Ianos et Marfin ont été acquittés) pour l’affaire de l’incendie de la banque Marfin et sa conséquence tragique, la mort de trois employés qui se trouvaient dans la succursale [5].

Beaucoup peuvent se demander pourquoi j’ai été moi inculpé et sur quelles preuves… Le dossier prouve clairement à travers des témoignages oculaires, des photos et des vidéos de caméras de surveillance, que je n’ai rien à voir avec aucune attaque, à aucun moment, ce jour-là dans le centre d’Athènes, tel que je le l’ai mentionné par le passé dans mes écrits. Dans leur aspiration à produire des résultats, les agents de la Sûreté d’État et les autorités judiciaires se sont concentrés sur moi en raison d’une caractéristique extérieure que j’avais en commun avec l’auteur supposé, que des milliers de protestataires avaient aussi évidemment ce jour-là. La deuxième raison est que je fais parti de ce milieu politique précis (anarchiste/anti-autoritaire). En accord avec leur raisonnement paranoïaque : “puisque qu’il existe une similitude avec cette caractéristique et qu’il est anti-autoritaire, nous le considérons comme suspect”. Telles les bouteilles de bières vides qui sont des matériaux pour la fabrication de molotovs quand possédées par des anti-autoritaires, comme dans le cas de Villa Amalias. Ils ciblent désormais n’importe quelle personne qui participe à des manifestations et résiste à l’état d’urgence en tentant de clore un dossier du mieux qu’ils le peuvent et en voulant démontrer leur efficacité dans le domaine de la sécurité

Bien que je sois confiant dans le fait qu’il ne me sera pas difficile de prouver mon innocence devant une cour impartiale, je ne peux cependant pas dire que je sois tranquille. Parce que l’État a montré qu’il ne respecte pas les lois qu’il est censé défendre pour satisfaire son public conservateur. Au moment où j’écris ce texte, l’anarchiste Kostas Sakkas est en grève de la faim depuis le 4 juin, demandant sa remise en liberté immédiate. Pour ceux qui ne le savent pas, Kostas Sakkas est en prison depuis 3 ans sans avoir eu de procès. La limite de détention préventive en Grèce est de 18 mois. Mais il semble que pour les anarchistes il existe un Guantanamo informel. Les lois et les “prétextes” ne sont pas des obstacles pour la bande néo-fasciste qui nous gouverne. Un exemple frappant est Villa Amalias qui a été expulsé sur des accusations risibles ou l’indifférence du gouvernement pour la décision du Conseil d’État pour la remise en fonction d’ERT.

Comme je l’ai mentionné ci-dessus, j’appartiens au milieu anarchiste/anti-autoritaire et je me bats pour la libération sociale par le biais de projets collectifs ouverts. Je lutte pour une société libre, sans classes, sans autorité, exploitation ou oppression. En tant que travailleur, je vis dans ma chair l’esclavage salarié, je participe aux luttes de classes sociales, au côté des opprimés.

Basé sur tout cela, il était clair pour moi que j’allais prendre part dans une des manifestations de grève les plus grandes dans les annales du 5 mai 2010 contre la signature du 1er mémorandum et avec la participation d’environ 200 000 personnes, assiégeant le parlement avec un esprit combatif pendant des heures et tentant de l’envahir pour invalider le vote du mémorandum.

Le dernier acte de la pièce se joue maintenant, la dernière bataille sera donné maintenant, à cause de mon renvoi en procès… Et dans cette bataille finale les gagnants seront ceux qui résistent, les anarchistes et les anti-autoritaires, nous tous qui avons été calomniés et ressenti les mensonges, la pourriture de l’État et des médias les entourant, car en me prenant pour cible moi et les deux autres compagnons comme “suspects” les trois dernières années, ils ont désigné un milieu politique entier comme responsable de la conséquence tragique de l’incendie de Marfin…

ÉCRASONS CHAQUE MACHINATION ÉTATIQUE !
LES POURSUITES NE NOUS EFFRAYENT PAS, ELLES NOUS ENRAGENT !

Th.S.
juin 2013

NdT :

[1] Équivalent de la DCRI.
[2] Quartier général de la police d’Athènes.
[3] Toutes les deux dans la rue Stadiou dans le centre d’Athènes.
[4] Ces conditions sont : interdiction de quitter le territoire ; obligation de pointer deux fois par mois au commissariat ; interdiction de participer à n’importe quelle manifestation ou marche.
[5] Un procès contre les chefs de la banque Marfin – qui avaient enfermés les employés ce jour-là dans la banque, fermant les portes à clé – a débuté en avril 2013.

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