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Prisons grecques : Nikos Maziotis suspend sa grève de la faim

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Le 5 avril 2015, l’anarchiste Nikos Maziotis a annoncé qu’il suspendait sa grève de la faim. Ci-dessous, une traduction partielle de son communiqué, par lequel il explique ses raisons et fait une première évaluation de cette lutte :

Après 35 jours de lutte, la grève de la faim que j’avais commencée avec d’autres compagnons le 2 mars a pris fin. Je ne prends pas cette décision parce que je suis arrivé à la limite de mes forces, mais parce que je crois qu’étant donné les dernières nouvelles en ce qui concerne le cadre des revendications, cette lutte a terminé son cycle et a épuisé son potentiel, en prenant également en considération les actions solidaires ayant été réalisées. J’ai choisi de suspendre maintenant la grève de la faim, avec la présentation du projet de loi, et je ne continuerai pas jusqu’à ce qu’il soit voté, ce qui aura lieu dans au moins dix jours, après les fêtes de Pâques, restant toutefois extrêmement attentif aux possibles modifications qui présenterait le ministère en ce qui concerne la loi de la cagoule ou le matériel génétique. Parce que le gouvernement a déjà montré à quel point il est peu fiable par rapport à la réalisation de ce qu’il annonce.

J’ai participé à la grève de la faim avec la main cassée, à cause des blessures que j’ai subies lors de mon arrestation, et sa rééducation demandera pas mal de temps, peut-être des mois, voire même plus d’un an. Les revendications que j’ai soutenues avec d’autres compagnons prisonniers ont des caractéristiques nettement politiques, parce qu’elles visent le noyau « antiterroriste » et répressif de l’État. Depuis le début, je ne me faisais aucune illusion sur le fait que toutes les revendications soient « réalistes » pour pouvoir être obtenues, comme l’abolition de la loi antiterroriste 187A et la loi sur les organisations illicites 187, mais elles devraient se poser pour des raisons politiques.

[…]

Je ne parlerai pas en termes de victoire ou de défaite. La lutte des prisonniers politiques, indépendamment de son résultat, a une grande valeur et une grande importance. C’est la première grève de la faim des prisonniers politiques, et comme je l’ai déjà dit en d’autres occasions, elle dépasse même le contexte revendicatif qu’elle a posé. Il s’agit de l’unique mobilisation politique combative qui s’est confrontée au gouvernement de SYRIZA. Cette lutte a dissipé les illusions par rapport au masque gauchiste du Pouvoir, la béquille gauchiste du capitalisme, l’administration gauchiste de la crise. C’est le grand legs politique qu’elle laisse à l’histoire et, en ce sens, nous en sommes définitivement sortis vainqueurs.

Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire
Prisons de Domokos

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Prisons grecques : Communiqué de début de grève de la faim du Réseau des Combattants Prisonniers (DAK)

Note de Contra Info: Antonis Stamboulos, Tasos Theofilou, Fivos Harisis, Argiris Ntalios y Giorgos Karagiannidis (participants au DAK) ont rejoint le 2 mars Dimitris Koufontinas, Kostas Gournas et Nikos Maziotis dans cette grève de la faim collective. Les autres participants au DAK rejoindront la mobilisation ces prochains jours.
muchNous commencerons par une constatation que nous ne devons jamais oublier. Tout s’obtient par la lutte. Si aujourd’hui, dans les prisons, nous avons droit aux livres, à la télévision, aux appels téléphoniques libres, aux permis de sortie, aux suspensions de peines, si les matons ne nous tabassent pas, tout cela n’est du qu’aux mutineries sanglantes et aux grèves de la faim des prisonnier-e-s nous ayant précédé.

Aujourd’hui, c’est à nous de lutter et de gagner. Le moment est arrivé de diminuer les peines abusives qui se distribuent gratuitement, le moment est arrivé de voir s’accorder obligatoirement les permis et les suspensions de peines selon les limites officielles, que l’on rabaisse la peine perpétuelle à 12 ans de prison effective et 4 ans de jours de travail, que l’on accorde une suspension de peine aux 2/5 de la condamnation, que l’on réduise le temps de prison préventive à 12 mois, que l’on puisse utiliser internet, que les visites deviennent libres, et que l’on garantisse la rencontre sexuelle des prisonnier-e-s.

Que l’on ne construise plus jamais de prisons d’isolement sensoriel comme celles de Malandrino, Trikala, Grevena, Domokos, Chania, Nigrita, Drama, dans lesquelles les prisonniers n’ont aucun rapport avec le monde extérieur et où ils voient même le ciel à travers une grille métallique. L’architecture de celles déjà existantes doit se transformer pour qu’elles cessent de donner une importance prépondérante à la prévention des mutineries et des évasions en reléguant au deuxième plan les conditions de vie.

Les camps de concentration pour migrant doivent être fermés. Toutes ces choses doivent être revendiquées et gagnées par les prisonnier-e-s dans leur ensemble. Nous profitons de la lutte que nous commençons pour faire ressortir ces sujets et demandons aux interné-e-s de toutes les prisons de les prendre en considérations pour les nouvelles batailles à venir.

La prison, et la répression en général, est l’un des piliers fondamentaux du système capitaliste. Dans le modèle de l’administration capitaliste qui prédomine de nos jours, la répression se centralise toujours plus comme choix de l’État, et s’exprime de manière concentrée dans la doctrine de la Loi et de l’Ordre. L’abandon du modèle antérieur, c’est-à-dire de l’État-providence Keynésien, a conduit à la paupérisation d’un grand nombre de gens, tant au sein des métropoles occidentales que dans la périphérie capitaliste. Dès le moment où une grande partie de la population ne peut plus être assimilée au processus productif et de consommation, leur gestion ne peut se faire qu’à travers la répression.

L’efficace administration répressive a imposé la création de régimes spéciaux d’exception, marquant des actes illégaux dans un cadre conceptuel spécial. Actes qui ne sont pas traités selon le poids pénal spécifique qu’ils ont, mais par rapport à leur dangerosité pour le fonctionnement normal du régime.

Dans cet État d’exception se démarque le combat contre ennemi intérieur (avec l’application de la loi « antiterroriste » pour les accusé-e-s de la lutte armée et la « loi de la cagoule » pour les arrêté-e-s des affrontements lors de manifestations), le combat contre ledit « crime organisé » ou, pour le dire autrement, du fonctionnement capitaliste « au noir », le combat contre les migrant-e-s que l’on arrête sans qu’aucun délit ne soit commis, simplement pour le fait d’exister. Contre les hooligans accusé-e-s sur la base de lois sportives spéciales, contre les femmes séropositives qui ont été stigmatisées comme la peste pour la société, et la liste continue. Tout ce qui peut provoquer des turbulences dans le fonctionnement efficace du système est traité par un règlement spécial.

En ce qui concerne la réalité grecque, ce processus a commencé, en termes législatifs, au début de l’année 2000 et est depuis lors en constance actualisation. En 2001, l’État grec, au sein de ce que l’on appelle depuis la « guerre contre le terrorisme » qui, au niveau international, a lui aussi intensifié la guerre contre l’ennemi intérieur, en votant l’article 187 sur les organisations illicites. En 2004, il a voté l’article 187A sur les organisations terroristes.

Au cours de la même période, les premières prisons de haute sécurité ont commencé à fonctionner à Malandrino, où ont été transférés les prisonniers les plus insoumis, sur qui on expérimentait un traitement pénitentiaire spécial, l’enfermement dans des modules de quelques personnes seulement et des difficultés pour les sorties et les suspensions de peines.

En 2002, les prisonniers du cas 17 Novembre ont été enfermés dans les cellules souterraines des prisons féminines de Koridallos, là encore sous des conditions d’isolement physique et sensoriel. Le fonctionnement des prisons de Malandrino et des cellules souterraines de Koridallos, respectivement pour les prisonniers de droit pénal et les politiques, a été la première instauration de ce type de conditions de détention spéciales en Grèce après le transition démocratique.

Avec les articles 187 et 187A, les contextes légaux s’élargissent pour que plus d’actions puissent rentrer dans le cadre et que le niveau de châtiment augmente. La façon dont fonctionne ces législations implique des juges et des procureurs spéciaux, des salles de tribunaux spéciales, l’inexistence d’un jury, de plus grandes peines pour chaque délit et, pour finir, l’accusation d’intention de commettre un délit similaire. Il s’agit de toute évidence d’une législation vindicative qui recherche l’annihilation des prisonnier-e-s.

Il nous faut mentionner ici un cas spécial, celui du guérillero a plusieurs lésions graves, Savvas Xiros, qui a déjà passé 13 ans à se confronter à une mort lente à l’intérieur de la prison.

La dernière application de l’État d’exception est celui du fonctionnement des prisons de type C. A travers l’aggravation du contexte légal qui les délimite, la prison effective se prolonge énormément pour celles et ceux qui y sont enfermé-e-s. Au-delà de l’isolement physique et sensoriel que suppose l’enfermement dans les prisons de type C.

Une caractéristique particulière du régime d’exception est son instauration comme pilote et son expansion continuelle postérieure. Un exemple en est l’application de l’article 187, qui s’appliquait initialement à quelques dizaines de prisonniers, et qui concerne aujourd’hui près de 30% de la population carcérale.

La mise en marche des prisons de type C est un autre exemple, où mis à part ceux qu’on cataloguait initialement prisonniers de type C (accusés sous les articles 187 et 187A), on peut aussi ranger n’importe quel prisonnier insoumis considéré dangereux pour l’y transférer.

A part le champ législatif, le régime d’exception se cristallise également au niveau de l’enquête et des preuves. L’apparition des analyses ADN a créé un nouveau type d’approche policière-judiciaire qui présente leurs compétences comme des vérités impossibles à remettre en question.

Par nature, le matériel génétique est une preuve extrêmement risquée par rapport aux résultats qui peuvent être obtenus par son analyse. La facilité de son passage d’un-e humain-e à un-e autre ou à des objets, et son mélange, laisse autant de possibilités ouvertes que les conclusions que l’on souhaite tirer en l’utilisant comme preuve à charge.

Malgré le fait que tout cela soit déjà connu, aussi bien par les scientifiques qui se chargent de la chose que par les appareils répressifs qui l’utilisent, la collecte, le processus et l’enregistrement de matériel génétique est la nouvelle super-arme de répression législative, juste pour l’ambigüité qu’elle suppose.

L’insuffisance de la méthode se démontre dans les fait par l’assourdissante absence de biologistes policiers dans les tribunaux pour soutenir leurs analyses, en contraste avec la présence des policiers qui font les arrestations, les interrogatoires, les spécialistes en explosifs ou autres domaines spécifiques.

L’importance que la pratique répressive donne à l’analyse ADN est démontrée par le fait qu’ils l’utilisent toujours plus dans les salles des tribunaux. Il y a des gens qui ont été accusés pour des délits divers, avec pour seule indication un mélange de genres génétiques trouvés près des lieux de l’enquête. Malgré le fait que la méthode internationale scientifique déclare risquée l’analyse de mélanges d’ADN, un certain nombre de condamnations se sont simplement basées sur la découverte d’un mélange d’ADN.

D’un autre côté, l’insistance de la police pour la prise violente de traces ADN, en plus d’être permise, transforme de par son imposition tout le processus en une forme de torture, et cela démontre une fois de plus l’importance que la création de bases de données biologiques a pour le régime.

Pour toutes ces raisons, nous pensons qu’il est désormais politiquement l’heure de limite la façon d’utiliser le matériel génétique.

Il n’y a aucun doute dans le fait que l’État emploie toute méthode que lui permettent les relations sociales du moment pour le maintien de la domination de classe. Pour autant, il serait idiot d’espérer que ceux qui sont dérangés par la lutte subversive ne prennent pas leurs mesures. Ce que nous pouvons exiger du patronat et de l’État à travers le coût analogue que nous leur causerons est qu’ils reculent en abolissant :

– l’article 187

– l’article 187A

– le facteur aggravant d’action réalisée avec le visage dissimulé (« loi de la cagoule »)

– le cadre légal qui définit le fonctionnement des prisons de type C.

Et pour délimiter le processus et l’usage de matériel génétique, nous exigeons concrètement :

– l’abolition de l’ordre du parquet par lequel s’impose la prise violence de traces ADN

– que les expert-e-s biologistes de confiance de l’accusé-e aient accès et puissent analyser les traces ADN, si l’accusé-e le désire.

– l’abolition de l’analyse de traces qui contiennent le mélange de matériel génétique de plus de deux personnes.

Nous exigeons également :

– la libération immédiate de Savvas Xiros pour qu’il puisse recevoir le traitement médical dont il a besoin.

Nous n’avons aucune confiance en la parole d’aucun gouvernement, et nous n’oublions pas que tout s’obtient par la lutte. Pour cette raison, le 2 mars 2015, nous nous mettons en grève de la faim en exigeant l’accomplissement de nos demandes.

Réseau de Combattants Prisonniers

espagnol

Prisons grecques : L’anarchiste Nikos Maziotis en grève de la faim

Grève de la faim de Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire, dans le cadre de la mobilisation de lutte des prisonniers politiques.

Ces 15 dernières années, et en particulier après qu’ai été déclarée la guerre contre le « terrorisme », le système capitaliste au niveau international prend des caractéristiques toujours plus totalitaires avec pour fin d’imposer la dictature des marchés et les intérêts de l’élite économique supranationale qui a émergé à travers le processus de globalisation après la fin du bipolarisme. Dans ce contexte, la répression et le blindage de l’arsenal législatif et pénal des États est de la plus grande importance et s’instaure avec pour but la reproduction du système, dans un environnement globalisé contre les ennemi-e-s politiques du nouvel état des choses, et spécialement contre la menace de l’action armée révolutionnaire, notamment ces dernières années après l’explosion de la crise financière mondiale.

L’État Grec, qui est attaché au char du Capital supranational, a adopté les réformes néolibérales telles que les endoctrine l’Union Européenne, en plus d’actualiser son arsenal législatif et pénal selon les demandes de la « guerre antiterroriste » internationale. Ainsi, en 2001, la première loi « antiterroriste » a été votée (article 187 du code pénal sur les organisations illicites), en 2004 la deuxième (article 187A sur les organisations terroristes), en 2009, peu après la révolte de 2008, a été votée la loi de la cagoule [qui criminalise les manifestant-e-s qui se masquent le visage], et en 2010 une modification de l’article 187A, qui l’endurcit. En 2010, après un ordre du parquet, ils ont instauré la mesure de la prise violente de traces ADN et, finalement, l’été 2014, comme continuation et conséquence naturelle de leur politique répressive, la loi des prisons de type C a été votée.

Cette avancée graduelle de l’attaque répressive de la part de l’État est allée en s’intensifiant au cours de toutes ces années en parallèle des réformes néolibérales des gouvernements grecs, et est devenue encore plus aigüe après l’explosion de la crise financière mondiale, la révolte de décembre 2008 et le placement du pays sous le pouvoir du Fond Monétaire International, de la Banque Centrale Européenne et de l’Union Européenne avec la signature du premier mémorandum en 2010.

Dans ces conditions, où le régime a perdu le consensus social duquel il profitait avant la crise, et du fait de l’attaque féroce qu’il mène depuis 6 ans, la répression et la législation antiterroriste sont des piliers et des préalables fondamentaux pour la perpétuation du système.

La délégitimation du régime aux yeux de la majorité sociale à cause du vol social le plus grand qui ai jamais été perpétré à son encontre, avec la faim, la pauvreté et la misère qui étouffent le peuple, avec les milliers de morts par suicide, par maladie, à cause du manque de ressources de base, avec les milliers de personnes restées sans foyer et celles et ceux qui s’alimentant dans les poubelles ou dépendent des repas sociaux. Tout cela crée les conditions appropriées pour la perpspective de la révolution et de la subversion d’un régime qui est responsable de la crise et de tous les maux qui s’en sont suivi.

La prise du Pouvoir et de l’administration de la crise capitaliste par Syriza suite aux élections du 25 janvier 2015 n’ont pas vraiment changé les choses. Malgré les promesses pré-électorales d’abolition des mémorandums et d’échange de la dette, la politique que s’est engagé à tenir le gouvernement de Syriza n’est pas différente de celle qu’ont appliqué les gouvernements antérieurs. Et cela est prouvé par la demande d’extension du présent mémorandum-programme de sauvetage, avec indifférence vis-à-vis du fait qu’ils ne l’appellent plus, avec leurs tours de propagande, comme mémorandum ou s’ils se réfèrent au Fond Monétaire International, à la Banque Centrale Européenne et à l’Union Européenne comme institutions et non plus comme Troïka. En réalité, le gouvernement de Syriza a accepté aussi bien les mémorandums que la dette, et après l’extension du présent mémorandum-programme de sauvetage, il en signera un nouveau, avec tout ce que cela suppose.

En tant que membre de Lutte Révolutionnaire et prisonnier politique dans les prisons de type C, je crois que seul le chemin de la subversion et de la révolution sociale, populaire et armée peut offrir une sortie de crise, briser les mémorandums et les contrats de prêt et effacer la dette. En tant que membre de Lutte Révolutionnaire et prisonnier politique dans les prisons de type C, dans le cadre de la mobilisation de lutte des prisonniers politiques contre les législations spéciales « antiterroristes » et contre les tribunaux et les prisons spéciales, je participe à partir du 2 mars à la grève de la faim, avec pour revendication :

1) L’abolition de la première loi « antiterroriste » de 2001, article 187 (sur les organisations illicites).

2) L’abolition de la deuxième loi « antiterroriste » de 2004, article 187A (sur les organisations terroristes).

3) L’abolition de la « loi de la cagoule ».

4) L’abolition de la loi des prisons de type C.

5) La libération de Savvas Xiros, condamné pour sa participation à l’organisation 17 Novembre, pour raisons de santé.

Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire
Prisons de type C de Domokos

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Athènes : L’anarchiste Angeliki Spyropoulou en grève de la faim

sanMises à jour sur les arrestations liées à la tentative d’évasion ratée de la CCF.

L’anarchiste Angeliki Spyropoulou se trouve en grève de la faim depuis le 2 mars 2015 (jour de son arrestation). La compagnonne exige la libération immédiate d’Athéna Tsakalou, mère des frères Tsakalos, et de l’épouse de Gerasimos Tsakalos, mises en prison préventive le 3 mars et accusées de façon absurde de participation à la Conspiration des Cellules de Feu. D’autre part, l’amie d’Athéna Tsakalou et l’ami du frère de Giorgos Polidoros (arrêté-e-s le 2 mars) ont été relâché-e-s.

Le 5 mars, les autorités judiciaires ont ordonné la prison préventive pour Angeliki Spyropoulou et Christos Rodopoulos (39 ans, arrêté le 28 février), tous deux impliqué-e-s dans le plan d’évasion manquée de la CCF. Angeliki Spyropoulou a été transférée vers les prisons féminines de Koridallos, tandis que Christos Rodopoulos a été placé dans les prisons de Domokos.

Prisons grecques : Kostas Gournas et Dimitris Koufontinas en grève de la faim

carcereNous, Kostas Gournas [membre condamné de Lutte Révolutionnaire] et Dimitris Koufontinas [membre condamné de l’organisation 17 Novembre], prisonniers politiques dans les prisons de type C de Domokos, commençons aujourd’hui 2 mars 2015 une grève de la faim. Nous luttons pour l’abolition des articles 187 et 187A du code pénal, pour l’abolition de toute la législation spéciale de mesures d’urgence avec laquelle le Pouvoir cherche à criminaliser et à exterminer ses ennemis politiques.Nous luttons pour l’abolition des tribunaux spéciaux – cours martiales d’urgence, cette usine d’annihilation de nouveaux combattants, avec compositions spéciales de juges, les lois spéciales anticonstitutionnelles, l’usage spécial antiscientifique et malin de preuves comme l’ADN et la fabrication de preuves incriminantes.

Nous luttons pour l’abolition de toutes les lois répressives contre les manifestant-e-s et les mobilisations populaires.

Nous exigeons l’abolition immédiate des prisons de type C, qui sont le symbole du régime d’exception pour les prisonniers politiques et le symbole de l’effroi de la société qui résiste.

Nous exigeons la relâche immédiate de Savvas Xiros, que le Pouvoir annihile de manière méthodique et vengeresse depuis 13 ans, causant des dégâts irréparables sur sa santé : selon les données officielles, le degré de handicap de Savvas Xiros a atteint 98%.

Puisque la répression est l’autre visage de l’austérité, la lutte du mouvement populaire contre l’austérité est inséparable de la lutte contre la répression, et spécialement contre le régime permanent de mesures d’exception. Pour cette raison, nous demandons le soutien de toute la société en lutte.

Avec cette lutte des prisonniers politiques, les mobilisations et la grève de la faim, nous cherchons à envoyer un message de résistance au peuple Grec : nous, et seulement nous, en assumant le prix de nos choix, devons prendre de façon unitaire et décisive les rênes de notre futur. Il s’agit de notre devoir envers notre dignité et envers les générations à venir.

L’ESPOIR NE PASSE QUE PAR LA LUTTE

Prisons de type C de Domokos
2 mars 2015

Kostas Gournas
Dimitris Koufontinas

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Grèce : Communiqué des prisonnières des prisons pour femmes de Koridallos

bourlotoLe 16 janvier 2015, une rafle menée par l’unité antiterroriste EKAM a eu lieu dans les prisons masculines de Koridallos, maintenant la prison fermée entre midi et le matin suivant, privant de fait les prisonniers à leur droit à la ballade et de leurs déplacements en général.

Peu avant, le 31/12/2014, juste avant le Nouvel An, les transferts de prisonniers vers les prisons de Domokos ont été ordonnés, pour que puissent commencer à fonctionner les prisons de type C, c’est-à-dire le Guantanamo contemporain. Les jours suivants, d’autres transferts ont été faits vers Domokos, alors que 2 membres de la Conspiration des Cellules de Feu ont été emmenés dans les cellules blanches d’isolement des prisons féminines de Koridallos.

Au sein de ce jeu pré-électoral qui se monte sur le dos des interné-e-s, les femmes prisonnières sont traitées depuis longtemps comme si elles n’étaient que des sacs de patates qui doivent être bien entassés et qui encombrent des magasins d’âmes, sans que cela n’intéresse personne. Tandis que les prisons féminines comptent trois modules d’une capacité de 150 personnes chacun, il y a actuellement 120 femmes placées dans un étage d’un seul module, vu que le reste des espaces a été dédié à d’autres usages ou restent vides. Nous n’analyserons pas plus les faits, puisqu’il n’a pas passé beaucoup de temps depuis que nous avons commencé notre mobilisation pour dénoncer tous les problèmes dont nous faisons l’expérience aujourd’hui, et il n’a pas passé beaucoup de temps non plus depuis les promesses que nous ont fait en face les représentants du ministère et qui n’ont jamais été réalisées.

Parce que nous ne tolérerons plus de vivre comme des animaux, qu’il est clair qu’aucun animal ne mérite de vivre comme nous, parce que les prisons de type C sont aujourd’hui pour les hommes prisonniers, mais qu’on en construira d’autres demain pour nous aussi, et parce que nous ne laisserons pas faire en sorte que des petits jeux politiques se fassent sur notre dos : à partir d’aujourd’hui, 18 janvier, et jusqu’au 21 janvier, nous refusons de rentrer dans nos cellules pendant la clôture de midi, comme preuve de soutien aux exigences des hommes prisonniers dans les prisons de Koridallos.

Prisons féminines de Koridallos

Grèce : Communiqué des prisonniers des prisons masculines de Koridallos

koridalos-

Le 16 janvier 2015, des policiers de l’unité antiterroriste EKAM et d’autres forces répressives ont envahi les prisons de Koridallos et perquisitionné les cellules de plusieurs prisonniers. On nous a alors interdit de sortir en ballade à midi et sommes restés enfermés toute la journée. Il y a quelques jours, la veille du Nouvel An, à midi, a été ordonné le transfert immédiat de prisonniers pour ainsi inaugurer le Guantanamo grec que sont les prisons de haute sécurité de Domokos (alors qu’on ne fait normalement pas de transfert ce jour-là), jouant par là leur sale petit jeu électoral sur notre dos.

Le samedi 3 janvier 2015, après une autre rafle et perquisition de l’EKAM, nos compagnons de prison et membres de la Conspiration des Cellules de Feu Christos Tsakalos et Gerasimos Tsakalos ont été emmenés et placés en isolement dans le sous-sol des prisons féminines de Koridallos. Face à ces évènements, nous avons décidé de nous mobiliser : jusqu’au 24 janvier 2015, nous refusons de réintégrer nos cellules après l’heure de ballade de midi. Il s’agit d’une première réaction et, si cela s’avère nécessaire, nos actions s’intensifieront dans les jours prochains.

Nous exigeons :

1) L’abolition des prisons de type C

2) Que les prisonniers actuellement dans les prisons de type C de Domokos soient de nouveau transférés vers les prisons où ils se trouvaient auparavant, tout comme nos compagnons de prison Christos Tsakalos et Gerasimos Tsakalos, qui sont actuellement dans la section spéciale d’isolement des prisons féminines de Koridallos.

3) Pendant notre mobilisation, nous n’accepterons aucun transfert de prisonniers vers les prisons de haute sécurité de Domokos. Toute tentative de transfert sera considérée comme un acte de vengeance contre notre lutte, et nous y répondrons de façon telle qu’il sera mérité

Jusqu’à quand ce genre d’illégalités seront-elles permises par la directrice des prisons de Koridallos, Hara Koutsomihali, et les procureurs Nikolaos Poimenidis et Victoria Marsioni ? Peut-être sont-ils indifférents à la torture des prisonniers, ou bien est-ce leur objectif ? Que chacun-e assume ses responsabilités.

Les prisonniers des modules A, B, C, D, E des prisons masculines de Koridallos et du module d’isolement des prisons féminines de Koridallos

Santiago du Chili : Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes / anti-autoritaires en Grèce

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Complicité et solidarité au-delà des langues, des drapeaux et des frontières.

Avec le début de l’année, et en profitant des célébrations, le gouvernement grec a commencé un processus de transfert des prisonnier-e-s vers les prisons de type C de Domokos, avec l’objectif clair d’y isoler les prisonnier-e-s en guerre et tenter de miner la lutte anarchiste qui chaque jour s’intensifie dans les rues et entre les sinistres murs des prisons.

Le premier prisonnier à y être transféré a été le compagnon anarchiste Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire, auquel se sont rapidement ajoutés Dimitris Koufontinas, membre de l’organisation 17 Novembre, Kostas Gournas de Lutte Révolutionnaire, Yannis Naxakis et Grigoris Sarafoudis, condamnés pour braquage à main armée et pour leur supposée participation aux CCF.

Nous savons que ces transferts sont les premiers de beaucoup d’autres à venir, vu que ce genre de prison a été créé avec pour finalité spécifique celle de freiner la lutte pour la destruction du pouvoir, à travers la prison politique, et c’est pour cette raison que, comme minime preuve de solidarité révolutionnaire depuis l’autre extrême du monde, nous avons bloqué une rue au petit matin du 8 janvier avec des pneus enflammés.

Réaliser cette action de solidarité est un appel à prendre en charge nos idées et nos pratiques de guerre contre le pouvoir, la solidarité internationale avec nos compagnon-ne-s qui résistent dignement à la prison et affrontent l’État/Capital face à face. C’est un appel clair à multiplier les actions/gestes qui puissent rompre l’isolement de la prison.

Ici, au Chili, la période estivale a commencé, et le pouvoir ne se repose évidemment pas : il profite de cette occasion pour lâcher les rênes aux actions contre ses ennemi-e-s déclaré-e-s. Voilà pourquoi nous appelons à multiplier les gestes et les actions offensives contre le pouvoir, pour que l’on voit que nous sommes là et que nous y resterons, et que depuis notre milieu, nous n’oublions ni nos prisonnier-e-s, ni nos mort-e-s, ni la guerre que nous avons déclarée contre toute forme d’autorité.

Nous saluons les anarchistes/anti-autoritaires emprisonné-e-s dans les prisons grecques, avec une pensée spéciale et de la force pour Nikos Maziotis, Kostas Gournas et, au-delà des différences, à l’irréductible combattant non-repenti Christodoulos Xiros.

COMPLICITE ET SOLIDARITE ACTIVE ET COMBATIVE
AVEC LES PRISONNIER-E-S ANARCHISTES/ANTI-AUTORITAIRES DE GRECE.

Entre quelque part à Santiago du Chili et la Grèce.
Quelques Anarchistes pour la Solidarité Révolutionnaire

Grèce : Texte de Nikos Maziotis sur son transfert vers les prisons de haute sécurité de Domokos

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Mon transfert vers les prisons de haute sécurité de type C à Domokos s’est fait quelques heures après l’effondrement du gouvernement de Samaras, une fois que l’élection du Président de la Démocratie n’a plus été possible au cours de la votation du 29 décembre 2014 au Parlement grec, qui a reconvoqué des élections pour le 25 janvier 2015. Mon transfert vers les prisons de type C est le dernier acte d’un gouvernement qui, comme les précédents, n’a pas supporté de porter le poids de la politique de génocide social appliquée depuis les deux dernières années et demie, sous les ordres de la Troika et de l’élite économique supranationale.

Il s’agit du dernier acte d’un gouvernement qui a prouvé que le régime qui a conduit des milliers de personnes à la mort, qui en a plongé des millions dans la pauvreté, la misère, la faim, et un peuple entier à l’humiliation, a peur des révolutionnaires et des combattant-e-s armé-e-s. Ils ont peur de la lutte révolutionnaire armée, et pour cela veulent nous enterrer vivant-e-s dans l’isolement des nouvelles prisons de haute sécurité.

Mon transfert à Domokos a été l’un de leurs objectifs primordiaux après la fusillade de Monastiraki le 16 juillet 2014, lorsqu’ils m’ont blessé et arrêté, et qu’ils avaient annoncé que je serais le premier prisonnier à y être transféré. Les prisons de type C sont la continuité naturelle et la conséquence de la politique répressive de l’État contre les combattant-e-s armé-e-s et la guérilla urbaine. Au même titre que les lois antiterroristes, la législation des prisons de haute sécurité et les récents changements du code pénal ont pour objectif, et de façon prioritaire, de porter des coups à la lutte armée révolutionnaire.

Et particulièrement dans les conditions actuelles, alors que le régime se voit en perte de légitimité et a perdu le consensus social, du fait des crises et des attaques féroces qu’il a mené, faire front à la lutte armée ou à sa menace est une haute priorité pour le Pouvoir, puisque comme eux-mêmes l’ont admis à l’occasion de mon arrestation, pour laquelle ils ont par ailleurs reçu les félicitations des États-Unis, la sécurité est liée à la stabilité, aux inversions et à la continuation du programme de sauvetage.

Je ne me fais aucune illusion sur la posture d’un éventuel gouvernement de Syriza à propos des prisons de type C : ils ne vont pas les abolir, et n’annuleront pas non plus les transferts ni les mémorandums.

AUCUNE TREVE FACE A L’ÉTAT
NON AUX ILLUSIONS ÉLECTORALES
LA SOLUTION NE PEUT ETRE AMENÉE QUE PAR LE PEUPLE ARMÉ

Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire
Prisons de Domokos

Prisons grecques : Mises à jour sur les transferts vers les prisons de haute sécurité de Domokos

boy-evacuees-1939Le 30 décembre 2014, l’anarchiste Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire, a été transféré depuis la prison de Diavata aux prisons de type C de Domokos.

Le 2 janvier 2015, Dimitris Koufontinas (membre de l’organisation 17 Novembre) et l’anarchiste Kostas Gournas (Lutte Révolutionnaire), tous deux condamnés pour participation à organisation armée, ont été transférés depuis la section spéciale des prisons féminines de Koridallos à celles de Domokos.

La même matinée ont également été transférés depuis les prisons de Koridallos les anarchistes Yannis Naxakis et Grigoris Sarafoudis, condamnés pour le braquage à main armée dans la commune de Pyrgetos (près de Larisa), ainsi que pour leur supposée participation à une organisation de lutte armée (Conspiration des Cellules de Feu). Le transfert de Grigoris Sarafoudis s’est fait malgré le fait qu’il soit actuellement confronté à un autre procès, dans lequel il est accusé du braquage de Filotas (près de Florina), qui se poursuivra au sein de la cour spéciale des prisons de Koridallos ce mois-ci.

Entretemps, d’autres prisonniers ont été transférés vers les prisons spéciales de Domokos entre le Nouvel An et aujourd’hui.

Des mises à jour viendront donner plus d’informations.

Grèce : Nikos Maziotis transféré dans la prison de haute sécurité de Domokos.

Complicité et solidarité active avec les membres de Lutte Révolutionnaire

Nous apprenons avec rage que le compagnon Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire, a été transféré le 30 décembre 2014 depuis les prisons de Diavata à celles de haute sécurité de Domokos. Le compagnon, qui est le premier prisonnier anarchiste à être transféré dans les nouvelles prisons de type C, est seul dans l’un des modules de ces cachots démocratiques. Comme l’Assemblée de Solidarité avec les Prisonnier-e-s Politiques et les Combattant-e-s Poursuivi-e-s et Incarcéré-e-s en fait circuler l’information, le compagnon garde un bon moral.

En ce qui nous concerne, avec les moyens que nous avons à notre disposition, nous ne nous arrêterons pas avant de faire des prisons de type C la tombe du Pouvoir.

Feu aux prisons, avec les matons au milieu !

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Pour lui écrire :

Nikos Maziotis
Geniko Katastima Kratisis Domokou, Ε Pteryga, 35010 Domokos, Fthiotida, Grèce

Prisons grecques : Nikos Romanos a mis fin à sa grève de la faim

Nikos Romanos, anarchiste prisonnier en Grèce, a mené une grève de la faim du 10 novembre au 10 décembre 2014. Les appareils juridiques ont rejeté sa requête de sorties de prison à des fins d’étude. De nombreuses actions de solidarité ont été réalisées en réponse à cette décision, de formes différentes, à l’intérieur et à l’extérieur des prisons de la démocratie grecque et au niveau international.

Plus que toute autre chose, c’est l’urgence de la situation qui a déclenché les affrontements de rue et a inspiré des dynamiques de rébellion sur tout le territoire contrôlé par l’État grec. Les compagnon-ne-s solidaires étaient disposé-e-s à échanger leurs idées et leurs désirs au cours de ce dernier mois, et de nombreuses actions ont pu voir le jour du fait de la grève de la faim de ce prisonnier : assemblées quotidiennes, banderoles, actions directes, telles que de nombreuses attaques incendiaires et à base d’explosifs artisanaux (contre des distributeurs de billets, surtout), attaques commando contre la police, émeutes et affrontements à grande échelle contre les forces de l’ordre, blocage de bâtiments, actes de sabotages (avec de la peinture ou de la colle, etc.), attaques physiques contre des représentants du Pouvoir, manifestations spontanées lors d’apparitions publiques de politiciens, occupations symboliques de stations de radio et de télévision, une vague d’occupations de bâtiments de l’État ou d’entreprises privées, rassemblements de contre-information et manifestations énormes.

Il est possible que la créativité et la conflictivité des nombreuses et diverses individualités et groupes ne soient pas assez fortes et décidées pour maintenir une intensité semblable dans la lutte de façon quotidienne, mais il existe toujours la possibilité que de nouveaux projets surgissent des récentes rencontres dans les immeubles occupés, des actions de rue, etc. Cependant, si les soutiens de Nikos Romanos, et les anarchistes en particulier, souhaitent réfléchir à propos des détails de ce qu’il s’est passé lors des deux derniers jours de la grève, alors peut-être qu’ils et elles seront prêt-e-s à pratiquer cette solidarité, tellement nécessaire avec les prisonnier-e-s, contre l’ouverture des prisons de haute sécurité de Domokos, ainsi que contre le durcissement des conditions d’enfermement en général. Vu que sa requête initiale a été rejetée de façon répétée et vindicative, ils ont fait du chantage à notre compagnon pour qu’il accepte le bracelet électronique comme option pour obtenir, à un moment, les sorties d’étude, comme « dernier recours » qui devenait toujours plus contraint à mesure que sa santé se dégradait. De fait, celui-ci a accepté de mettre un terme à sa grève de la faim seulement après que le parlement grec ait voté de façon quasi unanime (exceptés deux parlementaires du principal parti du gouvernement, selon le registre officiel, et alors que les parlementaires nazis étaient présent au moment du vote) en faveur de l’amendement proposé par le ministère de la justice. Cet amendement se réfère aux prisonnier-e-s convaincu-e-s (condamné-e-s par un tribunal) et mis-es en cause (en attente de jugement) ayant le droit d’étudier dans un établissement d’éducation supérieur de la même région que l’institution carcérale dans laquelle ils ou elles sont enfermé-e-s, mais à qui il a été refusé les sorties d’étude pour pouvoir assister aux cours de façon régulière.

Il y est dit que ces prisonnier-e-s doivent assister de façon satisfaisante à au moins un tiers des cours et des sessions de laboratoire d’un semestre d’une année académique en suivant des cours par correspondance, et c’est seulement alors qu’on leur permettra d’accéder aux sorties d’étude, avec utilisation de bracelet électronique pour assister physiquement aux classes. Le ministre de la justice a inscrit la clause du bracelet électronique au dernier moment, en s’assurant d’ajouter que le conseil administratif (carcéral) pourrait toujours refuser ces demandes de sortie d’un-e détenu-e s’il présente une « justification spéciale » (nous supposons que cela s’applique aussi si le ou la prisonnier-e a effectivement suivi les cours à distances nécessaires depuis l’intérieur de la prison, et même s’il ou elle a accepté de porter le bracelet électronique à l’extérieur). Cet amendement législatif s’applique pour tou-te-s les prisonnier-e-s condamné-e-s et, en attente de jugement, à celles et ceux privé-e-s de sorties d’étude (il ne s’agit donc pas seulement du cas de Nikos Romanos). Cette fois, presque tous les partis politiques tiraient un bénéfice électoral en faisant la promotion de plus de mesures répressives contre les prisonnier-e-s, en plus de ne pas perdre l’occasion de démontrer leur profil démocratique et humanitaire.

Nikos a mis fin à sa grève de la faim après 31 jours, mais il continue d’asphyxier pour quelques bouchées de liberté. Au vu du résultat, et sachant que sa revendication n’a toujours pas été satisfaite, nous exigeons ce qui devrait lui être concédé immédiatement : des sorties d’étude hors de prison. Au lieu de ce sentiment de « victoire » qui s’est répandu, il nous semble que rien n’a été gagné, mise à part la valeur de vie du compagnon et la prise de conscience que nous devrions répondre à tous les chantages des larbins de l’État non pas dans un futur distant mais dès maintenant, en intensifiant toutes les formes de lutte contre la société carcérale. Nous nous positionnons fermement aux côtés des prisonnier-e-s en lutte et contre l’application de l’usage des téléconférences et des bracelets électroniques, qui ne sont que des moyens de plus d’isoler les prisonnier-e-s de l’État/Capital. Maintenant plus que jamais, la solidarité avec les prisonnier-e-s doit passer à l’offensive par tous les moyens nécessaires.

en espagnol, en anglais