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Grèce: salutations de la Crète occupée

Ceci est le 8em jour de l’occupation du bâtiment de la Préfecture administrative de Chania, en Crète. Nous avons juste traduit notre communiqué principal en anglais et nous vous l’avons envoyé, pour informer et diffuser internationalement le message de l’occupation. Une traduction française est disponible aussi ici . Nous avons un blog et une radio en ligne, en direct de l’occupation. Aujourd’hui à 18.00 GMT+2 nous avons organisé une marche dans les rues principales et dans les quartiers de Chania. En Crète, il y a aussi des bâtiments occupés à Rethimno et Lasithi. De plus, les étudiants occupent leurs écoles jour après jour. Il y a au moins 11 écoles occupées à Chania aujourd’hui.

Le 15 février, après une décision unanime, l’assemblée publique ouverte de la préfecture administrative de Chania a occupé le studio de la chaîne de télévision corporative “Nea Tileorasi Kritis” (NEA TV). Voici la vidéo:

Communiqué de l’occupation de la Préfecture administrative de Chania

Nous faisons partie des gens en lutte qui ont pris les rues lors des manifestations qui ont accompagné la grève générale de 48h et durant la protestation massive du dimanche 12 février, contre la dévaluation de nos emplois et la paupérisation de nos vies. Depuis le vendredi 10 février, et suite à la marche qui s’est déroulée dans les rues de la ville, nous avons occupé le bâtiment de la Préfecture de Crète, à Chania. L’occupation sert du point de rencontre et du centre de coordination de nos efforts collectifs afin d’organiser la lutte pour une vie marquée par la solidarité, la résistance et la dignité. En bloquant les fonctions d’un bâtiment administratif central, nous exercons une pression politique contre l’application de récentes décisions des exploiteurs étrangers et locaux. Nous nous référons au vote par le Parlement grec du second mémorandum et de nouvelles mesures d’austérité, selon les ordres de la Troïka (UE/FMI/BCE) et du capitalisme global. Continue reading Grèce: salutations de la Crète occupée

Athènes : texte des occupants de l’École de Droit

FIN DE VARKIZA - VIE MAGIQUE

La légende du texte vient d’un slogan anarchiste “Le traité de Varkiza est rompu; nous sommes à nouveau en guerre.” En référence au traité de Varkiza en 1945 où les stalinistes du KKE (Parti Communiste Grec) ont rompu avec la lutte armée dans un souci de légalité avec le nouveau régime.

APRÈS AUTANT D’ANNÉES DE SILENCE…
POUVEZ-VOUS ENCORE VOUS SOUVENIR DE HURLER ?

Laissez-nous clarifier ceci : nous ne recherchons notre ennemi dans la face de Papademos, en Allemagne, au FMI, chez les impérialistes ou les banquiers. Aucun gouvernement ne pourra nous représenter parce que nous cherchons la fin de toute autorité. Pour nous l’autorité ce n’est pas seulement l’État et le Capital, mais aussi les façons dont les structures de domination (école, famille, patriarcat, religion, sexe) sont produites dans la vie de tout les jours et dans les relations inter-personnelles, de manière forcée ou volontaire, institutionnelle ou non-statutaire.

Toutes les sortes d’autoritaires devraient savoir que nos désirs ne seront pas confinés aux limites posée par l’idéologie dominante du défaitisme et du compromis.  L’impasse des luttes revendicatives, cherchant à améliorer les conditions de vie dans les institutions, mène objectivement à un encerclement du processus insurrectionnel. Pour nous qui ne voulons pas retourner au travail et à la normalité, mais qui veulent détruire la propriété et les relations hiérarchiques de production, il n’y a qu’une voie : nous rencontrer dans les rues, dans les grèves sauvages et dans les espaces occupés auto-organisés.

Enflammons l’insurrection et ne prolongeons dorénavant pas la durée du système.

Avec les espaces occupés, les sabotages, les attaques, la solidarité constante avec quiconque qui résiste, avec les prisonniers politiques, les immigrants, ainsi qu’avec l’action antifasciste.

Les occupants de l’École de Droit
11 février 2012

Athènes : 1er communiqué de l’occupation de l’École de Droit

“Afin de nous libérer de la dette, nous devons détruire l’économie”

Le spectacle politique et financier a désormais perdu toute confiance. Ses actes sont entièrement convulsifs. Le gouvernement “d’urgence” qui a pris en charge le maintien de la cohésion sociale a échoué à préserver le travail, et en même temps le pouvoir d’achat de la population. Les nouvelles mesures, avec lesquelles l’État vise à assurer la survie de la nation grecque dans le monde financier international, conduisent à une suspension complète des paiements dans le monde du travail. L’abaissement du salaire minimum, maintenant aussi fait de papier, vient à point nommé s’ajouter à la suspension totale de toute forme de salaire direct ou social.

Chaque coût de notre reproduction disparaît. Les structures de santé, les espaces d’enseignement, les aides sociales et toutes les choses qui nous rendaient productifs/ves dans le système dominant sont désormais une chose du passé. Après nous avoir entièrement vidés, ils nous jettent maintenant directement dans la faim et la paupérisation.

La sécurisation de l’abolition de toute forme de salaire, sur le plan juridique, s’effectue via la création d’un “compte spécial fermé”. De cette façon, l’État grec assure que le stock monétaire sera utilisé exclusivement pour la survie du capital, au détriment même de nos propres vies. Le poids de la dette (pas de l’Etat, mais de ce qui est inextricablement contenue dans la relation du capital) se balance au dessus de nos têtes, menaçant de nous tomber dessus et de nous éteindre.

Le mythe de la dette. Le discours patriotique dominant promeut l’idée d’une dette grecque, en la posant comme une question transnationale. Il crée l’impression que certains usuriers apatrides ont ciblé l’État grec et que notre “bon gouvernement” fait tout ce qu’il peut pour nous sauver, alors qu’en réalité qu’il vise à nous éteindre, se comprenant lui-même comme partie du capital monétaire international.

Contre cette fausse conception nationaliste, la dette est à la fois le résultat et une partie indissociable de l’économie politique, un fait que les patrons ne connaissent que trop bien. L’économie est basée sur la production de la pénurie, par de la création de nouveaux champs de rareté (c’est à dire la création destructrice, avec toujours, des conséquences négatives à long terme). La dette et la culpabilisation se diffusent et domineront la société aussi longtemps que la propriété, la routine de la consommation, le marché et l’argent existeront.

Quand nous disons que la crise est structurelle et systémique, nous entend par là que les structures de l’économie politique ont atteint une fin, que leur cœur a été attaquée – et que ce coeur est le processus de production de valeur. Il est clair que pour le capital, nous sommes dispensables (voir la montée en flèche des chiffres du chômage) et que, à ce point, la reproduction de la force du travail est simplement un obstacle dans le processus d’accumulation du capital. La crise monétaire de la dette, qui signifie le remplacement des salaires par des prêts, et l’incapacité d’émettre des prêts, dirige le système dans un cercle vicieux de non-durabilité.

Ceci se produit parce que c’est la valeur même du travail qui est remise en cause, et qui est cette même relation à travers laquelle ceux et celles d’en bas pourraient s’insérer dans les rôles du système.

Nous faut-il alors nous diriger vers le socialisme et l’économie “populaire”? Tous les types de professionnels et dirigeants syndicaux pseudo-populaires cultivent leurs propres illusions et leur sortie politique au sein du système et de l’économie politique actuelle. Ils pourraient parler de nationalisation des banques, cela pourrait prendre la forme d’un lifting du libéralisme rationnel. Souvent, cela prend même la forme de la récupération et de l’alternative «d’esprit révolutionnaire». D’autres fois, nous entendons parler de développement durable, de décentralisation écologique, de démocratie directe et le fétichisme des formes politiques.

Alors que le marché lui-même, et les intervention de l’Etat ne parviennent pas à donner quelque perspectives que ce soit, la politique-spectacle continue à promouvoir toutes sortes de produits tels que l’économie populaire et l’autorité des socialismes d’Etat. Les mythologies des différentes dictatures du prolétariat survivent à une époque où les masses de ceux et celles qui sont exclu-e-s de la production, des institutions, les chômeurs/euses, échouent à fournir une clientèle fiable aux partis politiques et aux syndicats. La position politique réactionnaire des capitalismes d’État a été remplacé par un commerce creux de l’idéologie.

La guerre sociale ne connaît pas de frontière. Certains, au milieu de la crise, voient une re-contextualisation, un redécoupage des enceintes nationales. Le corps national et les racistes de toutes sortes semblent y voir une opportunité pour cibler les immigré-e-s, lancer des attaques et des pogroms et promouvoir le racisme institutionnel de l’Etat grec. Pour eux, leur résistance est peinte aux couleurs nationales; ils luttent comme Grecs, et non pas comme ennemis de l’exploitation et de la répression sociale à laquelle ils sont confrontés.

Nous avons sciemment choisi notre camp, croyant que toute présence d’un symbole national ou d’un drapeau national appartiennent au camp de l’ennemi, et nous sommes prêts à le combattre par tous les moyens nécessaires. Parce que les nazis de l’Aube Doré, les nationalistes autonomes et autres fascistes ne cherchent à promouvoir qu’une communauté purement nationale comme solution, les attaques préventives contre eux et la solidarité pour les immigré-e-s sont une condition nécessaire à toute perspective radicale.

La seule solution est la révolution sociale. Contre tout ce qui a précédé, nous proposons une révolution sociale, que nous considérons comme la seule solution pour avoir une vie, et non mettre à nue la survie. Cela signifie se soulever contre toute institution financière et politique. Cela exige, par la voie de la révolte, de prendre des mesures telles que l’abolition de l’Etat, de la propriété et toute sorte de mesurabilité, la famille, la nation, l’échange et les rôles sociaux de sexe. Pour que nous puissions étendre la gratuité et la liberté à travers toute la vie sociale.

C’est ce que signifie la révolution ! Apporter à cette direction toutes luttes centrées sur les revendications salariales; toutes structures auto-organisées et assemblées, en particulier dans une conjoncture telle qu’en l’espèce, lorsque la forme politique-gouvernementale de la crise systémique peut conduire à une explosion sociale.

Manifestation à 18 heures, Propylées.
Assemblée ouverte de la faculté de droit occupée immédiatement après la manifestation.

De l’École de Droit Occupée, 9 Février 2012

Athènes: Déclaration écrite de Nikos Maziotis lors du procès de Lutte Révolutionnaire, 24/10/11

Ce procès est un procès politique où sont jugés des révolutionnaires ayant choisi la lutte armée afin de lutter pour le renversement du capitalisme et de l’état, pour le renversement du régime criminel que vous, en tant que juges, défendez.

Votre tribunal est un tribunal spécial constitué suite aux ordres des impérialistes américains et anglais qui jouent le rôle des tuteurs de l’état grec. Ils ont imposé des dispositions «antiterroristes» spéciales qui rajoutent des accusations et maximisent les peines; ils ont imposé la création des tribunaux spéciaux qui siègent dans les prisons, dans un environnement sécuritaire étouffant qui diminue le retentissement du procès afin que le peuple n’apprenne pas les opinions politiques des révolutionnaires; ils ont imposé l’application des conditions de détention particulières. Et tout cela dans le but de réprimer la résistance armée ainsi que l’action des organisations révolutionnaires armées en Grèce. Continue reading Athènes: Déclaration écrite de Nikos Maziotis lors du procès de Lutte Révolutionnaire, 24/10/11

Procès d’Aris Seirinidis et Simos Seisidis: Le «plaidoyer» d’Aris Seirinidis

Voici le «plaidoyer» d’Aris Seirinidis à la procédure d’audition qui a eu lieu le lundi 10 octobre 2011 durant le procès de Simos Seisidis et Aris Seirinidis“.

“Je ne suis évidemment pas surpris de la capacité de la justice bourgeoise à déformer l’histoire, de transformer le vol de la richesse sociale par les capitalistes en bienveillance nationale, la solidarité entre les opprimés en acte criminel, la violence de l’État en protection des citoyens, l’autodéfense populaire en terrorisme.

Ce procès est un cas exemplaire d’une telle déformation. C’est un épisode supplémentaire de la série de « constructions » sociales et historiques dont l’État grec a usé pour réprimer les combattants de la résistance [NdT. contre l’occupation allemande] et de la guerre civile [NdT. d’après-guerre] en les assimilant à des brigands. De la même façon, il a réprimé les insurgés de Juillet 1965 [NdT. période dite de l’Apostasie, avant la dictature militaire] ou ceux de l’École Polytechnique (1995), les identifiant à des marginaux, des vandales ou des individus encagoulés. Et cette liste se poursuit jusqu’en décembre 2008 et les récentes manifestations contre le mémorandum. C’est la continuité de ces « constructions » qui ont permis de transformer les traîtres et les collabos en nationalistes et les tortionnaires de la junte en policiers retraités; c’est une part de cette même histoire qui a déporté sur des îles isolées la « vérole » communiste et qui emprisonne les combattants populaires dans les cellules souterraines des prisons, comme terroristes.

Ce procès, caractéristique de l’attaque sur tous les fronts déclenchée par l’état et le capital contre toute la société, envoie un message fort à tous ceux qui cherchent des moyens de résistance hors des limites de la légalité bourgeoise. Les dominateurs crient « On va vous couper les pieds, on va vous enterrer » et nous menacent avec leur justice. La même justice qui enterre des décennies de conquêtes sociales et des conquêtes des travailleurs, et assassine les prolétaires dans les bagnes modernes, aux frontières, dans les postes de police et les prisons.

A une époque où l’on dévalorise même banalise la vie des prolétaires, celle de trois d’entre eux a été évaluée à 600 000 euros. C’est à ce prix si élevé que l’appareil antiterroriste et son équipe politique les a estimées. C’est la prime offerte par l’État aux chasseurs de Simos, Marios et Grigoris. Cette campagne contre les « terroristes de l’intérieur » est évidemment influencée par les mœurs de l’Ouest Sauvage – une source d’inspiration pour le chef de campagne, Chrysohoidis [NdT. Ex-Ministre de l’ordre public]. Elle renoue encore une fois avec son passé : la nauséabonde tradition de répression du mouvement populaire à travers laquelle la bourgeoisie imposait de façon dictatoriale, et parfois démocratique, son pouvoir. La prime offerte pour la capture de nos camarades était une référence directe à la rhétorique antiterroriste du shérif du monde poursuivant les « combattants ennemis » aux quatre coins de la terre. Elle constituait également une référence très caractéristique à notre histoire et à la période où les communistes étaient pourchassés. Elle nous a inexorablement rappelé les pièges de la police grecque pour capturer les combattants poursuivis, et défiler avec eux, comme avec des trophées, sur les places des villes et des villages afin de montrer au peuple cet exemple à éviter.

Dans cette perspective, la mise à prix était un rappel, parmi bien d’autres, qui confirme la thèse que le totalitarisme n’est pas une caractéristique de ce qu’on appellerait anomalie historique, mais bien un élément organique du pouvoir bourgeois. Monarcho-fascisme, junte ou démocratie bourgeoise ne sont que différents aspects du même mécanisme de violence et d’oppression, c’est à dire de l’État, au moyen duquel la classe des capitalistes assure sa domination sur le prolétariat. La justice et la police, par conséquent, et en tant qu’institutions fondamentales de l’État, ne peuvent évidemment pas être neutres ni indépendants, mais, au contraire, sont entièrement orientées vers la défense des intérêts de la classe dominante. La relativité de la démocratie est d’ailleurs révélée par l’image de cette salle. Comme pendant l’occupation allemande, le devoir des hommes cagoulés des bataillons de sécurité [NdT. Les Tagmata Asfalias, chargés de contrer les réseaux de résistants] se limitait à la dénonciation et à l’arrestation des résistants, et non à les mener devant des cours martiales.

Mais c’est surtout la réalité elle-même, comme elle est vécue aujourd’hui, qui révèle le caractère de la démocratie. C’est le rôle de l’État, dans des conditions de profonde crise capitaliste. C’est la misère économique et la démoralisation sociale, imposées par une politique qui se tourne contre le peuple, les travailleurs et la jeunesse. C’est les milliards d’euros, qui sont offerts sans limites aux banquiers, aux industriels et aux armateurs. C’est la violence meurtrière, exercée contre une part de la société, qui résiste. Tout cela est démocratiquement réalisé et validé via des lois, dont l’exécution et le respect sont assurés par la police et la justice. Continue reading Procès d’Aris Seirinidis et Simos Seisidis: Le «plaidoyer» d’Aris Seirinidis

Thessalonique: un cabinet médical solidaire sera ouvert dans quelques jours

Les violentes mesures d’austérité imposées par le gouvernement grec et la Troika (F.M.I / B.C.E. / C.E.) enterrent totalement les restes de l’État providence avec des restrictions budgétaires et des suppressions d’emplois dans le secteur de la santé; la pauvreté et le chômage explosent, et l’exclusion sociale est toujours plus forte. Pour répondre à ces mesures qui affectent la vie de milliers de personnes, une structure de résistance a été lancée à Thessalonique.

Le 7 novembre 2011, le «Dispensaire social de solidarité» va ouvrir ses portes au rez-de-chaussée du 24 de la rue Asopou (quartier de Vardari). Cet espace a été concédé par la Bourse du travail de Thessalonique à l’initiative de travailleurs de la santé.

Le cabinet médical sera ouvert tous les jours de la semaine, et fournira pour toutes et tous (avec ou sans papiers) des services gratuits à ceux qui n’ont pas de sécurité sociale : médecine généraliste mais aussi neurologique, psychiatrique, soins dentaires et pharmacie. Pour prendre rendez-vous appelez le 0030 2310 520 386 en matinée.

Vous pouvez apporter votre expérience et une aide financière à ce projet, mais aussi le soutenir en donnant de l’équipement ou des médicaments (avant leur date d’expiration).

Il n’y a pas d’autre choix. Tout ce que l’on peut faire, c’est s’entraider.

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Lavrion, Attique: intervention anarchiste à propos de la crise économique

Jeudi, 1er septembre, au matin, des anarchistes ont fait une intervention dans le marché en plein air de Lavrion à propos de la crise économique. Cette intervention a été chaleureusement accueillie par la plupart des gens. Voici le texte distribué:

"L'intérêt national, c'est l'intérêt des patrons et non celui des pauvres"

Suite à une enquête publiée la semaine dernière, ce que chacun plus ou moins savait est devenu évident et a été enregistré: le taux de chômage augmente à un rythme sans précédent. Ainsi, bien que nous parlions d’une saison touristique générant des emplois saisonniers, le taux de chômage officiel a atteint 16,6% avec 812,000 personnes productives sans emploi. Etant donné que le pourcentage de personnes qui travaillent à temps partiel n’est même pas compté dans ces chiffres, il devient compréhensible que l’on ne remonte pas à quelques années seulement, mais à la «belle» époque des années 60.

Évidemment, la situation n’est pas meilleure, même pour ceux qui travaillent. Travailler 10 heures par jour est devenu une loi, les salaires sont réduits de moitié, et ce qui restait de l’État providence (lequel nous devons reconnaître comme un salaire indirect et une victoire) disparaît, tout cela au nom de la reconstruction nationale.

Il est crucial de comprendre la raison pour laquelle tout cela arrive. Si nous prenions le gouvernement grec et les chaînes de télé au sérieux, nous tirerons la conclusion que tout cela est dû au fait que nous faisons face… à l’enfer des dettes qui doivent être remboursées, sinon le FMI et nos créanciers nous punirons. Mais en est-il ainsi?

Par exemple les salaires du secteur privé sont-ils en effet liés au… remboursement de la part de l’Etat de la dette publique? Si le mémorandum n’avait pas été signé, tout serait beau? Alors, pourquoi des mesures similaires à celles du mémorandum arrivent dans de nombreux pays qui n’ont pas convenu de mémorandum (UK, USA, Italie et France) ou même dans des pays excédentaires (Allemagne)? Ce pourrait-il que ces mesures servent comme excuse exploitant notre ignorance?

Ce que les médias de masse nous cachent soigneusement, c’est l’inconfortable -pour eux-mêmes vérité. La crise du capitalisme se transforme en crise du travail à travers des mesures prises dans le monde occidental. Ils chargent le fardeau de leurs «pêchés» sur notre dos.

Ils donnent des centaines de milliards pour sauver les banques et en même temps ils empruntent aux banques avec les pires conditions. En d’autres termes, ils transforment la dette privée en dette publique et déficit budgétaire. Leur but est de diminuer la valeur de notre travail et essayer une nouvelle fois de faire en occident une économie compétitive avec celle de l’est. Ainsi nous allons soit être «chinoisé» dans notre travail soit, comme on nous le dit, sombrer dans l’abîme. Mais chacun d’entre nous sait très bien que nous sommes déjà dans l’obscurité totale de l’insécurité, la pauvreté, la misère; nous comptons nos rares pièces dans nos portefeuilles dès que nous allons au supermarché et agonisons sans savoir si nous allons encore joindre les deux bouts à la fin du mois.

Le chemin de la solution est connu: la lutte collective sur nos lieux de travail et dans nos quartiers. Faisons les syndicats de classe et les assemblées de quartier notre arme contre la dictature des monopoles. Ne laissons pas une goutte de vie se gaspiller. Ensemble, nous pouvons non seulement ramener les choses telles quelles étaient mais aussi se battre pour revendiquer ce que nous méritons: tout!

La prochaine fois que vous désespérerez pour savoir comment payer l’électricité, les leçons des enfants, la bouffe au supermarché, pensez que ce n’est pas une condition nécessaire. Tout dépend si vous êtes prêt à vous battre pour du changement.

Nous ne leur devons rien; ils nous doivent!
La richesse appartient aux travailleurs; pas au capital!

Terrorisme c’est l’esclavage salarial! Travailleurs vous pouvez faire sans patron!

Initiative anarchiste, Lavrion

source

Réflexions sur une journée étrange…

Instabilité et déstabilisation. L’état grec est confronté à une situation sans précédent pour lui-même: délégalisation sociale complète, contradictions apparentes, ainsi que tensions entre les pôles autoritaires, incapacité à tracer une ligne politique commune, pression par les amis et les ennemis, manque d’alternatives convaincantes qui pourraient assurer la reproduction du système. Tout cela s’est plus que jamais révélé lors de la journée de la grève générale (le 15 juin).

De l’autre côté, le mouvement social de protestation qui se développe (dénommé «les indignés» par les médias), révèle en effet une faiblesse à surmonter et briser les obstacles qui se lèvent contre lui: non seulement la domination policière mais surtout l’encerclement idéologique qui englobe de nombreuses identités sociales (variées au niveau qualitatif et de radicalisation), ainsi que des diverses origines et aspirations. Ce mouvement correspond au modèle étatiste-patriotique du type “une autre démocratie est possible» (qui nous rappelle le slogan «un autre monde est possible” des forums de gauche contre la mondialisation). Le mouvement des «indignés» forme, jusqu’à ce moment, un besoin social réel (celui de la création d’un espace de discussion et de contestation) et apparaît comme une expérience sociale intéressante. Cependant, il n’a pas créé ce champ de radicalisation sociale attendu: ce mouvement ne peut pas et ne veut probablement pas briser les identités et former des nouvelles subjectivités de lutte; il ne peut pas développer des nouveaux champs de lutte loin de la place de Syntagma. La «passion» de la place de Syntagma ne fut pas transférée dans les assemblées de quartier populaires, qui ne sont ni nombreuses, ni formées en dehors des dynamiques politiques connues. (Évidemment, l’expérience des assemblées de quartier est encore au début et le champ expérientiel des quartiers-leur psycho-géographie et leur communauté de classe-pourrait constituer un champ fertile et réel de développement des résistances sociales.) Continue reading Réflexions sur une journée étrange…

15 juin : Grève générale – Parlement grec bloqué

L’assemblée populaire de la Place Syntagma appelle
au blocage du parlement – Le nouveau accord avec le FMI
ne doit pas passer

Le 11 juin, l’assemblée populaire de Syntagma a lancé un appel au blocage du parlement grec avant le vote de la convention, dite de mi-parcours, entre le gouvernement grec et la troïka (FMI / BCE / UE). Les nouveaux accords prévoient une augmentation sauvage des impôts, de sabrer les salaires et les retraites ainsi que des nouvelles mises à pied d’une centaine de milliers de fonctionnaires.

Ce 15 juin, date de la grève générale, se prépare à devenir une chance cruciale de bloquer les charges et l’avancée du néolibéralisme en Grèce.

Plus d’informations: occupied london