Le samedi midi 9 septembre 2011, plus de 100 motos de police sont apparues dans les rues entourant le squat Libertatia. Un esprit de solidarité a immédiatement atteint le squat dans la crainte d’une expulsion. Les flics ont seulement envahi la cour avant du bâtiment, mais deux camarades ont été arrêtés et détenus au commissariat de police de la ville. Les deux ont maintenant été libérés.
Cette opération policière visait à intimider une partie du mouvement social radical, juste un jour avant les manifestations et rassemblements prévus à venir lors de la Foire internationale de Thessalonique 76e (TIF).
Les forces de répression dans les rues de Thessalonique sont déjà omniprésentes. Le trafic sera bloqué dans les rues du centre-ville samedi, et tous les véhicules seront interdit de s’approcher des installations de TIF.
Cette année, le Premier ministre Giorgos Papandreou ne sera même pas présent pour inaugurer la foire à cause de contre-manifestations tant redoutées , il prononcera un discours à huit clos au Centre de Conférence Ioannis Velidis le samedi 10 septembre (autour de 20h00 GMT+2), et le conférence de presse annuelle dans le dossier C Entrepôt au port de la ville le dimanche 11 septembre (autour de 13h00 GMT+2), où il donnera un aperçu de la politique fiscale de son gouvernement pour l’année.
Dans les rues, pour briser la peur ! Révolte généralisée MAINTENANT !
Jeudi, 1er septembre, au matin, des anarchistes ont fait une intervention dans le marché en plein air de Lavrion à propos de la crise économique. Cette intervention a été chaleureusement accueillie par la plupart des gens. Voici le texte distribué:
"L'intérêt national, c'est l'intérêt des patrons et non celui des pauvres"
Suite à une enquête publiée la semaine dernière, ce que chacun plus ou moins savait est devenu évident et a été enregistré: le taux de chômage augmente à un rythme sans précédent. Ainsi, bien que nous parlions d’une saison touristique générant des emplois saisonniers, le taux de chômage officiel a atteint 16,6% avec 812,000 personnes productives sans emploi. Etant donné que le pourcentage de personnes qui travaillent à temps partiel n’est même pas compté dans ces chiffres, il devient compréhensible que l’on ne remonte pas à quelques années seulement, mais à la «belle» époque des années 60.
Évidemment, la situation n’est pas meilleure, même pour ceux qui travaillent. Travailler 10 heures par jour est devenu une loi, les salaires sont réduits de moitié, et ce qui restait de l’État providence (lequel nous devons reconnaître comme un salaire indirect et une victoire) disparaît, tout cela au nom de la reconstruction nationale.
Il est crucial de comprendre la raison pour laquelle tout cela arrive. Si nous prenions le gouvernement grec et les chaînes de télé au sérieux, nous tirerons la conclusion que tout cela est dû au fait que nous faisons face… à l’enfer des dettes qui doivent être remboursées, sinon le FMI et nos créanciers nous punirons. Mais en est-il ainsi?
Par exemple les salaires du secteur privé sont-ils en effet liés au… remboursement de la part de l’Etat de la dette publique? Si le mémorandum n’avait pas été signé, tout serait beau? Alors, pourquoi des mesures similaires à celles du mémorandum arrivent dans de nombreux pays qui n’ont pas convenu de mémorandum (UK, USA, Italie et France) ou même dans des pays excédentaires (Allemagne)? Ce pourrait-il que ces mesures servent comme excuse exploitant notre ignorance?
Ce que les médias de masse nous cachent soigneusement, c’est l’inconfortable -pour eux-mêmes vérité. La crise du capitalisme se transforme en crise du travail à travers des mesures prises dans le monde occidental. Ils chargent le fardeau de leurs «pêchés» sur notre dos.
Ils donnent des centaines de milliards pour sauver les banques et en même temps ils empruntent aux banques avec les pires conditions. En d’autres termes, ils transforment la dette privée en dette publique et déficit budgétaire. Leur but est de diminuer la valeur de notre travail et essayer une nouvelle fois de faire en occident une économie compétitive avec celle de l’est. Ainsi nous allons soit être «chinoisé» dans notre travail soit, comme on nous le dit, sombrer dans l’abîme. Mais chacun d’entre nous sait très bien que nous sommes déjà dans l’obscurité totale de l’insécurité, la pauvreté, la misère; nous comptons nos rares pièces dans nos portefeuilles dès que nous allons au supermarché et agonisons sans savoir si nous allons encore joindre les deux bouts à la fin du mois.
Le chemin de la solution est connu: la lutte collective sur nos lieux de travail et dans nos quartiers. Faisons les syndicats de classe et les assemblées de quartier notre arme contre la dictature des monopoles. Ne laissons pas une goutte de vie se gaspiller. Ensemble, nous pouvons non seulement ramener les choses telles quelles étaient mais aussi se battre pour revendiquer ce que nous méritons: tout!
La prochaine fois que vous désespérerez pour savoir comment payer l’électricité, les leçons des enfants, la bouffe au supermarché, pensez que ce n’est pas une condition nécessaire. Tout dépend si vous êtes prêt à vous battre pour du changement.
Nous ne leur devons rien; ils nous doivent!
La richesse appartient aux travailleurs; pas au capital!
Terrorisme c’est l’esclavage salarial! Travailleurs vous pouvez faire sans patron! Initiative anarchiste, Lavrion
Le mardi 30 août, le flic Miguel Millacura Carcamo qui a tiré sur Manuel Gutiérrez Reinoso de 16 ans, a été inculpé, accusé d’ «assassinat». Il se trouve actuellement en détention provisoire dans la caserne de la communauté Pudahuel, un centre de détention spécial pour la protection des ex-policiers. Bientôt, il sera déterminé si un tribunal civil ou militaire décidera de la sentence pour le meurtre.
L’état chilien, par son gouvernement de marionnette, a commencé de «laver» son image publique en punissant «gravement» les Carabiniers directement impliqués dans l’assassinat de l’adolescent, mais aussi leurs supérieurs˙ il présente ainsi une mesure exemplaire à toute la société, dans un effort d’éviter d’accepter les responsabilités assumées par le Ministère de l’Intérieur.
Dans la nuit du 24 août, une jeune fille de 18 ans a été grièvement blessée par balle par la police alors qu’elle courait pour éviter d’être arrêtée. Mais cela n’était toujours pas suffisant. La police était en quête de vengeance pour un total de 156 flics blessés dans tout le pays, durant les manifs du 24 et 25 août.
Dans la nuit du jeudi 25 août, au milieu de violents affrontements dans le quartier de Santiago, Pincoya, Mario Pinto Parraguéz de 18 ans, a reçu une balle en plein visage et a été transféré dans l’hôpital. Son état s’est détérioré jusqu’à sa mort, le lundi 29 août.
Mario s’est retrouvé dans la ligne de tir, entre la police armée et les manifestants. En l’absence d’une vision solide sur les faits (contrairement à ce qui s’est passé dans la communauté de Macul suite à la mort de Manuel), le siège de la police et les médias corporatistes promeuvent un scénario selon lequel Mario a été abattu par un trafiquant de drogue. Tout cela, afin que les Carabiniers ne soient pas considérés responsables de ce meurtre comme ils tirent souvent et sans distinction sur les hommes.
«Le Crépuscule de la Peur», un court documentaire sans commentaire, capte des images de la manifestation pour l’éducation, du 9 août 2011, à Santiago. Ses réalisateurs ont dédié ce témoignage depuis les rues du Chili, à Manuel Gutiérrez Reinoso qui a été assassiné par la police.
Vous pouvez regarder plus de vidéos du groupe anarchiste Sin(Α)psis – Productora de Comunicación Socialici.
Manuel Gutiérrez Reinoso, assassiné par la police à Santiago
Info sur les 48h de grève générale au Chili(en anglais)
Dans la nuit du 25 au 26 août, dans le quartier de Jaime Eyzaguirre où Manuel Gutiérrez Reinoso a été assassiné par la police, ses proches et ses amis ont organisé une cérémonie à sa mémoire et ont défilé dans les rues de la communauté Macul. Des rassemblements et des marches ont eu lieu dans différentes villes du Chili, mais aussi à Buenos Aires en Argentine. Sur l’avenue Alameda dans le centre de Santiago, la police a fait usage de violence après 19h; des canons à eau et des gaz lacrymos ont été utilisés pour disperser la manifestation de plus de 200 personnes. Cinq manifestants ont été arrêtés et les personnes solidaires ont répondu en montant des barricades et en s’affrontant avec les forces répressives.
Le nombre total d’interpellations dans tout le Chili pendant la grève générale de 48h (24-25 août) est de 1,394. Plus de 300 personnes ont eu des poursuites; dans la majorité des cas les charges sont: troubles violents mineurs ou majeures, attaques contre des policiers ou pillage. La plupart des personnes persécutées ont été relâchées sur des conditions restrictives: se présenter régulièrement auprès des autorités, ne pas sortir du territoire et ne pas participer à des manifs. Par ailleurs une vingtaine de manifestants (le nombre n’est pas encore confirmé) ont été accusés de possession d’arme à feu, et certains ont été maintenus en garde à vue.
Durant la manif du jeudi 25 août à Santiago, trois jeunes colombiens ayant jeté des objets sur les carabiniers ont été arrêtés par des agents secrets de la police politique Dipolcar. L’un d’eux a été relâché. Les deux autres jeunes (15 et 20 ans) ont été poursuivis pour troubles publics violents et le procureur a demandé leur expulsion du pays. Celui de 15 ans est un réfugié politique et ne sera pas expulsé mais le colombien de 20 ans est menacé d’expulsion à cause de sa participation aux manifs. Dans le même temps les autorités de la province de Santiago ont déposé des poursuites contre les immigrés arrêtés (à noter que le 19 août à Bogota, en Colombie, un graphiste de 16 ans,Diego Felipe Becerra, a été abattu de sang froid par la police nationale; des marches de protestation ont suivi cet assassinat).
Il est clair que cette répression est une mesure exemplaire contre tous les immigrés vivant au Chili, afin qu’ils sachent ce qu’il peut leur arriver s’ils protestent. Des centaines de milliers d’immigrés sont exploités, vivent dans des maisons bondées, et souffrent des constantes discriminations ainsi que d’une longue liste d’humiliations avec comme seule raison leur provenance d’un autre pays. Ces personnes pourraient à tout moment se révolter contre l’oppression; c’est pourquoi le pouvoir réprime brutalement tous les immigrés qui osent protester. Par le passé, l’état chilien a déporté un grand nombre d’immigrés pour les motifs qu’ils aient participé à des rassemblements ou des manifs, qu’ils aient été solidaires avec les Mapuche, ou encore pour leur proximité avec les groupes de gauche ou anarchistes radicaux.
Aussi le 25 août, un enfant de 12 ans a été touché au visage par un tir d’une grenade lacrymogène pendant une manifestation à Concepción. La joue du garçon a été déformée après ce tir de grenade par un des assassins de la police chilienne, aux alentours de l’université de la ville.
Cela n’est pas quelque chose de nouveau: après la manif pour l’éducation publique du 12 mai, les carabiniers ont violemment envahi l’université de Concepción. L’étudiante Paulina Rubilar a été sauvagement blessée à l’œil par une grenade lacrymogène.
La pratique meurtrière de tirs de lacrymos à bout portant sur des manifestants, ainsi que l’utilisation extensive de balles en caoutchouc et de boulettes en plastique, ont causé des blessures à des centaines de personnes ces derniers mois. Les boulettes en plastique peuvent laisser des séquelles permanentes, voir même être fatales -tel qu’il fut le cas le 27 mars 1984, pendant une manifestation des étudiants de l’époque, quand une étudiante de 24 ans Caupolicán Inostroza Lamas perdit la vie, touché à la gorge par une de ces boulettes tirées par les serviteurs de la dictature de Pinochet.
Néanmoins, il semble que la démocratie bourgeoise transcende la dictature. Il est à noter que des manifestations contre le président milliardaire chilien Sebastián Piñera ont eu lieu dans quasi tous les endroits où il se montre. Son gouvernement essaie de masquer le meurtre de Manuel Gutiérrez Reinoso. Dans le même temps les porte parole de la police nient qu’un flic, un homme de leur nature, tira sur cet enfant et les média corporatistes reproduisent les scénarios aberrants afin de minimiser l’affaire d’assassinat d’état.
Dans une déclaration commune, les résidents du quartier de Jaime Eyzaguirre -où le meurtre de l’adolescent eut lieu- confirment que la police est seule responsable de ce meurtre, comme les témoignages l’indiquent aussi, et notamment celui du frère de 22 ans de Manuel qui était avec lui au moment de l’assassinat. Le quartier tombe sous la juridiction du 43ème département de police de Peñalolén. Dans cette même déclaration, les habitants rapportent qu’un autre voisin a été blessé à l’épaule par un tir de flic. Ce qui est confirmé par un jeune dans la presse du régime. Il ajoute que lorsque la voiture de patrouille est apparue dans la rue Amanda Labarca, les manifestants ont commencé de jeter des piètres et les flics ont ouvert le feu. Cependant, Manuel a été assassiné à environ 70 mètres du lieu des affrontements.
Puisque nous ne sommes pas né(e)s hier mais nous gardons la mémoire du passé, puisque nous crachons sur la propagande des médias corporatifs…
Né(e)s ici ou pas, nous vivons et marchons aussi dans ces rues, nous savons donc très bien que:
LES GRECS AUSSI, ILS ASSASSINENT
(massivement) en Afghanistan, en Somalie et partout ailleurs où les bottes de l’armée grecque pénètrent, comme elle a massacré à Srebrenica dans le passé récent et comme elle continuera à tuer des gens partout où la protection des « intérêts économiques nationaux » le demandent.
LES GRECS AUSSI, ILS VIOLENT
des filles et des garçons d’Afrique, d’Europe de l’Est et de partout, depuis des années, dans les bordels de la capitale et dans les bars louches en province, à l’intérieur des postes de police de notre voisinage. Une autre preuve tangible de leur imposture corpulente traditionnelle, accrue par leur condition (empruntée) du « Grec économiquement puissant ».
LES GRECS AUSSI, ILS VOLENT
Les banquiers, propriétaires de bateau, patrons, hommes d’affaires, archimandrites de l’église, politiciens, juges honnêtes et policiers incorruptibles de Grèce; en Grèce, dans les Balkans et partout où ils étendent leurs affaires répugnantes…
L’UNITÉ NATIONALE, C’EST UNE ARNAQUE
dont l’objectif est de créer l’illusion pour nous « d’en bas » que nous aurions des intérêts communs avec ceux qui nous volent, violent notre personnalité, avec ceux qui veulent tout presser hors de nous avant de nous exterminer dans une galère, une prison, une maison de fous.
NOUS NE DEVRIONS PAS SEULEMENT REFUSER D’ORGANISER NOTRE RÉSISTANCE SUR LA BASE DE L’UNITÉ NATIONALE
NOUS DEVRIONS LA DÉTRUIRE
GROUPES DE CONTRE-INFORMATION CONTRE LES ADEPTES DE LA PATRIE ET LES APOLOGISTES DE L’UNITÉ NATIONALE
Fin juillet, l’Institut de technologie et d’éducation Alexandrio de Théssalonique a annoncé publiquement son intention d’offrir l’immeuble au 13, rue Egnatia à la location, un immeuble qui est occupé depuis quatre ans.
Après des années de négligence, cet espace s’est transformé d’un immeuble abandonné et inaccessible en un projet social libre et ouvert à tous et à toutes grâce à des processus collectifs. Son fonctionnement est basé sur l’égalité et la solidarité, contre toute forme de gestion étatique ou privée. Les décisions sont prises collectivement et horizontalement, basées sur nos besoins, nos désirs et nos possibilités.
Les espaces libérés et les squats sont la solution. Le problème, c’est le capitalisme.
Nous traversons une période de redistribution sauvage des richesses sociales, les riches deviennent moins nombreux et plus riches, les pauvres plus nombreux et plus pauvres. Voulant mettre en œuvre leurs ignobles plans, ils continuent à mettre à jour leur arsenal légal et logistique à l’intérieur de la planification internationale des patrons. L’État agit selon la stratégie « diviser et régner » et essaie d’isoler ceux qui luttent et qui résistent, il les stigmatise pour mieux pouvoir les gérer.
Si les squats, les parties subversives de la société et les combattants sont attaqués, c’est comme s’ils nous attaquent tous.
Au-delà son effet immédiat, la répression a un caractère exemplaire. Son but est de décourager tout et chacun qui essaie de résister et qui cherche des solutions réalistes-radicales pour sa vie. Pour ces raisons-là, la solidarité sociale et de classe entre les opprimés est nécessaire. Il n’y a pas de solutions individuelles à des problèmes collectifs; la réponse, c’est l’action collective.
Si nous ne nous unissons pas dans une lutte
commune contre l’oppression, on partagera une défaite commune.
Le dimanche 23 août dans l’après-midi, un dispositif policier massif a fait une rafle dans le squat TIAO (Atelier indépendant d’art et d’artisanat) situé à la rue Yungay à Valparaíso. Le squat TIAO a été un centre de projets autonomes et auto-organisés ces derniers cinq ans.
Des flics lourdement armés ont brisé les portes en métal et les fenêtres pour ensuite envahir l’immeuble causant des dégâts importants, aussi à une partie de l’infrastructure du squat. Pendant l’assaut, les bourreaux de l’État chilien ont menotté les camarades à l’intérieur du squat en les pointant du fusil tandis que l’unité d’investigation a examiné le lieu. En même temps, un dispositif policier important avec des lance-eau et des véhicules à gaz lacrymogène blindés était dehors tandis que les patrouilles ordinaires et de trafic ont bouclé les rues environnantes bloquant l’accès aux gens solidaires.
L’opération policière a duré plus d’une heure; les flics ont envahi sans la présence d’un procureur et l’adresse écrite sur le mandat de perquisition ne correspondait pas à l’adresse actuelle. Comme un peu partout dans le « monde civilisé », les mécanismes répressifs au Chili ne se préoccupent pas de suivre des procédures légales lorsqu’il s’agit d’intimider ceux qui résistent et qui luttent contre la démocratie parlementaire et le capitalisme.
Le même jour, il y a également eu une rafle dans un squat culturel dans le quartier universitaire de Santiago. Comme dans le cas du squat TIAO, la police est venue pour chercher des matériels utilisables pour faire des cocktails Molotov, mais, dans les deux cas, n’a rien trouvé de ce genre.
Ces attaques sur des centres sociaux libres nous font penser aux opérations policières excessives et le coup monté du « caso bombas » il y a un an. Elles ont eu lieu seulement quelques heures avant la grève générale de 48 heures (du 24 au 25 août) dans le but d’immobiliser le mouvement social radical qui cherche le renversement total du régime.
Nous n’oublions pas nos frères et sœurs qui luttent
contre l’État et le Capital!
NE TOUCHEZ PAS AUX SQUATS
SOLIDARITÉ AVEC LES INSURGÉS AU CHILI!
Le mercredi 24 août à midi, le Container squat dans le campus de l’université de Zografou dans le district d’Ilissia a été envahi et évacué. Le container occupé a été cassé et tous les objets ont été enlevés et confisqués. Des étudiants du réfectoire occupé à Propylaea dans la ville basse d’Athènes ont appelé à un briefing et une discussion sur cette évolution à 21h.
Quelques heures avant, environ 2.000 étudiants ont manifesté dans le centre d’Athènes tandis que des manifestations contre la réforme de l’éducation ont également eu lieu à Théssalonique, à Heraklion (Crète) et à Patras. Le parlement grec a néanmoins voté la réforme de l’éducation proposée par la ministre de l’éducation Anna Diamantopoulou qui comprend des changements du système d’éducation qui sont parmi les plus radicaux de tout ce qu’on a vu ces dernières décennies.
Dans un coup de dernière minute concernant la réforme de l’éducation, la ministre a annoncé l’abolition complète de l’asile historique des universités (empêchant la police d’accéder aux zones académiques au nom de la liberté d’expression) et de l’élection des vice-président d’université par la communauté académique.
Inutile de dire que l’asile universitaire a été violé en pratique de nombreuses fois pendant la « Metapolitefsi » et surtout ces dernières années.
Le 17 septembre 2010, quatre personnes ont braqué une succursale de la Banque nationale de Grèce avec une arme dans la ville de Psachna sur l’île Evia (dans le Nord d’Athènes). Une demi-heure plus tard, un homme âgé de 27 ans, un homme âgé de 28 ans et une femme âgée de 35 ans ont été arrêtées sur une autoroute dans la région de Panorama près de la capitale de l’île Chalkida. Après qu’ils ont été amenés au poste de police de Chalkida, les hommes – Alexandros Kossyvas et Michalis Traikapis – ont été chargés du braquage armé et Maria Economou a été accusé de « complicité et aide à la fuite ». Les accusations sont largement basées sur les liens des camarades avec le milieu anarchiste (M. Traikapis était un des « 7 de Théssalonique », arrêtés à la manif contre le sommet de l’UE en 2003 et finalement relâchés après une longue grève de la faim).
Les trois camarades n’avaient aucune arme ni du « butin » sur eux au moment de l’arrestation et les fouilles de leurs domiciles n’ont révélé rien d’autre que « des passe-montagnes, quatre balles 9 mm et d’autres objets sur lesquels l’enquête est en cours. » Faute de preuves compromettantes, les autorités ont basé leurs accusations sur des témoignages sans substance et contradictoires donnés par des résidents mentionnant une ressemblance entre les accusés et les auteurs (un des locaux, un gérant de kiosque, dit avoir vu un des camarades – juste avant le braquage –, il aurait demandé: « Excusez-moi, où est la banque? »)
Tous les trois nient les accusations, et ils sont connus des autorités pour leur participation active dans les luttes sociales depuis des années; cela a suffi pour A. Kossyvas et M. Traikapis pour être tenus en garde à vue tandis que M. Economou a été libérée sous caution avant d’être jugée.
Seulement deux mois avant ce procès concernant le cas du braquage du Banque nationale à Psachna, Evia, les deux camarades M. Economou et A. Kossyvas ont été informés qu’ils sont chargés d’un autre cas: un braquage d’une Banque nationale à Schimatari, Viotia. Le 18 août 2011, M. Economou et A. Kossyvas (qui est toujours en garde à vue) ont comparu devant l’inquisiteur de Thèbes qui a durci les conditions de libération sous caution pour les deux à cause des nouvelles accusations fabriquées.
“[…] Nous nous ne focaliserons pas sur les flics qui ont « exagéré », les procureurs qui étaient « arbitraires », les journalistes qui ont « désinformé ». Nous essayons de décrire les logiques modernes de la soumission par notre propre histoire. D’exposer à la vue générale ces petites histoires composant la totalité du monde barbare qui nous entoure. Chacun de nous devraient se positionner par rapport à elles. Nous l’avons fait. Nous exigeons que les charges soient levées et notre libération immédiate sans rien supplier. Nous ne sommes pas des victimes; nous faisons partie de nos choix. Pour tout ce que nous avons fait, pour ce que nous n’avons pas fait, pour ce que nous avons oubliés. Personne ne devrait chercher des « innocents » parmi nous. Nous sommes du côté de ceux « coupables » sans cesse. Nous sommes à côté des pauvres diables, des immigrants, des hors-la-loi, des braqueurs, des « terroristes ». Et nous resterons là; comme jadis, maintenant et pour toujours.”
Alexandros Kossyvas, Michalis Traikapis, Maria Economou —19 octobre 2010
Ne touchez pas à nos camarades Alekos Kossyvas, Michalis Traikapis, Maria Economou!
SOLIDARITÉ AVEC TOUS LES COMBATTANTS
PERSÉCUTÉS ET EMPRISONNÉS
Un documentaire de l’ABC Biélorussie couvrant la répression contre le mouvement anarchiste en Biélorussie entre septembre 2010 et février 2011 et comprenant des commentaires d’anarchistes, d’officiels russes et biélorusses, de militantEs de droits de l’homme.
les émigrantEs de hier sont les immigrantEs d’aujourd’hui
Le 9 juin 2011, la police a évacué par la force et détruit le campement des immigrantEs à Igoumenitsa. Dez douzaines d’eux/elles ont été arrétéEs tandis que beaucoup ont été forcé de s’enfuir sur le continent. CertainEs sont arrivéEs dans notre ville [Ionnanina, Nord-Ouest de la Grèce].
La chasse aux immigrantEs – la partie la plus sous-estimée et la plus exploitée de la classe ouvrière – doit arrêter.
Laissons pas les immigrantEs devenir la proie aux appétits des flics, des juges, des racistes et des citoyens pacifiques. Prônons la solidarité et l’aide mutuelle contre ceux qui organisent l’exploitation et l’oppression et des immigrantEs et des locaux. Empêchons que l’on se moque encore davantage du droit universel au mouvement et à l’établissement libres.
Brisons les lignes de division erigées par les frontières et les patries.
RÉELLEMENT – MATÉRIELLEMENT – POLITIQUEMENT SOUTENEZ LES IMMIGRANTeS
Des compagnons | antifa [ i ] | Tapi & psychremi [Fauché et cool] | ESE Ioanninon [Syndicat libertaire, Ioannina] | Antiviosi katalispi [squat Antibiosis]
Exarchia: Une banderole de solidarité avec Christos Kolentinis
et touTEs les compagnons emprisonnéEs.
La nuit du vendredi 8 juillet, C.K. a été arrêté, torturé par les bâtards de la MAT (police anti-émeutes) et hospitalisé avec des blessures graves. Une affiche de solidarité exigeant la libération immédiate de C.K. faite par le lieu de rencontre auto-organisé Ano-Kato Patission (place Koliatsou) a également été collée ces dernières semaines à Athénes.
Βrèves réflexions sur la révolte des migrants de Bari, et plus encore
Affiche apparue sur les murs de Molfetta (Bari)
Certainement, c’est une expression que l’on s’entend fréquemment dire; bien après les évènements des derniers jours, ou mois, ça serait le moment de la prendre plus en considération.
En effet, il y a quelques jours (lundi 1er août), à nouveau comme c’était déjà arrivé d’autres fois dans les mois précédents, mais avec plus de force et de décision, les migrants demandeurs d’asile du C.A.R.A. (Centre d’accueil des demandeurs d’asile) de Bari-Palese, ont cessé de vivre dans l’ombre et dans les limbes bureaucratiques dans lesquels ils sont reclus, et ils ont protesté avec force contre la condition dans laquelle l’État italien les laisse croupir.
Il y a des personnes qui attendent depuis au moins sept mois de se voir reconnaître le statut de réfugié (ou au moins d’avoir d’avoir une réponse), mais dans le même temps, sans aucune nouvelle de l’État au sujet de leur requête, ils sont enfermés dans le C.A.R.A. avec de fortes limitations de liberté individuelle.
Dans les mois précédents, les rails des chemins de fer de l’État ont été plusieurs fois bloqués à hauteur de Bari-Palese, créant ce chaos nécessaire à qui n’a pas la voix pour se faire entendre.
Lundi 1er août, la protestation se répand en envahissant non seulement les rails mais aussi la route 16 bis, avec de fortes gênes sur le raccordement Bari-Foggia.
Nous ne pouvons que saluer avec joie et admiration le courage et la décision de gens qui sans avoir commis aucun délit sont contraints de croupir dans des camps entourés de fil barbelé et contrôlés par des militaires et la police.
Nous exprimons notre solidarité avec tous les migrants enfermés dans les C.I.E. et dans les C.A.R.A. afin que de ces lieux ne restent que des ruines.
Mais nous exprimons aussi notre solidarité aux rebelles du Val Susa qui continuent à lutter contre ceux qui voudraient assujettir un peuple et sa terre à leurs propres intérêts, ainsi qu’à toutes les populations arabes en révolte.
Et à la lumière de tout ceci nous nous demandons… de tous ces gens… ça ne serait pas l’heure de commencer à apprendre ?!
Le 9 août, Giorgos Polidoros a été transféré menottés de la prison fermée de Corfu au centre général de détention, c’était un transfert disciplinaire. Les matons ont d’abord essayé une fouille complète, alors que le compagnon était encore menotté. Il a résisté, forçant les matons a reculer, mais ils a été chargé d’une nouvelle violation disciplinaire pour insubordination.
En ce moment, il est confiné au poste de garde de la prison. Après une intervention de sa part et de la part d’autres détenus de l’aile E2 (où le compagnon Christos Tsakalos est incarcéré), l’administration pénitentiaire et le sergent Yannis Ramogiannis se sont engagés de le transférer dans une aile particulière après cette sanction disciplinaire (de cinq jours). Nous suivons cette affaire.
Le 5 octobre a été décidé comme jour d’ouverture du procès de l’organisation révolutionnaire, Lutte Révolutionnaire.
Le procès aura lieu dans la salle du tribunal de la prison de Korydallos.
Huit accusé-e-s passeront en procès, selon un ordre du conseil d’appel, pour participation à l’organisation.
Les accusé-e-s pour l’affaire de la Lutte Révolutionnaire sont N.Maziotis, P.Roupa, K.Gournas, Ch.Kortesis, V.Stathopoulos, S.Nikitopoulos, K.K. (pas arrêté; en cavale) and M.Beraha (la femme de K.Gournas).
Les trois premiers accusé-e-s, Maziotis, Roupa et Gournas ont pris la responsabilité de leur participation et restent emprisonné-e-s, mais mi-octobre les 18 mois de leur détention provisoire expirent. Les autres accusé-e-s sont libres.
Kortesis, Stathopoulos et Nikitopoulos, ont récemment été relâchés sous conditions, suite à deux décisions de juges de la Cour d’Appel˙ la Cour Suprême avait appliqué une rétractation sur la première décision de la Cour d’Appel et la deuxième décision prise a ratifié les décisions des juges d’appel.
Les charges portées contre chacun-e concernent les crimes suivants: formation et participation dans une organisation terroriste, fabrication et possession d’engins explosifs, dynamitages et nombreuses tentatives d’homicides.
La Lutte Révolutionnaire a fait de nombreuses attaques, dont une au lance-roquette contre l’ambassade américaine, le 12 janvier 2007, ainsi qu’une attaque armée contre des flics sur la rue Bouboulinas, le 5 janvier 2009.
La Lutte Révolutionnaire est accusée d’être derrière les attaques suivantes (toutes à Athènes) :
• 5 septembre 2003: Explosion contre le Palais de Justice
• 14 mars 2004: Explosion contre une filière de Citibank dans le quartier de Psychiko
• 5 mai 2004: Explosion contre un commissariat dans le quartier de Perissos
• 29 octobre 2004: Explosion des bus de police
• 2 juin 2005: Explosion contre le Ministère du Travail
• 12 décembre 2005: Explosion contre le Ministère des Finances, sur la place de Syntagma, à côté du Parlement
• 30 mai 2006: Tentative d’assassinat de Georgios Voulgarakis, ancien Ministre de l’Ordre Public et (ancien) Ministre de la Culture
• 12 janvier 2007: Attaque à la roquette contre l’ambassade des Etats Unis
• 30 avril 2007: Coups de feu dans le commissariat du quartier de Nea Ionia
• 24 octobre 2008: Explosion des bureaux de Shell dans le quartier de Palaio Faliro
• 23 décembre 2008: Coups de feu contre un bus de la force anti-émeute, près de l’Université d’Athènes, dans le quartier Goudi
• 5 janvier 2009: Coups de feu sur les flics qui gardaient le Ministère de la Culture à Exarchia. Un flic de la force anti-émeute a été grièvement blessé.
• 18 février 2009: Voiture piégée près du siège de Citibank, dans le quartier de Kifissia. La bombe n’a pas détoné.
• 9 mars 2009: Explosion d’une filiale de Citibank dans le quartier de Nea Ionia
• 12 mars 2009 : Explosion d’une filiale d’Eurobank dans le quartier d’Agryroupoli
• 2 septembre 2009: Une voiture piégée cause de sérieux dégâts contre le bâtiment de la Bourse
Les trois camarades qui ont pris la responsabilité des actes de la Lutte Révolutionnaire montrent que le combat pour ce à quoi l’on croit, n’est pas un combat que seule l’«élite » peut mener. C’est n’importe qui, qui souffre dans un système fait pour nous contrôler. L’état sait que le seul terroriste c’est lui-même et les dirigeants et tant que personne ne l’affronte, ils n’ont rien à craindre. Il est temps de montrer que trop c’est trop et l’attaquer par tous les moyens possibles.
SOLIDARITE AVEC LES CINQ ACCUSE-E-S DE L’AFFAIRE DE LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE
Les compagnons du squat de La Buissonière de Fontenay-sous-bois en banlieue parisienne, ont accroché une banderole en grec, en soutien au squat Patission 61 & Skaramaga (Athènes). Sur la banderole : “Solidarité avec le squat Skaramaga, Retirez vos sales pattes [de] nos squats”.
Depuis quelques jours, le service responsable de la municapilité d’Athènes,en premier lieu, le maire Kaminis, à laissé des facilitées à la municipalité concernant la rue de Filolaou, au numéro 159, aux gansters nazis de Hrisi Avgi afin qu’ils puissent ouvrir un bureau propre à leur parti. Celui-ci étant destiné aux besoins des comiteé scolaires, et contre l’avis unanime du deuxième conseil de communauté, les clés ont données aux fachistes.
Au printemp 2009, un groupe armé de Hrisi Avgi a occupé un parc d’enfant sur la place de Aghios Panteleimonas et ont ainsi tué la vivacité des enfants du quartier, immigré ou locaux. Cela change la vie quotidienne, occupée désormais par la violence et l’intolérance, le racisme et le recrutement d’adolescent provenant des écoles avoisinantes à leurs causes. Comme si cela ne leur suffisait pas ! Leurs listes d’action consistent à agresser soit physiquement, soit moralement, les jeunes sur les lieux publics. Des attaques mortels sur les immigrés et les refugiés, ciblant les résistants et les résistantes, les squats, et en général les lieux de vie sociale.
Les fachistes aspirent à installer un bureau dans la rue Filolaou pour avoir une autre base pour les actions terroristes. Ils veulent promouvoir sans dérangement le cannibalisme social et imposer la peur dans notre quartier. Cependant, une grande partie de la socièté se révolte et résiste collectivement. Les fachistes veulent empoissonner la socièté avec la haine raciste et les délires nationalistes. En même temps, la diversité des classes augemente et l’injustice sociale est de plus en plus profonde. Ce n’est pas par hasard qu’au mois de Mai dernier, ils ont exploité la mort tragique de M. Kadari (une histoire de vol au centre d’Athènes) pour installer la peur au cœur de la ville avec des attaques fachistes.
Et ce n’est pas pour rien aussi, que pendant la manisfestation du 29 Juin, contre le vote du nouveau programme d’austerité, les membres de Hrisi Avgi en collaboration avec les MAT (CRS grecs), ont profité de cette situation pour s’échapper de l’esplanade du Parlement, afin de se protéger de la rage du peuple. Celui-ci expérimentant une attaque sauvage à la bombe lacrymogène avec une détermination sans faille.
Est-ce que l’on va laisser les Nazis progresser dans nos quartiers sans reagir ?
Contre la pauvreté, le chômage et la misère, nous répondons par la solidarité.
Contre le racisme et les séparations sociales, nous répondons par la lutte autogérée commune entre les immigrants et les locaux, les jeunes et les vieux, les travailleurs et les chômeurs.
Contre l’aliénation et le cannibalisme, nous répondons par la collectivité.
La lutte contre le fachime est un sujet de la vie et une question de dignité, il n’y a pas de place pour les ennemis de la liberté.
Le fachisme n’est pas seulement une image sur un écran.
[Le texte suivant est extrait de la brochure «Texte et interview du compagnon Polykarpos Georgiadis». La brochure comprend l’interview du 27 octobre 2010 que le militant emprisonné Polykarpos Georgiadis a donnée lors de l’émission «Cris depuis les cellules» de la radio autogérée 98fm. Elle comprend également un texte du compagnon, lequel on a choisi de traduire, sur le sujet -entre autres- de la contre-information et des rapports entre le mouvement révolutionnaire et le rôle de différents moyens employés.]
Ι
Une vieille banalité nous informe que «savoir, c’est pouvoir». Εt en effet, la connaissance est liée à tous les niveaux de pouvoir: la connaissance c’est la puissance, la connaissance c’est le pouvoir mais la connaissance c’est aussi la révolution. Les Pythagoriciens étaient des grands scientifiques et amoureux de la connaissance, mais ils gardaient les résultats de leurs recherches dans le cercle fermé de leur élite autoritaire. Tout Pythagoricien qui tentait de socialiser la connaissance, était considéré comme traître et son assassinat était planifié. Les Pythagoriciens avaient compris que la connaissance peut constituer un outil spécial du pouvoir: le peuple devait rester dans l’ignorance et la superstition, afin d’être passif et plus facilement manipulé. Il devait être exclu de toute source de connaissances et d’informations. Seulement un «clergé» (ndt. ici avec le sens figuré d’un groupe de puissants fermé) avait accès à ces sources.
Même dans la ville d’Athènes -ville tolérante pendant le siècle d’or-, des philosophes d’avant-garde furent poursuivis et leurs œuvres brûlés publiquement. Comme Protagoras qui a mis en cause l’existence des dieux (à travers l’agnosticisme et non l’athéisme directe).
Pendant l’ère pré-Gutenberg, brûler les livres équivalait à une attaque directe contre la connaissance elle-même. Cela fut exploité au maximum par le christianisme de Moyen-âge (plus correctement paulinisme). Des milliers de livres scientifiques et philosophiques ont été perdus pour toujours, principalement parmi les plus contestataires (les épicuriens, les cyniques, les sophistes, etc). L’Index Librorum Prohibitorum (liste des livres interdits) comprenait environ 8 milles ouvrages, parmi lesquels les œuvres des Descartes, Kant, Kepler, Leibniz, etc.
La révolution bourgeoise cependant, identifiant la circulation libre des marchandises à celle des idées, a libéré des forces énormes et elle a émancipé la connaissance; le savoir était désormais hors du contrôle des élites puissantes. L’explosion des forces productives, provoquée par le capitalisme, s’est accompagnée de l’explosion des sources de connaissance (et par conséquent de l’information). Plus la connaissance et l’information sont accessibles par chacun-e, plus les structures et les moyens de médiation et de manipulation de leur diffusion augmentent: écoles, universités, médias de masse, «journalisme internétique» semi-professionnel etc. Continue reading Gréce: Texte du compagnon emprisonné, Polykarpos Georgiadis, sur la contre-information→
[Même si ce texte date du mois dernier, il nous est apparu qu’il était important de le traduire car il permet de comprendre le climat qui a régné en Grèce les jours précédant et suivant la grève générale du 15 mai 2011, et les évènements de l’actualité qu’ont exploité les fascistes pour attaquer pelle mêle immigrants, révolutionnaires, anarchistes, passants, squats, centres sociaux, foyers, ainsi que les progroms et la multiplication de sorties fascistes ces dernières semaines dans les rues de d’Athènes et d’autres villes où certains squats se sont retrouvés quasiment vides ou abandonnés.]
-un communiqué du squat de la Villa Amalias à Athènes concernant les événements de ces derniers jours-
Vendredi 13 mai 2011
Ces trois derniers jours, dans une large zone comprenant tout le quartier autour de la Villa Amalias, ont vu se produire des événements qu’aucune forme de vie intelligente dans l’année 2011 n’aurait pu anticiper à partir du meilleur scénario de science-fiction. Mais ce n’est pas de celà qu’il s’agit. Il s’agit d’une réalité qui concerne plus généralement approximativement les trois dernières années : certains n’en n’ont pas fait l’expérience, certains ne voulaient pas voir, certains sont stupéfaits et refusent encore de voir, d’autres deviennent complaisants – et semblent pourtant le chercher.
Sous le prétexte d’un acte -condamnable par nous tous- de l’assassinat d’un homme de 44 ans, Kantaris Manolis, à la jonction de la rue de Tritis Septemvriou et de la rue Ipirou, certaines personnes ont décidé que le moment était venu pour eux de “nettoyer la rue” de ces créatures étranges et sinistres que sont (selon eux) les immigré-e-s, en lançant aveuglement un pogrom.
Les chaînes de télévision, dès les touts premiers instants, initièrent une danse macabre autour du cadavre, montant en épingle les méfaits de cette affaire, et nos notoires «voisins» en ont donc profiter une fois de plus pour faire une apparition avec pour vocation d’aider les habitants du quartier désormais effrayés à l’idée de passer le seuil de leur porte. Se pourrait il que “L’Aube Dorée” [nom du groupe fasciste à l’origine du pogrom] soit le nouveau nom de toute un quartier d’Athènes, pas encore mis en cause dans certains problèmes bureaucratiques [les expulsions] du fait de sa nouvelle dénomination? Tout d’un coup, la mort d’un homme par des personnes inconnues pour une hidtoire de vol à la tire se transforme en assassinat de toute une «nation» par «immigré-e-s clandestins qui agissent de manière incontrôlable”. L’histoire idéale pour tout écrivain fasciste de scénario TV de reconquête d’une pureté grecque perdue il y a environ un demi-millénaire (si elle a jamais existé) afin d’organiser des fêtes macabres, avec pour trophée tout immigré-e qui aurait le malheur de croiser leur chemin. Continue reading “Depuis la tranchée sociale de la Villa Amalias”→
Le 2 août, des membres de Contrainfo ont mis en place une bannière de solidarité avec le squat Skaramaga en anglais à la cour de l’Ecole Polytechnique d’Athènes (Polytechnio), à la rue Patission. En outre, le texte de contre-information suivant concernant la descente de la police au squat Skaramaga – en anglais et en français – a été distribué lors du rassemblement de solidarité à la place Monastiraki :
ETAT ET PATRONS, ECOUTEZ BIEN CECI : ÔTEZ VOS SALES PATTES DU SQUAT SKARAMANGA
Le matin du vendredi 29 Juillet 2011 dans le centre-ville d’Athènes, les forces de répression et de persécution de l’État grec ont effectué une nouvelle opération de type militaire.
Des assassins en uniforme – alias la police grecque – ont perquisitionné un squat anarchiste à la jonction du 61 rue Patission et de la rue Skaramaga, bloquant le bâtiment pendant près de cinq heures et faisant appel à un délégué du propriétaire “légitime”, la Caisse de retraite des marins (Ν.Α.Τ) . Les flics ont confisqué tous les ordinateurs et un serveur Internet de l’atelier du squat. Un des squatters, qui avaient pénétré dans le but d’être présent au cours des enquêtes, a aussi été arrêté et détenu par le département Omonia de la police. Il a été accusé de trois délits et n’a été libéré que le samedi, tandis que sa date de procès a été fixé pour le 10 août 2011.
Cette opération de police n’est pas sortie de nulle part. Dans cette zone du centre-ville en particulier, les squats anarchistes de la Villa Amalias et Skaramaga avaient été attaqués par les flics et les fascistes en mai, dans le contexte des attaques violentes contre les immigré-e-s dans le centre d’Athènes par les fascistes prenant pour prétexte le meurtre brutal de Kantaris Manolis, tandis que des groupes néo-nazis avaient lancés des pogroms en blessant au total des centaines de migrant-e-s, et mortellement poignardé le Bangladais Alim Abdul Manan. Continue reading Action de solidarité avec le squat Skaramaga→
Lettre de Mónika Caballero, accusée dans « l’affaire Bombes » au Chili, en solidarité avec les camarades de la Conspiration des Cellules de Feu.
En attendant le début du procès du spectacle médiatique juridico-politico-policier appelé « Caso Bombas » (l’Affaire Bombes), je romps le silence de l’arrêt domiciliaire afin d’envoyer un salut fraternel aux camarades de l’O.R. CCF qui, hier, ont vu la conclusion de leur premier procès. Des mesures d’exemplification vindicative de la part des puissants se sont fait voir dans le territoire dominé par l’État grec.
Ça peut sembler une mauvaise stratégie de la part de quelqu’un qui risque une peine de 20 ans de prison (accusé d’avoir participé à une conspiration terroriste inexistante et le placement d’engins explosifs) de solidariser avec des personnes qui plaident coupables, mais je ne veux pas entrer dans la logique des oppresseurs et regarder inébranlablement comment ils emprisonnent les guerrier-es qui affrontent cette société et qui, convaincu-es ont passé à l’action en attaquant. La solidarité avec ceux qui sont passé à l’offensive a toujours été critiquée par les pseudo-révolutionnaires qui considèrent les pratiques anti-autoritaires comme une mode de jeunesse, mais quand la guerre entraîne des coûts élevés ils prennent leur distance et se font de simples spectateurs d’une bataille qu’ils n’ont pas les ovaires ou les couilles de poursuivre. Il ne s’agit pas non plus de faire un sacrifice de groupe ou de se livrer sur un plateau à l’ennemi, mais qu’arriverait-il s’il n’y avait pas de gestes de solidarité avec ceux qui ont été frappés par le capital ? Est-il plus sûr de ne soutenir que ceux qui sont juridiquement innocent-es ? Je suis anarchiste et les lois de la société ne m’intéressent pas. La solidarité n’est pas seulement un mot grandiloquent de communiqués, c’est une pratique matérielle et concrète. Continue reading Lettre de solidarité d’une prisonnière anarchiste chilienne pour la RO CCF→
Environ 100 personnes en solidarité avec l’anarchiste arrêté lors de la tentative d’évacuation du squat Skaramaga se sont rassemblées aujourd’hui (le 30 juillet), devant le Tribunal d’Evelpidon, à Athènes. Le compagnon, inculpé de trois délits, a été libéré et une nouvelle date de procès a été fixée au 10 août.
Appel à un rassemblement de contre-information concernant le raid de flics dans le squat Skaramaga: mardi 2 août, 19h00, sur la place de Monastiraki.
15.30 GMT +2: Les compagnonEs ont réoccupé le squat. Ils/Elles rapportent des dégâts et des objets manquants. Une assemblée ouverte a été appelée pour ce soir à 18h00 dans le squat de Skaramaga (Rues Patission & Skaramaga).
Vers 15.00 GMT +2: Au moins quatre escouades de la police anti-émeute se sont dirigées vers les personnes rassemblées afin de déboucher la rue. Les manifestantEs se sont retiréEs dans la cour de l’Ecole Polytechnique [Polytechnio].
14.00 GMT +2: Les flics et le procureur partent du squat. La police a confisqué plusieurs objets et les ordinateurs du squat.
Vers 13.00 GMT +2: Environ 150 personnes en solidarité se sont rassemblées à Polytechnio et ont bloqué la rue Patission pendant une heure, tenant une bannière, scandant des slogans et écrivant des slogans contre l’opération policière sur les bus publics qui passaient.
22.56 GMT +2: Un rassemblement a été appelé en solidarité avec l’anarchiste arrêté lors de la tentative d’évacuation du squat Skaramanga, demain (le 30 juillet) à 10h30, devant le Tribunal d’Evelpidon à Athènes.
ETAT ET PATRONS ECOUTEZ BIEN: RETIREZ VOS SALES PATTES DU SQUAT SKARAMAGA!
Ce matin (le 29 juillet) le squat de Patission 61 & Skaramaga, à Athènes, a été évacué par des forces policières en grand nombre, suite à l’action légale engagée par les propriétaires de l’immeuble. Une personne qui est entrée dans le bâtiment afin d’être présente lors de la procédure d’évacuation, a été détenue. De plus, soixante-dix personnes qui ont essayé d’approcher le bâtiment ont été repoussées par un grand nombre de policiers.
Aujourd’hui matin (29 juillet 2011), le squat Skaramaga à Athènes a été évacué à l’aide d’un dispositif policier massif. L’évacuation a fait suite à des démarches juridiques entreprises par le propriétaire. Une personne ayant forcé l’entrée du bâtiment afin de documenter l’évacuation a été arrêtée. Environ 70 personnes essayant également de pénétrer le bâtiment ont été repoussées par un dispositif policier massif. Dans les environs, un carrefour a été bloqué par environ 150 personnes. Le bâtiment a entre-temps été réoccupé par des militantEs. De plus en plus de monde se rassemble et une rencontre a été annoncée pour ce soir.
Déjà le 10 mai, des fascistes et la police ont mené une attaque. Ce jour-là, les fascistes se sont rassemblés au carrefour de la rue du 3 Septembre, côté Epirus. Le lieu du rassemblement est parallèle à la rue Patission et à environ 5 minutes des squats « Villa Amalias » et « Skaramnga ». Une centaine de personnes étaient au rassemblement de la droite contre les migrantEs. Déjà pendant le rassemblement, des migrantEs ont été pourchasséEs et tabasséEs. Après le rassemblement, les fascistes ont traversé les rues environnantes en tabassant des migrantEs et en détruisant quelques commerces sous la protection de l’unité anti-émeutes (MAT).
Les squats « Villa Amalias » et « Skaramaga » ont mis leur maisons à disposition pendant et après le rassemblement aux migrantEs et aux antifas pour se retirer et se protéger. Environ 200 à 300 personnes solidaires ont protégé les maisons. Les flics ont ensuite attaqué « Skaramaga » en essayant de pénétrer le hall d’entrée. Ils ont lancé du gaz lacrymogène tandis que les fascistes ont attaqué avec des pavés. Les gens dans le squat se sont défendus à l’aide d’extincteurs et de divers projectiles.
Scénario similaire devant la « Villa Amalias » où les assaillants ont également pu être repoussés avec succès. Ce n’était pas a première attaque des fascistes et des flics contre des migrantEs ou des squats. La « Villa » a par exemple été attaqué avec des cocktails molotov à de nombreuses reprises. Il y a 3 ans, une telle attaque a causé un incendie dans l’espace bar et concerts. La dernière attaque au cocktails molotov a eu lieu en février 2011 (les molotovs se sont éteints tout seuls).
La présente évacuation provisoire et la rafle ne sont donc pas des événements isolés ; ils s’inscrivent dans toute une série d’attaques sur des maisons et des projets en Grèce. Nous sommes solidaires avec les occupantEs dans leurs luttes contre le racisme, le fascisme et la violence étatique.